
Le père de mes triplés est PDG
Chapitre 3
Quelques jours plus tard, dans le bureau du PDG du groupe Lowen, Patrick était penché sur son large bureau, concentré sur la signature de documents. Son assistant, Liam Derner, entra et se posta devant lui, prêt à lui faire son rapport.
- Monsieur Lowen, j'ai rassemblé des informations sur la fille de la famille Ashton. Elle s'appelle Felicia Ashton. Elle a vingt-quatre ans et c'est l'unique enfant de Zachary Ashton.
Patrick releva lentement la tête.
- Avez-vous fixé un rendez-vous avec elle ? Nous dînerons ce soir.
Hector, après un court moment de lucidité, était retombé dans le coma. Ses chances de se réveiller étaient minces. Comme son souhait était que Patrick épouse la fille des Ashton, ce dernier comptait bien respecter sa volonté.
- J'ai réservé une table à 18 h 30 dans un restaurant privé. Souhaitez-vous que je privatise l'endroit ? demanda Liam.
Après tout, il s'agissait d'un dîner avec celle qui, probablement, deviendrait l'épouse de son patron. Il fallait soigner les détails. Même si Patrick n'y prêtait pas attention, Liam, lui, prenait son rôle au sérieux.
- Ce ne sera pas nécessaire, répondit Patrick.
Liam esquissa un sourire.
- Bien compris, Monsieur Lowen.
Liam n'avait jamais cru aux rumeurs sur l'orientation sexuelle de son patron. Pourtant, elles circulaient avec tellement d'assurance que même le vieux monsieur Lowen en était venu à s'en inquiéter. S'il pouvait ouvrir les yeux à cet instant précis, il verrait son fils se rendre à un rendez-vous galant, ce qui aurait sans doute suffi à le rassurer.
Après avoir pris la température de Juliette, Gwendolyn constata que sa fièvre avait disparu. La fillette serrait sa poupée contre elle. Son visage était amaigri, donnant l'impression qu'elle avait rétréci.
- Je vais mieux maintenant, maman. Je n'ai plus besoin de ce médicament dégoûtant, hein ? gémit-elle.
Gwendolyn lui caressa tendrement les boucles, un sourire doux sur les lèvres.
- Non, c'est fini. Mais n'abuse plus des sucreries, d'accord ? Sinon tu retomberas malade.
Juliette était née plus frêle que ses frères, pesant à peine deux kilos. Depuis sa naissance, elle ne dormait que dans les bras et hurlait dès qu'on la posait. Elle était fragile, souvent malade, et Gwendolyn avait dû courir plus d'une fois à l'hôpital en pleine nuit, pieds nus, la petite dans les bras. Cette récente maladie l'avait de nouveau forcée à mettre en pause ses recherches d'emploi. Ses deux garçons étant à l'école, Juliette restait à la maison, nécessitant sa présence constante.
Elle repensa aux frais médicaux qui avaient dépassé les vingt mille dollars. Il ne restait presque plus rien sur sa carte. Elle devait trouver un moyen de gagner de l'argent. En vérité, un demi-million y figurait encore, mais elle refusait d'y toucher. Elle ne savait pas qui l'avait versé, mais supposait que c'était son grand-père. Par fierté, elle ne voulait ni lui demander de l'aide, ni utiliser son argent.
En allant sur le balcon pour prendre le linge, elle aperçut le manteau qu'elle avait fait nettoyer au pressing. Il appartenait à Patrick et elle avait l'intention de le lui rendre aujourd'hui. Ayant trouvé le numéro de son assistant, elle passa un appel.
- M. Derner ?
- Lui-même. À qui ai-je l'honneur ? répondit Liam.
- Gwendolyn Ashton. M. Lowen m'a prêté un manteau. Je souhaiterais le lui rendre. Est-il disponible aujourd'hui ?
Liam, après avoir jeté un œil à Patrick dans le salon privé, lui envoya l'adresse.
- Venez ici. Il dîne sur place.
Il ne chercha pas à en savoir davantage. Patrick n'était jamais accompagné de femmes. Cette Gwendolyn devait être une simple connaissance.
Après avoir raccroché, Gwendolyn se tourna vers Juliette :
- Tu viens avec moi ? On pourra manger sur place.
La petite, enfermée à la maison depuis des jours, sauta de joie.
- Super !
À ce moment-là, Camille, la gouvernante, revint des courses. Célibataire, elle vivait avec Gwendolyn depuis six ans et considérait sa famille comme la sienne. En voyant Juliette enfiler son manteau à motifs de lapin, elle lui sourit.
- Tu sors avec ta maman ?
Juliette, miniature de sa mère, savait attendrir n'importe qui avec ses grands yeux et son air sage. Elle était adorable dans son manteau rose.
Gwendolyn attrapa le sac contenant le manteau, prit la main de Juliette.
- Je sors un moment. Pouvez-vous aller chercher les garçons à l'école, Mme Ziegler ?
- Aucun problème. Profitez bien de votre sortie.
Camille repensa à la peur qu'elle avait eue lors de leur passage au village, quand Juliette était tombée gravement malade. Depuis, elle avait décidé de ne plus s'absenter. Elle resterait désormais auprès des enfants.
Juliette lança gaiement :
- Je vous rapporterai plein de bonnes choses, Madame Ziegler !
- Merci, Juliette.
En sortant, Gwendolyn se rappela qu'elle devait bientôt verser le salaire de Camille. Il lui fallait absolument un travail en plus.
Elle prit sa vieille Fiat et se rendit au restaurant. À peine entrée, Juliette s'exclama :
- Miam ! Tout a l'air délicieux ! Je vais commander pour Justin, Julian et Madame Ziegler !
Bien qu'elle paraisse fragile, Juliette mangeait plus que ses frères.
- D'accord. Je te laisse choisir après. Je vais rendre le manteau.
Elles s'installèrent près de la fenêtre. Gwendolyn posa son sac et partit vers le salon privé. Juliette, ravie, feuilletait déjà le menu en regardant les images.
En passant devant la salle VIP, Gwendolyn aperçut une silhouette familière. Felicia. Cela faisait six ans. Elle avait beaucoup changé, visiblement passée par la case chirurgie. Jolie, mais sans charme particulier, elle ressemblait aux influenceuses qu'on voyait partout.
En la voyant entrer dans la salle 101, Gwendolyn s'approcha de l'homme qui attendait à l'entrée.
- Vous êtes M. Derner ?
Elle lui avait envoyé un message pour prévenir de son arrivée. Il lui avait répondu qu'il l'attendrait.
Liam la détailla : manteau noir, pantalon ajusté, longues jambes. Elle avait une allure élégante et un visage séduisant.
- Oui. Vous êtes Mme Ashton ?
Elle acquiesça, puis demanda :
- Qui est la femme qui vient d'entrer ?
- La fiancée de M. Lowen, répondit-il, un sourire aux lèvres.
Le visage de Gwendolyn se ferma aussitôt. Elle perdit d'un coup toute la bonne impression qu'elle avait pu avoir de Patrick. Elle voulait simplement lui rendre le manteau et le remercier, mais changea d'avis.
- C'est son manteau. Remettez-le-lui, s'il vous plaît.
Sans attendre de réponse, elle tourna les talons et s'éloigna.
Liam resta un instant figé. Il pensa la retenir, mais se ravisa. Patrick rencontrait sa fiancée pour la première fois. Ce n'était pas le moment de se faire interrompre par une autre femme.
Quand Gwendolyn regagna sa table, Juliette avait disparu.
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