
DESTINEE DOUBLE
Chapitre 2
Je faisais plus que mon âge; je grandissais et mes formes se développaient assez rapidement; je venais d'avoir 19 ans, mais on m'en donnait bien plus. Madeleine me le répétait sans cesse.
-Tu grandis si vite!!! Tu es si belle ...J'ai du mal à le réaliser!
Elle me regardait avec cet air tendre et maternel que j’aimais tant; je me lovai contre elle tout en profitant de ce petit bonheur, celui d’être cajolé. Elle était devenue une mère de substitution pour moi. Après avoir passé près de huit ans auprès d'elle, je savais que nous étions toujours au pays, en ville et dans un quartier chic et résidentiel, mais mes sorties ne se limitaient qu’aux environs et pas plus.
-Monsieur revient quand ?
-Ah ! Ma jolie j’en sais rien! Il ne dit jamais ! Tu le sais non ?
-Je me sens bien lorsqu’il n’est pas là ! Je le déteste !!! Martelai-je avec une énergie sans pareille.
Elle ne me répondit pas, et se contenta plutôt de me caresser les cheveux avec une infinie douceur.
-Mama Madeleine... Je voudrai te demander quelque chose…Je veux tenter quelque chose comme monsieur n'est pas là! Il faut qu'on en profite! Voilà, tu connais toute l'histoire depuis le début, depuis mon enlèvement; ça va faire bientôt huit ans que je suis ici! Nous sommes à Yaoundé, je sais! Mais j'ai besoin de savoir ce que sont devenues ma mère et ma sœur. Je t'en supplie aide-moi! Est ce que tu peux aller là bas... en cachette?
-Aller où ??? A Dipam??? Je veux bien essayer ma belle! Mais je crains seulement que ton mari ne rentre avant ! On ne sait jamais et N’imagine même pas la suite, les représailles ! Tu fêtes tes 19 ans dans deux jours…. Il peut rappliquer comme ça à l’improviste ! Si je vais à Dipam entre temps, je ne suis pas sûre d’être rentrée bien avant…
-Oui … Mais….
-Mais j’ai quand même ma petite idée… Laissons d’abord que ton anniversaire passe, je vais tenter quelque chose… Moi aussi, j’ai besoin de prendre l’air… Je vais demander quelques jours de congés, juste cinq jours… Il ne va pas refuser, j’en suis sûre… je vais en profiter pour voir ma famille à moi ; je ferai d’une pierre deux coups !
-Merci, merci pour tout Mama !!! tu es vraiment comme une seconde mère pour moi !
Pour la première fois, je sortais de mon mutisme et de mon mal être permanent. J'avais ouvert grand les yeux, j'avais mis mes deux mains sur la bouche avant de souffler sur les 19 bougies sur mon gâteau d'anniversaire. Antonio avait tout prévu; il était rentré un jour plus tôt. Madeleine avait eu raison; elle était partie le même soir, juste après ma fête d'anniversaire. J'étais quand même émue de voir tout ce monde, domestiques et autres, se réjouir pour moi. Antonio m'avait couverte de cadeaux, en tout genre... Ceux dont j'avais besoin et ce dont je me demandai à quoi bon me serviraient t'ils, comme cette robe de nuit en mousseline de couleur bleue que j’avais enfilée un peu plus tard dans la soirée avant de me mettre au lit…
Il était près de 21 heures, lorsque assise au balcon, et profitant de la légère brise du soir qui me caressait tendrement le visage, je pensais à ma mère et à Jenaelle; je priais juste que Madeleine rentre au plus vite avec de bonnes nouvelles, je gardai espoir...
Il était là debout avec une bouteille de champagne en main et deux flûtes ; il venait d’entrer sans frapper et m’avait fait sursauter. Je pouvais distinguer le scintillement de ses pupilles, elles brillaient comme des étoiles dans la nuit. Il était vêtu d’un simple peignoir et il était pieds nus, les cheveux en bataille ; il se rapprocha de moi en souriant légèrement.
- Joyeux anniversaire… Une fois de plus ! 19 ans… Il faut qu’on trinque ma princesse, tu es une femme dès à présent … belle, bien menue, attirante…Tu as… mis cette belle robe de nuit en mousseline bleue...
J’avais effectivement enfilé cette robe de nuit mousseline, mais pas pour les mêmes raisons que lui ! Je pouvais sentir son regard qui me scannait tout le corps de haut en bas. Il m’avait prise de court… Il voulu m’effleurer la joue et mes longs cheveux ; je l’esquivai tout en affichant une sorte de mépris et de dégoût vis – à – vis de lui. Je savais qu'il me ferait du mal tôt ou tard, du moins, je pressentais toujours quelque chose de négatif venant de lui. Même après ces huit années passées auprès de lui, je ressentais toujours une certaine crainte à son égard.
Je compris à la seconde qu’il me désirait. J’étais encore vierge et je paniquais sur la champ. Il est bien vrai que je faisais plus que mon âge et que j’avais des formes divines; mes seins avaient un peu trop vite poussé, on aurait dit des pastèques moyennes. Leur fermeté et leurs tétons pointant vers l’horizon lointain commençait à le mettre dans une agitation et une excitation que je percevais toujours à distance. Lui, son physique et son charme n’avaient subi aucune érosion du temps; il était pareil, le beau méchant loup garou du haut de ses 30 ans. Onze bonnes années de différence nous séparaient.
J’eus le temps d’apercevoir sa poitrine poilue et musclée sous son peignoir légèrement découvert,; je n’osais pas deviner s’il était nu en dessous ou pas ! Je chassai rapidement ces pensées de mon esprit et je détournai le visage. Je me retournai brusquement tout en m’adossant contre les gardes fous de cette terrasse. J’avais le cœur qui battait à la chamade, il était si près de moi; j’étais très mal à l’aise ; il avait passé ses bras autour de mes hanches, sans se faire prier…
- Excuse mon indélicatesse et mon intrusion brusque princesse… Tu sais que tu en es une ? Regarde-moi !
Il me retourna brusquement, et me regarda avec une avidité féroce; ses mains me maintenaient fermement les hanches, et me caressaient en indélicatement les fesses. Tout en se frottant le bassin contre le mien, je sentis sa bite se raidir progressivement ; je voulu me débattre et le repousser, chose que je tentai, mais qu'il anticipa.
-N’aie pas peur! Me dit-il dans un souffle.
- Non !!! Je… Je… ne me sens pas encore prête tu vois ? Laisse-moi le temps de …
- De grandir encore ??? AHAHAHAHA !!! Ca fait longtemps que j’attends ce moment, ça fait des années que j’attends que le fruit murisse … Tu as un corps mature et déjà apte et pour ce genre de choses… Je te désire tant, je te veux ! Je t’ai fait mienne! Je t'ai façonnée! Qu’est ce que tu crois ?
- Je ne crois rien, Antonio !
- Comment ? Tu … tu … as enfin prononcé mon prénom ! Ça fait des années que je rêve de t’entendre m’appeler par mon prénom ! J'ai envie de toi ! J’ai envie de le faire avec amour ce soir ! Je vais t’apprendre à faire l’amour, les plaisirs sensuels et tout ça! Tu ne gouteras plus à aucun autre homme que moi de cette façon Mia amore.
- Je ….je n’ai pas envie stp ne me fais pas du mal je t’en supplie !
- Chuuuut laisse toi faire… Je sais que ça va te faire un peu mal, mais la douceur extrême, tu ressentiras, je te promets ! Regarde-moi dans les yeux …
-Je t’en sup….
Il déposa un baiser langoureux sur mes lèvres, c’était la première fois qu’un homme m’embrasse, c’était la première fois que je ressente une chaleur me parcourant subitement tout le corps ; j’étais toujours crispée car j’avais maintenu mes mains bien croisées pendant qu’il m’embrassait. Il tenta de me décrisper en me les décroisant, il en profita pour me pincer les tétons avec douceur, tandis qu’une autre de ses mains caressait ma croupe à travers ma robe. Ma respiration se faisait grandissante, progressive, je sentais ses doigts, il y allait de plus belle et plus fort, je me découvrais cette sensation, cette humidité qui émanait de moi ! Il ne lâcha pas prise et y allait de plus en plus vite; il venait de me soulever la robe afin de passer encore ses doigts, encore plus en profondeur. Il m’embrassait toujours et soupirait de plaisir lorsque j’émettais des petits sons rauques au contact sa bouche sur la mienne en même temps.
Je fermai les yeux…
-Allons à l’intérieur ! Murmura-t-il.
Telle une automate, je me laissais guider par lui, il me tenait par la main ; il m’enleva ma robe de nuit qu’il laissa glisser tout le long de mon corps avant d’atterrir sur le sol ; je fus prise d’une petite gêne ; toute honteuse, je me recouvris subitement le corps avec mes mains ; il sourit et me tint le visage, me bécota la bouche à plusieurs reprises avant de s’arrêter un petit moment.
-Tu n’as rien à craindre… Je ne te ferai pas de mal… Tu es si belle, tu as un corps si parfait! N’aies pas honte chérie !
- Je sais… Mais je suis encore si jeune… J’ai si peur!
Il ne me laissa pas le temps de terminer ma phrase qu’il m’avait déjà allongée toute nue sur le lit et qu’il se pencha au dessus de moi ; il ôta son peignoir bien avant que je ne réalise l’immensité de sa verge ; je détournai un peu la tête, ne voulant pas la voir, le voir de cette façon, bref... je ne voulais pas le voir sous cet angle.
Il m’amena à la découverte de mon propre corps ; il me prit les deux mains et me les posa sur mes seins, il voulait que je me caresse d’abord et que je le touche ensuite ; il insista, puis il prit ma main et la posa sur son sexe durci. Je fus prise de frissons, mais je me sentis maladroite et un peu ridicule. Il m’écarta délicatement les jambes; ses mains parcoururent mes cuisses, puis ses doigts continuèrent de caresser tendrement mon sexe, il le fit pendant un bon moment, question de me sentir bien chaude. Lorsqu’il déposa sa langue sur mon sexe, je fus immédiatement électrocutée; ses coups de langues à répétition savamment dosés me firent me tordre, me contorsionner sur le lit. C’était une découverte, c’était irréel.
Il passa ses mains sur mes seins et les pressa avant de me pincer encore les tétons; il remonta jusqu’à mon visage, me prit un à un mes seins dans sa bouche qu’il aspira avec ardeur et ferveur.
C’était jouissif !!! Je me surprenais moi-même dans cet élan de plaisir, je me surprenais moi-même entrain de m’offrir à cet homme. A quoi pensai-je ? Et où avais-je la tête ? Je finis par me détendre un tout petit peu à cause des effets que je ressentais ! Je laissais cet homme entrer en moi malgré tout, malgré les mauvais souvenirs que j’avais enfoui dans mon esprit. Je laissais l’auteur de mon enlèvement me pénétrer dans une douleur que je ressenti par la suite. J’étais partagée entre douleur, plaisir et haine envers lui, si bien que j’écorchai son dos de toutes mes forces avec mes ongles.
J'ouvris les yeux afin de voir s’il avait aussi ressenti cette douleur lorsque l’on vous arrache la peau brutalement ; tout au contraire, monsieur, il adorait, il geignait de plaisir et me murmurait des mots suaves en me mordillant l’oreille.
Il m’avait prise ce soir là pour la première fois; je le sentis se raidir, et à un moment donné, il émit comme une sorte de râle qui me fit un peu peur, et lorsqu’il revint en lui, il m’expliqua pleins de choses….
- C’est ce qu’on appelle la jouissance, ce plaisir immense qu’on ressent… Ma semence s'est déversée, mais à l’intérieur de ce préservatif ! Je sais que tu es sûrement en période féconde, et vu que tu as passé tous les examens gynécologiques, je veux donc t’éviter une éventuelle grossesse pour le moment! Tu ne peux encore rien ressentir de concret! Tout est nouveau pour toi ! Le plaisir ! Cette jouissance, tu auras l’occasion de la ressentir très souvent!
Je ne sais pas si j’étais satisfaite ou non ! J’avais plutôt honte de moi ! Il venait de me prendre mon innocence à la fleur de l’âge…
Allongé contre moi, il se redressa, se pencha et m’embrassa encore ; Il n’avait plus rien dit, il se contenta de me regarder longuement, avec un regard assez interrogateur, il devint tout d’un coup soucieux, ce qui me mis au plus mal. Je relevai doucement le drap et me recouvris presque tout le corps. Il se leva brusquement et alla se servir une coupe de champagne ; je détournai mon regard face à cette nudité… il était sans gêne et me mettait mal à l’aise… Il se retourna brusquement et sur un ton autoritaire, il m’annonça qu’on partirait le lendemain dans la soirée pour l’Italie.
Quelques jours plus tard, lorsque je montai dans cet engin volant pour la première fois, je ressentis une immense peine de cœur. Ce cœur blessé n’arrêtait pas de me faire fredonner sans cesse dans ma tête ces paroles tristes...
« Envolés tous mes souvenirs,
Envolés tous mes espoirs,
Ils furent vains… »
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