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Couverture du roman Coup d'un soir !

Coup d'un soir !

Une existence peut basculer en un instant. Pour nos protagonistes, il a suffi d'une seule nuit, d'une rencontre fortuite et passionnée, pour que leur réalité soit totalement bouleversée. Ce qui ne devait être qu'une aventure éphémère et sans lendemain se transforme en un tournant décisif. Entre émotions imprévues et conséquences durables, ce récit moderne explore comment un simple coup d'un soir redéfinit l'avenir de deux inconnus à jamais.
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Chapitre 3

Il aborde le sujet d’un match de Champions League et ça part en rires, vannes et paris. Ennuyé, je finis par quitter la table avec ma bouteille de bière. Je m’installe au bar histoire d’observer le monde autour de moi lorsqu’une voix de fillette m’interpelle :

-T’es bien seul beau gosse. Besoin de compagnie ?

Je me masse les tempes et répond à l’intruse qui venait de s’installer en face de moi :

-C’est sympa de proposer mais…non. Je suis bien ici. Je voulais juste prendre un peu l’air.

-Prendre un peu l’air ? Il est plus agréable de le faire à deux. Dit-elle en se mordant la lèvre inférieure

-Parfois la solitude fait un bien fou. Dis-je sur un ton sec

-T’es sûr que tu ne veux pas aller ailleurs…prendre autrement l’air ? Dit-elle en me caressant la cuisse

Je dévisage à nouveau la jeune fille à la voix de gamine qui n’arrête pas de m’emmerder depuis tout à l’heure. Elle est petite, claire et menue. Elle a de grands yeux marrons et des lèvres pulpeuses roses. Elle porte une robe moulante et sexy noire avec des paillettes et des sandales à talons d’une vulgarité indescriptible. En dépit de cette apparence de pute des temps modernes, sa silhouette, sa voix et l’espèce d’innocence dans son regard suffisent à me convaincre que j’ai affaire à une gamine de 14 ans.

Je n’arrive pas à comprendre les gamines du 21ème siècle. Je dois bien la dépasser de trois têtes en étant assis. Mes bras et mes jambes musclées suffiraient à envoyer cette fille dans l’autre monde. J’ai un visage mi-angélique, mi-démoniaque (mais plus du côté démoniaque ce soir) et dans tout ce qu’il y a comme mec dans ce bar aujourd’hui, cette fille n’a pas trouvé mieux que MOI pour satisfaire ses caprices de prépubère en quête de sensations fortes.

D’ailleurs qui sont ses parents ? Qui laisse une gamine de 14 ans sortir de chez elle ainsi vêtue en début de semaine ? Je sais que les parents 2.0 sont particuliers mais à ce point ?

Je range ces pensées dans un coin de mon esprit et décide de me débarrasser de mon problème :

-Ecoute, petite. C’est bien gentil de me proposer tes services mais je n’ai ni le temps ni l’envie de m’envoyer en l’air ce soir. Et même si c’était le cas, je ne le ferai pas avec toi. Tu es encore très jeune tu sais. J’ai presque trente ans. Occupe-toi de tes cours et de tes poupées. Il est encore temps de revenir sur le droit chemin. Rentre chez toi. Dis-je en lui remettant un billet de dix mille francs avant de partir retrouver les mecs

***

-Qu’est-ce qui s’est passé ? Dit Carl, lorsque je rejoint le groupe

-Une gamine de 14 ans m’a fait des avances.

-Une quoi ? Wouuuuh les petites d’aujourd’hui n’ont plus froid aux yeux. Dit Sam

-J’te jure. Je me demande bien ce qui se passe dans la tête des filles. Elles perdent leur virginité à 13 ans et se transforment en pétasse à 14 ans. A 16-17 ans, elles prennent une grossesse et finissent soit par avorter soit par mettre au monde un gamin qui doit se coltiner une mère indigne. Ça cherche ensuite un riche sugar daddy et puis un beau jour, ça commence à jouer les femmes battantes sur les réseaux sociaux. Dit Ian

-Pretty privilege guy! Pretty privilege. Des femmes battantes mdr.

-Pourquoi tu ne te l’ai pas faite déjà ? Demande Serge

-T’as manqué la partie où je disais qu’elle avait 14 piges ? Pire, elle est si menue que je pourrais lui briser les os. Ce n’est même pas mon genre de meuf !

-Qu’est-ce que t’as fait gros. Tu pouvais te la faire et si ça dégénérait, tu nies. Tu nies jusqu’à ce que tu sois toi-même convaincu de ce que tu avances. Une meuf qui respire la fraîcheur s’offre à toi sur un plateau d’argent et toi, tu fais quoi ? T’es pas croyable, Flo.

-Tu pourrais coucher avec une fille de 14 ans ! Serge, tu n’as pas de morale ? De toute façon, je n’ai aucune envie de m’envoyer en l’air.

-C’est ça ! Reste là à faire le moine. J’espère que tu n’oublies pas le pacte. Dit-il, presque menaçant

-Je ne l’ai pas oublié…mais je ne vais pas briser le cœur d’une gamine de 14 ans. Dis-je avec fermeté

-Continue ainsi et tu vas toujours te faire bouffer tout cru par les nanas. Dit-il

-Dis celui qui a été cocufié par une lesbienne déguisée en hétéro. Lâchai-je

-Entre ça et la bite de minipousse, il n’y a pas photo je crois. Répondit-il du tac au tac

-Oh oh oh les gars. On se calme. Vous êtes trop tendus ce soir. Y a quoi même ? Dit Sam

-Tu recommences à parler nouchi. Emliss Rose dissémine déjà son venin dans ton cerveau. Dit Ian, moqueur

-L’expression est normalisée. Je m’en fous de Rose. Dit Sam, énervé

-Bof. Allez, venez on se fait une partie de cartes. Dit Carl pour détendre l’atmosphère

Nous hochons la tête et les esprits se calment peu à peu…enfin tous sauf le mien.

Ils disent que la taille ne compte pas mais voilà que pour quelques broutilles, mon pote me balance mon problème à la figure. Je me mêle à la partie de cartes sans grand entrain lorsqu’un silence pesant s’installe à la table.

-Quoi les mecs ? Demandai-je, perdu

-Regarde à l’entrée. Dit Carl, hébété

Je lève les yeux, pas sûr de comprendre puis repose mon regard sur Serge et Ian qui ont la bouche grande ouverte.

-Vous êtes sérieux là ? C’est à cause de deux nanas que vous êtes tous devenus stoïques ? Je doute qu’on s’en sorte de cette façon.

-Tu les as bien regardées, Flo ? Me dit Samuel

Je regarde à nouveau les filles en question mais…rien. Elles sont élancées, minces mais avec une silhouette en 8 et quelques formes mais je ne vois rien d’extraordinaire. La gamine de tout à l’heure était encore plus attirante que ces deux-là.

-Et donc ? Dis-je, à nouveau

***

*Serge Affolabi*

Il faut vraiment avoir des yeux en béton pour ne pas tomber sous le charme de ces deux naïades…surtout de la première. Elle a des jambes interminables et une peau aussi délicieuse que le lait. Le genre de silhouette que l’on ne voit qu’en Afrique orientale et australe et en prime le visage qui va avec. En plus elle a du style : short en jean, chemises blanches à la coupe unique, chapeau et talons aiguilles qui se marie avec sa pochette…Des images de cette fille dans mon antre

envahissent mon esprit. Je la prendrai d’abord contre la porte d’entrée de la maison. Je la prendrai ensuite sur le plan de travail de la cuisine puis sur la table à manger, dans mon lit et enfin au balcon. Purée, faut que j’y aille.

-Bon les mecs, il faut que j’y aille. Dis-je en me levant sans attendre une réponse

-Inh ? Dit Carl

-J’ai peut-être trouver mon diamant. Dis-je, confiant

J’ignore les commentaires des uns et des autres et me faufile rapidement entre les sièges du bar restau où nous sommes pour aller retrouver ma naïade. Je vois un autre idiot se diriger vers le lieu de mes fantasmes et redouble d’énergie. Il est hors de question qu’il foire mon plan. L’idiot qui est plus élancé que moi commence par marcher plus rapidement et me devance. Je me mets littéralement à courir dans la direction qu’à emprunter la fille avec sa pote. Une idée lumineuse jaillit dans mon esprit. J’hésite une seconde puis sors le lubrifiant et la capote qui trainent toujours dans ma poche (nul ne sait ni l’heure ni le moment).

Je déchire discrètement l’emballage du préservatif et le jette derrière moi avec le lubrifiant que j’ai pris le soin d’ouvrir et de renverser. J’accélère les pas et pars rejoindre mon obsession du moment.

-Mais c’est quoi ce truc ? Entendis-je derrière moi

Un petit sourire au coin des lèvres, je m’arrête devant la table des filles.

-Bonsoir, charmantes demoiselles. Vous auriez une petite place pour un damoiseau en manque de repères depuis que ses yeux se sont posés sur vous ? Dis-je en affichant mon sourire éclatant

L’amie (elle est belle mais j’ai crushé sur l’autre) répond :

-Humm. Asseyez-vous. En se mordant la lèvre inférieure

-What did he say, Annabelle? Dit ma naïade avec un fort accent nigérian

Elle me fixe avec dédain lorsque l’autre lui répète dans un anglais approximatif mes propos. Elle fait un geste de la main pour désigner le siège en face de moi.

Bon…ce n’est pas ce que je voulais mais bon…

-Alors, vous êtes en vacances au Bénin ? Dis-je en passant mon regard de la dénommée Annabelle à mon crush

-Moi je suis née et j’ai grandi ici. Je suis bénino-nigériane. Je m’appelle Annabelle Patinvoh. Ma cousine Amaka Dikeh est igbo du Nigéria. Et toi ?

Amaka Dikeh…Amaka…Ama…c’est beau.

-Ah d’accord Annabelle et Amaka. Les deux cousines.

Annabelle me lance un sourire étincelant tandis qu’Amaka me fixe avec un air glacial. Oo…kay.

-I’m Serge Affolabi. I’m hundred percent Beninese. I’m from Porto-Novo. (Je suis Serge Affolabi. Je suis 100 % béninois. Je suis de Porto-Novo).

-Hum. Please Annabelle, order a beer and some potatoes with chicken. I feel like this night will be long ooh. And you, why are you here? (S’il te plait Annabelle, commande une bière et du poulet. Je sens que la nuit sera longue. Et toi, pourquoi es-tu ici ?) Dit-elle en me fixant de nouveau avec froideur

-Amaka ! Dit la cousine en lui faisant les gros yeux

J’affiche un sourire gêné auquel la fameux Annabelle répond en me présentant à nouveau toute ses dents. Elle me touche le bras et dit :

-Excuse-là. Elle est un peu nerveuse ce soir.

Je vois ça. Ais-je envie de dire

-Alors, Serge…que fais-tu dans la vie ? Dit-elle en jouant avec une mèche de ses cheveux pendant qu’Amaka saisit je ne sais quoi sur son téléphone.

Eh merde…Je n’aime pas la tournure que prend cette soirée. Je risque de me retrouver avec la mauvaise fille dans mon lit. Elle est loin d’être laide cette Annabelle. C’est même un canon…mais je veux la Princesse de glace.

-Je suis expert-comptable dans un cabinet de la place. Répondis-je

-Waouh ! Expert-comptable ! Tes parents et ta femme doivent être très fiers de toi.

Ça y est. Elle a utilisé la tactique numéro 3 des filles : sous-entendre que l’homme est marié pour l’entendre confirmer (très rarement le cas) ou infirmer leurs propos. Ça coûte quoi de demander si on est célibataire ou marié ?

Anyway, je m’en fou. Il est temps que je sorte de ce merdier.

Je sors discrètement mon portable de ma poche et dit (en cherchant une chanson suffisamment débile pour faire office de sonnerie de téléphone dans Audiomack) (sous la table) :

-Bon les filles. J’aurais aimé passer plus de temps avec vous ce soir mais il y a mon boss qui appelle. Il doit y avoir une urgence au cabinet. Je vous laisse ma carte. Dis-je en sortant un billet de 5000 francs et deux exemplaires de ma carte de travail

Bon, ce n’est pas ce soir que je vais trouver ma victime. Je sors de l’endroit et trouve refuge dans ma voiture. Les mecs m’ont déjà assailli de messages. J’appelle Ian, mon frère de cœur :

Ian : Mais où es-tu passé ? Tu es sorti du restau comme si tu avais le feu aux fesses.

Moi (soupirant) : C’est peu dire ! Tu utilises toutes sortes de techniques pour aller parler à une meuf. Arrivé sur place, la nana te montre clairement qu’elle n’est pas intéressée et te traite avec une froideur alaskienne (elle est naija au passage. Imagine, vieux !). Le comble, sa cousine est en kiff total pour toi et te drague. T’aurais dû voir cette fille. Si je lui avais dit de me suivre, elle l’aurait fait.

Ian : Et pourquoi tu ne l’as pas fait Serge ? Elle aurait fait une bonne victime. En plus elle est très belle. Tu avais toutes les chances devant toi ce soir. T’aurais été le premier à accomplir la mission, vieux.

Moi (embêté) : Ouais mais c’est Amaka que je voulais. Tu me connais, je n’aime pas quand les choses sont simples.

Ian : Depuis quand le grand Serge Affolabi recule devant de la chair fraîche ! Ne me dis pas que tu en pinces pour cette Amaka.

Moi : Ne dis pas de conneries, Ian. Depuis ce que Laeticia m’a fait (mon ex adorée s’est révélée être une lesbienne ou une bisexuelle, je ne sais même pas), je ne suis plus dans ces histoires d’amour débiles…Je n’aime pas perdre Ian. Tu le sais mieux que quiconque.

Ian : Je le sais.

Moi : Et toi, t’a péché quelque chose ?

Ian : Peut-être. Il y a une fille sur Facebook avec qui j’ai des discussions banales depuis quelques mois. J’ai peut-être trouvé ma victime, chef.

Moi : Facebook, Ian ? Attention à toi. Tu pourrais tomber sur un dégénéré ou alors sur une fille qui a je ne sais quelle IST/MST.

Ian : Ne t’en fais pas, Serge. Je vais gérer.

Serge : Si tu le dis. En tout cas, sois prudent vieux…Bon, je pense que je vais rentrer. Cette Amaka m’a gavé. Présente mes excuses au reste de la bande.

Ian : T’inquiète, vieux. A demain.

Serge : A demain, Ian.

Je soupire dès que la communication est coupée et connecte mon portable à la radio. J’allume ma Playlist spéciale filles énervantes (Damso, Suspect 95, Naira Marley, Kiff no beat…) et sors de cet enfer.

Quand je me gare devant l’immeuble où j’habite, les lumières sont déjà éteintes. Je consulte ma montre : 00h. Je rassemble mes affaires et sors de la voiture. Lorsque j’arrive à mon étage, tout est calme. J’ouvre la porte et me dirige directement vers ma chambre. En une demi-heure, je me suis changé, douché et j’ai ouvert une bouteille de vin blanc que je déguste en finalisant la rédaction d’un rapport pour le travail.

Je suis qui je suis mais le travail c’est la vie. Depuis Laeticia, j’ai compris qu’il y avait trois choses qui en valait la peine dans ma vie : mes parents (ils sont chiants ces médecins avec leurs éternelles discussions sur la santé), mon travail (qui me permet de me rendre utile et de gagner de l’argent) et mes potes (surtout Ian avec qui j’ai grandi. Quand vos parents sont voisins, potes, médecins/ ambassadeurs, vous passez pas mal de temps ensemble).

Les femmes ? De vrais serpents. Tu leur fais confiance. Tu les respectes et leur témoignent de l’amour et elles te le rendent en monnaie de singe. Le pire dans tout ça c’est qu’elles passent leurs temps à jouer les victimes. L’homme est toujours le grand méchant loup de l’histoire. Des salopes comme ça !

Je me concentre sur ce que je fais quand on sonne à la porte. Je vérifie l’heure : 1h. Mais qui aurait l’idée de venir chez moi à cette heure ? Les mecs m’auraient prévenu avant et mes parents sont soit à l’hôpital soit sur une île déserte à s’échanger des mots doux. Je soupire et me dirige vers la porte que je fixe avec agacement : il me faut un judas. J’ouvre la porte, mon verre de vin à la main (on ne sait jamais) et quand j’ouvre, j’ai le choc de ma vie :

-Amaka.

Mais comment a-t-elle eu mon adresse déjà ?

-Are you going to let me here? (Vas-tu me laisser ici ?) My feet are hurting. Dit-elle en désignant ses pieds dans ses chaussures à talon

J’hésite un instant puis me décale et la laisse entrer. Quand la porte est fermée, elle la bloque et pose son sac sur la table à manger où sont installées mes affaires. Mille questions fusent dans ma tête lorsqu’elle me débarrasse de son verre.

-Too much work is not good for health. You need to relax, guy. Dit-elle en m’entourant de ses longs bras et en collant son corps contre le mien (Trop de travail n’est pas bon pour la santé. Tu as besoin de te détendre, mec)

Je n’ai pas compris un truc ???? Quelqu’un pourrait me l’expliquer ?

Je n’ai même pas le temps de protester que la meuf pose ses lèvres sur les miennes : douces. Elles sont douces.

D’accord, je vais peut-être mourir de la plus belle des manières ce soir.

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