
ErMiTaNe
Chapitre 3
Après avoir rejoins l'extérieur de cette grande grille, elle fut obnubilée par la lumière solaire qui rendait le quartier encore plus beau. Toute ces années passées enfermé étaient vraiment une grande perte pour elle et la vue qu'elle avait désormais lui prouvait combien elle avait tellement perdue.
La circulation était bruyante et elle commençait à avoir peur si jamais il fallait qu'elle traverse la route car oui, elle avait certes l'adresse de ses parents mais c'était difficile pour elle de s'en sortir toute seule puisque tout avait été refait, la construction et tout. Elle resta sur place pendant un moment jusqu'à ce qu'un taxi s'arrête près d'elle.
Prise d'une violente peur à cause des exploits qu'on ne cessait de lui raconter au sujet des kidnapping et du trafique d'enfants, elle s'accrocha à son sac et se mit à reculer tout doucement.
- avez-vous besoin de mes services mademoiselle ?
Combien de personnes allait-elle fuir? Et pendant combien de temps? Elle était désormais abandonnée à elle même et plus personne pour lui dire quoi faire, fallait bien qu'elle se débrouille, qu'elle prenne des risques comme le faisait tout le monde.
- oui, répondit-elle timidement.
- votre destination.
Elle lui tendit la carte que lui avait donné plus tôt la directrice de l'orphelinat et ce dernier la regarda avec compassion. Mais pourquoi ? Elle n'en savait rien.
- êtes-vous certaine de vouloir vous rendre à cette destination mademoiselle ?
Était-elle certaine? Elle n'en savait rien, c'était le domicile de ses parents et elle n'y pouvait rien, elle n'avait pas d'autres options que de s'y rendre sinon quoi faire d'autre? Elle avait peur des regards de l'homme, pas effrayants mais toujours compatissants.
- et bien ce n'est pas ici que vous prendrez votre taxi pour cette destination mais à l'autre bout de la route, vous n'avez qu'à traverser. Dit-il en lui tendant la carte.
Ce qu'elle craignait le plus, se faufiler au milieu de cette circulation qui jamais ne s'arrêterait. Elle reprit sa carte avec une tristesse immense et la remit dans la poche de son jean.
Elle attendit pendant presque toute la journée, elle en avait marre car tout cela était nouveau pour elle. Avant sa séparation avec ses parents, son père n'était qu'un simple fermier et sa mère une femme au foyer, elle passait toutes ses journées dans les plantations et jamais elle n'avait eu besoin de traverser une route.
- vous ne savez pas où aller?
Un homme dans la rue qui lui posait la question avec un sourire qu'elle qualifierait de bienveillant. Répondre ou jouer à la fille timide et peureuse ?
- je... Je dois me rendre à une adresse que je connais peu et je... Je devrais... Je... Elle avait honte de lui expliquer ce qui la traumatisait tant à son âge, pourtant ses semblables roulaient déjà dans des voitures. Elle baissa la tête ce qui ne plu point à l'inconnu.
D'un pas rapide, il avança vers elle et lui prit la main, il lui leva le menton. Dans son regard, elle pouvait lire de l'espoir, de la joie, du renouveau.
- pourquoi baisses-tu la tête ? Ce n'est pas un comportement à adopter dans la rue ma belle sinon, tu seras la cible de personnes mauvaises.
Jamais on lui avait appris cela, seule sa timidité était son alliée au quotidien surtout dans ce dehors où tout était nouveau pour elle. Elle était perdue.
- je... Je ne sais pas où je vais ?
- pardon? Demanda son bel inconnu tout étonné.
- je viens tout juste d'avoir dix-huit ans et je, je...
- je comprends ma princesse, tu étais à l'orphelinat et aujourd'hui tu as atteint ta majorité donc il fallait bien que tu quittes cet endroit qui t'a toujours accueilli. Alors c'est quoi ton ultime problème ma belle ? Tu n'as pas où aller?
- si!
- alors pourquoi restes-tu planter là depuis le matin? Tu n'avais qu'à te trouver un taxi pour te laisser à ta destination.
- accroire c'est facile, dit-elle tout bas.
Elle avait pensé qu'elle avait prononcé cette phrase tout bas mais malgré le fait que c'était peu audible, il avait entendu et vraiment, il ne comprenait pas pourquoi elle trouvait difficile de stopper un taxi. Elle sortait fraîchement de l'orphelinat mais ce n'était pas une raison pour avoir autant peur.
- où te rends-tu ?
Elle lui tendit sa carte et ce fut le choc pour cet homme. Cette fille ne devrait surtout pas se rendre à cet endroit mais il ne savait pas comment le lui interdire, surtout qu'il ne pouvait pas lui donner une raison valable et il était certain qu'elle n'avait que cet endroit vu qu'elle sortait tout droit de l'orphelinat et que son père n'était qu'un fermier.
- n'as-tu pas d'autres familles ?
- non aucune.
Bon il avait eu tort de lui poser cette question vu qu'il savait tout d'elle. Au vu de sa loyauté au yeux de son patron, il se devait de ramener cette fille à son chef mais il ne pouvait pas la trainer dans une affaire dont elle n'y connaissait rien, elle était juste innocente comme l'était ses parents.
- es-tu vraiment obligée de te rendre à cette adresse ?
- je n'ai pas de famille, je n'ai personne pour prendre soin de moi, je n'ai aucun sous alors je n'ai pas de choix en dehors de m'y rendre mais là je ne connais pas traverser la route.
Il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire moqueur à l'encontre de la demoiselle. Il pouvait très bien la comprendre puisqu'avant la mort de son père, ils ne vivaient que dans une campagne.
- bon d'accord. Je vais t'aider.
Il prit ses deux sacs avec lui et elle le suivit tranquillement. Lorsqu'ils furent à l'autre bout de la rue, elle expira profondément avant de rouvrir les yeux qu'elle avait fermé plus tôt. Maintenant il lui fallait bien trouver un taxi et elle n'y connaissait rien.
- le plus dur est passé, maintenant tu peux bien sortir ?
Pourquoi répondre oui et souffrir après ? Elle ne pouvait pas laisser son égo parler pour elle dans un moment pareil. Elle essaya plusieurs fois de lui dire ce qui lui trottait l'esprit mais rien ne sortait de sa gorge, ce qui fit sourire cet homme qui était en face de lui.
- tu peux t'exprimer en toute tranquillité ma princesse, qu'est-ce qui ne va pas?
- je... Comment stopper un taxi?
Ah c'était donc ça son véritable problème ne peut-il s'empêcher de se demander. Il contacta un taximan qu'il connaissait très bien et qui devait être là dans une demi-heure. Il se souciait d'elle sans la connaître et chaque minute qu'il passait avec elle le mettait en danger et il le savait très bien.
- bien il ne sera là que dans une demi-heure alors, je te propose de manger un morceau.
- non, non merci, vous avez déjà assez fait pour moi et je dois pas exagérer.
Il sourit et disparut dans une boutique pas très loin. Pendant un petit moment, elle se sentit très seule et abandonnée, un sentiment qu'elle ne devrait plus ressentir vu qu'elle avait perdu les membres de sa famille depuis très longtemps. Attendant toujours ce taxi, son sauveur revint enfin et elle se sentit rassurer.
- Tien, c'est un sandwich bien composé pour te maintenir en forme.
- euh... Merci. Elle le prit et n'avait point l'intention de le manger car la nuit tombait déjà et elle ne savait toujours pas où elle devait poser sa tête.
- je comprends que tu t'inquiètes pour l'endroit où tu vas dormir vu l'heure qu'il fait mais ne t'en fais pas, tu ferais mieux de manger d'abord, ce n'est pas comme si je voulais t'empoisonner ma princesse. Allé mange un peu.
Convaincue par ses propos, elle croqua dans son sandwich et vraiment il était très bon, ça faisait vraiment longtemps qu'elle n'avait pas mangé quelque chose d'aussi bon. Le pire, c'était un inconnu qui lui en offrait dans la rue.
Après ce temps à attendre son taxi, le responsable vint après et mit ses sacs dans le véhicule. Elle remercia l'inconnu et y pénétra.
Auteure : Fayole Goumgang Wamba.
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