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Couverture du roman Enceinte et fuyant le milliardaire impitoyable

Enceinte et fuyant le milliardaire impitoyable

Jodi a passé cinq ans dans l'ombre d'Armand Taylor avant d'être congédiée froidement. Alors qu'elle découvre sa grossesse, une rivale la piège en sabotant une fusion majeure. Accusée de fraude et menacée de prison par son ex-amant impitoyable, elle refuse de se soumettre. Pour sauver son futur enfant, elle s'infiltre sous une fausse identité dans un gala exclusif. Son but : s'allier à l'ennemi d'Armand et anéantir l'empire de celui qui l'a trahie sans pitié.
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Chapitre 1

La lumière du matin tranchait à travers les baies vitrées, peignant une bande stérile sur le lit king-size. Jodi Holden se réveilla face au vide familier à côté d'elle. Les draps du côté d'Armand étaient froids, intacts. Il était déjà parti.

Il n'y avait jamais de mot. Seulement la preuve de son départ.

Son regard se posa sur la nuisette en soie qui gisait sur le sol. Il avait déchiré la bretelle la nuit dernière. Un petit acte violent au milieu de ce qu'il exigeait d'appeler de la tendresse.

Elle attrapa son téléphone sur la table de chevet, un rituel qu'elle détestait. L'écran était noir. Pas de messages. Pas d'appels manqués. Juste la preuve silencieuse et flagrante qu'elle n'avait pas traversé son esprit depuis qu'il avait quitté son lit.

Son pouce plana, puis tapota l'icône de ses e-mails. L'habitude était ancrée, une recherche désespérée d'une quelconque reconnaissance de son existence.

Un nouveau message trônait en haut de sa boîte de réception. L'expéditeur n'était pas Armand. C'était « Taylor Corp. Family Office ».

Sa respiration se bloqua.

L'objet était une suite de codes de projet. Elle tapa le mot de passe qu'on l'avait forcée à mémoriser cinq ans plus tôt. L'e-mail s'ouvrit.

Il était d'une simplicité brutale. Pas de salutations, pas d'explication. Juste la signature numérique d'une clé électronique et une adresse : un appartement-terrasse sur Central Park West.

Une angoisse froide, lourde et épaisse, s'installa dans son estomac. Ça y est. Il la déménageait enfin, l'entreposant dans un nouvel endroit pratique, mettant de l'ordre dans sa vie.

Avant qu'elle ne puisse pleinement assimiler cette pensée, son téléphone vibra, signalant un SMS. Une alerte bancaire de Credit Suisse.

Son compte privé venait d'être crédité d'une somme à sept chiffres.

Le téléphone glissa de ses doigts engourdis et retentit sur le sol en marbre. Le montant était trop élevé. Ce n'était pas une pension. Cela ressemblait à une indemnité de départ. Un paiement final pour services rendus.

Une boule de glace se forma dans sa gorge. Elle la déglutit, ramassa le téléphone et fit quelque chose qu'elle n'avait pas fait depuis plus d'un an. Elle composa le numéro de la ligne privée d'Armand. L'accord le permettait, mais ses réactions l'avaient conditionnée à ne pas le faire.

Le téléphone sonna six fois, chaque sonnerie s'étirant en une éternité. Elle pouvait presque entendre son soupir d'agacement lorsqu'il répondit enfin. En fond sonore, le vrombissement rythmé des pales d'un hélicoptère.

« Jodi. »

Sa voix était sèche, distante. Le son d'un homme interrompu.

Elle lutta pour garder une voix stable, pour effacer toute trace de la panique qui lui tenaillait les entrailles. « J'ai reçu l'e-mail. Et la notification de virement. »

Un silence. « Et ? »

« Armand, qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle, la question sortant comme un murmure.

Un petit rire sec et sans humour s'échappa du combiné. C'était le son le plus cruel qu'elle ait jamais entendu. « Une récompense », dit-il, la voix plate et dénuée de toute émotion. « Pour la nuit dernière. Pour ton obéissance. »

Le mot la frappa comme une gifle. Récompense. Elle eut l'impression que son sang se transformait en glace fondue dans ses veines. Son obéissance avait été évaluée, emballée et livrée par virement bancaire.

« Une récompense ? » répéta-t-elle, le mot ayant un goût de cendre dans sa bouche.

« L'appartement est pour ton confort. Il est plus près du bureau », dit-il, son impatience transparaissant à travers la ligne. « Ne sois pas difficile, Jodi. »

Il pensait qu'elle remettait en question le cadeau. Sa générosité pure et insultante. Il n'avait aucune idée qu'elle s'étouffait d'humiliation. Qu'il venait de retirer chirurgicalement le dernier lambeau de dignité auquel elle se raccrochait.

Elle prit une inspiration tremblante. L'air semblait rare, inutile. « Je comprends. »

Elle mit fin à l'appel.

Elle ne dit pas un mot de plus. Tout mot supplémentaire serait qualifié de « difficile ». Toute émotion serait une rupture de leur contrat tacite.

Elle marcha jusqu'à l'immense fenêtre, ses pieds nus silencieux sur le sol froid. New York City s'étalait sous ses yeux, une bête scintillante et indifférente. C'était magnifique et sans cœur. Tout comme lui.

Cinq ans. Pendant cinq ans, elle avait joué le rôle de l'amante parfaite et docile. Si parfaite, si docile, qu'il en avait oublié qu'elle était une personne.

Elle aperçut son reflet dans la vitre. Les faibles marques violacées sur son cou, le fantôme de sa possession. Pour la première fois, une vague de nausée bien réelle, physique, la submergea.

L'argent et l'appartement n'étaient pas des cadeaux. C'étaient des menottes dorées. C'était un ordre de silence écrit en dollars et en mètres carrés.

Elle se détourna de la fenêtre, attrapant de nouveau son téléphone. Il lui fallait une distraction. Le travail. N'importe quoi pour faire taire les hurlements dans sa tête. Elle ouvrit l'application d'actualités.

Un titre de la section financière s'afficha en haut de son fil.

Son doigt trembla en le sélectionnant. Son cœur ne se serra pas seulement. Il plongea.

Le PDG de Taylor Corp, Armand Taylor, s'apprêterait à annoncer ses fiançailles avec un membre de la royauté européenne.

L'article était bref, spéculatif, mais la source était solide. Il était accompagné d'une photo granuleuse d'Armand à un gala à Monaco, la tête penchée vers une femme blonde, son profil net et concentré.

Et d'un seul coup, tout s'emboîta parfaitement.

L'appartement. L'argent. La « récompense ».

Il ne se contentait pas de la déménager. Il effaçait les preuves. Il faisait le ménage avant l'arrivée de la nouvelle propriétaire.

Un rire s'échappa des lèvres de Jodi. Un son brisé, silencieux. Une larme traça un chemin brûlant sur sa joue froide, puis une autre.

Elle comprenait enfin le prix de son obéissance. Et elle sut, avec une certitude qui la glaça jusqu'aux os, que cette transaction de cinq ans était enfin, irrévocablement, terminée.

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