
La Fiancée Sous Contrat du Milliardaire
Chapitre 2
Chapitre 2
Ne réfléchis pas trop. C'est ce qu'elle se répétait depuis qu'elle avait dit oui. Plus elle y pensait, plus elle sentait la panique monter. Mais tout ça était derrière elle maintenant. Le choix, la réflexion, les doutes. Elle avait signé. Les jeux étaient faits, et il n'y avait plus qu'à avancer.
Les avocats d'Adrian étaient déjà là quand elle entra dans la salle. Trois hommes en costume sombre, des visages sans âge, ni sourires ni hostilité. Juste des machines à parler. À l'instant où elle s'était assise, ils avaient déroulé une avalanche de papiers, des paragraphes interminables de jargon juridique qu'elle ne comprenait qu'à moitié. « Clarté, consentement, confidentialité... » Ils avaient martelé ces mots comme des coups de marteau.
- Vous allez signer ici, ici, et là.
L'un des avocats, celui avec la voix la plus monocorde, lui tendit un stylo. Elle le fixa un instant, hésitante. Tout était encore irréel. Un mariage qui n'en était pas un, des promesses écrites noir sur blanc.
- Vous n'avez pas besoin de tout lire, glissa Adrian depuis l'autre bout de la table. Il était assis, décontracté, une tasse de café dans la main, comme si toute cette mascarade n'était qu'une formalité.
- Facile à dire pour vous, répondit-elle, les dents serrées.
Un des avocats la coupa avant qu'elle n'aille plus loin.
- Le contrat stipule que vous ne devez divulguer aucun détail de cette entente, ni à vos proches, ni à la presse. Toute violation entraînera des poursuites judiciaires et des pénalités financières conséquentes.
- C'est quoi « conséquentes » ? demanda-t-elle.
Le silence qui suivit était plus menaçant qu'une réponse. Emma sentit un frisson glacial lui courir le long de l'échine.
Adrian finit par poser sa tasse, ses yeux braqués sur elle avec une intensité qui la cloua sur place.
- Assez pour vous ruiner encore plus que vous ne l'êtes déjà, dit-il simplement.
Elle le haïssait. Ce calme, cette certitude qu'il avait de tout contrôler. Mais elle signa quand même. Parce que c'était ça ou retourner à sa vie d'avant, à la spirale infernale de dettes et de désespoir.
Une fois les signatures terminées, les avocats se levèrent, ramassèrent les documents et quittèrent la salle en moins d'une minute. Comme des ombres. Emma se retrouva seule avec Adrian.
- Bienvenue dans mon monde, lâcha-t-il.
Elle ne répondit pas, trop épuisée pour un échange verbal. Il se leva, contourna la table et s'arrêta devant elle.
- Maintenant, il y a des règles.
Bien sûr qu'il y avait des règles. Tout chez lui respirait le contrôle, les limites strictes, les lignes à ne pas franchir.
- Quand nous sommes en public, tu souris. Toujours. Pas de grimaces, pas de doutes, pas de soupirs. Tu es heureuse de m'épouser, compris ?
Elle hocha la tête, mais il continua, implacable.
- Tu répondras aux questions des journalistes, mais uniquement ce que je t'autorise à dire. Si quelqu'un te demande comment on s'est rencontrés, tu parles de la réunion de l'entreprise, tu sais, celle où tu as pris des notes comme une pro.
- Mais c'était notre première vraie conversation.
- Peu importe. C'est notre histoire maintenant.
Elle serra les poings sous la table. Il n'avait aucune idée de ce que c'était, d'effacer sa propre vérité pour en adopter une autre. Mais il n'attendait pas qu'elle comprenne ou qu'elle se sente à l'aise. Il voulait juste qu'elle obéisse.
- Une dernière chose, dit-il en s'éloignant légèrement, le ton plus dur encore. Pas de dérapages. Pas d'attitude provocante, pas de comportements impulsifs. Tu es là pour une seule raison : m'aider à obtenir ce que je veux. Tu fais ça, et je tiens ma part du marché.
Elle faillit rire, mais elle se retint. C'était quoi exactement, son marché ? Acheter son silence, son rôle dans cette mascarade ?
- Et si j'ai des règles, moi aussi ? demanda-t-elle.
Il s'arrêta net, surpris. Ce n'était pas une réaction qu'il devait entendre souvent.
- Par exemple ?
- Par exemple... pas de remarques désobligeantes sur ma vie ou mes choix. Pas de sous-entendus comme ceux de tout à l'heure.
Un sourire fugace éclaira son visage, mais pas un sourire chaleureux.
- Marché conclu, répondit-il, avec une pointe d'amusement.
Ils restèrent là, à se regarder, comme deux adversaires prêts à entamer une partie d'échecs. Mais elle savait que c'était plus que ça. C'était un combat.
Le lendemain, Emma reçut un dossier complet avec des instructions détaillées. Son emploi du temps était planifié à la minute près : essayages de robe, séances photo, rencontres avec la presse, et même des sessions pour apprendre à répondre correctement aux questions les plus intrusives. Tout était orchestré avec une précision militaire.
Mais ce n'était pas ce qui l'énervait le plus. Non, c'était le sentiment constant d'être surveillée, évaluée. Elle n'était pas une femme. Elle était un pion.
- Tu es prête ? lui demanda Adrian avant leur première sortie publique.
- Non.
Il la regarda avec une pointe d'agacement.
- Ça commence bien.
Elle leva les yeux vers lui, prête à répliquer, mais elle se ravisa. Il ne comprendrait pas. Pour lui, tout ça était un jeu qu'il savait déjà gagner. Pour elle, c'était un saut dans le vide.
Quand elle posa les yeux sur la robe qu'il avait fait livrer, elle sentit la colère monter à nouveau. Trop chic, trop moulante, trop... tout. Mais elle l'enfila, parce qu'elle n'avait pas le choix.
Lorsqu'elle le rejoignit, Adrian la fixa sans un mot. Ses yeux parcoururent chaque détail, comme s'il l'évaluait, encore une fois.
- C'est parfait, dit-il finalement.
Elle ne répondit pas. Pas cette fois. Mais dans sa tête, une petite voix résonnait : *Je ne suis pas parfaite. Je suis humaine.*
Et pourtant, elle le suivit, prête à jouer son rôle dans cette pièce absurde qu'ils venaient de commencer à écrire ensemble.
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