
Le Milliardaire destiné à m'aimer
Chapitre 2
Chapitre 2
La pluie martelait la fenêtre, un bruit constant, presque lancinant, qui semblait vouloir couvrir tout le reste. Olivia, allongée sur son lit, fixait le plafond d'un regard absent. La pièce était calme, mais en elle, tout était en effervescence. Son esprit bouillonnait d'une douleur ancienne, mais toujours présente. La perte. Les images de cette nuit, celles qu'elle avait pourtant essayé d'effacer, revenaient sans cesse. La voiture qui glissait, la sensation d'un choc brutal, puis le silence. Le silence de la fin. La fin de tout. De son monde. De son père et de sa mère. De la vie qu'elle pensait connaître. Elle avait sept ans. Sept ans et déjà, la vie lui avait arraché tout ce qu'elle avait aimé. Et depuis, ce vide. Il ne partait jamais, il était là, un poids dans sa poitrine. Un poids qu'aucune tendresse, aucune parole, ne pourrait jamais alléger.
Liam entra dans la chambre, sa silhouette s'immisçant dans la lumière tamisée de la lampe de chevet. Il s'approcha sans bruit, comme un habitué des silences de cette maison. Il n'avait pas besoin de dire grand-chose. Cela faisait des mois qu'ils étaient ensemble, qu'il était là, toujours fidèle. Il était l'ombre douce de ses jours sans couleur. Le genre de garçon qu'on aime parce qu'il est là, qu'il est simple, qu'il est ce qu'on attend sans même le demander. Mais Olivia, elle, ne savait plus vraiment ce qu'elle attendait. Elle n'avait jamais vraiment su. Peut-être que c'était la sécurité. Peut-être que c'était tout ce qu'il pouvait offrir. Mais il y avait une distance entre eux, une distance que ni ses bras ni ses paroles ne parvenaient à combler.
« Ça va, Olivia ? » demanda Liam, sa voix basse, comme toujours. Elle pouvait sentir son regard peser sur elle, inquiet, comme si cette tranquillité qu'il lui offrait était sa seule manière de l'aimer. Il n'attendait rien de plus, ni de moins. Mais Olivia, elle, sentait chaque jour que cette douceur la rongeait. Ce n'était pas suffisant.
Elle tourna la tête lentement, ses yeux se posant un instant sur lui avant de revenir se fixer sur le plafond. « Je pensais juste à... à ce que j'ai perdu, » murmura-t-elle, sa voix tremblante, comme si tout pouvait à tout moment se briser.
« Tu veux en parler ? » Il s'approcha encore, se mettant à genoux à côté d'elle. Il y avait cette lueur dans ses yeux, celle qu'il avait toujours eue pour elle : une sorte d'inquiétude mêlée d'amour. Mais à cet instant précis, Olivia avait du mal à l'accepter. Elle avait envie de lui hurler que ce n'était pas ça, que son amour n'était pas ce dont elle avait besoin. Mais comment lui dire ? Comment expliquer qu'elle n'arrivait plus à se retrouver dans ses bras ?
« Je me demande... » Elle marqua une pause, cherchant les mots, mais ne les trouvant pas. « Je me demande si je suis capable de vraiment avancer, Liam. Tu vois, parfois, j'ai l'impression de tourner en rond, de vivre dans le passé sans pouvoir en sortir. » Elle ferma les yeux un instant. « Je sais pas si je veux avancer. »
Liam garda le silence, comme s'il savait qu'aucune réponse n'était attendue. Puis, après un moment, il se leva et s'éloigna vers la fenêtre, sans un mot. Il n'insista pas, il la laissait dans son silence, ce silence qu'elle avait parfois du mal à supporter, mais qui était aussi la seule chose qui la maintenait en vie.
Olivia se leva, se dirigeant vers la porte sans un regard en arrière. Il ne la suivit pas.
« Je vais prendre l'air, » dit-elle, simplement.
« Tu veux que je t'accompagne ? » demanda-t-il, mais elle secoua la tête. Elle n'avait pas envie de lui. Pas maintenant. Elle n'avait besoin de rien ni de personne. Juste d'elle-même.
Elle enfila son manteau sans un mot de plus, la porte se fermant derrière elle dans un bruit étouffé. La nuit l'attendait dehors, dense, noire, comme un voile épais. L'air était humide, presque lourd, mais elle s'en fichait. Elle n'avait pas d'objectif, juste l'envie de partir, de se perdre.
Elle marchait sans but, se laissant guider par ses pensées et par le bruit de ses pas sur le pavé. Les rues étaient désertes, les rares passants s'éloignant rapidement, pressés de rejoindre leurs foyers. Olivia se sentait étrangère à tout ça. Comme si la vie continuait sans elle, sans la moindre attention, sans se soucier de ce qu'elle ressentait. La pluie se calmait peu à peu, et dans le silence qui suivit, elle entendit un bruit. Un bruit qui n'avait rien à voir avec la pluie. Un bruit qui la fit s'arrêter net.
Un pas. Un autre. Une silhouette, là, juste derrière elle.
Elle se figea, un frisson courant le long de sa colonne vertébrale. Quelqu'un, quelque chose... Non. Elle n'avait pas imaginé cela. Elle tourna lentement la tête.
Il était là, juste à quelques mètres d'elle. Un homme. Un regard. Un nom. Kaden.
« Tu te perds, Olivia ? » La voix, basse, grave, l'avait fait frissonner. Elle ne savait pas d'où il venait. Elle n'avait jamais vu cet homme. Et pourtant, il y avait quelque chose dans ses yeux. Quelque chose d'intensément étrange. Comme s'il savait déjà tout. Ou pire, comme s'il savait ce qu'elle avait oublié.
Elle sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. « Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle, soudain prise d'un vertige inexplicable. La question était sortie plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.
« Je suis celui que tu cherches, » répondit-il simplement, sans ciller. La réponse la déstabilisa. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Qu'est-ce qu'il voulait d'elle ?
Elle fit un pas en arrière, son instinct de survie se réveillant. « Qu'est-ce que vous me voulez ? » Sa voix tremblait, mais elle se força à paraître plus calme qu'elle ne l'était.
« Rien, » dit-il, un sourire à peine perceptible aux lèvres. « Ou tout. Tout ce que tu ne sais pas encore. » Il s'avança légèrement, et Olivia sentit une pression invisible dans l'air. Une pression qui la retenait, qui l'empêchait de fuir.
« Pourquoi moi ? » souffla-t-elle, comme si sa question venait de lui brûler la gorge.
« Parce que tu es celle que j'attendais. » Il la regarda fixement, ses yeux pénétrant les siens. Elle aurait voulu détourner le regard, mais elle ne pouvait pas. Il y avait une force, une énergie, quelque chose de magnétique dans cet homme. Un appel qu'elle ne comprenait pas, mais qui la touchait au plus profond.
Il s'approcha encore, mais cette fois-ci, Olivia ne recula pas. Elle ne savait pas pourquoi. Peut-être était-ce cette attirance, cette certitude qu'il détenait une part de vérité qu'elle n'avait pas encore découverte. Ou peut-être qu'il était simplement celui qui venait la chercher dans ce monde qu'elle ne comprenait plus.
« Tu es plus proche de ce que tu crois, Olivia, » dit-il finalement, sa voix basse comme un secret. « Bien plus proche que tu ne l'imagines. »
Il se tourna et s'éloigna dans l'obscurité, sans un mot de plus, disparaissant aussi rapidement qu'il était apparu.
Olivia resta là, immobile, le souffle court. Elle avait l'impression que tout venait de basculer. Quelque chose venait d'être déclenché. Elle le sentait. Un frisson la parcourut de nouveau. Et pourtant, elle savait, au fond d'elle, qu'elle ne reviendrait pas en arrière. Kaden avait ouvert une porte, et maintenant, elle n'avait plus le choix. Il allait changer sa vie. Mais comment ? Pourquoi ? Elle n'avait pas les réponses. Mais quelque chose en elle lui disait qu'elle n'était plus la même. Elle venait de croiser quelqu'un qui allait tout bouleverser. Elle n'avait pas encore conscience de la portée de ce moment, mais une certitude s'imposait à elle : tout venait de commencer.
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