
La Seconde Chance du Milliardaire
Chapitre 3
Chapitre 3
Mes jambes tremblaient encore lorsque je fis un dernier tour de la cabane, à la recherche de quoi que ce soit pouvant m'être utile. Je savais que je ne pouvais pas rester ici plus longtemps, mais quitter cet endroit sans plan ni direction me paraissait suicidaire. Pourtant, je ne pouvais pas nier la sensation oppressante qui pesait sur moi, comme si chaque seconde que je passais ici me rapprochait du danger.
Alors que je fouillais sous la chaise cassée, mes doigts rencontrèrent quelque chose de froid et métallique. Je tirai l'objet vers moi et découvris un téléphone. Un vieux modèle à clapet, rayé et poussiéreux, mais intact. Mon cœur fit un bond.
C'était peut-être une chance. Un miracle, même. Mais était-ce trop beau pour être vrai ? Je regardai autour de moi, comme si j'attendais que quelqu'un surgisse pour me le reprendre. Le silence était total.
Mes mains tremblaient tandis que j'ouvrais le téléphone. Il avait encore un peu de batterie. Je devais me dépêcher avant qu'il ne s'éteigne pour de bon.
L'écran s'alluma, affichant une simple notification : **1 nouveau message.**
Je fronçai les sourcils. Qui avait laissé ce téléphone ici ? Et pourquoi y avait-il un message non lu ?
Je cliquai dessus, mon cœur battant à tout rompre. Le message était court, composé de symboles étranges et d'une phrase qui ressemblait à un code :
** »Refuge 13 : 47.205N, 1.554W. Viens seule. »**
Le souffle me manqua. Alexander. Cela devait être lui. Je ne connaissais personne d'autre qui utiliserait ce genre de langage crypté. Mon frère avait toujours eu un don pour cacher des messages dans des phrases simples. C'était son moyen de communication préféré quand nous étions petits, un jeu auquel je ne participais qu'à moitié, trouvant cela souvent trop compliqué.
Mais cette fois, je compris immédiatement. Les coordonnées indiquaient un lieu précis, et le mot *refuge* suffisait à me convaincre que c'était un endroit sûr. Enfin, si Alexander y était, du moins.
Mes pensées s'embrouillaient. Comment avait-il su où je me trouvais ? Comment avait-il pu anticiper que je trouverais ce téléphone ?
Je ne pouvais pas me permettre de douter. C'était ma seule piste. Si c'était vraiment lui, alors il était en vie, et il avait un plan. Je m'accrochais désespérément à cette idée.
Mais je savais que ce ne serait pas facile. Sortir de cette forêt sans être repérée relevait presque de l'impossible. Les hommes en noir étaient encore quelque part, et je ne pouvais pas compter sur le hasard pour m'en tirer une nouvelle fois.
Je fermai les yeux un instant, prenant une profonde inspiration. Mon souffle était irrégulier, mes pensées un chaos de peur et de désespoir. Mais au fond de moi, une petite étincelle de détermination brûlait encore.
Je me levai, serrant le téléphone contre moi comme s'il était la clé de ma survie. Il fallait bouger, maintenant.
Alors que je sortais de la cabane, une étrange sensation de malaise s'insinua en moi. Je levai les yeux, scrutant l'obscurité entre les arbres. Rien. Juste les ombres mouvantes des branches sous la lumière lunaire. Pourtant, je ne pouvais pas me défaire de l'impression d'être observée.
Je repris ma route, me guidant tant bien que mal à travers les sous-bois. Les coordonnées indiquaient une direction vers le nord-ouest. Avec un peu de chance, je pourrais y arriver avant que la nuit ne devienne trop glaciale.
Mais après seulement quelques mètres, un craquement retentit derrière moi.
Je m'immobilisai, mon cœur battant à tout rompre. Était-ce une branche qui tombait ? Un animal ? Ou... pire ?
Je fis quelques pas de plus, essayant de ne pas paniquer. Mais le bruit se répéta, cette fois plus proche.
Je tournai brusquement la tête, mes yeux scrutant les ténèbres. « Qui est là ? » murmurais-je, ma voix tremblante.
Aucune réponse. Juste le silence.
Je recommençai à marcher, mais à peine avais-je avancé qu'un nouveau bruit résonna, suivi d'un murmure indistinct. Mon cœur se serra.
« Allez, Mila, respire... » murmurai-je pour moi-même, tentant de calmer la panique qui menaçait de me submerger. Mais mon corps ne m'écoutait pas. Mes jambes étaient prêtes à partir dans un sprint désespéré.
Soudain, une silhouette émergea des ombres, à une dizaine de mètres devant moi. Mon corps se figea, la peur m'immobilisant complètement.
C'était l'un d'eux. Je le reconnaissais à sa tenue noire, presque invisible dans l'obscurité. Il avançait lentement, comme un prédateur traquant sa proie.
Je reculai instinctivement, mes pieds cherchant à tâtons un chemin vers l'arrière. Mais mon talon heurta une branche, la faisant craquer sous mon poids.
L'homme releva la tête immédiatement, son regard perçant se posant directement sur moi.
« Là ! » cria-t-il.
Je ne réfléchis pas. Je courus.
Ma respiration était haletante, chaque inspiration me brûlait la gorge, mais je ne m'arrêtais pas. Les branches me griffaient les bras et le visage, mais je ne ressentais rien d'autre que l'adrénaline qui me poussait à avancer.
Derrière moi, j'entendais des pas lourds qui martelaient le sol, des voix qui criaient, mais je ne pouvais pas me permettre de regarder en arrière.
Je devais atteindre les coordonnées. Je devais retrouver Alexander.
Le terrain devenait de plus en plus accidenté, et je manquais plusieurs fois de tomber, mais je continuais. Le froid mordait mes poumons, la panique rendait chaque pas douloureux, mais je m'accrochais à l'idée que tout cela finirait bientôt.
Un ruisseau apparut devant moi, et sans réfléchir, je sautai dedans, l'eau glaciale me montant jusqu'aux genoux. Je continuai de courir à contre-courant, espérant que cela masquerait ma trace.
Les voix derrière moi s'estompèrent peu à peu, mais je ne ralentissais pas. Je ne savais pas combien de temps cela durerait, ni même si j'avais réellement réussi à les semer.
Après ce qui me parut une éternité, j'atteignis enfin une petite clairière. Mes jambes me lâchèrent, et je m'effondrai à genoux, respirant difficilement.
J'étais épuisée, gelée, et terrifiée. Mais quelque part en moi, une lueur d'espoir continuait de briller. Je devais continuer. Je devais y croire. Pour Alexander. Pour maman. Pour moi.
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