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Couverture du roman Ce monstre d'homme qui me sert de beau père

Ce monstre d'homme qui me sert de beau père

À trente ans, Kiné décide de briser le silence sur son passé tumultueux. Ayant grandi au Sénégal, elle n'a découvert sa mère et l'opulence qu'à dix-sept ans. Pourtant, ce luxe ne compense pas les épreuves et les cicatrices laissées par son beau-père. Entre joies éphémères et douleurs profondes, elle livre un récit poignant sur la résilience. Malgré les traumatismes, cette chronique témoigne de sa force face à l'adversité et de son combat pour retrouver l'espoir.
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Chapitre 2

2ème partie : Une décision prise en commun accord

J'ai vu que j'ai réveillé de mauvais souvenirs... Respect à vous tous...

Tous les membres de ma famille adoptive sont venus vers moi et me serré dans leur bras à tour de rôle. Ils pleuraient aussi mais mon tonton a repris la parole.

Tonton : Kiné tu sais ta place dans cette famille. Nous serons toujours là pour toi dans n’importe quelle situation. Tu peux toujours compter sur nous comme ça a été le cas durant ses 17ans passés. Nous voulons le meilleur pour toi. Tu as une marge de progression dans tes études. Tu es un très bon élève et tu mérites d’aller dans les plus grands et meilleurs établissements. Nous souhaitons que tu réussisses dans tes études comme l’a toujours voulu maman, mais nous n’avons pas les moyens de t’accompagner dans tes études. Ça ne nous fait pas plaisir de te le dire mais nous aimerions que tu vives avec ta mère. Elle a les moyens de gérer tes études. Elle a fait une erreur mais elle la reconnait et elle ne veut que ton pardon. Nous savons que ce ne sera pas une partie de plaisir mais avec le temps tu finiras par pardonner. Nous t’avons éduqué et nous savons que tu as un bon cœur. C’est la surprise de la nouvelle qui te pousse à réagir de la sorte. Elle ne t’a pas abandonné parce qu’elle ne t’aime pas mais elle avait peur. Elle pensait que tu n’allais jamais survivre à ses cotés à cause de ses manques de moyen. Essaie de pardonner et d’aller de l’avant avec elle. Donne-lui l’occasion de te prouver qu’elle t’aime.

Kiné : J’suis prête à fréquenter les établissements publics mais j’veux rester avec vous. Je n’ai qu’une seule famille et c’est vous. Je ne me focalise pas sur sa richesse, pour moi la vraie richesse c’est l’amour et les valeurs. Ce que vous avez fait pour moi est la plus grande richesse.

Ma tante : Nous savons que tu nous aimes énormément et c’est réciproque. Mais écoute ton tonton, il a raison, nous ne pourrons pas assurer tes études et une mère est une mère. Le dernier mot te revient dans tous les cas. Ici ce sera toujours chez toi. Si tu veux rester aussi, nous ne te chasserons jamais de la maison. Mais pour un avenir radieux, nous voulons que tu acceptes la proposition de ta mère. Tu pourras venir nous voir quand tu veux. La porte de la maison te sera toujours ouverte. Tu rêvais de nous aider à nous sortir de la vie modeste que nous menons et bien, c’est le moment de saisir ta chance et de mettre tous les atouts de ton coté pour réussir. Nous te faisons confiance, maman a mis des valeurs sures en toi et nous savons que tu ne dévieras jamais le chemin.

Kiné : Donc vous me proposez d’aller vivre avec cette dame.

Ils répondent à l’unisson OUI. J’comprends leur souci. Ils veulent ma réussite et ils ne peuvent pas assurer mes dépenses. Nous vivons des moments difficiles. Tous les membres de la famille sont en chômage. Tonton faisait les journaliers, tantôt il est pris, d’autre fois non. Même si dernièrement, la situation avait changé à cause de la dame qui prétend être ma mère. Elle avait amené des sacs de riz, de l’huile, du sucre bref une ration complète qui pourra tenir un mois. Elle faisait des efforts, à part son abandon, je n’ai rien à lui reprocher. Elle a été jusque-là sympa. J’ai fini par accepter la requête de ma vraie famille. Je n’avais plus les nouvelles de ma mère. Elle m’avait laissé son numéro en me disant si tu as besoin de moi, tu peux m’appeler quand tu veux. Pour dire vrai, j’avais une folle envie de l’appeler mais mon orgueil m’empêchait de le faire. J’ai toujours rêvé de vivre avec ma mère. J’croyais que j’serai la fille la plus heureuse quand j’verrai ma mère mais la situation en est autrement. Quand je me rappelais, la joie de mes amies quand elles étaient avec leur parent, l’envie de recoller les morceaux me hantait. En plus, ses explications sont convaincantes. Elle voulait une meilleure vie pour moi. Elle ne m’a pas abandonné par manque d’amour mais pour mon mieux. Elle est humaine, elle n’est pas parfaite et tout le monde mérite le pardon. J’pense que c’est à cause d’elle que mamie me disait de pardonner à une personne. J’pense que j’dois la donner une chance de prouver que son absence n’était qu’une simple erreur. J’ai fait part de ma décision à mes tantes de rappeler ma mère et elles étaient contentes avant de m’encourager.

Le dimanche, à mon réveil, j’ai composé son numéro. Au bout du fil, j’entends cette voix qui reste pour le moment étrangère.

Kiné : Bonjour, c’est tata Mariama ???

Ma mère : Oui c’est Mariama. Qui est à l’appareil ???

Kiné : C’est Kiné à l’appareil.

Mariama : Ki…ki…Ki…. Kinééééé ma fille ???

Kiné : Oui.

Mariama : Attends, je te rappelle. Ne gâche pas ton crédit.

Elle me raccroche avant de me rappeler automatiquement. J’peux sentir sa joie de me parler. Elle était contente, elle cherchait les mots qu’elle avait du mal à retrouver. Elle bégayait gravement, sa voix tremblait j’peux deviner facilement qu’elle était gagnée par l’émotion. Elle ne me laissait plus parler, elle enchainait les phrases sans que je ne comprenne quoi que ce soit. Elle faisait des hors sujets, je ne suivais plus sa discussion, d’un côté, elle me faisait rire à cause de ses paroles qui n’ont pas d’harmonie. Il fallait que je l’aide à retrouver le chemin de la discussion.

Kiné : Mariama, j’peux parler ???

Mariama : Ok excuse-moi, j’parle sans savoir ce que j’dis. J’suis désolée, je ne t’ai pas laissé parler depuis ton appel. J’suis tout simplement contente d’entendre ta voix. Tu ne sais pas la joie que j’ai en recevant ton appel.

Kiné : J’veux qu’on se voie, si vous avez le temps. J’veux discuter avec toi.

Mariama : SI tu veux tout de suite même, j’peux me déplacer. Je ne fais rien, à part me reposer. J’voulais juste aller au salon pour me refaire ma coiffure mais j’peux tout annuler. Ça peut attendre.

Kiné : Non c’est bon. Nous pourrons attendre le soir vers les 18h si ça vous arrange.

Mariama : J’serai présente chez toi à 18h00.

Kiné : Bonne journée.

En raccrochant mon téléphone. Mes tantes étaient présentes quand j’parlais au téléphone avec Mariama. Elles étaient contentes que j’puisse revenir à la raison. La journée se passait super bien. 17h50mn, Mariama était présente à la maison avec sa voiture. Elle était belle quoi qu’on puisse dire avec ses rondeurs Mashallah, j’vois maintenant d’où me vient mes rondeurs. On peut deviner facilement qu’elle prend soins de son corps. Elle était plus free que d’habitude. Après les salamalecs avec la famille, elle reste assise dans la cour avec mes tantes, le temps que j’prends mon bain et de me préparer. J’ai fini ma préparation vers les 18h20mn. Elle me demande où est-ce que j’peux aller pour discuter. Je lui laisse le soin de choisir. Elle me fait monter à bord de sa voiture, direction un lieu inconnu. C’était la première fois que j’entre dans un lieu si beau et si chic. Elle me demande ce que j’voulais prendre, tout était étrange. Nous avons fait notre commande, d’ailleurs, c’est elle qui a choisi pour moi, parce que je ne connaissais que dalle. Durant tout le trajet et notre discussion, on ne sait pas fixer les yeux. Chacune fuyait le regard de l’autre.

Mariama : De quoi voulais-tu me parler ma fille ???

Kiné : J’voulais vous dire que j’accepte de vivre avec vous. Mais j’aimerai aussi que tu me promettes que j’aurais le choix de venir passer des week-ends ou des jours chez ma famille. Que vous ne m’empêcherez jamais d’aller les voir ou trucs du genre. Que vous serez patiente avec moi et que vous ne me forcerez sur quoi que ce soit.

Mariama : Tu auras le choix de faire tout ce que tu veux. Je ne serai pas exigeante envers toi. Tes désirs seront des ordres. Je te promets de me plier à toutes tes exigences. J’sais que tu as été bien éduquée, je ne chercherai jamais à augmenter ou à changer ton caractère.

Kiné : J’veux mieux vous connaitre aussi. Je ne sais rien de vous et j’aimerai un petit aperçu de vous.

Mariama : Tu auras l’occasion de me connaitre comme tu le souhaites. Pour le moment, tout ce que j’peux dire est que j’suis mariée à nouveau avec un bon monsieur qui m’aime comme j’suis et il connait mon passé. D’ailleurs, c’est lui qui m’aidait à te retrouver. Nous avons une fille fruit de notre amour. Elle a 8ans et j’sais que vous allez vous entendre. Elle est si pressée de te connaitre. Bref, tu ne seras pas dépaysée à la maison. Tu seras la bienvenue. Quand est-ce que tu comptes venir ???

Kiné : Je te laisse choisir parce que mes tantes sont d’accord pour que j’te rejoigne.

Mariama : D’accord. J’discuterai avec elles pour voir leur avis. S’il ne dépendait que de moi, nous partirons ce soir même.

Nous avons passé un bon moment ensemble. J’étais vraiment contente de sa présence à mes côtés. Yaye dal dou morom. Elle était si free avec moi, même si j’sentais de temps en temps un petit gène dans son regard. Vers les 20h, nous décidons de prendre le chemin du retour. A notre arrivée, elle s’est entretenue avec ma famille adoptive, nous étions tous réunis dans le salon.

Mariama : J’voulais m’entretenir avec vous pour savoir quand est-ce qu’elle peut partir avec moi. j’me plierai dans n’importe quelle décision que vous prendrez. J’suis à votre écoute.

Mon tonton : Nous sommes contents du respect que tu nous donnes mais nous te rappelons que c’est ta fille. A toi de choisir, nous nous plierons à ta décision.

Ma tante : Comme l’a dit grand frère, on te laisse le choix. Si j’avais un conseil, elle ira avec toi ce soir même parce que dans 2 jours, c’est l’ouverture des classes.

Mariama : Ce sera trop juste aujourd’hui. Peut-être demain, tu as raison, c’est bientôt l’ouverture des classes. On programme demain soir.

Ils avaient pris une décision en commun accord. Ils ont changé de sujet. Il se faisait tard, Mariama préparait à nous quitter. Avant son départ, elle me promet de passer demain vers les 20h pour me récupérer. J’pouvais commencer à ranger mes bagages. Mes tantes me donnaient un coup de main. J’étais silencieuse en rangeant mes bagages. Mes larmes coulaient sans que je ne fasse attention. J’partais vers l’inconnu. Quand j’repense aux moments que j’ai passé avec cette famille, je ne veux que rester avec elle. D’un côté, j’ai l’impression de trahir cette famille d’accueil. J’peux dire que j’ai pris toute leur économie et me voila prête à la quitter. Une de mes tantes s’est levée pour venir me réconforter.

Ma tante : Arrête de pleurer. N’éprouve aucun remord. Nous sommes tous contents et fiers de toi. Tu ne peux pas savoir combien nous sommes contents de savoir que tu seras dans de bonnes conditions de réussir dans tes études. Notre seul souci était de savoir comment faire pour que tu continues tes études dans les conditions idéales. Maman pourra se reposer tranquillement dans sa tombe.

Ses paroles m’ont vraiment réconforté. Je me trompais en pensant qu’ils me considéreront comme une traitresse. Nous avons fini de ranger les bagages vers les 0h. Nous partageons la chambre tous les 3. Le lendemain matin, à notre réveil, personne n’est sorti de la maison. Ils voulaient tous passer avec moi mon dernier jour dans cette maison. Je ne sais pas comment ils ont fait mais, ils m’ont offert une dernière journée de joie. La journée se passait très bien même. A 20h, Mariama s’est pointée avec une autre voiture beaucoup plus grande. Mon tonton faisait monter mes bagages. J’avais deux grandes valises. Mamie m’avait gâté d’habits, elle m’achetait tout ce que j’veux. J’suis allée voir qui s’était retiré dans sa chambre après avoir monté les bagages.

Kiné : Tonton, j’tenais vraiment à vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi. Je vous en serai reconnaissante éternellement. Vous avez été comme un père pour moi. Vous étiez toujours présent pour me donner de bons conseils et vous m’avez aidé dans différentes situations.

Tonton : Tu as été une fille facile à vivre. Et nous n’avons fait que notre devoir. Ta place en maman, tu la connais donc c’était très normal que nous l’accompagnons dans tout ce qu’elle veut. Stp, ne nous déçoit jamais. Garde les valeurs que t’a inculqué maman.

Ils me serrent dans ses bras. Je ne pouvais pas retenir mes larmes. Pour la 1ère fois de ma vie, j’ai vu les larmes de tonton. Même le décès de mamie, je ne l’ai pas vu pleurer. J’pouvais sortir de la chambre, les autres étaient dans la cour nous attendant patiemment. On serre les bras un par un sans piper mot, il n’y’avait que les larmes qui coulaient. Dans certaines situations mieux vaut se taire et laisser le silence agir. Nous montons dans la voiture avec maman avant de prendre un chemin étrange à mes yeux.

Après presque 1h de route, nous arrivons dans une grande et belle maison. Un gars était assis devant la porte de la maison, j’peux deviner facilement que c’était le gardien. Il a ouvert la porte du garage, avant de venir monter les valises. Maman fait les présentations vite fait avant que nous montons en haut. Y’avait pas de la lumière ce qui m’étonna, il faisait sombre, quelques secondes après notre montée, les lampes étaient allumées, y’avait des applaudissements et un grand tableau où c’était écrit, BIENVENUE CHEZ TOI KINE. J’pouvais voir un monsieur, une fille et 3 autres dames. Ma mère avait mis les moyens pour que je me sente à l’aise. Elle avait préparé un diner à mon honneur. Elle me présente au personnel, les 3 dames travaillaient pour elle. L’une était la cuisinière de la maison et les 2 autres se chargeaient du nettoyage. La fille était ma sœur Rama et le monsieur tonton Abdou le mari de ma mère. Ils m’ont tous mis à l’aise. Maman me montra ma chambre, une grande pièce, j’pourrai habiter avec mes tantes dans cette chambre. Elle était tellement grande et belle. J’viens de réaliser une de mes rêves une chambre avec une salle de bain. J’étais dans un autre monde. Tout était en rose ma couleur favorite. Elle avait demandé des informations sur moi pour réussir sa surprise. J’avais vraiment adoré. Ma petite sœur Rama ne me lâchait plus, elle était à mes côtés. La décoration de ma chambre me plaisait énormément. Après avoir fait connaissance de ma chambre, j’suis sortie pour diner avec ma nouvelle famille. Abdou me parlait comme sa propre fille. Toutes les conditions étaient réunies pour que je me sente à l’aise. A la fin du repas, Rama me faisait visiter la maison qui était vraiment grande et belle. J’pouvais regagner ma chambre. Il a fallu l’intervention de maman pour que Rama me laisse un peu pour que je me repose. J’voulais ranger mes bagages dans l’armoire mais j’étais surprise, elle était déjà remplie de nouveaux habits. Quand je me suis retournée, j’ai croisé le regard de maman.

Ma mère : J’ne pense pas que tu auras besoin de tes anciens habits. Ce n’est pas parce que je les minimise mais j’trouve normal que tu changes ta garde robe. Je ne voulais pas que tu laisses là-bas tes habits, peut-être ce sera mal vu par tes tantes.

Kiné : J’sais mais j’préfère garder les habits parce que mamie les a acheté à la sueur de son front et pour rien au monde je ne les jetterai. Ils resteront des souvenirs inoubliables.

Ma mère : J’suis d’accord avec toi. Tu peux faire ce que tu veux avec ses habits. Je n’y vois pas d’inconvénients.

Après ses mots, elle sort de ma chambre. J’pouvais me déshabiller avant de prendre mon premier bain dans ma salle de bain qui était très bien faite. J’peux deviner que maman est vraiment riche parce que ce que j’utilise je ne les voyais que dans les films. J’pouvais me coucher paisiblement après avoir fait toutes mes prières. J’ai prié pour ma mamie car je ne l’oublie jamais dans mes prières. A demain.

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