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Couverture du roman La meurtrie

La meurtrie

Au cœur de cette romance poignante, une vérité s'impose : seule l'éternité possède une valeur réelle, tandis que tout le reste s'efface dans l'oubli. À travers le récit de « La MEURTRIE », nous explorons la fragilité des sentiments face au temps qui passe. Cette œuvre dépeint avec intensité le contraste saisissant entre les passions éphémères et les liens indestructibles. Une quête émotionnelle où l'âme cherche désespérément ce qui ne mourra jamais.
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Chapitre 3

Part 3. (un peu courte mais bon...)

Moi : Émilie stp lève-toi il faut qu’on rentre

E : je n’irai nulle part, je pars avec maman

Moi : tu ne peux pas partir avec elle ?

E : si, je peux et je vais le faire

Moi : et moi tu me laisses avec qui ?

Elle ne dit rien et serre juste l’oreiller fort contre elle. Elle là couchée sur le lit d’hôpital de maman, elle pleure à chaude larmes et refuse de se lever.

E : tu es forte toi, avec ou sans moi tu vas t’en sortir

Moi : mais je veux que ce soit avec toi, tu es ma grande sœur.

Je me couche sur le lit face à elle.

Moi : Emy s’il te plait rentrons à la maison

E : quelle maison ? la maison de celui qui a tué notre mère

Moi : rentrons s’il te plait, fais le pour moi, fais le pour maman

Le doc entrant dans la chambre : ta sœur a raison ma petite, il faut rentrer

E : vous ne comprenez pas docteur

Le doc : bien sûr que si, je comprends très bien. Mais ça ne sert à rien de rester ici. Tu te fais du mal et tu fais du mal à ta petite sœur, et je ne crois pas qua ta mère aurait accepté ça.

E : qu’est ce qu’on va faire sans elle ? qu’est ce qu’on va devenir ?

Le doc : vous allez vous battre et ça ira. Et souvenez vous que Dieu protège les orphelins qui espèrent en lui. Maintenant lève-toi et ramène ta sœur à la maison. Il faut prévenir la famille.

Après quelques instants d’hésitation, Emilie se lève enfin. Je me lève à mon tour et je la prends par la main. Elle me regarde les yeux remplis de larmes.

E : alors c’est vrai ? Maman est partie vrai vrai ?

Moi : oui, elle est partie. Viens, rentrons.

Nous sommes sorties de la chambre, puis de l’hôpital après avoir dit au revoir au docteur. Je tenais toujours sa main et elle serrait fort la mienne. Nous avons pris un taxi et durant tout le trajet, Emilie n’a pas arrêté d pleurer, finalement elle s’est mise à somnoler.

Quand nous sommes descendus du taxi, elle s’est mise à paniquer en voyant qu’on avançait vers la maison.

E : je ne veux pas aller là-bas

Moi : je sais, mais on est bien obligés on n’a pas le choix

E : on peut se débrouiller sans lui Kéké

Moi : en faisant quoi Emy ? Un jour, on va partir mais pour le moment c’est impossible.

E : je ne veux pas retourner là-bas

Moi : s’il te plait Emy viens avec moi, on va trouver une solution après.

E : snif, snif, d’acc snif, d’accord

On a continué à avancer vers la maison. J’ai poussé le portail et nous sommes entrées. Arrivées devant la porte d’entrée au salon, Emilie s’est arrêtée et m’a regardé

E : Kéké tu te rends comptes qu’on va devoir vivre dans cet enfer sans maman ?

Moi : je sais, mais on va s’en sortir, toutes les deux

E : tu crois ? Il nous déteste cet homme

Moi : je ne sais pas Emy, mais ce n’est pas le plus important pour le moment

On a entendu le portail s’ouvrir, Emilie a serré ma main croyant que c’était papa, mais c’était en fait mama Cathy. En nous voyant, elle s’est avancée vers nous d’un pas rapide.

Mama Cathy : il y’a un problème les filles ? Pourquoi tu pleures Emilie ? Kévin il y’a quoi ?

Moi : c’est maman

MC : qu’est ce qui s’est passé ?

Moi : elle est partie

MC : partie où ? comment ?

E hurlant : ELLE EST MORTE

MC : elle, elle est quoi ? quoi ? (prenant Emile par le bras) venez entrez

Elles sont passées devant moi et je les ai suivi. Mama Cathy s’est assise sur le canapé et a fait assoir Emilie a côté d’elle. Emilie a posé sa tête sur les genoux de mama Cathy qui s’est mise à lui donner quelques tapes sur le dos en lui demandant de se calmer, moi j’étais debout face à elles et je les regardais. C’est dans ces positions que mon père nous a trouvé.

Papa : il y’a quoi ? qu’est ce qui se passe ?

Silence. Mama Cathy continue de bercer Emilie qui commençait à se calmer.

Papa : quelqu’un va me répondre ? (s’adressant à moi) Kevin il y’a quoi ? D’ailleurs où est ta mère ?

E en se levant : c’est ce que tu voulais norrr !! elle est donc parte, tu es content n’est ce pas ?

J’étais surprise de la réaction d’Emilie, parce qu’il y’a encore quelques jours, elle n’aurait pas osé parlé à papa de cette façon. Mon père l’a attiré à lui et lui a donné une bonne baffle. Elle a tébuché et elle est tombée sur mama Cathy qui était toujours assise sur le canapé.

Papa : depuis quand tu oses me parler de cette façon ? D’ailleurs est ce que c’est à toi que je me suis adressée (se retournant vers moi) Kevin où est ta mère ?

Moi : elle est partie

Papa : partie où ? Et elle vous a laissés ici pourquoi ?

E : DONC TU VOULAIS QU’ELLE PARTE AVEC NOU HEINN, KEVIN JE T’AI DIT QU’ON NE DEVAIT PAS REVENIR ICI

BAAM

Mon père venait de donner une autre claque à Emilie qui a hurlé encore plus. Elle hurlait au point que les voisins ont commencé à entrer à la maison, et malgré tous les défauts de mon père, il a toujours eu horreur des scènes publiques.

Voisine 1 : c’est comment voisin il y’a quoi ?

Voisine 2 : on attend les cris d’Emilie jusqu’en route là bas

Papa : Kévin je t’ai demandé où est ta mère ? elle est partie où ?

Moi : elle est morte

Je l’avais dit d’une façon à la fois cale, naturelle et posée que moi-même ça m’étonnait.

Voisine 1 : quoi ? mama Hélène est quoi ?

Voisine : Hééééé Anti (Seigneur), Hélène ?? morte ? ça c’est la blague

Un jeune : hééé la gentille mater (mère) là ??

Papa : s’il vous plait allez pleurer chez vous. Je dois gérer tout ça avec ma famille ?

Ta quoi ? Famille ? C’est après la mort de maman que tu veux bien reconnaitre que nous sommes une famille ?

La dernière gifle de mon père avait envoyé Emilie au sol, et elle continuait de pleurer étendue là. Les voisins ont commencé à partir, j’ai pris Emilie par le bras et je l’ai entrainé dans la chambre. Elle s’est couchée et s’est immédiatement endormie. Je suis restée assise à la regarder dormir, caressant ses cheveux. J’ai le regard fixé sur elle endormie, je ne pense à rien, je n’arrive pas à penser, je n’arrive pas à réfléchir, je ne ressens rien, ni la douleur, ni la peine, ni la haine, ni la colère. Vous vous rendez compte que je n’ai que 14 ans et que je me sens déjà vide ?

J’entends cogner quelques coups la porte et elle s’ouvre sur mama Cathy qui tient dans ses mains un plateau dans lequel sont posées deux assiettes.

MC : tiens c’est pour ta sœur et toi

Je prends le plateau de ses mains et je le pose au pied du lit.

Moi : merci mama Cathy

MC : tu ne manges pas ?

Moi : après, je n’ai pas faim maintenant.

MC regardant Emilie : elle est fatiguée

Moi : oui elle doit se reposer

MC : et toi tu n’es pas fatiguée ? tu ne te reposes pas ?

Moi : non, je ne suis pas fatiguée

Elle me regarde intriguée et s’assoit sur mon lit en face de celui d’Emilie

MC : Kevin ?

Moi : oui mama Cathy

MC : dis-moi Emilie a quel âge ?

Moi : 16 ans

MC : et toi ?

Moi : 14 ans

MC : donc c’est toi la plus petite et elle ta grande sœur

Moi : oui s’est ça

MC : mais tu prends tellement soin d’elle, on dirait que c’est toi la plus grande.

Moi : comment ça ?

MC : tu es tellement forte, tu pleures souvent ?

Moi : je ne sais pas, mais je ne dois pas pleurer, si Emilie pleure et que je pleure qui va nous consoler. Au moins si elle pleure moi je peux la consoler

MC : et toi qui va te consoler

Moi : personne, justement parce que je ne pleure pas ?

MC : mais pourquoi ?

Moi : parce que je suis comme ça. Où est papa ?

MC : il est sorti, il est allé à l’hôpital

Moi : à l’hôpital ? il est malade ?

MC : non, il est allé gérer certaines choses pour ta mère

Moi étonnée : gérer quoi encore, puisqu’elle est déjà morte

MC : tu sais, il y’a les frais de morgue et d’autres choses qu’il doit gérer

Moi : ah ok.

Ce que je ne comprenais c’est que j’ai couru lui dire que maman était souffrante mais il n’a même pas bougé. Mais quand il apprend qu’elle est morte, il court pour régler les frais de morgue et autres dont mama Cathy a parlé. C’est normal ça ?

Le lendemain matin, Emilie s’est levée avec les yeux gonflés et bien rouges on aurait dit des cerises. Je l’ai aidé à prendre une douche et à manger son petit déjeuner. Elle n’avait pas vraiment envie et j’ai dû la forcer. Mon père nous a appelés pour nous annoncer que notre mètre serait enterré le week-end d’après donc dans une semaine, dans son village à lui puisque que c’était « sa femme ». Vous vous rendez compte ? Sa femme a-t-il dit. Durant toute sa vie, ou du moins une bonne partie de leur vie commune il l’a traité comme une moins que rien , une chienne et aujourd’hui il parle de préparer les obsèques de sa femme.

Les jours qui ont suivi, une série de rassemblement et de veillée se sont tenues à la maison et pas une seule fois on ne nous a présenté quelqu’un comme étant membre de notre famille maternelle. A croire que maman venait de nulle part.

LE JOUR DE L’ENTERREMENT

Le village de papa se trouve à quelques kilomètres de la ville. On s’y est tous rendus. Même mama Cathy. Les jumeaux ont été confiés à leur grand-mère maternelle.

La cérémonie a commencé par quelques témoignages : celui de quelques amis, des connaissances, puis est venu celui des enfants. Emilie et moi nous nous sommes approchées du micro. Emilie ne pouvait pas parler parce qu’elle n’avait presque plus de voix pour avoir trop pleuré et ses pleures n’en finissaient pas. C’était donc à moi de dire quelques mots pour ma mère. Je me suis avancé et j’ai dit ce que je devais dire pour dire au revoir à maman

Moi : maman, durant toute ta vie à nos côtés, tu nous as appris à toujours rester fortes malgré le poids de ce que nous vivons, malgré les difficultés. Même si ta mort nous attriste et nous affaiblit, nous te promettons Emilie et moi que nous ferons le maximum pour garder en nous ce que tu nous as appris, pour être fortes et se soutenir mutuellement, que nous sachions toujours compter l’une sur l’autre. Il m’est difficile de parler de toi au passé, toi qui es si douce, si affective, si calme, si battante, je t’aime tellement, Emilie t’aime tellement. Nous t’aimons tellement, et même si tu nous manque trop, nous devons te laisser partir en paix. Alors va et repose en paix. Peut-être qu’un jour on se retrouvera. Au revoir maman.

J’ai pris Emilie par le bras et on a regagné nos places.

Maintenant, c’était le tour de mon père de faire son témoignage, de dire au revoir à maman, à sa femme. Qu’est ce qu’il allait bien pouvoir dire ? Qu’est ce qu’il allait bien pouvoir dire de la femme qu’il a humilié, maltraité, méprisé jusqu’à ce qu’elle meurt. Emilie m’a chuchoté dans un sanglot.

E : il va dire quoi ?

Il s’avance vers le micro

Moi : attendons et écoutons

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