
La Fiancée Sous Contrat du Milliardaire
Chapitre 3
Quand ils sont sortis ensemble, elle a senti que tout le monde les observait. Ce n'était pas une observation innocente, comme celle d'un simple passant qui croise un couple en ville. Non, c'était une surveillance froide, calculée. Elle savait ce que les gens pensaient. Que cette union n'était rien de plus qu'une mascarade. Qu'elle était là uniquement pour le spectacle, pour soutenir une image qu'Adrian voulait vendre au monde entier.
Emma s'efforçait de garder son sourire, mais c'était difficile. Son estomac se nouait à chaque pas qu'elle faisait à ses côtés. La chaleur de la lumière des projecteurs semblait la brûler. Les regards des journalistes, des invités, de tous ces inconnus qui l'évaluaient à chaque geste, à chaque mouvement, chaque sourire, étaient aussi tranchants qu'une lame.
Adrian marchait avec une assurance glaciale, comme si le monde entier lui appartenait. Il ne la regardait même pas, mais il était là, imposant, guidant ses pas comme un chef d'orchestre invisible. Tout ce qu'il attendait d'elle, c'était de rester là, de sourire, de poser pour la photo, de donner l'impression que tout allait bien, que cette situation était naturelle.
Un flash éclata, puis un autre. Elle posa une main sur son ventre, la tête légèrement inclinée, comme s'ils étaient vraiment ce couple qu'ils prétendaient être. Un couple parfait.
- Souris, lui murmura-t-il d'une voix basse, sans se tourner vers elle.
Elle obéit, comme elle l'avait fait depuis qu'elle avait signé le contrat. Mais il y avait quelque chose dans son regard, un petit truc qui la piquait à l'intérieur, qui la forçait à se questionner encore plus. Pourquoi lui avait-il demandé de faire ça ? Pourquoi elle ?
Puis les premières véritables rencontres avec les proches d'Adrian commencèrent. Elle les voyait à peine, des silhouettes dans un flot de conversations, des sourires polis, des mains tendues comme des invitations au jugement. Les femmes, principalement, la fixaient avec des yeux froids, comme si elles l'examinaient, comme si elles cherchaient quelque chose à détruire. Ils savaient tous. Ils avaient compris depuis le début que cette union n'était qu'un contrat, que ce n'était qu'une façade.
Mais elle avait l'impression qu'elle était la seule à ne pas être à sa place. Lui, il était parfaitement à l'aise. Il s'amusait presque de ce jeu qu'il avait instauré. Mais elle, elle se sentait de plus en plus étrangère à cet univers.
- Emma, laisse-moi te présenter ma sœur, dit Adrian en la tirant un peu plus près d'un groupe d'inconnus.
La femme en question la dévisagea d'un regard appuyé, presque méprisant. Emma sentit une pointe de malaise la traverser. Il y avait une sorte de jugement dans ce regard, quelque chose de glacial qui la fit se replier sur elle-même.
- Alors, tu es la fiancée d'Adrian, murmura-t-elle, son ton presque trop calme, presque trop poli.
Emma hocha la tête, mais elle ne savait pas quoi répondre. Elle n'était pas la fiancée d'Adrian. Elle était un instrument. Un pion. Et cette femme le savait. Tout comme tous ces gens autour d'elle. Ils le savaient, et elle savait qu'ils attendaient le moment où tout cela allait s'effondrer.
Adrian intervint alors, d'un ton sec, presque protecteur.
- Tu devrais peut-être arrêter de regarder Emma comme ça. Elle n'est pas ton projet.
La remarque laissa la femme sans voix, mais l'effet ne dura qu'un instant. Elle sourit, se redressa, et après un court échange, elle s'éloigna. Emma se sentit soudainement petite. Invisible presque. Mais pas au sens où elle l'avait toujours été. Plutôt comme une ombre, un miroir déformé de ce qu'elle aurait dû être.
La soirée continuait autour d'elle, mais plus rien n'avait de sens. Les conversations étaient devenues des murmures indistincts, les rires des autres des échos lointains. Elle se sentait piégée dans ce rôle qu'on lui imposait. Elle n'était ni la fiancée d'Adrian, ni une invitée parmi les autres. Elle était une comédienne, et elle commençait à en avoir assez.
Quand elle se retrouva enfin seule avec lui, il la regarda sans rien dire. Pas un mot de réconfort, pas un geste de tendresse. Juste un regard froid.
- Tu n'es pas obligée de me parler comme ça, dit-elle, les yeux fixés sur ses chaussures.
Il la fixa un instant, puis haussant les épaules, il répondit.
- C'est toi qui as choisi. Tu savais à quoi t'attendre.
Elle sentit une bouffée de rage l'envahir. Une rage froide, contenue, mais bien là. Elle l'avait choisi. Oui. Mais pourquoi lui, pourquoi ce contrat de fiançailles ? Pourquoi ne pas lui avoir laissé une chance de choisir une autre voie, de fuir ce piège ?
Mais elle n'avait rien dit. Parce que de toute façon, il n'aurait pas écouté. Il n'était pas là pour l'écouter, il était là pour diriger, pour imposer ses conditions. Il n'avait jamais été un homme de compromis. Et elle était là, en train de faire face à ce qu'il était, en train de faire semblant. Mais à quel prix ?
- Tu ne veux pas danser avec moi ? demanda-t-il brusquement.
Elle releva les yeux vers lui, surprise par la proposition. Mais il n'attendait pas vraiment de réponse. Il tendit la main, un simple geste, comme s'il était naturel pour lui d'obtenir ce qu'il voulait.
Elle hésita un instant, puis, comme toujours, elle se plia à ses attentes. Elle posa sa main dans la sienne et se laissa guider. Il n'y avait aucune douceur dans ses gestes, aucune tendresse. C'était mécanique. Comme une performance qu'il fallait donner.
Elle savait que cette danse n'était pas seulement un mouvement physique, mais une danse de pouvoirs. Lui, au sommet, maître de tout. Elle, en bas, réduite à jouer son rôle.
Et pourtant, quelque part au fond d'elle, il y avait une question lancinante qui revenait sans cesse. Pourquoi acceptait-elle de jouer ce rôle ? Pourquoi se soumettait-elle à cet homme, à ce contrat, à cette vie qu'il lui imposait ?
Elle ne savait pas. Mais ce qu'elle savait, c'était que cette danse ne faisait que commencer.
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