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Couverture du roman La meurtrie

La meurtrie

Au cœur de cette romance poignante, une vérité s'impose : seule l'éternité possède une valeur réelle, tandis que tout le reste s'efface dans l'oubli. À travers le récit de « La MEURTRIE », nous explorons la fragilité des sentiments face au temps qui passe. Cette œuvre dépeint avec intensité le contraste saisissant entre les passions éphémères et les liens indestructibles. Une quête émotionnelle où l'âme cherche désespérément ce qui ne mourra jamais.
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Chapitre 1

Part. 1

Comment doit normalement être la vie d’une petite fille de huit ans ? elle doit aller à l’école, jouer, faire des bêtises, manger, grignoter… Ma vie de petite fille de huit ans est comme ça ? Non pas du tout. Je suis loin de tout ça. C’est vrai que je vais à l’école, mais est que je joue ? Seulement quand il n’est pas. Est-ce que je fais des bêtises ? Je n’ai même pas intérêt. Sinon ça va chauffer pour mon matricule. Ma vie de petite fille de huit ans est faite en majeure partie de violence, par forcément sur moi. Mais je suis bien obligée d’y assister. On m’oblige même souvent à y assister.

« Jacob je t’en supplie fais moi tout ce que tu veux mais ne touche pas à mes enfants »

« C’est ça que tu appelles enfants ? La malchance que tu as apportée dans ma maison, c’est ça que tu appelles enfants ? »

Et baff, clapp ! clapp ! C’était le bruit des coups que mon père ?tait en train d’asséner à ma mère. Non pas que ce soit la première fois, au contraire. Du haut de mes huit ans, ma mémoire me permet de me souvenir que j’ai commencé à voir mon père frapper ma mère à l’âge de 5 ans. Et elle ne criait jamais, de peur de nous faire peur ? ma sûr et ? moi et d’alerter les voisins. Ma mère a toujours été très discrète, calme et posée. Je ne comprenais pas pourquoi mon père la traitait de cette façon.

A 8 ans, plusieurs questions se bousculaient dans ma tête. Le comportement de ma mère était celui de toutes les femmes au foyer décrites dans les livres que je lisais. Elle se levait toujours avant tout le monde, préparait la toilette de mon père et celle de ma sœur et moi, préparait le petit déjeuner, s’occupait du ménage, de la lessive, du repas et regardait même mon père manger quand il rentrait le soir. Si donc elle faisait tout cela comment pouvait t-il donc la traiter de cette façon ?

Comme je le disais, ma mère ne criait jamais, elle encaissait les coups sans rien dire. Parfois même il nous obligeait à regarder, il la frappait et la giflait en nous disant « regardez cette chose qui vous sert de mère, ce n’est que normal qu’elle ne m’ait apporté que deux choses comme vous. Vous me servez même à quoi ? » Et il la frappait et la giflait encore plus.

Elle a commencé à crier un jour où mon père rentrant tard dans la nuit était tellement fou de rage qu’il s’est précipité dans notre chambre. J’étais couchée dans mon lit et je l’entendais hurler « je vais la traiter comme il se doit cette petite sorcière là ! Elle a apporté le malheur dans ma maison » et ma mère qui répondait à son tour « j’ai supporté, je supporte et je supporterai, mais laisse ma fille en paix, laisse-la dormir ». Ma sœur s’est levée et m’a rejoint dans mon lit. Elle s’est placée derrière moi et on a tiré le drap comme s’il allait nous protéger.

Les voix se rapprochaient de plus en plus et la porte s’est ouverte violemment. Mon père s’est approché du lit et a voulu m’empoigner mais ma mère s’est placée devant lui. Ma mère est assez grande pour une femme, mais à côté de mon père, elle est vraiment minuscule. Mon père a pratiquement 2 mètres de long pour je ne sais combien de kilos, donc vous imaginez combien il peut être immense. Ma mère s’est donc placée face à mon père et a posé ses deux mains sur ses hanches

Ma mère : tu ne touches pas à mes enfants

Mon père : ok tu l’auras voulu

Il lui a donné un coup de poing sur la mâchoire et elle s’est écroulée sur le lit. Le cri de ma sœur a été presqu’aussi perçant que celui de ma mère. Malgré ce coup, ma mère s’est quand même relevée et s’est de nouveau placée face à mon père. Et punch !!! un nouveau coup de poing que mon père vient encore de donner à ma mère. Il se dirige vers la porte et sort, on entend également le bruit de la porte d’entrée qui s’ouvre et se referme. On a revu mon père qu’une semaine plus tard. Une semaine pendant laquelle nous sommes restés enfermés dans la maison sans sortir parce que mon père en partant avait emporté toutes les clés. Heureusement

pour ma sœur et moi ce sont les vacances, on n’a donc pas besoin de se soucier de l’école pour le moment. Et je n’ai pas besoin de vous dire que ma mère n’avait le droit de poser aucune question au cas contraire, elle recevait la punition que selon lui, elle méritait.

Un jour, nous étions chez tonton Emma, ma sœur et moi. Tonton Emma c’est le frère aîné de mon père. Ma sœur, Emilie c’est son prénom s’est donc sentie obligée de parler de ce qui s’est passé à la maison avec tata Solange la femme de notre oncle. Moi je n’aimais pas trop parler, j’étais comme ma mère contrairement à ma sœur. J’étais à une certaine distance d’elles à jouer avec les papillons mais j’écoutais très bien leur conversation.

Tata : vous allez faire comment ? Votre mère a supporté et elle continue de supporter pour vous

Emilie : mais pourquoi papa la traite comme ça ?

T : il ne l’a pas toujours traité comme ça.

E : qu’est ce qui s’est passé alors ? Et pourquoi les frères de maman n’interviennent pas ?

T : parce qu’ils n’ont jamais voulu de ce mariage, et ton père a tout fait pour éloigner ta mère de sa famille

E : comment ça ?

T : je ne sais pas mais il a tout fait pour la convaincre que ce sont les autres qui sont les méchants. Tu va comprendre quand tu seras plus grande

E : moi je ne pourrai jamais me séparer de ma petite sœur, je ne comprends pas comment maman a pu faire ça

T : ma chérie, tu ne sais pas de quoi une femme amoureuse est capable

E : amoureuse ?

T : oui une femme qui aime un homme peut parfois faire des choses que personne ne peut expliquer

E : mais comment elle a d’abord fait pour l’aimer, comment on peut aimer un méchant monstre ?

T : ne dis pas ça de ton père

E : mais c’est la vérité

T : il n’a pas toujours été comme ça je t’assure

E : qu’est ce qui s’est passé alors ?

T : ton père était gentil et doux avec ta mère, quand tu es née ça a continué, mais quand…

Elle s’est tue quand j’ai commencé à me rapprocher d’elles

T : ma petite K… tu as fini de jouer ?

Moi : oui tata

T : bon venez vous laver, je dois vous ramener à la maison

Ce jour là on n’a pas pu savoir pourquoi mon père se comportait de la sorte avec ma mère. Ma sœur a voulu interroger à nouveau ma tante mais elle n’a plus voulu répondre. Elle nous a juste demandé d’essayer de trouver la force au fond de nous pour pardonner à notre père, aujourd’hui ou plus tard.

Je ne sais pas mais j’ai le sentiment que je suis responsable du comportement de mon père. C’est vrai que quand il nous regarde tous je vois la colère dans son regard, mais la colère que je vois dans ses eux quand il me regarde moi est encore plus grande.

Un jour, je jouais dans la cour et un tee-shirt de mon père était cintré sur une corde à l’extérieur. J’ai voulu sauter pour attraper un papillon, oui j’adore les papillons. J’ai donc voulu sauter pour attraper un, mais ma main a raté le papillon et s’est retrouvé accroché au tee-shirt de mon père qui s’est également retrouvé par terre. Au même moment, mon père sortait de la maison, il était torse nu, j’ai alors compris que c’est ce tee-shirt qu’il comptait mettre. Il a vu son tee-shirt sur le sol et moi à côté. J’ai juste baissé la tête et il s’est approché de moi en deux enjambées. Au moment où il levait la main j’ai entendu la voix de ma mère.

Ma mère : n’essaie même pas

Mon père s’est retourné et j’ai vu sur son visage le genre de son sourire qu’on voit souvent sur le visage des méchants dans les dessins animés. Il s’est avancé vers elle et l’a attrapé par les cheveux. Ma mère a de très longs cheveux noirs, même pas l’ombre d’un cheveu blanc. Bon c’est normal, elle n’au que 33 ans. A 8 ans, on considère quelqu’un de 33 ans comme une vieille personne, mais j’ai compris plus tard que ma mère était beaucoup trop jeune pour endurer ce genre de traitement. A 33 ans, certaines filles vivent à fond leur vie, elles vont en boite, même si elles ont des enfants et sont mariés, il existe une complicité inexplicable entre elles et leurs époux. Ma mère elle devait se taper la haine et la violence de son mari.de son mari.

Je disais donc que mon père s’est approché et a attrapé ma mère par les cheveux. Il l’a entrainé dans la maison en criant « puisque tu veux jouer les justicières tu vas donc voir comment je traite moi les justicières ». Ma mère elle pleurait « je t’ai dit que tu peux me faire ce que tu veux, mais toucher à mes enfants ? jamais ». à un moment, ma mère s’est retrouvé au sol, il l’a trainé au sol, toujours en la tirant par les cheveux, je me souviens que quelques mèches de cheveux ont même sauté. Arrivés dans le salon il s’est mis à la rouer de coup. Ma sœur m’a entrainé et on s’est refugié sous la table, on le regardait effrayées. Quand il a fini de la frapper, il s’est dirigé vers la chambre. En passant devant la table de la salle à manger, il y’avait une carafe remplie d’eau posée sur la table, il l’a prise et a balancé le contenu et le contenant sur ma mère en disant « vieille sorcière ». La carafe a atterri sur sa tête et elle s’est retrouvée toute tremblée. Elle a crié de douleur, ma sœur a couru se serrer dans ses bras et moi et moi je suis allée dans la chambre lui prendre une serviette pour qu’elle puisse se sécher.

Ma mère et ma sœur n’arrêtait pas de pleurer mais moi je n’y arrivais pas. Face à ce que mon père faisait à ma mère, je n’arrivais pas à verser la moindre goutte de larmes. Je ne comprends pas pourquoi. Je ne suis pas quelqu’un de froid, loin de là, mais je n’arrivais pas à pleurer face à tout ça. Ma mère pleurait, ma sœur pleurait et moi je les entourais de mes petits bras en faisant de petites prières dans mon cœur.

Depuis quelques jours, je ne sais pas ce qui se passe dans la chambre de mes parents, mais on entend ma mère hurler presque tous les soirs. Je ne sais toujours pas ce qu’il lui faisait, au fond je ne suis pas sûre de vouloir savoir. Aujourd’hui encore, j’entends les cris de ma mère dans ma tête la nuit quand je dors et je lève en sursaut. Parfois je me dis que mon père viendra me trouver dans ma chambre pour me frapper et aujourd’hui ma mère n’est plus là pour se placer face à lui et me défendre. Bref, on y reviendra.

Certaines personnes disent que je suis la plus forte de nous deux, alors que je suis la plus petite. Oui, Emilie est ma grande sœur. Elle a 10 ans et moi j’en ai 8. Plus tard j’ai compris pourquoi mon père traitait ma mère de cette façon. En grandissant j’ai commencé à comprendre, les gens parlaient autour de moi, et la deuxième femme que mon père a fait venir à la maison (on y reviendra) m’a fait comprendre.

Mon père a connu ma mère quand elle avait 18 ans et lui 25 ans. Trois ans plus tard, ils se sont mariés. Ma mère avait des difficultés à concevoir et mon père l’a amené chez les plus grands spécialistes pour qu’elle soit traitée. Ah oui, je ne vous l’ai pas dit, mon père est un homme qui ne manque de rien. Sur le plan social, on peut dire qu’il ne manque de rien. Cadre supérieur d’une entreprise de la place, il a en plus de cela, plusieurs affaires qu’il a créées et qui sont prospères. Mais la précarité dans laquelle nous vivons ne le montre pas du tout. En dehors de la grosse maison dans laquelle nous vivons, des meubles et du luxe qui s’y trouve, rien ne traduit que notre père est un homme riche. Il ne donne presque plus de popote à maman donc ce que nous mangeons laisse à désirer.

Ma mère a finalement conçu et mon père était voulu de joie car il allait enfin avoir ce qu’il a toujours voulu. Mais quand Emilie est née, mon père a un peu été déçu mais il a gardé espoir qu’un jour il aura ce qu’il aura ce qu’il attend. Deux ans plus tard je suis née. Mon père n’était pas au pays quand je suis née, mais il a abrégé son voyage quand il a appris que sa femme a accouché, persuadé que Dieu l’avait enfin exaucé. Mais on me raconte que le premier regard que mon père a posé sur moi quand il m’a vu à l’hôpital a été un regard des plus haineux, un regard noir, un regard dur. Il a même refusé de me prendre dans ses bras.

J’espère que vous avez compris quel était le problème de mon père. Il voulait avoir un garçon, pour lui un homme ne pouvait se dire homme que s’il pouvait se vanter d’avoir fait des garçons. Mais ma mère elle ne donnait que des filles à mon père. Il pouvait encore garder espoir n’est ce pas ? Mais son espoir a disparu quand on lui annoncé que l’accouchement de ma mère a été vraiment compliquée et a entrainé plusieurs dommages qui font que ma mère ne pouvait plus avoir d’enfants. Imaginez donc la colère de mon père, Jacob AMANA sans garçon, sans véritable héritier, sans véritable successeur. Juste des filles, des « potentielles prostitués » comme il nous appelait. Vous comprenez donc pourquoi mon père semble me détester encore plus, parce que c’est à ma naissance que tous ses espoirs se sont envolés. Il avait déjà préparé les prénoms qu’il allait donner à son premier garçon. Dans sa colère, il a demandé à ce que je porte ces prénoms de garçon, pour qu’il se souvienne de ce que j’ai fait (comme si c’était ma faute) et pour que je sache quoi répondre quand on me demandera pourquoi j’ai des prénoms de garçons. Pour mon père la raison était que « c’est ma punition pour aller briser les rêves de mon père ».

C’est donc après ma naissance que les sévices de mon père sur ma mère ont commencé. Il criait à chaque fois « cette briseuse de rêve que tu as fait venir dans ma maison ». Pour mon père c’est ce que j’étais. Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer cette obsession qu’ont les hommes d’avoir toujours des garçons ? Je me posais cette question jusqu’à ce que je regarde autour de moi et que je me rende compte que ce n’est pas tous les hommes mais certains et mon père était l’un des pires.

Un soir alors que j’avais 10 ans et Emilie 12, mon père nous a appelés ma mère, ma sœur et moi et nous a fait assoir. Il a juste annoncé « la semaine prochaine, celle qui pourra réaliser mes rêves brisés viendra s’installer ici. Je vous demande donc de lui réserver un accueil digne de ce nom, non je ne vous demande même pas, je vous ordonne, sinon… ». et il s’est levé et est sorti. Que pouvait dire ma mère ? On l’informait qu’elle allait avoir une coépouse alors que sur on acte de mariage c’était bien écrit en gras « régime monogamique » et ça juste parce qu’elle ne pouvait pas faire de garçon ?

J’ai 10 ans et je sais déjà que la vie ne sera pas particulièrement rose pour nous. Surtout avec cette nouvelle femme qui arrive. Déjà que ma mère en voit déjà de toutes les couleurs, et si cette femme arrive à lui faire des garçons, je n’ose même pas imaginer ce qui va se passer.

En passant, je m’appelle Kevin Arthur. Hé oui c’est comme ça que mon père m’a appelé.

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