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Couverture du roman JUDITH

JUDITH

Au Cameroun, l'absence de dialogue familial alimente une délinquance juvénile alarmante. Quand l'harmonie se rompt, les enfants deviennent les victimes d'un amour parental toxique. Judith illustre ce drame : brisée par le divorce de ses parents et les sévices d'une marâtre cruelle, elle sombre dans une dérive psychologique profonde. Perdue, elle finit par trahir Gaston, son ami fidèle. Ce récit explore comment les traumatismes subis transforment l'innocence en un réel danger.
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Chapitre 2

Après ce bref entretien avec elles, Judith n'arrivait toujours pas à réaliser qu'il s'agissait bien de moi son meilleur ennemi (rires), elle se demandait comment est-ce que moi qu'elle persécutait sans cesse j'avais pu apporter mon aide à son amie, mais bon moi j'avais juste fait ce qui me paraissait normal.

Peu de temps après, nous étions allés en pause et chacun se précipitait pour aller chercher de quoi manger. Puisque je venais récemment de jouer le bon samaritain,  je ne pouvais me permettre d'aller à la cantine et admirer les autres manger. J'avais donc jugé nécessaire à défaut de remplir mon ventre, de nourrir mon esprit en lisant une œuvre littéraire nommée "Afrika ba'a'' de Rémy Medou Mvomo. Cet esprit de lecture là qui aujourd'hui, m'a malheureusement quitté depuis l'arrivée du téléphone android qui s'avère être une véritable source de distraction pour moi.

Pendant que je savourais la belle aventure de Kambara ( personnage principal de cette œuvre) au rythme d'une conga bien sentie, je vis Judith venir partager son pain avec moi. Grand était mon étonnement car c'est à peine que je comprenais ce qui venait de se passer là, j'avais l'impression d'être dans un rêve. Judith partager son goûté avec moi?? Noooonnnn, c'était quasimenent impossible avant!!! Je ne réalisais vraiment pas ce que je voyais, mais la réalité était pourtant là.

Avec la famine qui m'avait déjà assez rongé, qui étais-je à ce moment-là pour refuser un pain aussi bien chargé que le sien ? J'avais cordialement accepté ce bout de pain et je l'avais rapidement envoyé dans mon estomac sans perdre du temps. Après avoir terminé ma dégustation, je n'avais pas manqué de lui demander ce qui me valait bien cet acte bienfaisant...

Moi : Dis, puis-je savoir la raison pour laquelle tu as partagé ton déjeuner avec moi?

Elle était tellement idiote ma question... car je savais pertinemment ce pourquoi elle l'avait fait, mais bon il fallait au moins jouer les curieux mais surtout, il fallait que ça sorte de la bouche de Judith ''la fille qui ne se mélange à personne'' (rires)!!! Ne dit-on pas souvent que dans la vie, seuls les plus rusés s'en sortent rapidement? Ce n'est non plus pour dire qu'il faut pratiquer de la ruse partout (rires).

D'un ton respectueux, elle me répondit volontier...

Judith : J'ai juste constaté que tu n'es pas allé manger comme à l'accoutumée, sûrement à cause de l'aide apporté à Clarisse. J'ai donc pensé partager mon goûté avec toi.

Moi : Ça alors!!!! Je te remercie énormément du fond du cœur, car sans le savoir, tu as sauvé un camerounais !!

Judith : Non, me rétorqua-t-elle, c'est à moi de te remercier d'avoir aidé ma copine...

On cherchait chacun à donner du merci à l'autre sans vouloir le recevoir en retour, on dirait dans des cinémas novelas, latinos, américains et occidentaux. Peu à peu, un climat harmonieux s'établissait déjà entre nous... très souvent, nous parlions de nos différentes confrontations dans les années précédentes et cela ne manquait de nous arracher le sourire...

Celui là qui avait stipulé que l'amour commence toujours par la haine était un sacré génie et il a tout mon respect. À nous voir rigoler et converser,  on pouvait s'imaginer que nous étions amis depuis belle lurette, or c'était tout le contraire.

Mon ami de marche Ludovic, celui avec qui je rentrais souvent des classes n'avait pas manqué de me faire cette remarque, mais il n'était vraiment pas question qu'on s'y atarde car chacun devait gérer sa vie comme bon lui semblait. Puisque notre relation était essentiellement basée sur le désordre, je ne voyais aucun intérêt à lui partager certains aspects de ma vie. Je vous assure que lorsqu'on parlait de la légionellose du désordre dans notre salle, on faisait  référence à nous.

Nous étions connus de tout le lycée, car dans les escalades du portail nous étions champions, les jeux poker nous étions les principaux organisateurs. Malheureusement, nous n'avions pas eu la malchance ou la chance de continuer ensembles, car il avait été définitivement renvoyé du lycée à cause de la consommation des stupéfiants. C'est la seule chose que j'avais refusé de gérer avec lui, car j'étais bien conscient des conséquences qui pourraient en d'écouler.

C'était vraiment compliqué pour moi de continuer dans mon désordre noyeur, je dis noyeur car je faisais du désordre mais j'étais parmi les têtes d'affiche de l'excellence scolaire de tout le lycée. Les gens étaient vraiment surpris par mon attitude, au point où mes camarades ont commencé à me traiter d'hypocrite. Cela m'était totalement égal et ça me laissait à 15 comme le disent si bien les Sawa. Chacun savait ce qu'il était venu chercher et ce qu'il voulait. Il était donc impossible de me traiter d'hypocrite puisque je faisais le désordre uniquement quand il s'agissait des matières que je maîtrisais, et je ne passais aucune nuit sans bûcher. C'était là le secret de ma réussite.

Le lendemain étant arrivé, je m'étais rendu au lycée après une heure de marche et puisque nous étions mercredi, j'avais tout le temps de jouer à la carte et aux deux dés avant de rentrer faire cours de philosophie à la troisième heure. Ayant perdu tous mes paris, j'étais rentré en classe avec une mauvaise mine du coup, je ne voulais pas que l'enseignant de philosophie, Monsieur Bitjoka à qui j'adresse mes sincères remerciements pour sa bonne formation, vienne nous donner cours.

Chose préméditée, chose accomplie. Et voilà les professeurs qui sont tous appelés à assister à la journée pédagogique. Les inspecteurs régionaux étant en tournée dans la ville d'eseka, il fallait commencer par notre lycée, le lycée d'eseka car nous étions le plus ancien.  C'était donc une journée blanche qui s'annonçait, donc plus besoin de m'inquiéter.

C'était là l'occasion parfaite de mieux m'entretenir avec Judith et mettre au point une amitié solide et durable:

Moi : Bonjour Judith.

Judith : Bonjour Gaston!

Moi : Comment était ta nuit ?

Judith : Meilleure et la tienne ?

Moi : idem, merci !

Au moment d'entamer le vif du sujet, Clarisse apparu et fit la sérieuse avec moi, s'imaginant que ma conversation avec son amie portait sur une affaire de sexe ou de couple, mais c'était trop me rabaisser quand même !!! Je lui avais directement répondu que je ne suis pas un mec qui profite d'une situation de faiblesse pour mettre une fille sur son lit.

Étant rassurée que je n'allais pas détourner sa petite sœur comme elle le disait souvent, elle s'en alla visiter ses amies du club danse dans les autres salles de classes, en particulier la seconde allemand+italien.

J'étais donc à nouveau resté seul avec Judith et il fallait continuer notre entretien où nous l'avions laissé. Sauf que cette fois ci, c'est elle qui prit la parole la première...

Judith : Parle moi de toi... As-tu des frères? Des sœurs? Bref, fais moi une brève présentation de ta famille...

Ça me paraissait étrange qu'elle veuille me connaître en profondeur, mais il fallait tout de même que je sois galant pour d'avantage marquer des points quoi !!!

Moi : Je suis le second fils d'une famille de 5 garçons uniquement, issus des mêmes parents. Et toi ?

Au moment de me répondre, je vis un changement brusque d' humeur. Elle était devenue triste et je voulais bien savoir pourquoi ! C'est à ce moment qu'elle se confia à moi et me parla de sa triste enfance, l'objet d'une parfaite irresponsabilité  parentale.

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