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Couverture du roman Jalousie amicale.

Jalousie amicale.

Héritière d'une fortune colossale et dotée d'un physique avantageux, Luna suscite naturellement l'envie autour d'elle. Sa situation se complique davantage lorsque Ray, l'idole masculine du lycée, tombe sous son charme. Face à cette idylle naissante, la loyauté de son entourage vacille. Dona et Yvy, ses deux amies proches, laisseront-elles l'amertume prendre le dessus ? Entre trahisons et faux-semblants, la noirceur de leur jalousie pourrait bien tout détruire.
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Chapitre 2

En effet, l’anniversaire du président de la république approchait et on devait le fêter au grand carrefour de la ville, devant tout le peuple. Certains jeunes ont été sélectionnés pour faire des défilés, d’autres pour faire des sketchs, chanter et danser. Et bien sûr que parmi les types de danse, qu’il y avait de la danse classique! Le directeur de mon école monsieur Bossoko savait que j’avais dansé en France et que j’avais continué à m’entraîner seule dans ma chambre puisque dans mon carnet de présentation scolaire, c’était marqué.

    Il m’a proposé de faire partie du groupe qui allait représenter cette danse mais j’ai dit non par timidité et par peur aussi pour être honnête. Je n’avais jamais été sur scène dans ce pays et j’avais peur d’essayer. J’étais très calme, ce qui était différent de quand j’étais en France car pour moi, c’était toujours un nouveau monde dont je ne parvenais pas à embrasser facilement. Mais pour être polie, je lui ai dit que j’étais quand même d’accord pour assister aux séances d’entraînement et il a accepté en affichant un sourire plutôt mignon.

     Plusieurs élèves de différentes écoles avaient été réunis dans la grande salle dédiée aux activités officielles du pays. Dans cette salle, plusieurs groupes avaient été formés dans des sous salles. Il y avait une salle pour ceux et celles qui chantaient, une autre pour ceux et celles qui faisaient de la comédie et ainsi de suite puis, une autre qui faisait ce que moi je savais faire : de la danse classique.

     Il y avait un endroit pour ceux qui assistaient et j’y ai pris place avec mes parents. Dix minutes tard, les entraînements ont commencé. Un professionnel de danse, vu son habillement et ce qui allait faire par la suite est entré dans la salle et nous a salués. Il était plutôt mince, très grand de taille et métisse avec une longue barbe noire. Je dois avouer que sa salopette moulant m’avait fait marrer, pourtant c’était très normal.

— Pourquoi ris-tu Luna? Avait demandé ma mère.

     Avec un sourire tout timide et un peu nerveux, j’ai répondu:

— Sa combinaison me fait rire maman. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu ça!

— Ah c’est vrai en plus, vu que tu danses mais dans ta chambre et en plus seule! Tu as raison, c’est drôle.

     Ensemble, nous nous sommes bien marrés avant de continuer à suivre ce qui se passait.

     Le professeur de danse nous a demandé d’applaudir ses élèves et nous l’avons fait puis, un par un, ils ont commencé à entrer dans la salle. Il devait être une quinzaine au total. J’ai remarqué qu’il y avait deux filles qui avait porté des vêtements différents des autres et j’ai su qu’elles étaient les meilleures et les deux mentors du groupe.

      De toutes les façons, j’avais hâte de les voir danser.

     Une musique douce que je connaissais très bien a été mise et là, j’ai commencé à sourire.

     Les danseurs et danseuses ont commencé à faire des pas et tout se passait très bien jusqu’à ce que l’une des filles qui avaient des vêtements différents tombe et se fasse mal à la cheville à cause d’un pas de danse qu’elle avait du mal à maîtriser.

     Elle a arrêté sa cheville et j’ai compris qu’elle n’allait pas bien et j’ai eu de la peine pour elle.

     La danse a été mise en pause. Le professeur a fait appel à des secouristes et ces derniers sont venus s’occuper d’elle pas loin du poste de danse.

     Cependant, il y avait un autre problème: il fallait bien qu’elle soit remplacée mais qui devait le faire?

     Il a jeté un coup d’œil dans la salle puis, il a dit:

— Y a-t’il une volontaire dans la salle s’il vous plaît?

     Personne n’a répondu.

Mes parents m’ont lancé un regard et j’ai compris le message mais, je n’ai pas répondu, ni levé le doigt.

C’est quand il a dit:

— Bon, on va annuler les entraînements, le temps qu’elle se rétablisse mais il ne faut pas oublier que l’anniversaire c’est dans quelques jours seulement.

     Et comme si cela ne suffisait pas, l’un des secouristes lui a dit qu’il n’est pas sûr qu’elle s’en remettrait rapidement. J’ai vu une grande déception dans son regard et gentille que j’étais, j’ai levé le doigt en tremblant et j’ai dit d’une voix calme.

— Je... Je sais danser et je peux la remplacer mais uniquement le temps qu’elle se rétablisse.

     Au fait, je n’étais pas une voleuse donc, je ne voulais en aucun cas voler sa place et c’est la raison pour laquelle j’avais fait cette précision.

     Mes parents ont applaudi et les gens de la salle ont suivi leur rythme. Un sourire s’est affiché sur le visage du professeur et il est venu lui-même tenir ma main pour me faire descendre des escaliers.

     Tous les regards étaient braqués sur moi et j’entendais les gens dire « elle est tellement belle, elle va cartonner » et au lieu que ça me mette en confiance, ça me gênait plutôt à cause de ma timidité.

Une fois dans le groupe avec les autres, il m’a demandé:

— C’est quoi ton prénom?

— Luna, je lui ai répondu.

— D’accord Luna, a-t-il dit. Tu vas nous montrer ce que tu sais faire d’accord? Tu veux qu’on mette quelle musique?

      Ô mon Dieu! J’ai eu une envie terrible de disparaître. J’ai même commencé à regretter de m’être proposée. Mais bon, c’était trop tard et je ne pouvais plus retourner en arrière. Je lui ai demandé d’une voix basse de mettre une chanson que j’aimais beaucoup et il l’a fait.

     Avec mon collant que j’avais porté ce jour et mes ballerines comme si je savais que j’allais danser, je me suis préparée en quelques secondes en réglant ma respiration puis, j’ai commencé à faire des pas de danse.

     Il n’a pas fallu deux minutes pour que tout le monde se lève pour m’applaudir. Pour ne pas paraître impolie, j’ai souri.

— Parfait, a dit le prof de danse. Je crois qu’on va te garder dans l’équipe, si tu veux bien!

     Les gens ont crié « oui, elle doit rejoindre l’équipe, c’est elle la meilleure ».

     Je me suis sentie mal à l’aise pour celle qui s’était fait mal…

— Je vous ai dit que je voulais la remplacer jusqu’à ce qu’elle se rétablisse et non définitivement monsieur.

— D’accord, c’est comme tu veux alors mais, réfléchis bien à cette offre! On commence?

— D’accord monsieur!

     On a commencé et ça s’est plutôt bien passé mais je ne pouvais m’empêcher de me sentir gênée pour la fille blessée.

Les secouristes ont bandé sa cheville et lui ont donné de l’eau à boire et c’est quelques temps après que ses parents sont venus la chercher, soit cinq minutes après qu’on ait fini de danser.

     Je m’apprêtais à rejoindre mes parents mais j’ai jugé bon d’aller la voir et je l’ai fait.

— Euh bonsoir Monsieur, bonsoir madame, bonsoir la danseuse. Je m’appelle Luna et j’aimerais féliciter la danseuse car elle est géniale. J’aimerais aussi l’aider à réaliser le pas qui semblait difficile pour elle.

     J’ai affiché un sourire assez discret. Ils ont répondu à ma salutation mais pas la danseuse.

     Elle semblait très triste. J’ai pris une feuille que j’avais dans mon sac et j’ai noté le numéro du téléphone fixe de le la maison et je leur ai demandé de m’appeler. Au même moment, celle qui avait la même tenue qu’elle s’est approchée d’elle et lui ait:

— Dona, je suis vraiment navrée pour toi! Bonsoir à vous monsieur et madame.

— DONA : Merci beaucoup.

    Et les parents ont répondu simultanément:

— Merci Yvy, c’est gentil de ta part! Tu es une très bonne amie pour notre fille!

     En quelques secondes, j’ai su leurs prénoms et le lien qu’elles entreraient. Je me suis éloignée discrètement et j’ai rejoint mes parents pour qu’on rentre. Ce que je ne savais pas au-delà de mes dix ans, c’est que cette rencontre allait bouleverser ma vie et ce à jamais.

À suivre…

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