
ENTRE AMOUR ET POUVOIR
Chapitre 3
La tension à Naples était palpable. Les rues, autrefois animées par l'agitation quotidienne des affaires, semblaient cette nuit-là plus sombres, plus silencieuses. Marco sentait l'atmosphère lourdement chargée d'un danger imminent. Carmine Russo ne se contenterait pas de rester dans l'ombre ; il voulait une confrontation directe, et Marco savait qu'il ne pouvait pas se permettre de lui laisser l'avantage. La guerre était inévitable.
Le lendemain matin, Marco se rendit directement à l'appartement de Savo pour discuter des prochaines étapes. La pièce, sobre et fonctionnelle, était emplie d'une atmosphère tendue. Les hommes de la famille se tenaient autour de la table, l'air grave, chacun conscient que leur vie était sur le point de changer radicalement.
"Tu as parlé avec ton père ?" demanda Antonio, un des lieutenants les plus proches de Marco. Un homme d'une quarantaine d'années, au regard perçant et au visage marqué par les années passées dans le crime organisé. Il n'avait pas la subtilité de Savo, mais son pragmatisme avait toujours fait de lui un élément précieux de la famille.
"Oui, il sait. Mais il veut avancer prudemment. Trop prudemment, à mon goût", répondit Marco, jetant un coup d'œil aux autres membres de la table. "On ne peut pas se permettre d'attendre que Carmine frappe en premier. On doit le surprendre."
Savo, qui était resté silencieux jusque-là, croisa les bras, un air de réflexion sur le visage. "Je suis d'accord avec toi, Marco. Carmine est plus rusé que ce que l'on pourrait croire. Il prépare déjà son coup, il a ses alliés à l'intérieur même de notre organisation. Chaque mouvement de son côté semble parfaitement calculé."
Antonio fronça les sourcils. "Donc, tu penses qu'il y a des traîtres chez nous ?" demanda-t-il, un ton d'agacement dans la voix.
Marco acquiesça lentement. "Je n'en suis pas sûr, mais je n'écarte aucune possibilité. Nous avons des alliés, des hommes de confiance, mais à ce stade, on ne peut pas se fier à tout le monde. Ce n'est pas qu'une question de territoire, c'est une question de loyauté."
"Et toi, tu veux quoi ?" coupa Luigi, un autre membre influent de la famille, d'un ton plus direct. "Tu veux commencer à frapper, avant d'avoir toutes les informations ? Tu es sûr de ton coup ?"
Marco se leva, son regard dur et froid. "Je veux la tête de Carmine Russo. Je ne vais pas attendre qu'il prenne le contrôle de la ville. Je n'ai pas l'intention de perdre mon temps à planifier. On frappe, et on frappe fort."
Savo s'approcha de Marco, un sourire en coin. "Je crois que c'est exactement ce qu'il te faut, Marco. Il est temps d'agir. Mais faisons-le intelligemment. Il ne faut pas que Carmine sache que nous savons ce qu'il prépare."
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Le premier coup de Marco.
Dans l'obscurité de la nuit, un groupe de cinq hommes se rendit au port de Naples, un lieu où les affaires sales se faisaient sous les regards aveugles des autorités. L'un des lieutenants de Carmine Russo, Giovanni, avait prévu une transaction illégale qui pourrait potentiellement affaiblir les finances de la famille D'Angelo. Marco et ses hommes étaient prêts à intercepter cette affaire avant qu'elle ne prenne son envol.
La discrétion était de mise. Marco se tenait dans l'ombre avec ses hommes, son regard déterminé sur l'objectif. Ce coup serait leur première réponse à Carmine. Ils n'avaient pas prévu de le tuer tout de suite, mais ils devaient envoyer un message clair. La famille D'Angelo n'était pas morte. Et surtout, Marco n'était pas un homme qu'on pouvait ignorer.
"Marco", murmura Luca, l'un de ses plus anciens amis et un des hommes de main les plus loyaux, "tout est prêt. Giovanni est là, avec son entourage."
"Alors on frappe maintenant. Prends position", répondit Marco, son ton ferme et calme. Il était déjà concentré, son esprit tourné vers l'objectif. Une fois cette mission accomplie, la pression sur Russo serait bien plus lourde.
Les hommes se glissèrent dans les ruelles sombres, marchant d'un pas silencieux vers le quai. Marco s'arrêta à une distance suffisante pour avoir une vue d'ensemble sans se faire repérer. Giovanni était là, accompagné de deux autres hommes, en train de discuter de la transaction à venir. Leurs voix étaient étouffées par la distance, mais Marco comprenait la situation. Ils attendaient un véhicule pour transporter la marchandise, un lot de bijoux et de billets.
Marco fit un geste discret, et ses hommes se positionnèrent autour de Giovanni. À l'instant même où le bruit d'un moteur se fit entendre, ils surgissent tous en même temps, faisant face aux hommes de Russo.
"Giovanni", dit Marco d'une voix glacée, "tu es un homme de parole, non ?"
Giovanni tourna la tête, surpris, puis immédiatement, un sourire se dessina sur son visage. "D'Angelo", dit-il calmement. "Je pensais que tu serais plus discret. Tu veux que je t'explique ce qui se passe ici ?"
Marco fit un mouvement brusque de la main, signalant à ses hommes de ne pas faire un geste. "Je ne suis pas là pour des explications", répondit-il froidement. "Je suis là pour te montrer que tu n'as plus de place dans cette ville. Pas sans payer le prix."
Les hommes de Giovanni tentèrent de dégainer leurs armes, mais Marco et ses hommes étaient plus rapides. En quelques secondes, Giovanni et ses deux complices étaient immobilisés, leurs mains levées, montrant qu'ils n'avaient aucune intention de se battre.
"Alors", dit Marco en s'approchant de Giovanni, "qui t'a dit que tu pouvais transgresser les règles ?"
Giovanni, toujours avec ce sourire en coin, haussait les épaules. "Tu penses vraiment que tu peux me stopper ? Russo a des alliés partout, et tu ne peux pas tous les contrôler, Marco."
Un éclair de colère traversa les yeux de Marco. "Peut-être. Mais je sais une chose. À partir de ce soir, plus personne ne te fera confiance. Si tu veux sauver ta peau, tu vas me dire où se cache Carmine Russo."
Giovanni rit doucement. "Tu crois vraiment que j'ai cette information, D'Angelo ? Je suis juste un intermédiaire. Va voir Russo lui-même si tu veux des réponses."
Marco leva la main, signalant à ses hommes de ne pas intervenir. "Tu vas regretter ta malhonnêteté, Giovanni. Parce qu'aujourd'hui, tu apprends une leçon : il n'y a pas de place pour les traîtres dans ce business."
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Retour au quartier général.
Lorsque Marco et ses hommes retournèrent à l'appartement de Savo, un sentiment de victoire flottait dans l'air. L'opération avait été rapide et efficace, un message direct envoyé à Russo. Mais Marco savait qu'il ne devait pas se réjouir trop vite. Ce n'était qu'une petite victoire dans une guerre qui ne faisait que commencer.
"Alors, comment ça s'est passé ?" demanda Savo, un léger sourire sur les lèvres.
Marco jeta un regard sur lui, puis se dirigea vers une table sur laquelle se trouvaient plusieurs documents et des photos des lieux de l'opération. "Carmine doit savoir que nous sommes prêts à tout. Nous avons intercepté Giovanni et ses hommes. Ils n'ont rien pu faire."
Savo hocha la tête, une expression de satisfaction sur le visage. "C'est un bon premier coup. Mais ne sois pas trop sûr de toi, Marco. Carmine va réagir. Et il a l'habitude de se défendre."
"Je sais", répondit Marco, son regard intense fixé sur les photos des transactions. "Mais c'est juste une question de temps. Il finira par nous sous-estimer, et ça, c'est exactement ce que nous voulons."
À cet instant, Luigi entra précipitamment, l'air agité. "Il y a du nouveau. Russo a répondu."
Marco se leva, son regard se durcissant. "Qu'est-ce qu'il veut ?"
"Un rendez-vous. Et il veut que tu viennes seul", répondit Luigi.
Marco sourit. "C'est exactement ce qu'il veut. Il pense que je vais céder à ses conditions. Mais il ne sait pas avec qui il a affaire."
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Le jeu venait de s'intensifier. Marco D'Angelo était désormais plongé dans une guerre sans retour, un monde où chaque mouvement, chaque parole, chaque décision pouvait coûter tout. Carmine Russo n'allait pas se contenter de rester dans l'ombre, mais Marco ne comptait pas le laisser gagner si facilement. Le territoire, la famille, tout était en jeu.
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