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Couverture du roman L'Amour Bafoué: Vengeance d'une Épouse

L'Amour Bafoué: Vengeance d'une Épouse

Styliste à Paris, je vois ma vie basculer quand ma belle-mère simule une grossesse juste après ma fausse couche. Mon mari, Pierre, méprise ma douleur et profane le souvenir de notre enfant, me chassant de mon propre sanctuaire. Accusée à tort de violence et d'infidélité lors d'un procès public orchestré par le Colonel Dubois, je risque la prison pour un crime imaginaire. Face à leur machination diabolique, je décide de briser le silence et de révéler leurs sombres secrets pour me venger.
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Chapitre 2

Le studio de Jeanne Dubois, au cœur de Paris, était son sanctuaire, un espace rempli de croquis, de tissus et de rêves suspendus. Mais aujourd'hui, l'air était lourd, vicié par une présence non désirée. Madame Bertrand, sa belle-mère, se tenait au milieu de la pièce, son ventre arrondi bien en évidence sous une robe de soie coûteuse. À soixante ans, cette grossesse était une anomalie, une provocation.

« Jeanne, tu ne m'as même pas offert un verre d'eau », se plaignit Madame Bertrand, sa voix portant la fausse fragilité d'une ancienne danseuse étoile habituée à capter l'attention.

Jeanne ne quitta pas son carnet de croquis des yeux, le crayon se déplaçant avec une précision froide sur le papier.

« Il y a de l'eau au robinet », répondit-elle sans lever la tête.

Le silence qui suivit fut glacial. Madame Bertrand, vexée, laissa échapper un soupir théâtral.

« Je ne comprends pas ta froideur. Je porte ton petit frère ou ta petite sœur. Tu devrais te réjouir pour moi, pour nous. »

Jeanne posa enfin son crayon. Elle leva les yeux, et son regard était vide de toute émotion.

« Je me fiche de votre grossesse, Madame. Complètement. »

La déclaration était si brutale, si directe, que Madame Bertrand en perdit son souffle. C'était une gifle. Le choc se peignit sur son visage parfaitement maquillé, vite remplacé par une indignation calculée.

« Comment oses-tu ? Ingrate ! Après tout ce que cette famille a fait pour toi ! »

« Vous n'avez rien fait pour moi », rétorqua Jeanne, sa voix toujours aussi plate.

Incapable de supporter cet affront, Madame Bertrand sortit son téléphone de son sac à main avec des gestes dramatiques. Elle composa un numéro, ses doigts tremblants de fureur.

« Pierre ! Pierre, mon chéri, il faut que tu viennes ! C'est ta femme... elle est odieuse avec moi ! Je ne me sens pas bien, j'ai peur pour le bébé ! »

Sa voix était devenue geignarde, celle d'une victime persécutée. Jeanne se leva et tourna le dos à la scène, se dirigeant vers la fenêtre qui donnait sur la cour intérieure. Elle n'avait pas la force de regarder cette comédie.

Moins de vingt minutes plus tard, la porte s'ouvrit à la volée. Pierre, ou du moins l'homme qu'elle croyait être Pierre, entra. Il portait encore son uniforme, ce qui ajoutait une touche d'autorité à sa présence. Il se précipita vers sa mère, l'entourant de ses bras.

« Maman, que se passe-t-il ? Calme-toi. »

Puis, il se tourna vers Jeanne, son visage affichant un mélange de reproche et de fausse patience.

« Jeanne, qu'est-ce que tu as encore fait ? Ma mère est enceinte, elle est fragile. Tu ne peux pas la traiter comme ça. Je t'ai déjà dit de prendre soin d'elle pendant mon absence. »

Ses mots étaient un reproche déguisé en supplique. Jeanne sentit une vague de colère monter en elle, une colère sourde qui couvait depuis des mois. Depuis sa fausse couche. Depuis que cette femme avait annoncé sa grossesse miracle quelques semaines seulement après que Jeanne ait perdu son propre enfant.

« Je n'ai rien à faire pour elle », dit Jeanne, ses poings serrés. « Ce n'est pas ma responsabilité. »

Pierre s'approcha d'elle, son ton se faisant plus mielleux, plus insidieux.

« Écoute, chérie. Sois raisonnable. Fais ça pour moi. Occupe-toi d'elle, et je m'assurerai que tu ne manques de rien. C'est juste pour quelques mois. »

Il y avait quelque chose dans son ton, une condescendance qui la mettait hors d'elle. Il agissait comme si son deuil était un caprice, une simple mauvaise humeur à calmer.

« Non », dit-elle fermement.

Il tenta de poser une main sur son épaule, un geste qu'il voulait apaisant. La réaction de Jeanne fut immédiate et violente. Elle le repoussa avec une force surprenante.

« Ne me touche pas ! »

Le contact de sa peau la révulsait depuis son retour de mission. Il y avait quelque chose de différent chez lui, une odeur, une texture, un regard qui n'était pas celui de l'homme qu'elle avait épousé.

« Ça suffit ! », cria Pierre, son masque de calme se fissurant. « Je ne sais pas ce qui te prend, mais ça va s'arrêter ! »

Madame Bertrand, voyant que la situation lui échappait, décida de porter le conflit sur la place publique. Elle ouvrit la porte du studio et se précipita sur le palier, puis dans les escaliers, ses lamentations résonnant dans toute la cage d'escalier.

« Au secours ! Ma belle-fille me maltraite ! Elle veut ma mort et celle de mon bébé ! »

Des portes s'entrouvrirent. Des visages curieux apparurent. La honte et la rage submergèrent Jeanne.

Pierre la suivit sur le palier, l'attrapant par le bras. Il la ramena de force à l'intérieur et ferma la porte. Son visage était déformé par la colère.

« Regarde ce que tu as fait ! Tu nous donnes en spectacle ! »

Il plongea la main dans sa poche et en sortit une liasse de billets qu'il jeta sur la table de travail.

« Tiens ! Prends ça et tais-toi ! Achète-toi une nouvelle robe, ça te remontera le moral. Tu es juste amère à cause de ce qui s'est passé, mais ce n'est pas une raison pour nous pourrir la vie ! »

La mention de sa fausse couche, jetée là comme une insulte, fut la goutte d'eau. La douleur se mua en une fureur glaciale. Le chagrin qu'elle avait réprimé explosa.

Alors qu'il se tournait pour partir, son regard se posa sur un petit chausson en laine blanche que Jeanne avait tricoté, le seul objet qu'elle avait gardé, posé délicatement sur une étagère. Dans un geste de pure méchanceté, il l'attrapa et le jeta par terre, l'écrasant sous sa botte militaire.

« Arrête de t'accrocher à ça. Il faut passer à autre chose. Tu pourras en avoir d'autres. »

Ce fut plus qu'une insulte. Ce fut une profanation.

Jeanne le regarda, les yeux secs, toute sa peine transformée en une détermination de fer.

« Dehors », dit-elle d'une voix blanche.

Il la fixa, surpris par son ton.

« Quoi ? »

« J'ai dit, dehors. Toi et ta mère. Sortez de ma maison. Et ne revenez jamais. »

Elle ouvrit la porte en grand, son geste ne laissant place à aucune discussion. Il la dévisagea un instant, un rictus méprisant sur les lèvres, puis haussa les épaules et sortit, rejoignant sa mère qui continuait son mélodrame dans l'escalier.

Jeanne referma la porte. Le silence qui s'installa était absolu. Elle ramassa le petit chausson écrasé et souillé. Elle ne pleura pas. La guerre venait d'être déclarée.

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