Couverture du roman Ma solitude, ma liberté et mes erreurs

Ma solitude, ma liberté et mes erreurs

9.6 / 10.0
Dada, Sénégalaise de 32 ans, livre son témoignage pour exorciser son passé. Mariée depuis cinq ans à Dakar, elle revient sur le tournant de son existence. Autrefois fidèle à Allodi, un homme pieux et dévoué, sa beauté et son désir croissant de richesse l'ont conduite à l'errance morale. Entre solitude et soif de liberté, ses choix l'ont menée vers Bachir et l'infidélité. Ce récit sans fard explore la trahison et les désillusions d'une femme en quête de rédemption.

Ma solitude, ma liberté et mes erreurs Chapitre 1

1ère Partie : Dada en personne

Au début, j’étais une femme simple, rangée, ambitieuse certes mais qui avait les pieds sur terre. Je ne pensais et ne croyais qu’en mes études. J’vivais dans ma région natale de KOLDA. Avec le temps et les compliments des hommes qui venaient pour le travail dans ma région, j’ai fini par me prendre la tête et j’pensais que j’étais la plus belle femme au monde. J’étais trop courtisée par les étrangers qui étaient affectés à Kolda. Les enseignants, les professionnels de différentes sociétés etc. Heureusement que j’avais un copain qui savait toujours me faire redescendre sur terre. Mon ALLODI d’amour, qui était toujours là pour moi, il m’imposait de prier chaque jour. Avec lui, je ne marchais pas sur l’or mais j’ai eu à comprendre ma religion et quelques valeurs de la vie. Il était digne, il vivait à la sueur de son front. Il me respectait énormément. J’peux jurer que des personnes ont péché à cause de nous. J’passais trop de temps avec lui dans sa chambre et j’peux jurer qu’il ne m’a jamais demandé de coucher avec lui. Nous flirtions parfois comme tout couple mais il n’est jamais allé loin. Il me disait tout le temps, j’attends le grand jour pour passer à l’acte. J’étais heureuse à ses côtés. Je ne voulais pas rentrer chez moi, lorsque j’étais avec lui. Le début de notre relation, il était chômeur, malgré ses diplômes. Il a fait une formation en architecture. J’partageais mon argent de poche avec lui. Je ne suis pas issue d’une famille très aisée mais papa et maman me gâtaient avec leurs faibles moyens. Allodi, courageux qu’il est, après quelques recherches de travail sans succès, il a mis ses diplômes à coté pour se trouver un travail de journalier dans une société fraichement installée dans notre région. Il voulait et tenait vraiment à réussir dans la vie pour subvenir au besoin de sa famille et me marier. Il était l’aîné d’une famille de 7 personnes. Il percevait 3.000F par jour au début de son travail avant de passer à 5.000F. Après chaque descente, il prenait 1.000F pour son transport, il donnait 1000F à sa maman et l’autre billet, il me le confiait. Il ne prenait plus mon aide. J’étais trop contente de son courage. Il pensait trop à sa famille. Après 2 mois de travail, il est passé à 5.000F par jour à cause de son courage. Il a économisé jusqu’à avoir de quoi prendre une chambre, vu que sa maison familiale devenait de plus en plus petite à cause des cousins et cousines qui venaient de part et d’autre. Il s’est trouvé une petite chambre de 10.000 F dans une maison modeste. Après chaque descente, il faisait un crochet chez ses parents pour manger avant de regagner sa chambre. Il a très tôt su ce qu’il voulait pour lui. Il avait des copains qu’il fréquentait très rarement. Il ne les voyait que les week-ends. J’peux dire, qu’il était trop en avance sur eux côté esprit malgré qu’ils aient tous le même âge. Les autres pensaient qu’aux filles mais lui, je ne l’ai jamais vu sur certains détails minimes. D’ailleurs, il ne cessait de prodiguer de bons conseils aux autres. Nos rencontres diminuaient de jour en jour. J’ai réussi à obtenir mon baccalauréat avec son aide. Il m’avait donné un bon coup de main pour réussir à mon examen. Il m’expliquait des cours que je ne comprenais pas. Après mon BAC, j’suis venue à Dakar pour poursuivre mes études à la Cité Universitaire de Claudel. D’ailleurs, le jour de mon départ, c’est lui qui m’a accompagné jusqu’à la gare pour que j’prenne le bus. Il m’a remis une somme de 20.000 F en guise d’aide. Je me rappelle jusqu’à présent de nos chaudes larmes et de sa dernière parole « Je ne vais pas en rajouter des conseils déjà reçus. Je te rappelle juste que tu as laissé un homme au village qui ne vit que pour toi. Qui a placé toute sa confiance en toi et qui t’attendra toujours. Inutile de te rappeler mon amour envers toi, parce que tu n’es pas étrangère de mes sentiments. Bonne chance ma belle et n’oublie jamais d’où tu viens. Malgré les tentations que tu verras, souviens-toi qui tu es. Que ton avenir soit plus radieux que ton passé. A très bientôt mon amour et courage ».

Une fois arrivée à Dakar, après mon logement, j’ai fait la connaissance d’une certaine Nabou qui était devenue au fur du temps une amie proche pour ne pas dire meilleure amie. Mes premiers mois à Dakar, J’ai essayé tant bien que mal à garder mes habitudes, malgré les compliments et les regards des hommes. Au début, j’étais casanière mais avec le temps, et l’influence de ma nouvelle amie, j’ai accepté de sortir certains jours pour manger de la glace. Un soir de samedi, nous avions croisé au glacier un homme mature qui avait les 50taines, d’après mon imagination mais un homme correct, civilisé et riche côté apparence. Il m’a interpellé en sortant du glacier. Je ne voulais pas lui répondre mais Nabou m’a poussé vers cet homme. Le monsieur était correct et bien éduqué. Il est venu vers nous avant de nous tendre la main. Il embrasse la mienne avant de me dire devant mon amie.

L’homme : Excuse-moi, tu n’aurais pas l’heure, parce que depuis que je t’ai vu, j’ai perdu la notion du temps. On s’est déjà vu quelque part ? Non. Tu ressembles énormément à ma prochaine copine qui sera très bientôt ma femme.

J’souris avant de regarder ma copine d’un air étonné. Il est un bon dragueur ce mec. J’ai toujours gardé le silence avant d’enlever ma main.

L’homme : Je m’appelle prince et j’suis charmant, on m’a dit que tu me cherchais ? Rire non j’blague, je me nomme Bachir au cas où mon vrai nom t’intéresserait. AÏE… AÏE…AÏE, en posant une de ses mains dans son cœur.( J’croyais qu’il allait piquer une crise. J’ouvre grand les yeux en me méfiant) il reprend la parole.

Bachir : J’ai besoin d’une bouche à bouche, car j’viens de me noyer dans votre regard tueur. Est-ce que j’peux connaitre votre nom.

J’respire profondément avant de sourire à nouveau. Intérieurement, je me disais qu’il est complètement fou ce vieux. Avec mon silence, il reprend la parole.

Bachir : En attendant, je t’appellerai Google, parce ce que tu es tout ce que j’recherche.

Face à ses belles paroles de pure drague, Nabou était visiblement séduite et j’avoue aussi que j’commençais à trouver ce monsieur drôle. Ma copine prend la parole.

Nabou : Elle s’appelle Dada, elle est timide et moi c’est Nabou sa meilleure amie. J’vous laisse discuter. Oups, avant de m’en aller, tu es vraiment drôle et tu ne te trompes pas, tu es un vrai prince charmant. Bonne discussion.

J’essayais de la retenir de la main mais elle se détache et nous quitte. J’étais étonnée d’entendre Nabou dire qu’elle était ma meilleure amie. Nous nous sommes connues ici et nous n’avons même pas fait 6 mois et elle parle de meilleure amie. Pourtant je l’avais parlé de mon Allodi et elle était contente pour moi. Ils ont même échangé aux téléphones. Mais bon, façon, c’est son problème. J’gardais toujours le silence et ce Bachir reprend la parole.

Bachir : Face à ce silence, j’pense que j’vais porter plainte pour excès de beauté sur la voie publique. J’crois que tu auras besoin d’un bon avocat pour t’en sortir. A moins que tu complètes quelque chose qui manque sur mon portable pour être sauvée : Ton numéro.

J’voulais sortir quelques mots de ma bouche mais mon téléphone sonna et c’était mon ALLODI. J’étais contente et soulagée de recevoir cet appel qui tombait à pic. J’profitais pour partir mais le monsieur me suivait. Je ne me suis pas gênée en répondant à cet appel « Bonsoir mon amour, je n’attendais que ton appel pour me coucher. Tu ne dois pas me faire ça mon cœur, tu sais que j’aime t’entendre tout le temps. Stp, promets-moi que tu seras beaucoup plus attentif à mon égard. Tu sais que tu es ma vie et que je ne peux pas vivre sans toi. Déjà la distance me ronge et si le silence s’y rajoute que ferai-je ? » En bon gentleman qu’il est, il s’excuse avant de promettre d’être plus attentif. J’souris et j’étais soulagée. Mon grand étonnement, c’est ce monsieur qui me suivait toujours. Mon amour m’a demandé où est-ce que j’étais et je l’ai menti en disant que j’étais devant la porte de notre chambre. Il demande à parler à Nabou, heureusement, qu’elle était avec moi. Cette dernière confirme mes propos avant de me redonner le téléphone. Après quelques minutes, on s’est dit à demain. Bachir prenait tout son temps, il en profitait pour échanger avec Nabou. Voyant que j’ai raccroché, il me dit « Waouh, j’dis merci à cet homme vient de raccrocher. A cause de lui, j’ai entendu une douce et suave voix. Mon Dieu, quelle voix. Dada, j’vais être bref : Tu es une fille qui vit un amour à distance, genre, une fille qui vient du village laissant son copain là-bas et qui vit l’amour d’adolescence. C’est une belle chose mais j’pense que j’ai une carte à jouer. Parce que j’viens de comprendre que tu as menti pour la première fois ton copain en disant que tu étais devant la porte de votre chambre. Et ce n’est jamais un bon signe dans un couple. Les mensonges tuent l’amour ». J’finis par m’énerver en entendant ses paroles.

Dada : Je ne te permets pas de parler de moi sur ce ton. Je n’ai pas menti, j’essaie juste d’éviter des problèmes avec le seul homme que j’aime et que j’aimerai de ma vie. J’connais ton genre, tu es un beau parleur et je te dis dès à présent tu n’as aucune chance avec moi. Va sortir ton numéro ailleurs. J’ai mon homme et je me marierai très bientôt.

Bachir : (Waouh en applaudissant). Quelle lionne, j’aime les griffes des lionnes. Ça me motive encore plus. Tu dis que tu es amoureuse patati patata bon c’est normal, si tu ne l’étais pas, j’ne prendrai pas le risque d’être le premier mec à te draguer. Je ne sais pas si tu suis le foot mais il y’a toujours un gardien de but mais n’empêche que les adversaires cherchent à marquer des buts malgré sa présence. Donc, considères-moi comme un adversaire et ton mec comme un gardien de but. J’ferai tout mon possible pour marquer mon but. J’ai fait un oufff de soulagement lorsque j’ai su qu’il n’était qu’un simple copain. J’vous ai assez emmerdé. J’vous laisse ma carte de visite au cas vous aurez besoin quelque chose. Nabou m’a expliqué que vous êtes des étudiantes. Connaissant la vie estudiantine, j’vous remets ça pour vos quelques besoins. J’suis un peu pressé mais j’allais vous ramener jusqu’à l’université mais prenez un taxi. (Il me tend des billets que j’refuse de prendre mais Nabou les prend avant de dire au revoir. Ce Bachir me touche les joues avant de nous tourner le dos). Il monte dans une luxueuse voiture 4x4 noir vitre teintée. Nabou arrête un taxi, durant tout le trajet, j’suis restée silencieuse et je m’en veux d’avoir menti mon ALLODI. A notre arrivée, Nabou compte l’argent, le monsieur nous a remis une somme de 50.000 F CFA. Nabou était très contente.

Nabou : Pourquoi tu es silencieuse ma belle. Tu n’as rien fait de mal. J’sais que tu te culpabilises à cause de ton mec mais tu n’as rien fait de grave. Tu as menti pour sauver ton couple. D’ailleurs, prend ton argent. Il est généreux ce Bachir. Premier jour, il te donne 50.000 F, jusqu’où irait-il s’il a une chance avec toi ? Penses-y.

Je n’acceptais pas de prendre cet argent. Nabou les range dans son sac avant de me dire « Ils sont bien gardés. Si tu en as besoin, fais signe ». Elle se déshabille avant de prendre son bain pour se coucher. Cette dernière avait l’habitude de collectionner les mecs. Elle sortait trop avant de revenir avec de fortes sommes d’argent. Il m’arrivait de passer des week-ends seule, parce qu’elle sortait et je ne savais pas où est-ce qu’elle allait. Elle ne revenait que les dimanches nuits et pourtant, elle n’est pas de Dakar, je n’ai jamais essayé de la poser cette question. En tout cas, elle revenait avec beaucoup de nourriture et des boissons. Elle me dépannait beaucoup. C’est sa vie, ça ne me regarde pas. Chaque nuit, elle parlait au téléphone et elle sortait des phrases trop hot et vulgaire pour son âge. Au début, ça m’étonnait mais avec le temps, je me suis habituée. J’ai pris mon bain à mon tour. Je me suis couchée en me culpabilisant. Je me sentais sale, d’avoir mentie mon homme qui n’a jamais cessé de me dire même ses plus gros secrets familiaux. J’ai trouvé difficilement le sommeil. Nous avions éteint les lumières mais je n’ai pas fermé les yeux. Nabou a fait un geste étonnant, son téléphone vibrait et elle s’est levée pour voir si j’dormais. J’ai fait semblant de fermer les yeux avant qu’elle ne décroche « Bonsoir Bachir, excuse d’être si ingrate. J’devais te faire part de notre arrivée. Nous sommes bien arrivés. D’ailleurs, Dada dort actuellement. Comme je te l’ai dit, tu peux tenter ta chance avec elle. Depuis qu’elle est là, elle n’a jamais eu de copain ici. Elle sort avec un simple villageois donc c’est un amour qui finira bientôt. Tu auras tout mon soutien. Bon a demain. » J’suis vraiment surprise et étonnée de ses paroles. J’vais digérer en attendant.

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