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Couverture du roman Contre vents & Marées

Contre vents & Marées

En ce 15 août, l'effervescence de l'Assomption anime encore les rues à quatre heures du matin. C'est l'heure du grand départ : je quitte enfin le cocon familial pour rejoindre mon propre foyer. Bien que consciente du vide que laissera ma famille, prête à s'envoler pour le Canada, j'ai promis de rester proche de ma mère. Je réalise enfin mon rêve en m'installant définitivement en Côte d'Ivoire auprès de mon époux pour entamer notre vie à deux.
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Chapitre 2

J’étais assise dans ma chambre. Je rangeais mes vêtements. Mon téléphone sonna. Je le pris avec précipitation. C’était Lysette mon ainée. Je décrochais.

- Bonjour ma grando d’amour.

- Maeva, cela fait si longtemps.

- Ah Lys, cela fait à peine 1 semaine que nous ne nous sommes pas joints.

- Mais pour moi c’est assez. Tu vas bien ? Ton couple aussi ?

- Nous allons à merveilles, grande sœur. Grâce à Dieu, tout va si bien. Je remercie le Seigneur.

- Alors je suis bien curieuse comme tu le sais. Je n’ai pas encore changé. Raconte-moi un peu ton quotidien de jeune femme mariée.

- Ah grande sœur. Qu’est-ce que tu aimerais savoir au juste ? Ma vie de couple est pareil à tous les jeunes couples ivoiriens. Nous avons nos hauts et bas.

- Maeva, arrête-moi des grands discours. Je suis ta grande sœur. C’est normal que je prenne de tes nouvelles. Tu sais que tu peux te confier à moi sans craindre. D’ailleurs cela fait deux mois que tu vis avec mon beau Mahan. Vous pensez à me rendre Tata quand ?

- Lys, tu exagères un peu. Au moment opportun tu verras de tes yeux. Nous venons à peine de nous marier.

- Et puis ? Au contraire, ce sont les débuts qui sont intenses pour procréer. Tu ne sais pas ?

- Je ne savais pas.

- Alors je t’informe.

- Merci grande sœur. Tu seras Tata très bientôt. Ne t’inquiète pas pour cela.

- Écoute-moi, Maeva. Tu me caches un souci. Je te connais ma petite sœur. Ta voix cache un souci. Tu as quoi au juste ? J’espère que tu n’es pas encore sur tes préoccupations que je sais.

- Malheureusement c’est encore mon blocage.

- Tu dis quoi, Maeva ? En deux mois tu n’as pas encore pris ce plaisir de la chair avec mon bel Ariel Mahan ? Ne me dis pas cela.

- Nous l’avons fait.

- Je ne te crois pas.

- Lysette, ce matin j’ai assez de soucis. Tu ne viendras me mettre la pression. Tu n’es pas une psychologue. Tu es ma grande sœur. Je ne suis plus une gamine. Je ne suis pas censée te parler de ma sexualité. Cela n’engage que mon époux et moi. Je ne me sens pas du tout prête. Juste cela. Tu es satisfaite ?

- Calme-toi, je te comprends, Maeva. Tu l’as si bien dit ; tu n’es plus une gamine. Tu as vingt-cinq ans. Il est temps de passer à l’acte. Lorsqu’on décide de se mettre en couple, tu penses que c’est pour décorer la maison de son époux ? Le sexe est un pilier du mariage. Comment priver ton époux des rapports durant deux mois. Tu exagères. Tout se surmonte dans un couple par la communication, la confiance. Je peux comprendre tes peurs dans un début. Tu devras affronter tes peurs pour être une maman. Maintenant, si tu as un autre souci, je crois que tu devras me parler clairement. Sinon toi qui aimes tant les enfants, tu crois qu’ils tombent du ciel ? Ne sois pas égoïste Maeva, pense aussi à ton tendre époux. C’est un homme. Les hommes ont besoin de sexe pour évacuer le stress.

- Je le sais, Lysette.

- Comme d’habitude, madame sait tout. Si tu le sais, dans ce cas qu’est-ce que tu attends pour te bouger ?

- J’ai tellement peur.

- Nous avons tous eu peur. Nous avons tous parler. Tu ne vas pas rester vierge éternellement. Tu es une femme mariée. C’est ton rôle d’épouse. J’ai aussi eu peur dans mes débuts. Je ne suis pas morte.

- J’ai compris tes conseils.

- Et Ariel, comment il vit la situation ?

- Il est du même avis que toi. Il a hâte d’être père. En plus, c’est un besoin pour lui.

- Il a raison. Tu es sa femme. Arrange-toi à ne pas perdre ton époux. Le foyer, ce n’est pas une mince affaire. Tu connais le nombre de célibataires dehors ? Tu connais le nombre de femmes qui désirent être dans un foyer ? Tu sais combien de femmes désirent avoir un homme comme ton Ariel ? Tu as assez de chance. Deux mois sans le sexe. Il est patient ton époux. Tu sais ce soir, porte un petit truc sexy. Fais-toi désirer. Vide ta tête et laisse l’émotion vous emporter.

- Je dois te laisser, Lysette. J’ai de la visite. Je te rappelle après, tu veux bien ?

- Quelle visite ? Je te vois bien assise dans ta chambre, tu me parles de visite. Ne t’enfuis pas.

- Sérieux Lysette, j’ai de la visite. La sonnerie de la porte ne fait que résonner. Je te parle au sérieux.

- D’accord ma Maeva chérie. Mais ne prive pas ton corps à ton époux.

- J’ai compris chef. Transmets mes salutations aux parents. Je vous aime forts.

Je coupai immédiatement la communication entre ma grande sœur et moi. Elle se prenait pour qui elle ? Au lieu de me soutenir, elle venait m’apporter un lot de stress. D’ailleurs c’était ma vie privée. Je me promis de ne plus jamais lui parler de ma sexualité. Je savais qu’elle avait raison. Je devais franchir le pas avec Ariel. Deux mois, c’était assez sans se connaître de manière intime. Je décidai que ce soir sera notre jour. Je décidai de joindre Mahan Ariel. Il était encore au boulot. Des fois il découchait. Je devais être sûre qu’il rentrerait ce soir. Je pris mon téléphone. Je lançai son numéro.

- Allô mon amour Ariel.

- Tu vas bien, Maeva ?

- Oui je vais très bien, et toi ?

- Je vais bien.

- Chéri Ariel. Tu descendras ce soir à quelle heure ?

- Humm, je ne connais pas encore mon programme. J’ai une réunion imprévue à 19 heures. Je crois que si tout va bien je serai à la maison avant 21heures. Pourquoi chérie ?

- Juste pour le savoir. Je te laisse te concentrer sur ta réunion. Ne tarde pas chou. J’ai une petite surprise pour toi.

- J’adore les surprises. Dis-moi.

- Si je te disais maintenant alors cela ne serait plus une surprise.

- Donc juste une piste ou un avant-goût.

- Je te laisse travailler. Je t’aime mon monsieur Mahan.

Je coupai mon appel. Mon chéri n’eut même pas le temps de finir sa dernière phase. Je filai me préparer. J’étais prête. Je reçus des forces positives après l’appel de ma grande sœur. Je ne désirais pas lâcher mon époux entre les mains d’une autre femme.

Il était 22 heures. Je savais que Ariel Mahan était en route. Il n’était jamais entré au-delà de cette heure. Je dressai la table pour le diner. J’avais concocté son plat favori. Du foutou accompagné de la sauce ´´KOPÊ´´. Je m’étais moi-même activée à piler le foutou malgré l’insistante de ma gouvernante Affoué. Je pris mon bain. Je portai une lingerie blanche. Je filai mes talons les plus aigus. Je l’attendais dans la chambre. La ménagère me prévint de son arrivée. Je lui donnai la permission de se rendre en famille. Elle pouvait prendre congé de nous. Elle courut toute joyeuse vers les escaliers. Je lui avais mentionné auparavant que je désirais être seule avec mon époux.

Je me regardai une dernière fois dans la grande glace de la douche. Je me trouvais très désirable.

Je jubilais à la l’idée que l’effet ferait à mon Mahan. Je respirai profondément. J’ouvris avec délicatesse la porte de notre chambre conjugale. Je descendis les marches des escaliers comme une princesse de Disneyland. Mon époux déposait ses effets dans le grand divan du deuxième salon. Mahan Ariel m’aperçut dans les escaliers. Je m’arrêtai un instant. J’avais la main sur la hanche comme une Miss. Je voulais qu’il savoure cet instant qu’il attendait tant. Ariel Mahan m’offrit son plus large sourire. Pour une surprise, c’en était une. J’aimais tellement le voir sourire. Son sourire était une puissance motivante. Je continuai mon ballet jusqu’à être près de lui. Je lui chuchotais dans le creux de l’oreille avec délicatesse.

- Mon amour, tu n’es pas trop fatigué ?

- Être fatigué dans un instant pareil ? Jamais ! Tourne que je te contemple ma muse.

Je me retournai afin qu’il dévore mon corps de déesse. J’étais toute souriante. Mon époux me dévora des yeux. Le plaisir se notait à travers les mordillements de ses lèvres. Ariel s’approcha de moi. Il me prit dans ses bras. Son parfum était agréable. Il me regarda comme si c’était la première fois qu’il m’apercevait. Il m’embrassa avec toute la tendresse du monde. J’étais dans les jardins du paradis. Mon cœur battait à vive allure.

- Ariel chéri. Tu me trouves belle ?

- Mon amour tu ne peux même pas imaginer comme je te trouve divine.

Ariel Mahan m’avait plusieurs fois mentionné cela. Mais ce soir, j’avais hâte de l’entendre une fois de plus. C’était très important pour moi afin d’entrer dans le feu de l’action. Ses mots invitaient ma passion et mon désir. Je souris à mon mari pendant qu’il s’acharnait avec envie sur mes lèvres. Je l’invitai à prendre son diner. Il avait besoin de prendre des énergies. Il suivit mon conseil sans grande envie. L’unique chose qui lui importait, faire un avec ma chair. Je le savais. Dans mon for intérieur, j’avais mes peurs sur les rapports sexuels. Je tenais compagnie à mon époux. Il mangea rapidement. Ariel me prit dans ses bras. Cette nuit, sans mon invitation, il était acteur de télénovelas. Ah les hommes et pourtant l’autre fois il me trouvait si lourde. Il me posa sur le lit. J’avais pris mon bain. Il courut prendre son bain. Je profitai pour me changer. J’étais déchaînée cette nuit. Je jetai un coup d’œil à ma montre ; il était minuit. Mon époux revînt dans notre chambre. Sa serviette était nouée à la taille. Quelques gouttes d’eau ruisselaient tout au long de son corps athlétique. Ses yeux étaient rivés sur ma poitrine. J’avais opté pour une nuisette transparente blanche. Mon corps s’offrait à la vue de mon époux.

- Comment tu me trouves Mahan ?

- Mon amour Maeva, tu vas me rends fou ce soir. Regarde les effets que tu me fais. Je n’arrive plus à tenir sur mes deux jambes.

Sa dernière phrase m’arracha un fou rire. Je me levai du lit. J’avançai vers mon époux. Je posai mes bras sur son cou. Son sexe était dans tous ses états dans la serviette. Ariel Mahan ne se fit pas prier pour pavaner ses mains tout au long de mon corps. J’avais l’impression d’être en face d’un acheteur de produits. Ses mains testaient la récolte. Il prit mes mains et me fit un tour sur ma personne. Il n’arrivait pas à croire à ma surprise de ce soir.

- Toute cette beauté pour moi seul ?

- Eh oui rien que pour toi seul, Monsieur Ariel Mahan.

- Je t’aime Maeva, tu le sais ?

Je n’eus pas le temps de répondre à sa question. Mon époux me régala d’un langoureux baiser. Mon mari me souleva du sol. Il me dirigea vers le lit. Ariel me posa au centre du lit. Il alluma la veilleuse comme d’accoutumé. Il parcourait mon corps avec sa langue. Je me cambrais de plaisir. J’étais sous l’emprise de l’envie. Soudain Mahan arrêta sa manœuvre. Il me regarda droit dans les yeux.

- Maeva chérie, tu es sûre que cette nuit tu te sens prête ?

- Oui mon Ariel. Je me sens prête. Cette nuit sera la nôtre.

Mon époux reprit sa besogne. Quelques instants il revient encore à mes côtés.

- Maeva Mahan, tu veux le faire vraiment ? Je n’aimerais pas que tu le fasses pour assouvir mes besoins. J’aimerais que tu le fasses par envie.

- Shuuuuut Ariel. Ne gâche pas cet instant si précieux avec les questions. Je suis prête.

À la fin de ma phrase, Ariel retira ma nuisette. J’étais à présent comme Eve dans le jardin. Ariel me murmurait des mots doux. Cette nuit fut si longue et spéciale. Après deux mois de mariage et de vie commune, je découvrais le plaisir de la chair. Ariel était mon premier homme. Il avait de l’expérience. Il me rendit femme cette nuit-là.

Je me réveillai le jour suivant dans le creux de la poitrine de mon Ariel Mahan. Je restai silencieuse. J’admirai le corps nu de mon époux. Son anatomie était en mode repos. Il m’avait servi de violents coups la veille. Il avait l’apparence d’un ange lorsqu’il dormait profondément. Je ne pus m’empêcher de lui donner un baiser. Je retirai lentement ses mains qui m’enlaçaient. Je descendis sur la pointe des pieds du lit. Je m’étirai longuement. Je pris la direction de la douche. Je pris ma douche avec plaisir. Je ressortis plus légère et de très bonne humeur. J’eus l’idée de préparer le petit déjeuner avant le réveil d’Ariel. De toute façon, j’avais terriblement faim.

Je sortis de la chambre pour la cuisine. l'une de nos gouvernantes Affoué n’était pas encore de retour. Je me rendis compte que je lui avais signalé d’attendre mon appel avant de remettre les pieds au boulot. Je désirais partager ces moments intimes avec Ariel. Je n’étais pas une adepte de la cuisine. Je devais me débrouiller sans Affoué. J’étais en pleine séance de cuisine libanaise lorsqu’une main m’enlaça. Je sursautai immédiatement. Je pris peur. Je m’y attendais. Ariel m’avait fait une de ces peurs. Je revins à la normalité par la douceur de sa voix. Ariel était en boxeur d’une couleur blanche comme la neige. C’était l’une des plus belles vues qu’il m’offrait après deux mois de mariage. Une idée me traversa l’esprit.

Les hommes ivoiriens étaient beaux. Mon époux était une expression de la beauté masculine ivoirienne. L’instant était trop romantique. J’étais dans ma propre Télénovela. Ariel Mahan avait un visage radieux. C’était clair que la nuitée d’hier fut merveilleuse. Je n’avais pas besoin de sa réponse. Ses mouvements exprimaient sa grande joie de m’avoir possédée. Je me retournai face à lui. Je lui souris. Je posai mes deux mains sur son cou. Ariel me fit un clin d’œil. Je regrettais un peu le temps que j’avais perdu avant de connaitre de manière intime mon époux. Je m’étais faite des idées inutiles pour si peu. Je devais rattraper le temps perdu. Je lui parlai avec amour.

- Il est enfin décidé de sortir de son sommeil, mon tendre époux ?

Ariel me regarda droit dans les yeux. Il m’offrit en guise de réponse un sourire moqueur. Ariel m’embrassa comme réponse à ma question. Ses lèvres emprisonnaient les miennes. Après quelques minutes de plaisir labial, il décida de me répondre.

- Effectivement, j’ai repris mes forces. Je suis présent parmi le monde des vivants.

Ariel tira l’une des chaises de notre vaste cuisine. Il la posa à mes côtés. Il prit place à mes côtés. Heureusement, le déjeuner était prêt. Je posai le petit déjeuner sur la table. Je m’attelais à servir mon époux. Je n’avais plus l’appétit tout un coup. Je crois que le fait de voir mon époux avait augmenter mon adrénaline. Une adrénaline qui me retira ma faim. Je devais attendre un peu.

- Maeva, tu ne manges pas ? Je vois que tu as dressé la table pour une moi seul.

- Non je n’ai plus faim Ariel. Le plus important c’est toi. En plus cela me plait de t’observer prendre ton petit déjeuner.

- Tu vois enfin tu avoues par des mots que ton époux est un bagnon.

- C’est quoi cette expression bagnon ?

- Je ne sais pas trop chérie. Je crois que c’est une expression d’une ethnie ivoirienne.

- Quelle ethnie ?

- J’oubliais, c’est une expression de l’ethnie de ta mère. Chez vous les bétés un bagnon veux dire un bel homme.

- Je ne le savais pas.

- Normal si tu ne parles pas ta langue maternelle.

- Tu ne vas pas recommencer encore avec tes histoires de langue maternelle. Je parle déjà l’arabe et l’anglais.

- Je sais mais n’oublie que tu es ivoirienne, tu es une femme bété.

- Je le sais et je suis même fière de l’être.

- D’accord nous irons à Galébré très bientôt rendre visite à tes grands-parents.

- J’avais déjà oublié ce voyage. J’avoue que j’ai peur de l’état des routes.

- C’est ainsi la vie ici en Afrique. Nous ne sommes pas à Montréal.

- Ariel pendant que tu finis ton petit déjeuner, je vais prendre congé de toi pour m’habiller.

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