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Couverture du roman Le poids de la culpabilité

Le poids de la culpabilité

Face à l'exigence d'un homme autoritaire, une femme réplique par une gifle violente. Plaquée contre la porte, elle l'accuse alors d'être un assassin, évoquant « l'autre » victime. Ce mot brise net la fureur de son agresseur, le plongeant dans une détresse profonde. Seule capable de lui tenir tête, elle réalise l'impact de ses paroles sur sa conscience torturée. Alors qu'elle tente un geste d'apaisement, il la repousse, hanté par une culpabilité qui ravage son humanité naissante.
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Chapitre 2

Chapitre 1 : Impasse

Le murmure des petites vagues qui s’écrasent sur le rivage n’arrivait pourtant pas à déconcentrer une certaine personne assise en face de la mer.

Même le bruit des enfants qui courent de part et d’autre n’y arrivèrent pas non plus. Il était parvenu jusqu’à cet endroit et s’était rendu compte que la seule et unique chose qu’il voulait était de partir loin, loin de cette vie, loin de ce calvaire, loin de ces monstruosités, loin de tout, absolument tout.

Il souffla douloureusement, enfonçant de plus en plus ses pieds dans le sable fin de la plage de NGAPPAROU.

Comment avait il fait pour en arriver là?

Mais la question qu’il se posait à lui-même était comment avait-il fait pour avoir pu conduire jusqu’à cet endroit et ne se rappeler de rien d’autres que des divagations de son esprit perturbé.

Il regarda encore autour de lui, comme s’il venait de remarquer l’endroit ou il se trouvait. Il soupira cependant et continuai de fixer l’océan. En fait, son cœur avait été enterré six pieds sous terre avec elle, et sa vie ne sera plus jamais ce qu'elle était.

Une lueur passa sur son visage et il se rappela soudain de la dernière phrase qu’elle lui avait dite : promet moi que tu essayeras de contrôler tes accès de colère.

Il lui avait donné son plus beau sourire avant de lui murmurer : je te le promets !

Leur dernière vraie conversation.

Et il était partie, en fait quand il partait ce jour-là, il ne s’était pas douté qu’elle ne sera plus jamais sienne ! il était parti sans savoir que leur première vraie dispute allait les mener dans ce tourbillon de malheurs.

Il secoua furtivement la tête pour ôter cela de sa mémoire, mais tout d’un coup, une horde de douleur l’envahit.

Pourquoi avait il conduit jusqu’à Ngaparou si ce n’était pour oublier ? en réalité, il l’avait fait pour pleurer, il l’avait fait pour s’éloigner et se laisser aller sans que personne ne le voit. Il l’avait fait pour sortir toutes larmes qu’il avait pu gardé au courant de sa vie.

Et là, au milieu de nulle part, il éclata en sanglot tel un enfant. c’est à cet instant là que sa vie avait pris une nouvelle tournure quand il entendit cette petite voix lui murmurer : monsieur ! Mon Dieu vous allez bien ?

Et quand il avait relevé la tête, le visage qu’il avait en face de lui faillit lui faire prendre ses jambes à son cou…

Il essuya rapidement ses larmes puis doucement, baissa la tête, sachant déjà qu'il était en train de délirer. Mais pourquoi elle? Pourquoi précisément elle?

- Je m’appelle Abibatou Zeynab Kébé. Vous allez bien?

Il fronça les sourcils la fixant intensément, n’en croyant pas ses yeux. Mais il prit la main qu’elle lui tendait, essayant de camoufler la surprise sur son visage, et surtout tentant de se convaincre qu'il n'était pas dans un rêve : Isaac Mouhamed Cissé !

Mais il était bel et bien dans un mirage, pensait il.

Puis soudain, le noir total…

*FLASH BACK* Quelques Années plutôt

Il devait être 12h45.

L’horloge tourne, les minutes passent et les heures succèdent aux heures ! La famille Cissé se trouve dans une impasse inexplicable, là, impuissante à ce qui était en train de se passer juste devant leurs yeux. Jusque-là, tout est sous contrôle se disait-elle, jusque-là, elle maitrise la situation pensait Coura Mbaye. Mais plus le temps passait, plus elle se rendait compte avec effroi qu’ils etaient en train d’être déguerpis de leur propre maison, et qu’il n’y avait pas pire humiliation que cela !

Sa petite Dieba, la plus fragile de la famille semblait loin, perdue, et regardait aussi impuissante que sa mère.

Rien ne pouvait être fait, tout a été dit et elle comprenait d’où venait cette terrible décision.

Ibou Cissé !

Comment a-t-il pu leur faire ça ? comment a-t-il pu faire une telle ignominie et laisser ces gens venir les sortir de leur propre maison ? comment… comment….

Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête, et elle savait, elle connaissait exactement toutes les réponses, mais l’heure n’était pas aux divagations. Leurs bagages sont en train d’être trainées dehors, et le quartier commençait à les entourer.

Elle s’éloigna doucement et croyant être seule, sortit son téléphone de son petit sac et allait composer un numéro quand Mbarika, une de ses voisines s’approcha d’elle : Wa Coura Mbaye ??? li mom ba diam leu ? Lou khew ? (Coura Mbaye rassure moi tout va bien ? qu’est ce qui se passe ?)

- Ah gnoko guissando deh Mbarika (ah je suis aussi choquée que toi Mbarika)

- Wa lougn la wakh ? (Mais qu’est ce qu’ils-t-on dit ?) expliques moi !

Elle servit un sourire dépité à son amie et voisine avant de s’excuser et de s’éloigner. Elle finit de composer le numéro qu’elle gardait toujours en tête et quelques secondes plus tard une voix de femme se fit entendre à l'autre bout du fil : Allo !!

- Bonjour, est ce que je peux parler à Ibou Cissé s’il vous plait ?

- Il dort rappelle plus tard.

Son cœur faillit se déchirer sur le coup et elle soupira avant de murmurer à son interlocutrice qui n’avait quand même pas raccroché : je sais qu’il ne dort pas, passez-le-moi juste et qu’on en finisse. C’est la dernière fois que je vous appelle de toutes les façons.

La femme à l'autre bout du fil souffla avant de lui demander de patienter.

Elle resta presque deux minutes à attendre craignant un moment que son crédit ne s’épuise, mais contre toute attente, Ibou Cissé, était à l’autre bout du fil quelques instants plus tard, agacé d'avoir été dérangé: qu’est-ce que je peux faire pour toi Coura Mbaye ?

- Ibou, c’est toi qui as envoyé ces huissiers pour nous déguerpir tes enfants et moi ?

Il éclata de rire, au grand étonnement de la jeune femme. Mais elle resta zen réunissant tout le calme qu’elle pouvait avoir, et attendit qu’il finisse de se moquer pour avoir la réponse à sa question. Seulement Ibou Cissé était tellement amusé qu’il ne pouvait même pas s’arrêter de rire.

- Coura, tu m’appelles pour ça ? ah parce qu’on est venu vous déguerpir tes morpions et toi que tu te donnes le droit de m’appeler pour me déranger ?

- Ibou, j’ai juste besoin d’une réponse : c’est toi oui ou non ?

- Non ce n’est pas moi, ce sont les gens à qui j’ai vendu la maison. S’ils ont besoin de leur terrain madame, eh bien, vous devez partir. Je te l’avais dit, je t’avais dit de quitter cette maison, mais tu n’en fais qu’à ta tête.

- Ay Ibou loula diaral li ? (Ibou est ce que ça en vaut la peine ?) ou vais-je partir avec mes enfants ? avec NOS enfants ?

- Débrouille-toi Coura !!! débrouilles toi comme tu l’as toujours fait. Tu m'as toujours fait comprendre que ces enfants sont TES enfants juste parce que madame arrive à subvenir à leurs besoins sans rien attendre de moi. Et bien il faut continuer sur cette lancée et me laisser en paix.

- Ok je vois où tu veux en venir. Je te comprends Ibou Cissé. Mais vu que c’est comme ça, je sais au moins qu’on ne déguerpit pas un habitant d’une maison sans préavis.

- Oups, faténa (j’ai oublié) madame a fait les bancs ; bon ils m’ont envoyé tous les préavis j’ai dû oublier de vous les donner.

- Espèce de CONNARD tu n’es qu’un CONNARD doublé d’un crétin Ibou Cissé, mais sache qu’un jour viendra où tu payeras tout ce que tu nous as fait, TU ME LE PAIERAS IBOU CISSE TU N’ES QU’UN….

Sa phrase resta en suspens car son crédit venait de s’épuiser. Elle reprit son souffle, essaya de se calmer et y arriva en pensant à ses enfants. Elle soupira avant de se retourner et de voir presque toutes leurs affaires dehors. Si seulement elle pouvait trouver une solution avant que son fils ne revienne de l’école. Si seulement elle pouvait préserver Isaac de tout ça !

Son petit Isaac qui avait à peine 10 tiges.

Elle n’avait cependant aucune issue, elle avait juste besoin d’un toit où dormir le reste elle pouvait s’en passer. Elle ne voulait surtout pas penser à son mari qui fait tout actuellement pour les faire souffrir. Pour l’instant elle pensera à autre chose, elle pensera à comment faire pour ne pas dormir dans la rue.

Tous leurs bagages étaient dehors maintenant et tous les voisins également. Ils regardaient, impuissants face à leur sort. Coura et Dieba étaient assises à la porte pendant que les agents scellaient la maison. Pas étonnant que personne ne veuille les aider, c’était juste impossible.

Ce quartier de Pikine ouest est le reflet de la précarité. La situation des gens qui y habitent ne leur permettait pas de prendre en charge toute une famille et leurs affaires.

La voisine Mbarika s’approcha encore de Coura qui était plus perdue que jamais : Coura Mbaye, il faut réagir, khana amo ay mbok ? (Tu n’as pas de famille ?) où est ibou cissé ? Est-ce qu'il est au courant de tout ça? Tu nous a dit qu'il est en voyage? Alors il rentre quand? Il faut qu'il vous vienne en aide aussi, ce n'est pas facile de subir cela seule.

Coura resta muette et sourde aux propos de Mbarika. Elle était sous le choc, elle n’arrivait à sortir aucun mot de sa bouche et c’est là qu’un de leur voisin qui venait de voir la scène cria à l’endroit des autres : MAIS QU'EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ ???? PRENEZ LES AFFAIRES ET QUE CHACUN EN GARDE QUELQUES UNES CHEZ LUI. CA C’EST UN DEBUT DE SOLUTION. ENSUITE DIEBA COURA ET ISAAC POURRONT DORMIR CHEZ MOI EN ATTENDANT DE TROUVER UNE AUTRE SOLUTION. COURA MBAYE EST LA FEMME LA PLUS SERVIABLE DE CE QUARTIER ALORS NE RESTONS PAS LES BRAS CROISES!

ALLEZ !!!!

Et là, le déclic !!!!!

Tout le quartier s’activait à emballer les affaires de la jeune femme qui, incapable de réagir, ne savait plus à quel saint se vouer.

Mais alors qu’un brouhaha se formait devant ses yeux, elle entendit une petite voix derrière elle.

"Yaye, qu’est-ce qui se passe ici ?"

Quand Coura Mbaye se retourna et vit la trémousse de son fils, elle faillit éclater en sanglot. Pourquoi maintenant ? pourquoi devait il rentrer à cette heure-ci ? que doit elle lui dire ? elle se pencha vers lui : écoute bébé on a un petit problème avec la maison. On va dormir ailleurs aujourd'hui en attendant de trouver une solution.

Elle tendit la main à sa fille qui semblait aussi perdue que triste. Mais Isaac se dégagea doucement d’elle : c’est papa hein ??? c’est papa qui est derrière tout ça ??? C'est lui qui nous a pris la maison. Il l'a donné à son autre femme?

- Isaac, s’il te plait… ne dis pas ça, pas maintenant!

- REPOND MAMAN !!! C’est lui ????

Coura baissa la tête, avant d’essuyer une larme qui lui tombait sur la joue. Elle s'était défendue de pleurer et ce depuis qu'elle avait été au courant des malversations de son mari. Depuis qu'elle était au courant qu'ibou Cissé les avait tout bonnement abandonné pour épouser une autre femme. Avait-il besoin de les jeter en pâture à la rue juste pour vivre son idylle avec son autre femme? Pourquoi ne pouvait il tout simplement pas épouser sa deuxième et les laisser en paix? Coura se posait une multitude de questions qui n'avaient pas encore de réponse.

Mais pour l'instant, l'heure n'était pas aux questionnements.

Son fils, du haut de ses 10 ans était plus intelligent que sa grande sœur de 14 ans. Mais le plus triste dans cette histoire c’est qu’ Isaac idolâtrait son père, et jamais il n’aurait cru qu’Ibou Cissé serait capable d’une telle chose. En réalité, Coura faisait tout pour que ses enfants ne détestent pas leur paternel, ce qu’elle ne savait pas c’était que son fils savait absolument tout ce qu’il leur faisait subir. Son abandon, son remariage, TOUT !!! Et son estime envers son père fut en chute libre.

Il resta calme cependant et avait suivit les instructions de sa mère. S’il y a une chose qu’il ne voulait pas malgré son jeune Age, c’est de voir de la tristesse dans le regard de l'une des personnes les plus importantes de sa vie. Il faisait fit de tout son ressentiment et aidait sa famille avec les bagages.

La famille Cissé venait donc d’être déguerpie de leur maison et malgré la précarité de la situation des habitants de ce quartier, une famille avait pu les héberger tous les trois pendant que leurs bagages étaient éparpillés de part et d’autre, dans les maisons alentours.

*Cette histoire est une création originale, dont tous les droits sont reservés à Nana Niang. Toute reproduction ou plagiat fera l'objet de poursuites*

Cette nuit-là, Coura Mbaye n’avait pas fermé l’œil. Entourée de ses deux enfants, elle avait pleuré, tellement pleuré qu’elle s’était sentie malade au réveil. Mais elle devait se lever, elle devait se relever, elle n'avait pas le droit de baisser les bras, c'était juste impensable pensait elle. elle devait faire en sorte de trouver un endroit. N’importe lequel, mais que ça soit un endroit ùu ses enfants pourraient dormir et se concentrer sur leurs cours. Elle tenait aux études plus que n'importe qui.

Cette petite véranda qu’un de leur voisin leur avait aménagé était tout sauf confortable ! il faut donc agir, se disait-elle.

---Isaac Mouhamed Cissé----

Elle a pleuré toute la nuit ! je le sais parce que je n’ai pas dormi. Oui, je n’ai pas fermé l’œil. Comment dormir alors qu’on vient d’être chassé de notre propre maison ? comment dormir alors que mon propre père en est la cause ? comment dormir tout en sachant qu’on risquait de passer nos prochaines nuits dans la rue ?

Je me posai toutes ces questions en regardant ma mère aussi calme que sereine donner des instructions à Dieba.

« Tu iras voir ta tante Madjiguene, tu lui donneras ce bout de papier elle comprendra. Elle mettra la réponse dessus et Dieba Cissé TU NE TRAINES PAS OK? »

Ma sœur hocha la tête en signe de oui avant de sortir. Nous étions tous entassés dans un petit débarras de la maison des Camara. Un petit espace ou on avait réuni quelques-unes de nos affaires personnelles.

Je me précipitais pour prendre une douche rapide et me préparer pour l’école. Je pouvais tout regarder sauf le visage triste de ma mère qui faisait de son mieux pour ne pas craquer.

- Ou vas-tu comme ça Isaac ?

Je sursautai devant sa demande : à l’école.

- Hahaha mon fils sa khel ba ngi dem deh. Nous sommes samedi aujourd’hui.

Je soupirai de dépit avant de m’assoir de nouveau à coté d’elle sur la natte où on avait dormi. Elle me sourit de ses dents blanches avant de me tendre la main : approche !!!

Je me mis à côté d’elle et la regardait. Elle était si belle tellement belle que je me demande pourquoi mon père lui a fait ça. Elle avait des dents blanches très blanches, un visage d’ange et surtout, une belle touffe de cheveux que j’avais hérité d’elle d’ailleurs. Elle n’était jamais triste non ! ma mère n’avait jamais mal, elle était souvent pensive mais jamais triste. Etais ce le visage qu’elle voulait nous montrer ? ou juste une carapace ? si non, alors pourquoi ne pleurait-elle jamais devant nous ?

- Tout va rentrer dans l'ordre tu verras.

Elle me berçait de sa belle voix et j'arrivai à fermer les yeux et à penser à un avenir meilleur pour nous tous.

Dieba était arrivée quelques minutes plus tard, essoufflée. Ma mère avait hâte de lire ce bout de papier qui semblait être le retour de ma tante.

Je la regardais qui essayait de camoufler toutes les émotions qu’elle devait ressentir en lisant le message. Mais après lecture elle se leva soi-disant pour aller aux toilettes ;

Quand elle s’éloigna, je pris le bout de papier que je dépliai. Mais avant même de commencer à lire, Dieba me murmura : Isaac tu ne devrais pas lire ça !

- Occupe-toi de tes oignons !!!

On n’a jamais eu de bonnes relations avec ma tante. De toutes les façons, on ne la voyait que très rarement mais elle était toujours aussi désagréable que ma grand mère.

*Cette histoire est une création originale, dont tous les droits sont reservés à Nana Niang. Toute reproduction ou plagiat fera l'objet de poursuites*

Maman lui avait écrit : bonjour Madjiguene je sais que tu ne décrocheras pas si je t’appelle raison pour laquelle j’envoie ma fille. On nous a déguerpie de chez nous, les enfants et moi, et on risque de dormir dans la rue si tu ne nous aide pas. Je sais que je vous ai désobéi dans le passé maman et toi, je sais aussi que vous ne vouliez pas qu’Ibou Cissé entre dans ma vie. Oui vous aviez été les premières à me demander de réfléchir et j’ai refusé de vous écouter. Aujourd’hui je suis en train de vivre tout ce contre quoi vous m’aviez mise en garde. Je te demande juste de m’aider !!! aide moi madjiguene !!!

Mais sa réponse était sèche, courte mais très claire : ma chère sœur, il fallait y penser il y a 15 ans. Bref ! venez tous chez moi avec vos bagages. Mais je te préviens maman est là !

Entendant les pas de ma mère, je repliais le bout de papier avant de le remettre à sa place et quand je rencontrais le regard de ma sœur, j’en conclu qu’elle aussi avait lu le message. Au moins elle et moi étions d’accord sur une chose : il nous sera impossible de vivre avec notre grand-mère qui ne nous a jamais considéré comme ses petits-enfants. Mais à ce stade avons-nous notre mot à dire ?

Maman était revenue les yeux tout rouges, mais elle avait comme une nouvelle détermination. Elle sortit quelques pièces de son portefeuille qu’elle tendit à ma sœur : vas nous acheter à manger pour le petit déjeuner on part chez tata Madjiguene !!!

Elle se tourna vers moi : approches bébé ! Lo beug ndeké tay ? veux-tu des omelettes de chez nabou ?

- Mais c’est chère maman !!!

- Ce n’est pas grave chéri. Dis-moi juste et je…

- Non maman je préfère du pain et du thon.

Elle me sourit avant de se tourner vers Dieba : et toi mon amour qu’est ce que tu veux manger ?

- La même chose qu’Isaac.

- Ok alors court le temps qu’on range tout ton frère et moi. Allez Isaac lève toi, on se prépare.

- Et toi maman, tu ne manges pas ? lui demanda Dieba au pas de la porte

- Non ma chérie je prendrai juste du quinquéliba et le père de Souleymane dit qu’il va nous en apporter dans quelques minutes. Achète juste pour ton frère et toi.

Quand ma sœur sortit, elle se tourna vers moi et me demanda de m’approcher d’elle. Je le fis, mais la tête baissée, elle me caressa les cheveux !

- Mon fils, écoute, tout ça ce n’est rien, absolument rien. C’est juste une mauvaise passe et je sais que ta tante madjiguene vas nous aider ok ? alors ne fait pas cette tête !!!

- Et toi yaye, ça va ?

Ma question avait l’air de la surprendre. Mais, Elle hocha la tête en signe de oui et sans difficulté, je la voyais refouler ses larmes. Je me blottis tout contre elle en me promettant une chose !!! je lui sècherai ces larmes un jour, je ferai en sorte qu’elle ait le visage le plus heureux de la planète, mais surtout, je ferai payer mon père, oui, IBRAHIMA KHALIL CISSE PAIERA POUR TOUT LE MAL QU IL A FAIT A MA MERE.

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