
ErMiTaNe
Chapitre 2
PARTIE 1
Vingt cinq janvier de tous les ans marque la date d'anniversaire de Marcella, un jour qui normalement devrait être important selon la logique des anniversaires et surtout pour son âge car cette date marque aussi l'âge de sa majorité selon le règlement du Mexique.
Triste est sa mine depuis quelques jours car elle est ne cesse de repousser cette date. Les fêtes d'anniversaire, elle les avait oublié depuis le jour où elle avait mis le pieds dans cette maison qui l'avait accueillie après la scène tragique de l'année deux-mille-quatre. Elle avait réussi a oublié cet incident car il fallait bien l'accepter afin d'avancer. Elle avait appris à être sage et regarder la vie dans un angle réaliste et positif. Elle était la fille la plus calme et solitaire de l'orphelinat car malgré le fait qu'elle était passée à autre chose, elle ne cessait de faire des cauchemars par rapport à cet incident de deux-mille-quatre.
Malgré sa solitude et son caractère peu aimable malgré la fille la plus gentille qu'elle incarnait selon une seule personne, elle avait pu se faire une amie, une preuve qu'elle n'était pas vraiment un virus comme l'auraient qualifié certaines personnes.
Pendant tous ce temps qu'elle avait passé à l'orphelinat, on lui avait inculqué les valeurs, elle avait été éduqué selon les saintes écritures et déjà même qu'avant la mort de ses parents, elle était chrétienne et ce jour-là, elle voulait accepter devant le temple d'être son serviteur à tout jamais.
Pendant des années à l'orphelinat, les enfants se faisaient adopter mais jamais elle ne s'était montrée aimable à un couple ou une famille qui avait le choix sur elle car selon elle, malgré le fait que la vie n'était pas féerique dans cet endroit, elle ne cessait de penser qu'il le soit encore moins dans ces endroits où l'on devait l'emmener. A côté de ça, vu l'Etat dans lequel elle était née, c'était encore plus facile de la maltraiter vu que le trafique de jeune fille ne cessait de faire le buzz.
Par moment, elle en avait marre des regards qu'elle attirait à elle sans faire exprès car sa couleur de peau était très différente de celle des filles qui l'entouraient. Elle était très petite lorsque ses parents essayaient de lui expliquer le pourquoi de sa peau différente car même à l'école, les touts petits ne cessaient de l'entourer ou de la regarder comme la septième merveille. Sa mère était originaire d'Amérique et son papa d'un mélange africain et mexicain. Son grand-père du côté paternel était un Camerounais.
A cette date qui marquait sa majorité, l'âge auquel tous les enfants doivent quitter ce lieu afin de se chercher, elle ne savait pas où elle allait car elle n'avait jamais connu le monde extérieur et n'y connaissait rien. C'était tellement fort qu'elle regrettait de n'avoir pas quitté ce lieu plus tôt lorsque ces familles venaient à elle.
- tu n'as pas trop mal?
- ce n'est pas comme si ça changerait quelque chose, peu importe les maux d'âmes, la règle c'est la règle, je dois libérer de l'espace pour les touts petits.
Elle faisait semblant d'être forte mais une chose était certaine, ça n'allait pas du tout car Milena avait été la seule qui avait appris à la comprendre dans ce lieu, elle était la seule qui la soutenait, leur lien était devenu si fort qu'elle avait l'impression qu'elle était sur le point d'abandonner sa sœur.
- pleure pas ma belle,lui dit Milena ayant constaté sa peine et ses yeux s'humidifier.
- je ne pleure pas. Il est bien vrai qu'entre nous deux, tu es celle qui a toujours été comme la grande sœur mais je ne veux pas te laisser toute seule, je serai là dehors et toi ici, je ne veux pas.
Une dure à cuire comme on avait si l'habitude de l'appeler, ces paroles l'avait tellement touché, qui pourrait rester insensible à ça ? Même pas le plus grand tyran du monde. Elle se jeta dans ses bras et la serra tellement fort. Le lien de sang était ce qui unissait une famille et pour elle, tous les humains était une famille car le sang coulait dans leurs veines. S'étant trop abandonné aux émotions, elle se rendit compte qu'elle ne jouait pas son rôle de grande sœur et se précipita pour se rattraper en rassurant Marcella.
- ne t'en fais pas, je serai libre dans deux mois et je te promets que je te retrouverai. Tu sais qu'à chaque fois que tu t'égarais dans le labyrinthe et que même les supérieurs n'arrivaient pas à te retrouver, j'y arrivais toujours, alors ce n'est pas là dehors que tu seras invisible.
- Tu le promets Lena?
-Bien-sûr que je te promets. Tu sais, tu m'as toujours raconté que lorsque tu étais toute petite, ton père te lisait toujours la Bible et qu'à chaque fois, il ne cessait de te rappeler le psaume 34:7 " fais de l'éternel tes délices et il te donnera tout ce que ton cœur désire". Dit Marcella en la coupant.
- c'est ça, très bien. Alors n'oublie jamais que ce que tu demandes avec un seul coeur, Dieu te le donne et aussi, peu importe ta souffrance, c'est l'ordre de ta richesse.
- je... Merci Lena, je t'aime tellement, je t'aime tellement ma sœur si tu savais.
- je sais mais là, il faut absolument finir tes valises car je ne veux pas que tu te fasse crier dessus le jour que tu quittes cet endroit.
Elle reprit sa tâche avec l'aide de Milena qui ne cessait de tout essayer pour lui remonter le moral et voir le bon côté des choses comme par exemple la chance de tout faire seule, d'avoir une vie normale sans interdit, être capable de faire ses propres choix et plus.
Après quelques heures, le temps qu'elle essayait toujours de retarder afin de ne point quitter sa sœur, mère Theresa arriva dans leur dortoir et elle comprit que c'était la fin, elle devait s'en aller sans destination. Elle reprit de nouveau sa sœur dans ses bras en coulant quelques larmes.
- ne t'inquiète pas ma petite fée, je prierai toujours le seigneur afin qu'il prenne soin de toi, lui dit Milena, tu dois partir maintenant. C'est ta carrière qui commence aujourd'hui et la mienne commencera dans deux mois. Je bénéficierai de tes conseils car tu seras plus apte que moi.
- je sais que je ne t'exprime pas assez ce que tu représentes pour moi mais crois-moi je t'aime beaucoup ma sœur, si jamais je devais faire un choix pour une sœur de sang,ce serait toi.
- alors dans ce cas, peu importe combien nous nous chamaillerons, peu importe combien nous nous frapperons, nous resterons des sœurs inséparables jusqu'à la fin. Mais va t'en avant je ne t'empêche.
Elle prit ses sacs, sortit suivie de la sœur Theresa qui n'avait rien raté de leur spectacle et qui n'avait pas pu résister au petit échange d'adieu car elle avait aussi versé quelques larmes.
Lorsqu'elles arrivèrent dans le bureau de la soeur supérieur, elle lui fit un beau sourire, un sourire qu'elle n'avait jamais vu sur ses lèvres depuis qu'elle était arrivée dans cet orphelinat.
- et bien Marcella je ne pense pas que ça vaille encore la peine de te faire le même discours car tu le maîtrises déjà : <
Elle ne savait pas si elle pouvait avoir la force de retourner là-bas mais quel choix avait-elle encore? Elle se contenta de récupérer la clef et remercia cette femme qui avait assez fait pour elle.
- bien, aujourd'hui tu t'en vas mais n'oublie pas que les portes de cet orphelinat te seront toujours ouverte, sois sage et surtout prends soin de toi Marcella, tu as été la meilleure fille de chez nous et je voudrais que ta bonne foi et ta bonne volonté t'accompagnent toujours.
Elle la prit dans ses bras et les hommes de la sécurité vinrent l'aider à transporter ses sacs. Lorsqu'elle franchit la cour, une fraîcheur étrange lui enveloppa tout le corps, certainement parce qu'elle n'était pas habituée à être dehors car même lorsqu'on leur permettait d'aller se recréer un peu, elle préférait rester dans sa chambre pour penser à ses parents.
Auteure : Fayole Goumgang Wamba
Vous aimerez aussi





