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Couverture du roman La meurtrie

La meurtrie

Au cœur de cette romance poignante, une vérité s'impose : seule l'éternité possède une valeur réelle, tandis que tout le reste s'efface dans l'oubli. À travers le récit de « La MEURTRIE », nous explorons la fragilité des sentiments face au temps qui passe. Cette œuvre dépeint avec intensité le contraste saisissant entre les passions éphémères et les liens indestructibles. Une quête émotionnelle où l'âme cherche désespérément ce qui ne mourra jamais.
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Chapitre 2

Part. 2

C’est aujourd’hui que la nouvelle femme de mon père arrive. Ma mère est occupée à la cuisine tandis qu’Emilie et moi sommes occupées à faire le ménage et nettoyer notre vaste cour.

J’entends le klaxon de mon père et je cours ouvrir le portail. Avant ma naissance, il y’avait des domestiques et un gardien à la maison mais mon père les a tous renvoyés. Je cours donc ouvrir le portail, mon père entre et je constate qu’il est assis avec une femme un peu plus jeune que ma mère mais beaucoup moins jolie. Il gare, descend et fais le tour pour ouvrir la portière à la femme. Comme si elle ne pouvait pas le faire elle-même. Elle est descendue et quand elle a sorti ses pieds de la voiture, j’ai remarqué qu’ils avaient une couleur bizarre. Ma sœur et moi n’arrêtions pas de la regarder quand la voix grave de mon père se fait entendre

Papa : vous regardez quoi ? Au lieu de décharger la voiture

Moi : tout de suite papa

Emilie me rejoint et on se met à décharger la voiture. Les valises sont tellement lourdes pour deux petiotes filles comme nous, mais mon père s’n fiche totalement puisqu’il a entrainé sa nouvelle femme dans la maison. Heureusement, maman est venue à notre aide et elle nous a aidées à transporter toutes les valises dans la maison.

On a toutes les trois mis la table pendant que mon père faisait faire le tour de la maison à la nouvelle « maîtresse de maison » comme il l’a lui-même appelé. On s’est tous installés à table, c’était la première fois depuis très longtemps que mon père nous permettait encore de nous installer à la table. Quand maman a voulu s’assoir sur la chaise qu’elle occupait quand on mangeait encore à table, mon père le lui a interdit

Papa : trouve-toi une autre chaise, celle-ci est réservée à celle qui le mérite.

Ma mère ne dit rien et change juste de place. La nouvelle femme de mon père arrive et s’installe à la place qui devrait normalement être celle de ma mère. Après avoir béni le repas, mon père annonce.

Papa : je vous présente Catherine, ma femme. Pour vous jeunes filles (désignant ma sœur et moi) ce sera mama Cathy

Emilie et moi en chœur : bonjour mama Cathy

Maman : bonjour Cathy

C : bonsoir à tous, je suis contente d’être ici. Je suis sûre qu’on va bien s’entendre.

Le repas s’est déroulé dans le plus grand silence. Silence pour nous trois, car mama Cathy et mon père n’arrêtaient pas de se dire des choses dans le creux des oreilles. Nous bien sûr on ne savait pas ce qu’ils se disaient. On les entendait juste éclater de rire. Après le repas, mon père a emmené sa nouvelle femme dans la chambre. Maman, Emilie et moi on a tout nettoyé. Quand nous sommes allés dans notre chambre, on a trouvé toutes les affaires de ma mère entassées là dans un coin. Au moment de se mettre au lit, elle a demande que je dorme avec ma sœur et elle a pris mon lit. Je croyais que c’était provisoire mais ça a continué comme ça chaque soir. Elle a fait de la place dans nos penderies pour ranger des affaires à elle. Notre maison avait cinq grandes chambres, je ne comprenais pas pourquoi ma mère ne pouvait pas s’installer dans l’une d’elle. En fait, mon père le lui avait interdit. Non seulement, il l’avait mis à la porte de leur chambre conjugal, mais il lui avait interdit de s’installer dans l’une des trois autres chambres restantes. Il avait dit que deux étaient pour ses futurs garçons et l’autre pour quand ses nouveaux beaux-parents viendraient à la maison.

Je pensais qu’avec l’arrivée de sa nouvelle épouse, mon père oublierait un peu ma mère, je veux dire oublierai le traitement qu’il lui administrait. Mais je me trompais. Mon père était bien décidé à humilier ma mère devant cette femme. Il l’obligeait à faire la lessive de cette dernière, quand elle essayait de rechigner, il lui donnait des coups de poing devant cette dernière.

Je croyais que la situation ne pouvait pas être pire, mais non j’étais bien loin de la vérité. Mama Cathy s’est retrouvé enceinte un an après son arrivée chez nous. Et pour couronner le tout, l’échographie a révélé qu’elle allait avoir non pas un mais deux garçons. Alors là toutes vos explications scientifiques là ne signifiaient plus rien pour mon père. Pour lui, ma mère était la seule responsable puisque sa nouvelle femme pouvait lui donner non pas un, mais deux garçons. Ma mère était donc définitivement « la sorcière ». J’avais 12 ans quand les jumeaux sont nés. Et vous ne me croirez pas mais mon père s’est mis à regretter de m’avoir donné ces prénoms qu’il réservait à son premier garçon. Il a même voulu faire refaire mon acte de naissance mais il a dit « non tu dois porter ces prénoms pour te rappeler à tout jamais que tu as à un moment brisé mes rêves », et il a continué en disant « heureusement qu’il y’a encore des femmes ici dehors pour réaliser les rêves de nous autres ». Il a donc appelé l’un des jumeaux Kevin et l’autre Arthur. Je ne me rappelle plus trop de l’explication qu’il avait donnée.

Maman, Emilie et moi étions chargés de nous occuper des jumeaux. Nous étions presque des nounous. Maman se levait dans la nuit à chaque fois l’un des bébés pleurait pourtant leur mère dormait tranquillement avec son « mari ».

Cette nuit, Kevin qui est généralement le plus calme n’arrête pas de pleurer. Maman ne peut pas se lever parce qu’elle est souffrante et Emilie ne se sent pas bien aussi. Je me suis donc lever je suis allée dans la chambre des jumeaux et j’ai pris mon petit frère dans mes bras. Je me suis mise à le bercer en faisant des pas dans la chambre, à un moment je me suis prise les pieds dans le tapis et je me suis retrouvé au sol couché sur Kevin. Il n’ya pas de chance qu’il se soit fait mal parce que je l’ai serré fort contre moi et le tapis est bien épais. Mais le petit s’est mis à hurler, ce qui a réveillé son frère qui s’est mis à hurler à son tour. Le temps que je me relève, mon père et sa femme débarquaient dans la chambre suivis d’une maman qui se trainait presque, courbée sur elle-même.

Mama Cathy me prenant Kevin dans les bras : héééé mon bébé

Papa : tu es dérangée ? tu fais quoi pour jeter mon fils au sol ?

Moi : je n’ai pas fait exprès papa

P : pas fait exprès ?

Maman : c’est ma faute, c’est moi qui l’ai envoyé calmé le petit.

P : donc, donc vous vous êtes entendues pour tuer mon enfant quoi ?

Moi : non papa, c’est moi

P : puisque ta mère a pris l’habitude de jouer les justicières

Il s’approche de ma mère et lui donne deux bonnes baffes devant sa « femme » et ça sans tenir compte du fait qu’elle va vraiment mal. Il lui arrache le filet qu’elle avait sur la tête et tire ses cheveux.

P : tu crois qu’elle a fait la magie pour accoucher des garçons ? Sorcière là

Il lui crache dessus et regagne sa chambre suivi de mama Cathy qui ne dit rien. Je ne sais pas trop quel est son point de vue ou sa position par rapport à ce traitement que mon père nous inflige. Elle ne dit jamais rien, ne fait même pas de grimace que ce soit pour exprimer son dégoût on son approbation, elle ne regarde ma mère ni avec respect, ni avec mépris. Elle est fade je dirais.

DEUX ANS PLUS TARD

Qu’est ce que le temps peut aller lentement quand la vie est difficile. Deux ans sont passés mais j’ai l’impression que c’était 10 ans. Même quand mon père est fâché contre sa nouvelle épouse, c’est ma mère qui en paie les frais.

Ce matin, je me lève et je vais dans la cuisine, je fais la vaisselle et Emilie s’occupe de faire me ménage. Vers 9h, je me rends compte que maman ne s’est toujours pas levée.

Moi : Emilie, maman dort toujours ?

E : je crois heinnn je ne l’ai pas encore vu depuis là

Moi : je vais voir s’il y’a un problème.

Je vais dans la chambre et je trouve maman couchée et bien enveloppée dans le drap. Elle grelotte alors que je dirais qu’il fait plutôt chaud. Je m’approche du lit et je la touche. Oh mon Dieu, elle est carrément brûlante.

Moi : maman ça ne va pas ?

Maman : je je crois que ça va aller

Elle essaie de se lever mais retombe sur le lit. Au même moment j’entends la voix de mon père

Papa : je demande heinnn !! Les femmes de cette maison sont où ? Mon petit déjeuner est où ?

Et naturellement il s’adresse à ma mère parce que sa petite princesse ne doit absolument rien faire. Il vient dans la chambre et me trouve penchée sur ma mère

Papa : donc maintenant vous faites la grasse matinée heinnn

Moi : papa, elle est malade

Papa : quelle maladie, elle a quoi ? tsuippp (s’approchant de ma mère) je ne mange pas ce matin ?

Elle ne répond et essaie de se lever mais retombe de nouveau sur le lit.

Papa : je vois que tu as besoin d’aide

Il la prend par le bras et la tire si bien qu’elle se retrouve au sol.

Moi : papa elle est malade

Il me tourne et me gifle violemment

Papa : toi je t’interdis de me parler sur ce ton.

Je pose une main sur ma joue qui je dois l’avouer me fait vraiment mal. Mais je ne pleure pas, je le regarde un instant et j’essaie de relever ma mère qui est toujours couché au sol. Mon père sort de la chambre et s’en va. Emilie arrive en courant et trouve maman couchée sur le sol et moi essayant de la relever.

E : qu’est ce qui s’est passé ? Pourquoi maman est couchée au sol ?

Moi : elle est malade Emilie, maman est malade.

C’était la première fois que je voyais ma mère comme ça. Elle s’était souvent sentie mal mais elle arrivait toujours à se lever, mais là malgré les efforts, elle n’arrive pas à se redresser.

Moi : Emilie où est papa ? Il faut que maman aille à l’hôpital.

E : il est sorti (reniflant) on va faire comment ?

Moi : je vais voir si mam Cathy peut nous aider ?

E : essaie on ne sait jamais

Comme je vous l’ai dit, je ne sais pas ce qu’elle pense de tout ça. Je ne sais pas si elle voudra nous aider mais comme on dit, qui ne risque rien n’a rien. Je suis donc allée la retrouver au salon. Elle regardait la télévision et les jumeaux jouaient à côté d’elle. Je m’approche et je me mets debout à côté d’elle, elle ne me regarde même pas et continue de regarder la télé.

Moi : mama Cathy ?

MC : oui Kevin, (me regardant) tu as un souci ?

Moi : maman est très malade, elle n’arrive même pas à se lever. Papa n’a rien fait et je crois qu’il faut l’amener à l’hôpital

MC : vous avez de l’argent ?

Moi : Emilie et moi on a quelques économies et je crois que maman aussi

Contre toute attente, elle s’est levée et s’est dirigée dans leur chambre avant de nous retrouver dans notre chambre. Elle s’est approchée de maman et l’a touchée.

MC : elle est brûlante. Bon on va l’amener au centre de santé qui n’est loin d’ici. Vous pouvez m’aider à la soulever ? (s’adressant à maman) mama Hélène tu peux te lever ?

On était toutes surprises qu’elle appelle ainsi, avec tant de respect. Ma mère a juste secoué la tête. Mama Cathy la tient d’un côté et Emilie et moi la tenon de l’autre. Lentement, nous sommes arrivés dehors et avons pris un taxi pour le centre de santé. C’est vrai qu’il n’est pas loin de la maison mais maman ne pouvait pas arriver à pied. Arrivés sur les lieux, je suis allé payer le billet de session et maman a été installé sur un lit dans une salle où il y’avait pleins d’autres lits sur lesquels étaient couchés d’autres malades. Mama Cathy m’a appelé à l’écart.

MC : il faut que je parte rapidement, les jumeaux sont restés seuls (fouillant dans son porte monnaie, elle me tend 15.000frs CFA) tiens prends ceci au cas où il faudra autre chose. Mais une chose Kevin, ton père ne doit jamais savoir que je vous ai aidés. D’accord ?

Moi : oui mama Cathy et merci beaucoup.

Elle secoue juste la tête et s’en va. J’ai alors compris que mama Cathy n’était pas une méchante femme, c’est pour ça qu’elle n’approuvait pas. Elle ne réprimandait pas non plus mon père juste parce qu’elle avait peur. Oui, elle avait peur qu’il lui inflige le même traitement. Mais pourquoi lui infligerait-il le même traitement puisqu’elle lui avait donné ce qu’il voulait le plus au monde.

Emilie est également rentrée ça la maison pour prendre quelques affaires pour maman. Le docteur nous a annoncé qu’il fallait la garder le temps de faire quelques examens.

Les économies de maman plus celles d’Emilie et moi plus l’argent que mam Cathy ont donné ne suffisaient plus pour l’hospitalisation, les examens et les médicaments de maman. Ça fait trois jours que maman est ici et papa ne s’est même pas déplacé une seule fois. Mais là il faut encore de l’argent je dois aller voir maman. Mais avant il faut qu’on parle au docteur pour qu’il nous dise ce que maman a exactement. Emilie et moi sommes donc allés le voir dans son bureau.

E : bonjour docteur

Doc : bonjour jeune fille

E : docteur, notre mère a quoi même exactement ?

Doc : je dois parler à un adulte, votre père est où ?

E : il

Moi la coupant : il est en voyage et nous sommes seuls avec maman

Doc : il n’y’a personne d’autre à qui je peux parler ?

Moi : non personne

Il reste un moment réfléchissant probablement avant de dire

Doc : votre mère a de sérieux dégâts en elle. Tout va bien à la maison ?

Moi : oui docteur tout va bien

Doc : vous êtes sûrs ?

E : très sûr docteur

Doc : je ne comprends donc pas d’où viennent toutes ces marques sur son corps, je ne vais pas vous mentir les enfants mais votre mère va sérieusement mal. Elle doit rester ici pour le moment, vous avez de l’argent ?

Emilie me regarde et je la regarde

Moi : on va trouver.

Au même moment une infirmière, arrive en courant dans le bureau du docteur.

I : docteur, vite il y’a un problème avec la

Elle se tait quand elle nous voit Emilie et moi. Je comprends alors qu’elle veut parler de maman.

Doc se levant : les filles vous m’attendez là.

Il se lève et suit l’infirmière. Je me lève et également et Emilie comprend que je n’ai pas l’intention de rester assise là. Elle se lève et on suit le docteur dans la salle où se trouve ma mère. Oh ! Vision d’horreur ! Maman en train de vomir du sang. Emilie comme d’habitude se met à pleurer, moi je regarde juste maman qui semble perdre de plus en plus ses forces. Son regard se pose sur nous et elle essaie de dire quelque chose

Mama : mes… mes enf

Doc se retournant : je vous ai demandé de m’attendre dans le bureau. Il faut vite que vous préveniez quelqu’un. Elle ne peut pas rester ici, on doit l’amener à l’hôpital général.

Je suis sortie en courant laissant là Emilie qui pleurait toujours. J’ai couru sans m’arrêter jusqu’à la maison. Quand je suis arrivée, mon père était couché sur le canapé, la tête posée sur les cuisses de mama Cathy. Quand elle m’a vu arriver en courant, j’ai lu la panique sur son regard, elle a évidemment compris que la situation s’était empirée mais elle est restée assise sans bouger.

Moi : papa maman va mal

Papa : tu ne vois pas que je repose ?

Moi : papa elle vomit le sang, le docteur dit qu’il faut qu’on l’amène à l’hôpital général.

Papa : j’ai dit que je me repose

Moi : papa c’est urgent

Papa : tu es sourde où tu ne comprends pas français ? Je me repose d’abord, quand je finis je vois ce que je peux faire.

Il me parlait avec les yeux fermés sans même me regarder. Je suis restée là à le regarder, je ne comprenais pas comment quelqu’un pouvait être aussi insensible. Mama Cathy s’est levée et est allée dans la cuisine puis elle est revenue s’assoir. J’étais toujours placé là à regarder mon père qui était toujours couché les yeux fermés. Mama Cathy s’est mise à bouger la bouche, elle voulait que je lise sur ses lèvres. Je me suis donc concentrée sur sa bouche et j’ai pu lire « va regarder sous le seau qui est derrière ». je me suis levée et je suis sortie en courant. Je suis allée regarder sous le seau et j’ai trouvé deux billets de dix mille francs. Je les ai pris et je suis partie en courant. J’ai pris un taxi qui m’a laissé à la clinique, j’ai demandé au taximan d’attendre et deux infirmiers nous ont aidé à mettre maman dans le taxi.

Ma mère avait coupé les ponts avec sa famille, on ne les connaissait donc presque pas. On avait aucune nouvelle. Je sais juste que mes grands parents ne vivent pas et que ma mère a 3 frères et deux sœurs. Trois sont à l’étranger et ses deux frères qui sont au pays, eh bien je n’ai aucune idée de l’endroit où il se trouver. La seule personne vers qui on pouvait se tourner c’était tonton Emma le frère de mon père. Nous sommes allées le voir, il n’a pas voulu venir voir ma mère à l’hôpital de peur de s’attirer les foudres de son frère. Il nous a quand-même remis de l’argent et nous sommes parties.

Arrivées à l’hôpital, on a croisé l’infirmière qui sortait de la chambre de maman. Elle s’est placée à la porte nous empêchant d’entrer. Emilie s’est mise en colère

E énervée : c’est comment ? Si c’est pour l’argent, on a trouvé laissez nous voir notre mère.

L’infirmière n’a rien dit. Elle nous a regardés l’une après l’autre avec un visage indéchiffrable. Le docteur nous a rejoint et lui aussi avait le même visage indéchiffrable. Vous voyez comme dans les films lorsque le docteur s’apprête à annoncer la nouvelle fatidique. J’ai immédiatement compris ce qui se passait mais apparemment Emilie ne comprenait toujours pas.

Le doc : venez dans mon bureau les enfants

E : dans le bureau pour faire quoi ?

Le doc : on doit parler

E : parler pourquoi je veux voir ma mère (à l’infirmière) quittez devant la porte c’est comment ? Quelqu’un ne ne peut plus voir sa mère ? j’ai dit que si c’est pour l’argent voilà ça

L’infirmière n’a pas pu retenir une larme qui a commencé à descendre le long de sa joue.

E : ah ça c’est la magie maintenant tu pleures seule ?

Je me suis approchée de ma sœur et je l’ai prise par le bras.

Moi : Emy vient, c’est fini

E : qu’est ce qui est fini ?

Moi : c’est fini je te dis

Elle m’a regardé et a commencé à secouer la tête en criant

E : non, non, non ; rien n’est fini, çe ne peut pas finir

Elle a bousculé l’infirmière et a ouvert la porte. Je l’ai suivi dans la chambre, le lit de maman était vide, Emilie s’est couchée dessus et s’est mise à hurler

E : non maman, non ça ne peut pas finir comme ça, ne fais ça, ne nous fais pas ça

Je la regarde sans rien dire et même aujourd’hui je ne pleure pas. Ma sœur crie dans tous les sens mais pas le moindre signal de larmes dans mes yeux. Je me suis approchée d’elle, je me suis assise sur le lit et elle s’est jetée dans mes bras

E : Kéké (c’est comme ça qu’elle m’appelle) ça ne peut pas être fini, dit moi que ce n’est pas fini, dis moi qu’elle est sortir et qu’elle va revenir.

Je l’ai regardé droit dans les yeux.

Moi : je ne peux pas, c’est vraiment fini, elle est partie pour de bon.

Elle m’a serré contre elle criant encore plus fort.

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