
La Luna , Médecin de L'Alpha
Chapitre 3
Elle sentit une larme couler sur sa joue, suivie par une autre. La peur, la confusion, le désespoir... tout se mélangeait en elle, créant un nœud qu'elle ne pouvait pas défaire. Tout ce qu'elle savait, c'était que quelque chose en elle avait changé. Quelque chose qu'elle ne comprenait pas encore, mais qui était en train de prendre le contrôle.
L'obscurité l'enveloppait comme une couverture chaude et oppressante. À peine avait-elle fermé les yeux que le sommeil l'avait emportée, plongeant son esprit dans un abîme profond où les rêves et les cauchemars s'entremêlaient. Mais ce n'était pas un sommeil réparateur. C'était un sommeil lourd, oppressant, chargé d'une tension qu'elle ne parvenait pas à comprendre.
Elle se retrouva de nouveau dans cette forêt familière, mais cette fois, quelque chose était différent. L'air était plus dense, les ombres plus menaçantes. Elle marchait lentement, chaque pas résonnant dans le silence oppressant. Son cœur battait à tout rompre, non pas de peur, mais d'une étrange anticipation, comme si elle savait que quelque chose d'important allait se produire.
Elle n'était plus seule. Elle le sentait, cette présence qui la suivait, qui la guettait. Le loup était là, mais il n'était pas le seul. Une autre créature l'accompagnait, plus grande, plus imposante. Ses pas se firent plus lourds, comme si le sol même tentait de la retenir, de l'empêcher d'avancer. Elle aurait voulu s'arrêter, faire demi-tour, mais elle ne le pouvait pas. Ses jambes avançaient d'elles-mêmes, comme attirées par une force invisible.
Elle atteignit une clairière, le cœur battant à tout rompre, et s'arrêta net. Devant elle, dans l'ombre des arbres, se tenait une immense louve au pelage argenté, ses yeux perçants brillants dans la pénombre. Elle n'avait jamais vu un animal aussi majestueux et terrifiant à la fois. La louve la fixait avec une intensité qui la clouait sur place, incapable de bouger, de respirer.
« Qui es-tu ? » parvint-elle à murmurer, sa voix tremblante, brisée par l'angoisse. Elle se sentit petite, insignifiante, face à cette créature qui semblait la juger, la peser du regard.
La louve s'approcha, chaque pas résonnant dans le silence, et s'arrêta juste devant elle. Elle pencha la tête sur le côté, ses yeux d'un bleu glacial fixés sur les siens, puis ouvrit la bouche pour parler. Mais ce ne fut pas un grognement ou un rugissement qui en sortit, mais une voix claire, profonde, résonnant dans son esprit comme un écho lointain.
« Je suis celle que tu es devenue, » dit la louve d'une voix calme mais puissante, qui vibrait au plus profond de son être. « Nous sommes liées, toi et moi. Tu fais désormais partie de ce monde, de ce monde caché, où les créatures comme moi existent. »
Elle recula d'un pas, secouant la tête comme pour se débarrasser de cette voix qui résonnait dans son crâne. « Non... non, ce n'est pas possible. Ce n'est qu'un rêve... un cauchemar... » Sa voix se brisa alors qu'elle luttait contre l'évidence, ses mains tremblantes se serrant en poings.
La louve s'avança encore, ses yeux toujours fixés sur elle, perçants, implacables. « Ce n'est pas un rêve, » murmura-t-elle, sa voix teintée d'une étrange douceur. « C'est ta nouvelle réalité. Tu dois l'accepter. Tu n'es plus celle que tu étais. »
Ces mots frappèrent comme une lame glacée, transperçant ses défenses. Elle voulait crier, protester, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Son esprit tourbillonnait, essayant de comprendre, de saisir ce qui lui arrivait. Elle porta la main à son bras, là où la morsure brûlait encore, comme une cicatrice invisible marquant le début de cette transformation.
« Qu'est-ce que cela signifie ? » demanda-t-elle finalement, sa voix à peine plus qu'un chuchotement. « Que m'arrive-t-il ? »
La louve inclina la tête, une lueur de tristesse passant dans ses yeux. « Cela signifie que tu es devenue l'une des nôtres. Que le monde que tu connaissais n'est plus. Tu es maintenant une créature de la nuit, une louve, et tu devras apprendre à vivre avec cette nouvelle identité. »
Elle sentit son corps se raidir, le refus instinctif de cette réalité impossible. « Non... non, je ne peux pas... je ne veux pas... » Elle serra les poings, la panique montant en elle comme une vague, menaçant de la submerger.
« Tu n'as pas le choix, » répondit la louve, sa voix ferme mais empreinte de compassion. « Tu dois accepter ce que tu es devenue. Si tu refuses, tu mettras en danger non seulement toi-même, mais aussi ceux qui t'entourent. »
Les mots résonnèrent en elle, lourds de conséquences. Elle sentit son cœur se serrer, l'étau de la réalité se refermant autour d'elle. « Je... je ne comprends pas. Pourquoi moi ? Qu'ai-je fait pour mériter cela ? »
La louve ne répondit pas immédiatement. Elle la fixa un long moment, ses yeux brillants d'une sagesse ancienne, avant de parler de nouveau. « Cela n'a rien à voir avec ce que tu mérites. C'est simplement arrivé. Le destin, ou peut-être autre chose... Les choses sont ainsi. Mais tu as en toi la force de surmonter cette épreuve, de devenir plus forte. »
Elle secoua la tête, le désespoir l'envahissant. « Mais je ne sais même pas par où commencer... Je ne sais pas comment être... ça. » Ses épaules s'affaissèrent, la fatigue, la peur, tout se mêlait en elle, la laissant vidée, sans défense.
La louve s'approcha encore, jusqu'à ce que son museau effleure sa joue. « Tu n'es pas seule, » murmura-t-elle, sa voix douce comme une caresse. « Je suis avec toi, nous sommes une seule et même personne désormais. Et il y a d'autres comme nous. D'autres qui pourront t'aider à comprendre, à maîtriser tes nouvelles capacités. »
Elle ferma les yeux, essayant de se raccrocher à ces paroles, de trouver un semblant de réconfort dans cette union étrange. « Et si je n'y arrive pas ? » demanda-t-elle, la peur transperçant sa voix.
« Tu y arriveras, » affirma la louve avec conviction. « Mais tu devras faire face à des défis. Il y a des dangers dans ce monde, des chasseurs qui traquent les créatures comme nous, qui nous pourchassent sans relâche. »
Le mot « chasseurs » lui fit l'effet d'une décharge électrique, réveillant une peur primitive au fond d'elle. « Des chasseurs ? Pourquoi... pourquoi me traqueraient-ils ? »
« Parce que tu es différente, parce que tu es une menace pour eux, » répondit la louve. « Ils ne comprennent pas notre existence, ils ne voient en nous que des monstres à abattre. Mais tu devras être forte, apprendre à te défendre, à te protéger. »
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