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Couverture du roman La guerre éternelle - Tome 1: Les sept sceaux

La guerre éternelle - Tome 1: Les sept sceaux

Anna, une simple étudiante, voit sa vie basculer après le décès de son grand-père. Laissée face à un coffret mystérieux et une lettre cryptique, elle s'interroge sur les menaces qui pèsent désormais sur elle. Accompagnée de ses amis et d'une inconnue singulière, elle plonge dans une quête périlleuse. Entre romance et affrontements épiques, leur voyage les confrontera à des archanges et des démons. Cette aventure marque le début d'une lutte acharnée où chaque secret est un danger.
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Chapitre 2

Cela faisait dix jours qu’Anna avait récupéré et dissimulé sous son lit le coffret de son grand-père. Elle avait déjà lutté deux, trois fois contre l’envie irrépressible de voir ce qu’il contenait mais avait réussi à se retenir, se rappelant ce que son grand-père lui avait conseillé. La maison était déjà en vente et il y avait même des acheteurs prêts à l’acquérir ainsi qu’une fondation. Elle trouvait cela très rapide mais apparemment son grand-père s’était occupé de nombre des formalités avant sa mort. C’était de plus en plus étrange, surtout après la lecture de cette lettre, à croire que son grand-père s’attendait vraiment à mourir. Elle avait revu Adrien, qui ne cessait de poser des questions sur le coffret et qui voulait absolument savoir ce qu’il contenait. « C’est un très vieux coffret » disait-il, « En plus, les gravures ont l’air très anciennes, étranges et très détaillées ». Il voulait le revoir et avait fait des recherches sur Internet. Il était doué pour ce genre de choses et avait trouvé que ce coffret avait été fabriqué il y a des siècles, qu’il y avait des histoires farfelues à propos de magie noire le concernant et que certaines personnes avaient fait des choses horribles pour se l’approprier car il contenait certains secrets. Anna trouvait cela absurde, ce n’était qu’un coffret. C’était d’ailleurs ce qu’elle lui avait répondu sur un ton moqueur mais il restait ancré dans son délire. Elle finit par suivre le conseil d’Elsa, une de ses amies, et inventa une histoire comme quoi ce n’était sûrement qu’une copie et qu’il ne contenait que de vieux bijoux de sa grand-mère que sa mère devait récupérer car elle les lui avait promis. Adrien adorait toutes ces histoires sur le paranormal, les creepypasta et les théories qu’elles amenaient mais là, pourquoi s’intéressait-il autant à ce coffret ? C’était étrange. Elle aurait préféré que ce soit ses deux amies Elsa et Janie qui furent à la place d’Adrien lors de la découverte car elle n’avait aucun secret pour elles. Elle leur en avait même déjà parlé lors de leur rituel hebdomadaire du mercredi soir. En fait, elles s’appelaient pendant en moyenne une heure et demie chaque semaine et se racontaient tout.

Bien que son grand-père lui ait demandé de garder cela sous silence, il avait lui-même fait confiance à un de ses amis, elle pouvait donc elle aussi faire la même chose. Ce soir-là, la discussion avait duré plus de trois heures et n’avait tourné qu’autour du coffret, du comportement d’Adrien et de la mystérieuse lettre.

Elles trouvaient toutes que cela était très étrange et décidèrent de se voir dès leur retour pour en parler. Anna, de son côté, prit la décision de ne pas revoir Adrien car son obsession pour le coffret devenait pesante et vraiment malsaine. Il commençait même à lui faire peur, surtout quand il lui envoyait des messages au milieu de la nuit pour lui poser des questions sur ce dernier. Elle se demandait comment elle pourrait lui faire oublier toute cette histoire.

— Je pars travailler ma chérie, lui dit sa mère à la porte de sa chambre, que comptes-tu faire aujourd’hui ?

Sa mère venait d’interrompre ses pensées.

— Je ne sais pas trop, je vais sûrement aller voir Papi et après je contacterai Janie et Elsa, elles sont revenues.

— Très bien, à ce soir, ma chérie.

Elle attendit que la porte d’entrée se ferme pour se lever et commença son petit rituel du matin. Après une bonne douche, elle descendit dans la cuisine boire un café. La maison était déserte, ses parents étaient partis travailler et son frère passait sa première épreuve du brevet des collèges aujourd’hui. Installée à la table de la cuisine, elle jeta son regard tout autour d’elle comme si elle découvrait la pièce pour la première fois. Celle-ci n’avait pas changé depuis son départ à la fac, elle affectionnait cette décoration ancienne avec les meubles en style vieux bois et le plan de travail en pierre blanche sur lequel le soleil avait tendance à se refléter et à éblouir. La cuisine était ouverte sur le salon, où le style était plus moderne avec un grand meuble blanc sur tout un pan de mur où se trouvait la télévision. Il y avait beaucoup de films et de livres ainsi que quelques cadres ici et là, mettant en valeur les photos de famille, dont certaines de son grand-père. Un grand canapé d’angle de couleur crème faisait face au meuble, seul élément qui avait été changé depuis son départ. Sous ce soleil du mois de juillet, tout était très lumineux pour ses yeux à peine réveillés.

Elle rebaissa la tête pour regarder son café et vit la clé accrochée à son collier. Elle la prit dans ses mains et la regarda plus en détail. Elle l’avait depuis plus d’une semaine mais n’avait jamais pris le temps de la contempler. Elle remarqua des inscriptions sur le pic, « άρχάγγελοϛ » d’un côté et « δαίμων » de l’autre. Étrange, qu’est-ce que cela voulait dire ? Peut-être un indice pour savoir ce que contenait le coffret. Elle termina son café, posa sa tasse dans le lave-vaisselle et remonta dans sa chambre. Elle alluma son ordinateur et se mit à chercher la traduction, elle avait reconnu plusieurs lettres grecques et grâce à Internet, elle traduisit « Archange » et « Démon ». Pourquoi écrire cela sur une clé ? Le coffret avait en plus des gravures d’anges et de démons. Non. Ce serait trop invraisemblable. Pendant une seconde, elle s’était dit que la magie pourrait exister et que des êtres surnaturels le pourraient aussi. Peut-être même des anges et des démons et que c’était pour ça qu’elle devait conserver le coffret caché car il devait contenir quelque chose que ces êtres voulaient. La deuxième vie de son grand-père serait donc de protéger le monde contre ce genre de créatures. Elle regarda la clé dans sa main puis son lit, le coffre était dessous… Juste un coup d’œil, pensa-t-elle. Personne ne le saura. La tentation grandissait. Elle n’avait qu’à glisser la clé dans la serrure et tourner. Elle reprit ses esprits.

— Non ! Mon grand-père a tenu toute sa vie sans l’ouvrir, je dois faire de même, dit-elle.

Et puis on vivait dans la réalité pas dans la fiction. Elle cacha le collier sous son T-shirt, pris son sac à main et s’en alla. Elle avait une journée bien chargée devant elle.

Elle essaya de ne pas trop penser à cette histoire en chassant au maximum ses pensées sur la clé et le coffret durant son voyage en bus. Elle comprit mieux le stratagème de son aïeul pour lutter contre la curiosité : retourner une montagne de vieux trucs pour regarder dans le coffre était beaucoup plus contraignant que de passer un bras sous un lit. Elle devait trouver une meilleure cachette… Elle arriva au bout d’une petite demi-heure au cimetière, poussa la grille qui grinça, comme c’est original, pensa-t-elle. À croire que toutes les grilles de cimetières se devaient de grincer afin de rendre l’ambiance plus morbide ! Le lieu était quasi désert. L’atmosphère était lourde et triste malgré le magnifique ciel bleu et le soleil qui illuminait l’endroit. Elle marcha le long des tombes, nonchalamment, regardant les noms sur les plaques et les différents messages écrits sur les pierres tombales. Elle arriva en vue de la tombe de son grand-père et fut stupéfaite de voir une jeune fille blonde drapée d’habits de couleur blanche qui semblait s’y recueillir.

Qui était-elle ? Personne de sa famille, elle n’avait pas de cousines du côté de son père et pas de blonde du côté de sa mère. Elle s’approcha doucement et, arrivée à la hauteur de la jeune fille, celle-ci se tourna vers elle. Elle était magnifique, de longs cheveux blonds étincelant, des yeux d’un bleu envoûtant. Elle portait une sublime robe blanche où les rayons du soleil semblaient se refléter et danser, ce qui illuminait ce lieu et faisait comme disparaître toute la mélancolie.

— Salut, tu dois être Anna, je suppose ?

Cette inconnue la connaissait. Peut-être connaissait-elle aussi son grand-père ? Ce qui expliquerait sa présence ici. Son aïeul lui avait peut-être aussi parlé d’Anna.

— Oui et toi qui es-tu ? balbutia-t-elle quelque peu surprise.

— Oh pardon ! C’est vrai, je manque à la politesse la plus élémentaire. Je m’appelle Arianna.

— Enchantée.

Anna la trouvait légèrement pédante dans sa façon de s’exprimer, mais elle voulait surtout savoir ce que cette inconnue faisait ici.

— Que fais-tu sur la tombe de mon grand-père Arianna ?

— Je suis venu voir mon très vieil ami Fernand.

Très vieil ami ? Elle se payait sa tête. C’était impossible, cette jeune fille était folle, elle était à peine plus âgée qu’Anna, vingt-cinq ans grand maximum. Son grand-père en avait quatre-vingt-quatre. Comment une fille comme elle pouvait être ami avec lui et surtout de longue date ?

— Tu as l’air toute pâle, est-ce que tout va bien ?

— Oui, oui, c’est juste que je n’ai jamais entendu parler de toi alors que tu es une vieille amie de mon grand-père, je trouve cela un peu bizarre.

— C’est vrai que dit comme cela, ce doit être étrange, tu dois me prendre pour une folle.

Sur ce point, elle n’avait pas tort.

— Fernand et moi nous nous sommes rencontrés à la mort de mes parents, il y a dix ans. Il m’a beaucoup aidé à cette époque et je l’ai considéré rapidement comme mon grand-père. Il y a trois ans, je suis partie voyager, découvrir le monde et les différentes cultures et quand j’ai appris sa mort, j’ai immédiatement décidé de rentrer mais ses funérailles étaient passées.

Anna avait du mal à croire à cette histoire et de voir les larmes aux bords des yeux d’Arianna n’arrangeait pas les choses. Elles avaient l’impression que son interlocutrice en faisait trop, qu’elle se forçait à pleurer pour crédibiliser ses dires. Elle n’avait jamais entendu parler de cette jeune fille alors que son regretté grand-père la connaissait depuis dix ans et l’avait aidée à surmonter le décès de ses parents. C’était un peu bizarre : elle si proche de son aïeul, il lui aurait caché l’existence de cette jeune fille ! Cela ne collait pas. Puis Anna pensa à la lettre, son grand-père lui avait écrit qu’elle aurait très prochainement toutes les informations concernant sa mission. Serait-ce cette jeune fille qui devait les lui donner ? Et si tel était le cas pourquoi raconter une telle histoire, si peu crédible, digne d’un mauvais film d’auteur ?

Mais elle pouvait très bien ne rien savoir de cette histoire et connaître vraiment son aïeul mais pourquoi son grand-père ne lui en avait-il jamais parlée ? Pourquoi il n’y avait aucune photo de cette inconnue dans la maison ? Cela n’avait aucun sens. Anna n’était certes pas très douée pour le mensonge mais cette Arianna, si c’était son véritable nom, l’était encore moins.

— Je suis désolée, je ne savais pas.

Anna lui sourit, tant bien que mal.

— Ce n’est pas grave. Cela m’a permis de te rencontrer. Fernand me parlait beaucoup de toi. Il t’aimait énormément.

Anna sourit à ces mots, Arianna lui rendit ce sourire montrant ces magnifiques dents blanches. Décidément, cette jeune fille avait tout pour elle en dehors des mensonges, bien sûr.

— Je vais te laisser seule avec lui.

— Je ne veux pas te chasser.

— J’ai eu le temps de lui dire ce que j’avais à lui dire.

Elle lança un regard à la tombe en disant ces mots puis se refocalisa sur Anna

— Je reste dans le coin quelque temps, j’aimerais beaucoup te revoir, prendre un café un de ces jours. Que je connaisse vraiment la personne dont Fernand me parlait avec autant de verve même si je pense déjà bien te connaître.

Elle fouilla dans son sac à main et sortit un petit papier et un stylo où elle inscrivit un numéro de téléphone qu’elle tendit à Anna.

— Tiens, voilà mon numéro, appelle-moi quand tu voudras.

Anna prit le papier et avant qu’elle réponde, Arianna s’était déjà éloignée. Étrange personne. Anna était quand même soulagée que cette inconnue soit partie, mais elle laissait bon nombre de questions derrière elle. Qui était-elle ? Que voulait-elle ? Et surtout, que lui voulait-elle à elle ? Connaissait-elle vraiment son grand-père ou s’intéressait-elle à autre chose ? Elle devenait paranoïaque depuis la découverte du coffret et de la lettre énigmatique, le changement d’attitude d’Adrien et cette inconnue qui prétendait la connaître et connaître son aïeul n’arrangeaient rien ! C’était bizarre.

Anna chassa ses interrogations et se tourna vers la tombe de son grand-père. Elle relut les mots inscrits sur la pierre, trop banals à son goût. Elle s’assit à l’ombre d’un arbre planté là. Des oiseaux chantaient sur une branche au-dessus d’elle, heureux de la seule présence du soleil dans un lieu où tristesse et chagrin sont les maîtres mots.

— Papi, c’est moi Anna. J’ai trouvé ton coffret. Je l’ai caché et j’ai toujours la clé sur moi comme tu me l’as demandé. Mais je ne comprends pas pourquoi il a autant d’importance à tes yeux et la nécessité de tout ce mystère. Ce n’est qu’un petit coffret, pas la boîte de Pandore. Comment pourrait-il menacer le monde ? J’aimerais pouvoir te parler une dernière fois pour que tu répondes à mes interrogations. Même si tu n’avais pas toutes les réponses, tu aurais pu me mettre au parfum de manière plus explicite pour ta deuxième vie.

Elle se tut deux minutes.

— Quelle œuvre voulais-tu que je continue ?

Elle attendit quelques secondes, comme si elle espérait une réponse. Mais rien, il n’y avait que les oiseaux qui chantaient sinon c’était un silence pesant qui régnait ici. Elle voulait des réponses à ses questions. Il avait écrit qu’elle aurait des informations bientôt mais quand ? Et surtout, par qui ? C’était ça qui la torturait. Elle prenait peut-être cette histoire trop à cœur : regarder toutes ces séries télévisées aiguisait tellement sa curiosité. Heureusement, aujourd’hui elle devait revoir ses deux meilleures amies, cela lui permettra de penser à autre chose. Elle reprit :

— Je suis désolée de ne pas être revenue plus tôt, de ne pas t’avoir revue avant ton départ. Tu sais, j’ai parlé de cette histoire à Elsa et Janie. Tu as toi-même fait confiance à un ami de longue date, Maître Albertazzi qui ne t’a jamais déçu, mes amies ne le feront pas non plus. Je t’aime et t’aimerai toujours.

Elle sortit un mouchoir de son sac, essuya les larmes qui coulaient et resta assise en silence pendant quelques minutes sous l’arbre. Puis, elle quitta le cimetière. Chemin faisant, elle envoya un message à ses deux copines pour savoir si elles voulaient la voir cet après-midi. Elles se donnèrent rendez-vous dans un café près du parc Paul Mistral.

Elle arriva en avance, trop impatiente de les revoir. Quand elles arrivèrent, Anna les embrassa : un an sans se voir c’était trop long pour des amies inséparables comme elles mais la vie en avait décidé autrement ! Les contacts via les messages et Internet ne remplaçaient pas le fait de se revoir, cela la comblait de bonheur. Elsa n’avait pas changé au fil des ans, toujours ses longs cheveux bruns bouclés, elle portait de grosses lunettes de soleil qui cachaient ses beaux yeux bleus. Janie, quant à elle, avait bien changé. Elle, qui était l’intello coincée de la classe avec ses lunettes, son appareil dentaire et cette acné qui l’enlaidissait. Elle avait beaucoup souffert des moqueries à l’école mais avait toujours pu compter sur Elsa et Anna pour la défendre de la méchanceté des autres élèves. Aujourd’hui, elle avait tronqué ses lunettes pour des lentilles de contact, permettant de mieux mettre en valeur ses magnifiques yeux verts, elle laissait ses cheveux roux détachés et n’avait plus d’acné ni d’appareil dentaire, sa jolie petite robe jaune la rendait encore plus belle. Elle avait tellement changé que ceux qui se moquaient d’elle autrefois la jalouseraient aujourd’hui et les garçons n’auraient d’yeux que pour elle.

Elles s’installèrent en terrasse et s’amusèrent en voyant le jeune serveur dévisager Janie lors de leurs commandes. Anna et Elsa poussaient même cette dernière à discuter avec lui mais elle refusa, trop timide. Il y a des choses qui ne changeaient pas avec les années. Après ces moments de fous rires, Anna leur raconta l’histoire du cimetière.

— C’est étrange, dit Elsa, que ton grand-père ne t’ait jamais parlé de cette Arianna.

— Oui et le côté très secret de sa requête pour un simple coffret est aussi étrange, ajouta Janie, tu n’as pas essayé de l’ouvrir pour voir ce qu’il contenait ?

— Non, mon grand-père voulait absolument que je le cache et que je ne l’ouvre sous aucun prétexte mais plus ça va, plus j’ai envie de savoir ce qu’il contient.

— Cela fait un peu peur quand même, qui sait ce qu’il y a dedans.

Elsa avait raison, Anna avait volontairement omis le point « monde en danger si la boîte était ouverte » ainsi que toute la partie sur la deuxième vie de son grand-père. Mais plus elle y pensait plus elle avait envie de l’ouvrir, de voir ce que ce coffre contenait.

— Je sais, mon grand-père ne l’a jamais ouvert apparemment. Il l’avait bien caché sûrement pour éviter d’être tenté.

— Et tu ne crains pas que ta famille tombe dessus et l’ouvre par inadvertance ? lui demanda Janie.

— Impossible.

— Il est très bien caché ?

— On peut dire ça mais pas que… parce qu’il est fermé à clé.

Elle sortit discrètement la clé de dessous son T-shirt pour la montrer à ses amies qui remarquèrent directement les inscriptions sur le pic.

— Qu’est-ce que ça veut dire, Janie toi qui a fait du grec ? demanda Elsa.

— Euh… ça fait longtemps.

Anna rangea la clé à sa place tout en disant.

— Ça veut dire « Archange » et « Démon ».

— C’est de plus en plus bizarre ton histoire, s’exclama Janie.

— Tu ne crois pas que cette fille-là…

— Arianna

— Oui qu’elle soit au courant de quelque chose ? pointa Elsa.

— Je ne sais pas, je ne peux pas révéler le secret de mon grand-père à n’importe qui et je suis quasiment sûre qu’elle m’a menti.

— Si son histoire est bidon et qu’elle n’apparaît de nulle part, peut-être que c’est le coffret qui l’intéresse ?

— Peut-être Janie, je ne sais pas. Cela m’énerve de ne pas savoir.

— J’ai une idée, ajouta Elsa, elle t’a donné son numéro. Envoie-lui un message, essaye de la voir au plus vite, demain ce serait bien. Tu la confrontes. Tu lui dis que tu sais qu’elle ment et demain soir, on se fait une soirée pyjama comme autrefois et on débriefe de ce qu’elle t’aura dit.

— Excellente idée.

Anna sortit son téléphone et le papier avec le numéro d’Arianna. Salut, Arianna. C’est Anna, on s’est rencontré au cimetière. J’aimerais beaucoup te revoir demain après-midi au parc si tu es libre pour discuter de mon grand-père. J’ai pas mal de questions à te poser et je suis sûre que tu en as pas mal de ton côté.

— On fera la soirée chez moi, je préviendrai mes parents ce soir. Il faut aussi que vous sachiez que j’évite Adrien car il est devenu bizarre après la découverte du coffre.

Ses deux amies échangèrent un regard. Elles savaient que le jeune homme avait toujours eu un faible pour leur amie. Puis Elsa demanda.

— Bizarre dans quel sens ?

— Il a commencé à faire plein de recherches sur le coffret, à trouver des informations sur de la magie noire apparemment, je n’ai pas trop compris son délire. Mais il avait trouvé ça sur des sites étranges. Il m’envoyait même des messages au milieu de la nuit pour me poser des questions sur le coffret.

— C’est flippant ça. Qu’est-ce que tu comptes faire du coup ? intervint Janie.

— Je vais le laisser mijoter pendant une ou deux semaines puis je verrai bien. Il aura, j’espère, oublié toute cette histoire. Je sais qu’il adore aller au plus loin dans ses recherches mais là c’était trop.

— C’est vrai. Il aime bien tout ce qui est paranormal mais son comportement est flippant. Heureusement qu’on le connaît bien, sinon il faudrait prévenir la police.

— Arrête ! Il ne tiendrait pas deux jours en prison, se moqua Anna.

Elles éclatèrent de rire et finirent la journée en discutant de leurs histoires de faculté, de soirées et des garçons qu’elles avaient rencontrés. Elles étaient toutes trois dans des villes différentes pour leurs études. Anna à Paris, Elsa en faculté de biologie à Lyon et Janie avait continué en médecine à Montpellier. Un an à raconter c’était très long même si elles s’appelaient toutes les semaines. Elles se quittèrent vers dix-huit heures et Anna rentra chez elle, prête pour démasquer cette inconnue enfin quand cette dernière daignera répondre à son message. Arrivée chez elle, tout le monde était déjà rentré. Son frère révisait dans la cuisine pour son épreuve du lendemain tandis que son père, lui, commençait à préparer le dîner et que sa mère lisait tranquillement dans le canapé. Elle s’installa à côté d’elle.

— Tu as passé une bonne journée maman ?

— Oui, j’ai vendu deux appartements aujourd’hui. Une très bonne journée et toi ?

— Bien, je suis allée voir Papi et j’ai vu les filles. D’ailleurs, on voudrait faire une soirée pyjama demain soir et je voulais savoir si ça ne dérangeait pas qu’on la fasse ici ?

— Non mais vous n’êtes pas un peu âgées pour ce genre de soirée ?

— Non jamais. Et puis même on ne s’est pas vu depuis très longtemps.

— D’accord.

Anna se leva et monta dans sa chambre, commença à la préparer pour recevoir ses amies qui ne venaient pas ce soir mais elle voulait s’occuper que de sa mission le lendemain. Pendant qu’elle mettait des matelas sur le sol, son téléphone vibra. C’était Arianna. Enfin une réponse. Salut, Anna. Ce sera avec plaisir que je te retrouverai au parc demain vers 16 h, j’espère pouvoir répondre à toutes tes questions.Elle lui répondit un simple « Super ! À demain » et reprit le réaménagement de sa chambre. La soirée se passa normalement, dîner avec sa famille et soirée série avant d’aller se coucher. Elle avait hâte d’être au lendemain pour commencer son travail de détective et découvrir les secrets de l’inconnue du cimetière

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