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Couverture du roman L'Amour Bafoué: Vengeance d'une Épouse

L'Amour Bafoué: Vengeance d'une Épouse

Styliste à Paris, je vois ma vie basculer quand ma belle-mère simule une grossesse juste après ma fausse couche. Mon mari, Pierre, méprise ma douleur et profane le souvenir de notre enfant, me chassant de mon propre sanctuaire. Accusée à tort de violence et d'infidélité lors d'un procès public orchestré par le Colonel Dubois, je risque la prison pour un crime imaginaire. Face à leur machination diabolique, je décide de briser le silence et de révéler leurs sombres secrets pour me venger.
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Chapitre 3

Les jours suivants s'installèrent dans une routine de guerre froide. Jeanne, Pierre et Madame Bertrand vivaient sous le même toit, mais dans des univers parallèles. L'appartement spacieux, hérité du père de Pierre, était devenu un champ de bataille silencieux.

Un soir, une odeur alléchante de bœuf bourguignon commença à se répandre depuis la cuisine. Jeanne avait cuisiné, mais seulement pour une personne. Elle s'installa à la grande table de la salle à manger avec son assiette unique, savourant chaque bouchée avec une lenteur délibérée.

Madame Bertrand sortit de sa chambre, attirée par l'odeur. Elle s'arrêta sur le seuil, regardant l'assiette de Jeanne avec une envie non dissimulée.

« Ça sent bon », dit-elle, sa voix empreinte d'un reproche. « Tu n'en as pas fait pour nous ? »

Jeanne l'ignora, continuant de manger comme si elle était seule.

Pierre entra à son tour, le visage fermé.

« Jeanne, ça suffit. Donne une assiette à ma mère. Elle doit bien se nourrir pour le bébé. »

Jeanne posa sa fourchette. Elle le regarda droit dans les yeux, un petit sourire mauvais flottant sur ses lèvres.

« Il n'y en a pas pour vous. »

« Ne sois pas ridicule. Il y en a plein dans la marmite », insista Pierre en jetant un coup d'œil vers la cuisine.

« Je sais », répondit Jeanne calmement. « Je préférerais jeter tout ça aux toilettes plutôt que de lui en donner une seule miette. En fait, je pense que même les rats du caniveau le refuseraient si je leur disais que c'était pour elle. »

L'insulte était si crue, si violente, que Madame Bertrand porta une main à sa poitrine, feignant une attaque. Pierre devint rouge de colère.

« Tu es folle ! Complètement folle ! Si tu continues comme ça, je demande le divorce ! »

Jeanne haussa un sourcil.

« Fais-le. J'attends que ça. Mais tu ne le feras pas. »

Elle savait pourquoi. Le testament de Monsieur Bertrand, son défunt beau-père, était très clair. Pour que Pierre puisse hériter de la totalité de la fortune familiale et de l'appartement, il devait rester marié à Jeanne pendant au moins cinq ans après la mort de son père. Ils n'en étaient qu'à la deuxième année. Un divorce lui coûterait des millions.

Pierre serra les dents, piégé. Il savait qu'elle avait raison. Il lança un regard furieux à Jeanne, puis se tourna vers sa mère.

« Ne t'inquiète pas, maman. Je vais commander quelque chose. Et demain, je vais engager une aide-soignante pour s'occuper de toi. Comme ça, tu n'auras plus rien à demander à cette... personne. »

L'aide-soignante, une femme robuste nommée Madame Girard, arriva le lendemain. Elle devint rapidement le public captif de Madame Bertrand. Du matin au soir, l'ancienne danseuse se plaignait de sa belle-fille, inventant des histoires de négligence et de cruauté.

« Vous voyez, Madame Girard, elle me laisse mourir de faim. Elle cuisine des plats délicieux juste pour me narguer. Elle est le diable en personne. »

Madame Girard, professionnelle, écoutait avec une compassion polie mais gardait ses distances.

Un après-midi, alors que Jeanne passait dans le salon, elle vit Madame Bertrand tenir un objet qui lui fit monter le sang à la tête. C'était une petite boîte à musique en argent, un cadeau de sa propre mère, qu'elle destinait à son enfant perdu.

« Regardez, Madame Girard, comme c'est joli ! Je pense que je vais le garder pour mon fils. Après tout, elle n'en a plus l'utilité, n'est-ce pas ? »

La remarque était d'une cruauté insoutenable. Jeanne s'avança et arracha la boîte à musique des mains de sa belle-mère.

« Ne touchez plus jamais à mes affaires », siffla-t-elle, sa voix tremblante de rage contenue.

« Mais c'est pour le bébé ! », protesta Madame Bertrand, jouant l'innocence.

« Cet objet n'est pas pour votre enfant. Il n'est pour personne. Il est à moi. C'est le souvenir de mon enfant. Un enfant que je n'ai pas pu protéger. »

Pour la première fois, une fissure apparut dans l'armure de Jeanne. Une larme roula sur sa joue. Elle serra la boîte à musique contre sa poitrine et se réfugia dans son studio, laissant Madame Bertrand et son aide-soignante médusées dans le salon. La guerre froide venait de connaître sa première véritable escarmouche, et les blessures étaient profondes.

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