
La Reine de sa perfidie
Chapitre 3
Point de vue d'Audrey :
Camille et moi étions des enfants autrefois, courant pieds nus dans l'herbe d'été, nos rires résonnant dans nos maisons d'enfance qui étaient commodément voisines. Il était toujours là, une présence constante à travers les genoux écorchés et les drames de l'adolescence. Il était mon protecteur, mon confident, mon premier béguin, mon meilleur ami, mon roc.
Je me souviens du jour où je suis tombée de mon vélo, mon genou saignant abondamment, comment il m'a ramassée, son propre visage pâle de peur, me portant jusqu'à la maison. Il s'est fait une vilaine coupure au bras ce jour-là, me protégeant du bord déchiqueté du trottoir. Il ne s'est jamais plaint. Il m'a juste tenue, murmurant des assurances jusqu'à ce que mes larmes cessent.
Il était mon passé, mon présent et mon avenir. Mon frère, mon amant, mon mari, mon âme sœur. Du moins, c'est ce que je pensais.
Comment quelqu'un qui était toutes ces choses, qui me connaissait mieux que quiconque, pouvait-il changer si complètement ? Comment pouvait-il trahir le fondement même de notre histoire commune pour une liaison éphémère et sordide ? La question me rongeait, une douleur implacable et brûlante.
Les premiers rayons de l'aube ont peint le ciel de teintes de rose et d'orange doux, mais la lumière n'a apporté aucune chaleur à mes membres engourdis. Mon corps, raide et lourd, bougeait en pilote automatique. Je me suis dirigée vers mon bureau, la pièce remplie des plans de mes rêves architecturaux, des rêves qui semblaient maintenant creux et dénués de sens.
D'un tiroir verrouillé, j'ai récupéré le document. Le contrat de mariage. J'avais insisté dessus après la première fois que j'avais soupçonné que quelque chose n'allait pas, un pressentiment que je ne pouvais pas ignorer. C'était une sauvegarde, une tentative désespérée de me protéger d'une trahison que je savais inconsciemment venir. Il stipulait, en termes non équivoques, que s'il me trompait à nouveau, tous les biens matrimoniaux, y compris son entreprise d'art maintenant florissante, me reviendraient.
J'avais espéré que ce serait un moyen de dissuasion, une limite qu'il n'oserait pas franchir. Mais l'amour, ou plutôt, le manque d'amour, semblait se moquer des contrats légaux. Aucun morceau de papier, aucune clause, aucune pénalité ne pouvait empêcher un cœur de vagabonder, de se briser. L'ironie cruelle ne m'a pas échappé. J'avais essayé de me protéger de son infidélité avec un document légal, mais j'ai échoué à protéger mon cœur.
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