
La Luna , Médecin de L'Alpha
Chapitre 2
Et toujours, ces rêves la hantaient. Des rêves où elle courait à travers des forêts sombres, poursuivie par des ombres, entendant les battements de son propre cœur résonner comme un tambour. Chaque nuit, elle se réveillait en sursaut, la respiration haletante, couverte de sueur.
La peur grandissait en elle, une peur viscérale qu'elle ne pouvait plus ignorer. Elle savait que ce qui s'était passé dans cette salle d'opération n'était que le début de quelque chose de beaucoup plus grand, de plus dangereux. La morsure n'était pas seulement une blessure physique. C'était une marque, un lien avec un monde qu'elle n'aurait jamais dû découvrir.
Elle ne pouvait plus continuer ainsi. Il fallait qu'elle trouve des réponses, qu'elle comprenne ce qui lui arrivait avant qu'il ne soit trop tard. Mais une part d'elle, profondément enfouie, savait déjà que sa vie venait de changer
La nuit était tombée, enveloppant la ville dans un manteau sombre et silencieux. À l'intérieur de son appartement, Stella se tenait devant la fenêtre, son regard perdu dans les lumières lointaines. Ses mains tremblaient légèrement alors qu'elle resserrait la couverture autour d'elle, essayant de se réchauffer malgré la chaleur étouffante de la pièce. La morsure sur son bras la brûlait encore, un rappel constant de ce qui s'était passé à l'hôpital.
Elle n'arrivait pas à se détacher de ce moment, de la manière dont l'homme s'était réveillé, ses yeux sauvages la fixant, puis la morsure, cette douleur vive qui avait transpercé sa peau. La plaie semblait différente de toutes celles qu'elle avait vues auparavant. Elle était médecin, elle en avait traité des centaines, mais celle-ci... elle était unique, effrayante. Elle pouvait presque sentir le poison se répandre dans ses veines, une chaleur malsaine qui pulsait sous sa peau.
Elle jeta un coup d'œil à l'horloge murale, les aiguilles marquant deux heures du matin. Le sommeil semblait hors de portée, son esprit trop tourmenté pour trouver le repos. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle revivait cette scène, ce cri guttural, cette morsure. Elle se sentait piégée dans une boucle infernale, incapable de s'échapper.
Finalement, épuisée, elle se résigna à aller se coucher. Les draps froids la firent frissonner, et elle se blottit sous la couette, espérant que la fatigue finirait par l'emporter. Mais à peine ses paupières s'étaient-elles fermées qu'un rêve étrange et dérangeant prit possession d'elle.
Elle se trouvait dans une forêt dense, les arbres se dressant autour d'elle comme des géants menaçants. L'air était lourd, saturé de l'odeur de la terre humide et des feuilles en décomposition. Elle marchait lentement, ses pieds s'enfonçant dans le sol boueux, chaque pas la rapprochant d'un danger qu'elle ne pouvait ni voir ni comprendre. L'obscurité était totale, la lune cachée derrière un épais rideau de nuages, et pourtant, elle sentait une présence. Quelque chose la suivait, une créature silencieuse, ses yeux fixés sur elle dans l'ombre.
Son cœur battait à tout rompre, résonnant dans sa poitrine comme un tambour de guerre. Elle accéléra le pas, puis se mit à courir, ses jambes se déplaçant à une vitesse qu'elle ne pensait pas possible. Mais peu importe à quel point elle courait, elle sentait toujours cette présence, ce souffle chaud dans son cou, ce bruit de pattes sur le sol, se rapprochant inexorablement.
Elle se retourna brusquement et vit une paire d'yeux lumineux dans l'obscurité, des yeux d'un jaune perçant qui semblaient percer son âme. Avant qu'elle ne puisse réagir, une silhouette massive se jeta sur elle, un loup gigantesque, ses crocs brillants sous la faible lumière. Elle hurla, sentant le poids de l'animal la clouer au sol, ses griffes s'enfonçant dans ses épaules. Elle lutta désespérément, mais le loup était trop fort, trop rapide. Son hurlement se mua en un cri de terreur, résonnant dans la nuit, puis tout devint noir.
Elle se réveilla en sursaut, le souffle coupé, son corps couvert de sueur. Son cœur battait encore la chamade, comme s'il voulait sortir de sa poitrine. Elle se redressa dans son lit, tremblante, ses mains serrées sur la couverture. Ce n'était qu'un rêve, se répéta-t-elle, mais l'intensité en était si réelle qu'elle en avait la chair de poule. Elle se passa une main tremblante sur le visage, essayant de se calmer. Ses vêtements étaient collés à sa peau, trempés de sueur, et elle sentait encore la douleur vive de la morsure dans son rêve, comme si elle avait été réelle.
Mais ce n'était pas seulement le rêve qui l'effrayait. C'était ce sentiment, cette certitude qu'il ne s'agissait pas seulement d'un produit de son imagination. C'était comme si une part d'elle savait que ce loup était réel, qu'il faisait partie d'elle d'une manière ou d'une autre.
Elle jeta un coup d'œil à l'horloge. Il était déjà six heures du matin. Le sommeil n'était plus une option. Elle se leva lentement, ses jambes lourdes, encore engourdies par la peur qui l'avait envahie pendant la nuit. Elle se dirigea vers la salle de bain, évitant de croiser son reflet dans le miroir. L'eau froide qu'elle s'aspergea sur le visage ne fit rien pour apaiser son esprit tourmenté.
La journée allait être longue. Très longue.
En arrivant à l'hôpital, elle se força à afficher un masque de normalité, cachant son épuisement derrière un sourire professionnel. Mais à l'intérieur, elle se sentait comme un navire en perdition, balloté par une tempête qu'elle ne pouvait contrôler. Ses collègues lui adressèrent des sourires polis, mais elle pouvait voir les regards inquiets qu'ils lui lançaient lorsqu'ils pensaient qu'elle ne les voyait pas.
La nausée la frappa soudainement alors qu'elle se penchait sur le dossier d'un patient. Elle se redressa, la tête tournée vers la fenêtre pour essayer de prendre de l'air, mais cela n'aida pas. Une sueur froide lui couvrit le front, et elle sentit ses mains trembler. Son estomac se retournait, comme si une tempête faisait rage en elle.
« Ça va ? » La voix de son assistante, une jeune femme douce et attentionnée, la fit sursauter. Elle lui lança un regard confus, incapable de répondre tout de suite.
« Je... je ne me sens pas très bien, » murmura-t-elle finalement, sa voix plus faible qu'elle ne l'aurait voulu. Elle se sentait soudainement vulnérable, exposée. Ce n'était pas seulement la fatigue ou le stress. Quelque chose n'allait vraiment pas.
L'assistante fronça les sourcils, son inquiétude grandissant visiblement. « Vous devriez peut-être rentrer chez vous, » suggéra-t-elle doucement. « Je peux gérer les consultations pour aujourd'hui. Vous avez besoin de repos. »
Elle voulut protester, mais la vague de nausée qui la submergea à nouveau l'en dissuada. Peut-être qu'elle avait raison. Peut-être qu'elle devait simplement se reposer, essayer de comprendre ce qui se passait avec son corps avant que cela ne devienne ingérable.
Elle hocha la tête, se levant lentement pour ne pas perdre l'équilibre. « D'accord, » dit-elle finalement. « Je vais rentrer chez moi. Merci. »
Le trajet de retour à son appartement se fit dans un brouillard. Elle ne se souvenait même pas avoir quitté l'hôpital, ni être montée dans le taxi qui l'avait ramenée chez elle. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait besoin de s'allonger, de fermer les yeux et d'essayer d'oublier, ne serait-ce que pour un instant, la peur qui s'emparait d'elle.
Elle s'effondra sur son lit, les vêtements encore sur elle, et ferma les yeux. Mais au lieu de trouver le sommeil, elle se retrouva de nouveau dans cette forêt sombre, ses pieds la menant vers un destin qu'elle ne pouvait pas fuir. La présence du loup était toujours là, palpable, comme une ombre qui planait au-dessus d'elle.
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