
Désirée par un Milliardaire
Chapitre 2
Chapitre 2
Le matin arriva silencieusement, comme une ombre qui glissait discrètement sur le domaine des Mornay. Livia, encore emmitouflée dans une couverture épaisse, se tenait assise près de la fenêtre, regardant l'aube percer l'obscurité. La lumière pâle de l'hiver glissait sur le paysage enneigé, mais au fond d'elle, elle ne ressentait rien d'autre que l'inquiétude. La veille, Diana l'avait laissée se reposer, lui promettant qu'elle n'aurait à s'inquiéter de rien pour l'instant. Mais cette promesse, Livia le savait, n'était que temporaire. Ce soir-là, quand elle avait croisé le regard glacé d'Alexander, elle savait que le vrai défi n'avait pas encore commencé.
Elle entendit la porte s'ouvrir derrière elle. Diana entra, vêtue d'un chemisier léger et d'un jean ajusté, son regard doux mais déterminé. Elle s'approcha de Livia et s'assit sur le bord du lit.
« Tu as bien dormi ? » demanda Diana, sa voix douce, mais teintée d'une inquiétude sous-jacente.
Livia hocha la tête sans un mot, en dépit de la lourdeur de son cœur. Ce n'était pas la douleur physique qui la tourmentait le plus, mais cette impression persistante d'être prise au piège.
Diana sembla lire ses pensées, car elle lui sourit, un sourire qui, bien qu'amical, cachait une pointe de tension.
« Alexander n'est pas facile à convaincre. Tu sais, il n'aime pas les surprises. Mais il t'a laissée ici, alors... il n'est pas aussi intransigeant qu'il en a l'air. »
Livia la fixa sans vraiment la voir, son esprit ailleurs, tourmenté par des pensées qui se bousculaient. Une nouvelle inquiétude s'insinua en elle.
« Diana... et si c'était une erreur ? » La question s'échappa d'elle avant qu'elle ne puisse la retenir. « Si je ne pouvais pas rester ici... Si je mets tout le monde en danger... »
Diana posa une main réconfortante sur la sienne. « Tu ne mets personne en danger. Et tu ne partiras pas. Mais je te demande de me faire confiance. Alexander finira par comprendre. Je vais tout arranger. »
Livia la regarda dans les yeux. Il y avait de la sincérité dans ce regard, mais aussi une pointe d'incertitude. Elle savait que Diana, aussi bienveillante soit-elle, n'était pas du genre à défier son frère sans avoir ses propres raisons. Mais elle avait aussi l'impression de n'avoir d'autre choix que d'accepter cette aide, aussi incertaine soit-elle.
Un bruit de pas se fit entendre à l'extérieur. Les deux femmes se tournèrent vers la porte en même temps, et avant que Livia ne puisse réagir, la silhouette imposante d'Alexander apparut dans l'embrasure. Ses yeux froids balayèrent rapidement la pièce avant de se fixer sur Livia.
Diana se leva immédiatement, ses traits se tendant. « Nous devons parler, » dit-elle d'un ton ferme, avant de s'adresser à Livia. « Va prendre ton petit-déjeuner. Alexander et moi avons quelques détails à régler. »
Livia acquiesça, incapable de répondre autrement. Elle se leva et sortit de la chambre, croisant le regard perçant d'Alexander en chemin. Elle se sentit réduite à l'état d'une inconnue dans ce vaste domaine. Elle n'était qu'une intruse, et la situation ne faisait qu'empirer.
Elle se rendit à la salle à manger, un grand espace lumineux décoré avec un goût élégant et moderne. La table était dressée pour le petit-déjeuner, mais Livia n'avait aucun appétit. Elle s'assit, les mains jointes, l'esprit préoccupé par ce qui allait suivre.
Quelques minutes plus tard, Diana arriva, suivie d'Alexander. Ce dernier prit place à l'extrémité de la table, son regard toujours aussi froid et inquisiteur. Diana s'assit à côté de lui, mais son regard trahissait une nervosité qu'elle ne parvenait pas à dissimuler.
« Livia, » commença Alexander, sa voix basse mais autoritaire, « je vais être clair. Je n'accepte pas d'étrangers sous mon toit sans savoir pourquoi ils sont là. »
Livia sentit son cœur battre plus fort. Elle n'était pas étrangère à ce genre de discours. Elle savait que son passé, son histoire, ne serait pas épargné. Elle déglutit, mais garda les yeux baissés, n'osant pas affronter son regard glacial.
« Je... je suis désolée d'être un fardeau pour vous, » dit-elle d'une voix tremblante. « Mais je ne pouvais pas rester dehors. Vous devez comprendre... je suis poursuivie par une organisation criminelle. »
Un éclat d'intérêt perça les yeux d'Alexander, mais il n'en laissa rien paraître. « Criminelle, hein ? Ça ne me surprend pas. Mais tu ne peux pas rester ici indéfiniment, Livia. Tu vas me dire ce que tu sais. Tout. Et pourquoi tu es dans cette situation. »
Elle leva les yeux, cherchant une once de compassion, mais ce qu'elle trouva en retour n'était qu'une froideur implacable. Elle sentit une bouffée d'angoisse. La vérité semblait impossible à dire.
« Je ne peux pas vous dire tout... tout de suite, » balbutia-t-elle. « C'est... compliqué. Il y a des gens dangereux qui me cherchent. Et je ne veux pas qu'ils vous trouvent. »
Alexander la fixa intensément, ses yeux perçant, calculant chaque mot qu'elle prononçait. Diana, quant à elle, tentait de détourner la conversation, mais l'atmosphère était trop tendue pour qu'elle puisse dissimuler la vérité.
« Livia, » poursuivit Alexander, « nous allons faire un marché. Tu restes ici, mais à une condition : tu me donnes toutes les informations que tu as, et tu me suis à la lettre. Si je décide que tu es digne de confiance, tu auras ma protection. Sinon... » Il laissa sa phrase en suspens, les mots suffisants à eux seuls.
Livia baissa les yeux, sentant une lourde pression l'écraser. Elle n'avait pas le choix. Elle avait besoin d'aide. Mais elle était aussi terrifiée à l'idée de ce qu'Alexander pourrait découvrir.
« D'accord. Je vous dirai ce que je sais, mais... s'il vous plaît, ne me faites pas de mal. »
Diana posa une main rassurante sur la sienne. « Tu ne vas pas être seule dans tout ça. Nous allons traverser ça ensemble. »
À ce moment-là, un bruit sourd fit sursauter les trois d'entre eux. Un objet lourd tomba dans le hall, suivi de bruits de pas rapides et furtifs. Livia leva la tête, un frisson parcourant sa colonne vertébrale. Alexander se leva instantanément, ses yeux se braquant sur la porte, comme un fauve prêt à bondir.
« Qu'est-ce que c'était ? » demanda-t-il, son ton soudainement plus froid, plus autoritaire.
Diana se leva également, visiblement perturbée. « Je... je ne sais pas. Je n'ai entendu aucun bruit avant. »
Le silence se fit, lourd, pesant. Alexander s'avança sans un mot et sortit de la pièce. Livia, les mains serrées contre ses genoux, ne pouvait s'empêcher de se demander qui ou quoi avait perturbé le calme du domaine. Une chose était certaine : il y avait quelque chose de plus inquiétant dans l'air. Et cela n'avait rien à voir avec elle, ni avec les menaces qui la poursuivaient. Une ombre semblait observer le domaine. Et peut-être était-ce là le plus grand danger de tous.
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