
ENTRE AMOUR ET POUVOIR
Chapitre 2
Les premiers jours de Marco à Naples avaient été marqués par des discussions interminables, des rencontres avec des alliés, mais aussi par l'observation discrète de son père, Vincenzo. La famille D'Angelo était une machine bien huilée, et Marco devait apprendre à en faire partie, ou se retrouver à la traîne. Il savait que chaque moment de faiblesse serait exploité. Ce soir-là, alors que l'obscurité enveloppait la ville, il se rendit chez Savo pour une réunion secrète avec les lieutenants de la famille. Le climat était tendu, et les regards échangés en disaient long. Carmine Russo n'avait pas cessé de faire pression, et les membres de la famille commençaient à se demander jusqu'où leur empire pouvait résister.
Le vaste appartement de Savo était situé au sommet d'un immeuble discret, loin des regards indiscrets. Il était l'endroit parfait pour discuter affaires sans risquer d'être écouté.
Marco entra, un léger sourire sur les lèvres, mais la tension dans l'air était palpable. Il s'assit à la table où une douzaine de membres de la famille D'Angelo étaient déjà réunis, chacun avec son verre de whisky ou de vin, les yeux scrutant Marco.
"Marco", commença Savo d'une voix grave, "c'est ici que ça se passe. Pas de fausses promesses. On règle les choses sérieusement."
Un silence lourd tomba sur la pièce. Marco fixa Savo sans sourciller. "Je suis là pour ça, Savo. J'ai passé trop de temps à l'étranger pour perdre du temps avec des discours."
Enzo, un autre membre influent de la famille, se pencha en avant. "Carmine Russo... ce connard veut nous prendre de vitesse. Il achète tout sur son passage. Des politiques, des policiers, des membres de notre famille. On doit agir avant qu'il ne soit trop tard."
Marco observa la pièce, analysant chaque visage autour de la table. Chaque homme ici avait son rôle, son influence, mais Marco savait qu'il ne pouvait pas leur faire entièrement confiance. L'un d'eux pouvait très bien être un traître, le genre d'homme qui trahirait pour un peu d'argent ou de pouvoir.
"On ne peut pas simplement ignorer Carmine", dit Marco en brisant le silence. "Mais on ne doit pas réagir à la légère. Savo, tu as des informations sur ses mouvements ?"
Savo, habituellement calme, se redressa légèrement. "Il est plus vicieux que ce que tu crois. Il s'est allié à d'autres familles de l'extérieur. Il veut créer une alliance contre nous. Et il n'est pas du genre à reculer."
Marco fixa Savo, un éclat dans les yeux. "Alors on l'attaque où ça fait mal. Là où il ne s'y attend pas."
Une voix brisée s'éleva alors de l'autre côté de la table. Vito, un vieil homme aux cheveux grisonnants et au regard fatigué, prit la parole. "Marco, c'est risqué. Trop risqué. Tu sais comment il travaille, ce type. Nous devons d'abord nous assurer qu'on a tous les appuis nécessaires avant de nous lancer dans un conflit ouvert."
Marco tourna les yeux vers Vito, un regard perçant. "Vito, il ne va pas attendre qu'on soit prêts. Carmine nous attaque déjà. Et si on reste là à discuter, on va tout perdre. C'est maintenant ou jamais."
Vincenzo, qui était resté silencieux jusque-là, prit enfin la parole. Tous les regards se tournèrent vers lui, le parrain, celui qui faisait l'histoire de la famille D'Angelo.
"Marco a raison", dit Vincenzo d'une voix grave, son regard dur comme la pierre. "Carmine veut une guerre, et il a commencé à la déclencher en achetant des loyautés. Nous devons répondre. Mais d'une manière réfléchie."
Savo hocha la tête. "J'ai des contacts à la frontière avec les autres familles. Peut-être qu'il serait temps de les activer."
Marco se tourna vers son père. "Alors faisons-le. Nous devons créer un choc, quelque chose qu'ils ne verront pas venir."
Le regard de Vincenzo se durcit davantage. "Ne sois pas imprudent, Marco. Le choc est là, mais il ne doit pas venir de nous... pas encore. Nous devons frapper fort, mais intelligemment."
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La confrontation avec Carmine Russo.
Le lendemain, Marco reçut un appel. Il regarda l'identifiant, et un frisson traversa son dos. Il savait que ce moment allait arriver, mais il n'était pas préparé à l'intensité de la situation.
Carmine Russo. La voix du rival, manipulatrice et glacée, résonna à l'autre bout du fil.
"Marco D'Angelo", dit Carmine, son ton amusé, "tu as enfin pris ta place à la table. Je me demandais quand tu allais commencer à comprendre que le monde a changé. Que la vieille génération commence à perdre de son influence, que l'on entre dans une ère nouvelle."
Marco ferma les yeux, prenant une profonde inspiration. "Carmine", répondit-il avec calme, "je suis là pour une seule chose. Tu peux arrêter de jouer à ce petit jeu de pouvoir. Le territoire de la famille D'Angelo t'appartient, mais ce n'est pas pour longtemps. Ce n'est pas à toi de décider des règles ici."
Un éclat de rire, sec et froid, s'échappa de l'autre côté du fil. "Tu te crois encore à l'école, Marco ? Regarde bien autour de toi. La ville a changé. Les gens sont fatigués de l'ancien régime. Et toi, tu veux quoi ? Te mettre à la place de ton père ? Crois-moi, je suis plus que prêt à renverser tout ça."
"Je ne suis pas mon père", répondit Marco, son ton tranchant. "Mais je suis là pour protéger l'héritage. Et j'ai bien l'intention de te montrer que personne, pas même toi, ne peut nous voler ce qui nous appartient."
L'angoisse, la tension, et la menace étaient palpables dans l'air. Carmine avait l'avantage. Mais Marco savait qu'il fallait prendre ce risque. "On va voir ça", répondit Carmine, avec un air de défi. "Prépare-toi à perdre plus que ce que tu imagines, Marco. Parce qu'une guerre, tu la perds avant même qu'elle n'ait commencé."
Le téléphone se coupa brusquement.
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Retour à la maison.
De retour chez lui, Marco se dirigea vers le bureau de son père. Le climat à la maison était tendu. Il savait que ce moment allait arriver, mais il n'avait pas prévu que la confrontation avec Carmine serait aussi brutale.
Vincenzo était là, en train de scruter des documents. Il leva les yeux lorsque Marco entra, son visage marqué par les années de pouvoir et de décisions difficiles.
"Carmine vient de m'appeler", dit Marco en s'asseyant. "Il veut nous faire plier. Mais je crois que c'est lui qui va plier, pas nous."
Vincenzo posa lentement son stylo, son regard perçant fixé sur Marco. "Tu penses qu'il est assez faible pour ça ? Ou est-ce que tu es seulement prêt à prendre un coup d'avance dans une guerre que tu ne comprends pas entièrement ?"
"Je comprends assez pour savoir que si on attend, on perdra. Il a l'avantage de la surprise, mais pas celui de la loyauté", répondit Marco.
Vincenzo le fixa un moment, puis hocha lentement la tête. "Tu sais ce que tu fais, Marco. Mais il faudra être prêt à tout. Carmine n'est pas un homme que l'on sous-estime."
Marco se leva, résolu. "Je ne sous-estime personne. Mais il est temps qu'il apprenne ce que c'est que défier la famille D'Angelo."
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Le jeu de pouvoir venait de commencer, et il n'y avait plus de place pour les hésitations.
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