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Couverture du roman La revanche de la minorité silencieuse

La revanche de la minorité silencieuse

Au cœur d'une région ensoleillée, un hôtel familial lutte contre la faillite tandis que la crise économique fait rage. Dans cet établissement singulier, clients et employés évoluent au milieu de multiples références culturelles et de situations absurdes. Cependant, une simple bouteille de soda vient briser cette harmonie débridée. Face aux quiproquos et au chaos grandissant, le retour du pragmatique Théodore suffira-t-il à dévoiler la vérité ? Le pire semble pourtant inévitable.
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Chapitre 1

À mes enfants Erwann et Inès, leur mère, la mienne, la sienne (la mère de ma mère), avec mon éternelle affection.

Une pensée émue pour Marguerite…

pas la vache, ni la fleur… ma grand-mère paternelle.

Préface

L’auteur précise que les personnages et faits rapportés relèvent de sa pure fantaisie et ne correspondent en rien à des évènements ou personnes existant ou ayant existé… mais vous n’êtes surtout pas obligé de le croire.

Il est également conseillé de laisser ses imaginations aller, vu que vous vous apprêtez à faire l’inédite expérience du roman 3D. Car, derrière cette page (porte), s’ouvre un univers où les apparences se révéleront souvent trompeuses (ou si peu, c’est selon), et les coïncidences jamais réellement fortuites.

« En jouant sur, et avec, les mots, qu’ils soient anciens ou nouveaux, extras, savants ou (très) ordinaires, je prends le seul parti du rire, première époque notamment, pour oser casser les codes de l’écriture conventionnelle selon laquelle les vocables ne sont là que pour servir le récit à fin de susciter des émotions, de sorte à leur redonner tout leur sens et en faire les véritables héros de l’histoire. »

Car qui mieux que la langue française pour sublimer l’imaginaire ? Sans oublier les parenthèses (voix off) pour établir un dialogue et stimuler la réflexion.

Un lecteur averti en vaut bien deux, si ce n’est trois !

Pierre-Marie LouiséonIdéalement placé en bordure de nationale, non loin de l’autoroute, l’hôtel tirait parti de son avantageuse proximité avec l’Espagne pour faire de l’endroit, l’année durant, un point de chute très prisé d’une clientèle aussi nombreuse que variée, principalement de passage.

De janvier à juin, puis de septembre à décembre, l’établissement devenait ainsi le lieu de rendez-vous privilégié des représentants de tout poil s’en allant démarcher, la fleur au fusil et le futal en berne, les entreprises et demoiselles de petite vertu de la péninsule voisine, époques que Théodore nommait avec dérision « saison des léporidés »1(nous y reviendrons). En juillet-août, une population plus internationale, en majorité familiale, prenait ensuite le relais, le temps d’une courte halte sur le chemin des vacances, direction la Costa Brava, Barcelone, ou l’Andalousie. Il arrivait également, même si cela n’entrait pas trop dans les plans de la direction, choix on ne peut plus discutable et pour le moins regrettable, que des autocars de tourisme y déversent, au printemps et à l’automne, leurs flots de visiteurs du troisième âge. Sans parler des dépanneuses qui y déchargeaient régulièrement accidentés et naufragés de la route en tous genres.

Pour en arriver à notre histoire, l’été s’était une nouvelle fois montré profitable, et, après une petite période de transition, la « saison des léporidés » (nous y sommes), appellation barbare que le facétieux Théodore réservait aux voyageurs de commerce qu’il s’amusait à classer par catégories, battait désormais son plein.

Explication : les lièvres, de nature solitaire et sauvage, se différenciant des lapins, à l’instinct grégaire et sociable notoire, il y avait donc les commerciaux qui avalaient les kilomètres à longueur de journée et, soucieux de ménager la monture, menaient une vie d’ascètes en dehors, et les autres…

Tous ceux qui se ramenaient éparpillés à l’hôtel, les mêmes qui se retrouvaient à l’heure du souper… de l’apéritif plutôt, pour aller, bras-dessus bras-dessous (heigh-ho heigh-ho ! on rentre du boulot !), écumer les maisons de passe, légion de l’autre côté des Pyrénées, ne s’en retournant qu’au bout de la nuit, voire au petit jour, dans un état proche de l’Ho... mo detritus. Pour autant, l’heure du petit déjeuner venue, pas un ne manquait à l’appel, tous partant pour remettre ça dès la semaine suivante, ou celle d’après, selon les plannings et feuilles de route respectifs. De vrais forçats ! La vie est si dure parfois…

Quant à savoir l’animal auquel ces braves se rapportaient, notre homme (avec l’accord de l’auteur) ne le précisait pas, sachant que la qualité mise ici en avant n’a rien à voir avec celles précédemment citées.

Mais passons !

Parce qu’il était de service cette nuit-là lorsque vers 3-4 heures la sonnerie stridente du portail résonna. Une paire de gros phares s’impatientait derrière la grille. L’ensemble de la clientèle dormant du sommeil du juste, le veilleur en conclut qu’il s’agissait d’un passage. L’employé ouvrit. Deux hommes, la cinquantaine, se présentèrent. Le premier, bien mis, taille moyenne, œil vif, ton clair et posé, prit la parole, la main sur le haut de son portefeuille glissé à l’intérieur de la poche arrière de son pantalon, prêt à dégainer. Son acolyte, grand, dépenaillé, cheveux hirsutes, l’allure dégingandée et la bouille chiffonnée de l’épouvantail à qui l’on aurait fauché le chapeau, demeurait en retrait, le regard posté au loin.

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