Couverture du roman Ce monstre d'homme qui me sert de beau père

Ce monstre d'homme qui me sert de beau père

8.3 / 10.0
À trente ans, Kiné décide de briser le silence sur son passé tumultueux. Ayant grandi au Sénégal, elle n'a découvert sa mère et l'opulence qu'à dix-sept ans. Pourtant, ce luxe ne compense pas les épreuves et les cicatrices laissées par son beau-père. Entre joies éphémères et douleurs profondes, elle livre un récit poignant sur la résilience. Malgré les traumatismes, cette chronique témoigne de sa force face à l'adversité et de son combat pour retrouver l'espoir.

Ce monstre d'homme qui me sert de beau père Chapitre 1

1ère Partie : Une perte et une découverte

J’ai vécu une enfance paisible avec ma grand-mère. Ma mère était toujours en voyage (d’après les explications reçues). Je n’ai pas eu à vivre des moments entre mère et fille. Je n’ai connu que ma grand-mère. Cette dernière se débrouillait seule pour me mettre à l’aise et cédait à toutes mes caprices. J’aurai aimé voir ma mère ou mon père venir me prendre à l’école comme certaines de mes amies. J’irai même jusqu’à dire que je n’ai pas connu l’amour parental comme la plupart des jeunes. Parfois j’discutais avec ma mamie pour en savoir plus sur mes origines. Et pourquoi mes parents ne sont jamais présents.

Kiné : Mame, pourquoi maman et papa ne sont jamais là ???

Grand-mère : C’est parce qu’ils sont en voyage. Ils se débrouillent pour te mettre à l’aise à l’avenir. Ils reviendront bientôt et tu seras très contente.

A chaque fois, c’est la même réponse mais je ne pouvais que croire en ses dires. J’étais vraiment joyeuse avec mamie. L’absence de mes parents me revenait à l’esprit que lorsqu’il y’avait une manifestation à l’école ou des réunions parentales. Honnêtement, je ne manquais de rien. Je ne marchais pas sur l’or mais je n’ai jamais mangé du sable. Grand-mère avec ses maigres moyens et ses revenus minimes m’a donné une vie de princesse. Nous vivions avec le frère et 2 petites sœurs de ma mère. J’étais sa préférée, j’ai pris la place de la cadette qui était jalouse des privilèges de mamie envers moi. Elle vendait des beignets, de l’acara, fataya bref, tout dans la farine. Elle m’achetait toutes sortes d’habits. Mes amies ne s’habillaient pas mieux que moi. Je n’enviais aucune copine. Il m’arrivait à poser des questions à mamie.

Kine : Mame pourquoi tout ton argent tu le dépenses pour moi. Je ne sais pas comment faire pour te le rendre au centuple.

Et à chaque fois sa seule réponse, c’était :

Grand-mère : Kiné tout ce que je te demande, c’est de me présenter de bons résultats. Que tu te concentres sur tes études. Une chose est sure, tu ne manqueras de rien tant que j’serai en vie.

J’essayais toujours de ne pas la décevoir, j’me concentrais sur mes études. N’empêche après chaque descente, j’aidais grand-mère pour son commerce. Je ne sortais jamais dans les 5 premiers. Le soir j’étais avec mamie pour le commerce et la nuit j’étais dans mes cahiers. Dieu merci, j’avais toujours de bonnes notes. Au fur et à mesure que les années passèrent, grand-mère est rattrapée par l’âge, elle n’avait plus de force pour faire le travail. Elle a diminué ses marchandises, elle se contentait que sur les beignets et pas plus. En 2002, j’ai réussi mon BFEM au 1er tour, Mamie était fière de moi. Elle était trop contente même si elle n’a pas fait des études, elle sait ce que signifie BFEM. Cette année a été un tournant de ma vie. Mamie était gravement malade, elle avait un AVC. Elle était fatiguée, la force de la maladie est passée par là. Mais Brave qu’elle est, elle continuait à se battre, jusqu’à tomber avec les armes en main. La faucheuse est venue frapper fort et elle a été sans pitié. Elle a remporté ma grand-mère un soir sans prévenir. Le rideau est tombé pour elle, sa représentation est terminée. Je suis assis dans mon fauteuil d'orchestre et aimerais te faire une ovation, me lever pour rendre hommage à la femme que tu as été et surtout à la grand-mère que tu resteras toujours. Ma mamie a rendu l’âme après avoir formulé des prières en mon encontre. Ses paroles sont restées graver en moi, jusque-là. Les derniers mots de mamie :

« Kiné mon heure est proche, je me suis battue corps et âme pour continuer à t’accompagner mais ce n’est plus possible. La faucheuse est plus forte que moi. Mais Dieu est bon et juste. Il n’agit jamais sans raison, peut-être, c’est le prix à payer pour ta réussite. Je ne te demande qu’une seule chose, reste comme je t’ai éduquée. J’serai loin de tes yeux mais j’resterai toujours près de toi. J’suis déjà fière de toi mais j’veux que tu sois fière en ta propre personne. N’envie personne dans ta vie, n’oublie jamais tes prières, ne te dispute jamais avec des personnes qui sont plus âgées que toi, ne prend jamais quelque chose qui n’est pas pour toi, ne sois pas rancunière, pardonne aux personnes qui te feront du mal, aies toujours un esprit de dépassement, aides les personnes que tu pourras aider, ne sois jamais rancunière. La vie sera toujours un combat. Elle ne sera pas toujours rose mais à chaque fois que tu veux abandonner, repense à ton passé, les pires choses que nous avons vécues ensembles. Tu rencontreras différentes personnes qui n’auront pas les mêmes objectifs envers toi. Le chemin sera long, sombre, épineux mais n’abandonne jamais. Je t’avertis que tu traverseras des mauvais moments mais tu ne tomberas jamais à terre. Tu perdras des batailles mais tu remporteras toutes les guerres. Reçois toutes mes prières et je t’assurer qu’aucune de tes amies et ennemies n’aura plus de valeurs que toi. Tu seras une grande personne. Il y’aura des évènements qui passeront surement après ma mort mais pardonne et donne une chance à cette personne.

Kiné : Non Mamie ne dit pas ça. Il te reste des années à vivre. Il faut que je t’amène à la Mecque. Tu ne peux pas et tu n’as pas le droit de m’abandonner.

Grand-mère : Va à la boutique et tu m’achètes une bouteille de VIMTO.

C’était sa boisson préférée. Je me suis précipitée pour aller à la boutique. A mon retour, j’ai croisé l’ainé de la famille, le grand frère de ma mère devant la porte, il me tient la main avant de me serrer dans ses bras.

Tonton : Tu es devenue une grande fille, tu as 17ans et tu es intelligente. Ta mamie vient de rendre l’âme. Elle n’est plus de ce monde. C’est difficile mais soit forte.

Le monde s’écroule. C’est comme si, on n’avait mis le monde sur ma tête. Je m’étais évanouie. Je ne savais plus ce qui se passait. A mon réveil, j’ai essayé de demander ce qui se passe. La maison était déjà remplie de proches malgré la nuit. Mamie était une gentille personne, elle rassemblait tout le monde, elle n’aimait pas voir des personnes se disputaient. Elle était un exemple dans le quartier. Les pleurs raisonnaient dans la maison. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai été forte, je n’avais pas sorti une seule larme. Au contraire, j’calmais les autres et ça étonnait tout le monde. Ce qui m’a fait le plus mal, c’est que je ne l’ai pas vu avant qu’elle ne soit transférée à la morgue du quartier.

Le lendemain à 10h avant son enterrement, nous sommes allés à la morgue pour les derniers adieux. J’étais accompagnée de mes tantes et oncles. J’ai vu de mes propres yeux ma mamie étalée au sol. Les souvenirs reviennent en moi, j’la rendais hommage intérieurement. Mamie, Je n’oublierai jamais les moments d’aventures, les contes d’Amadou Coumba que tu maitrisais tant. Je n'oublierai pas ta force de vivre, ton sens de la dignité et de l'honneur. Tu m'as inculqué le respect que l'on doit aux autres afin d'être respecté. Enfant, j'admirais ta détermination, ton courage. Ta force de travail aussi. Tu semblais ne jamais t'arrêter. Mais je serais ingrate si je ne mentionnais que tes qualités morales, car s'il est une chose à laquelle tu m'as initié, et qui m'a marqué pour le restant de mes jours, c'est bien le plaisir de travailler.

Après les derniers moments dans la morgue de la mosquée, on nous fait sortir avant de déplacer mamie pour la prière mortuaire. Nous femmes, sommes restées devant la porte de la mosquée, attendant patiemment la fin de la prière mortuaire qui a duré moins de 5mn, mamie est transportée par un pick up direction les cimetières. C’était les dernières images qui me restent.

Au fond de moi, je me demandais que vais-je devenir ? Quelle sera ma vie future ? Est-ce que j’aurai tout ce que j’veux ? Une chose est sure personne ne pourra prendre sa place en moi. Hommage à toutes les personnes qui ont été éduquées par leur mamie.

Nandité : Une pensée spéciale à toutes les personnes qui ont perdu un ou des êtres chers qui ont eu in impact dans leur vie. Respect…

Les jours passèrent et au 40ème jour, une séance de prière est organisée. Pendants la cérémonie religieuse, j’ai vu une dame qui ne cessait de me regarder mais à chaque fois, elle fuyait mon regard. On s’est saluée respectueusement et elle était assise près d’une de mes tantes. Elle a même passé la nuit avec nous dans notre chambre. La dame était tout le temps à la maison. Elle était vraiment sympathique. On me l’avait présenté comme une cousine de la famille. Je l’appelais tante comme les autres.

Les jours passèrent et chaque jour, la dame passait pour s’enquérir des nouvelles de la famille. Elle me couvrait de cadeaux, des habits, des chaussures, de l’argent, bref, elle se comportait comme mamie même si elle ne l’arrive pas à la cheville, elle faisait tout son possible. J’étais étonnée et surprises de ses gestes sympathiques. De temps en temps, elle m’invitait à sortir pour aller manger ou boire quelque chose. Depuis la disparition de mamie, la situation avait un peu changé, nous avions une ration complète. Franchement, elle était trop gentille envers moi. Elle me disait de ne pas avoir honte de demander quoi que ce soit, et qu’elle était là pour moi. Prétextant que nous avons eu la même vécue, qu’elle était élevée par sa mamie et que cette dernière est partie dans l’autre monde. J’étais vraiment touchée par son geste. A l’approche des ouvertures, elle m’a inscrit dans un établissement privé beaucoup plus cher. J’voulais vraiment savoir pourquoi cette gentillesse en mon encontre et quel sera le prix à payer. Après beaucoup de question sans réponse, j’suis tombée sur une conversation entre cette dame et mon tonton.

Tonton : Maman n’avait jamais l’intention de te priver de ton enfant mais ton comportement l’avait poussé à te jeter dehors. Je ne te tiens pas responsable de ce qui lui est arrivé mais tu en fais parti. Après votre conversation, elle a eu cette attaque qui l’est fatale. Nous n’avons pas les moyens de l’éduquer et la donner la vie qu’elle mérite. Il est temps que tu l’expliques toute la vérité. Elle est assez mature et c’est une brave fille. Elle va comprendre, il faudra juste lui donner le temps de tout digérer. Elle a vécu récemment une chose difficile et même si elle a été forte, on peut sentir qu’elle est malheureuse.

La dame : Je me sens responsable de la disparition de votre mère, j’dirai même notre mère. Elle a été vraiment sympathique envers moi. Je ne suis pas revenue pour prendre ma fille de gré ou de force. J’étais venue juste demander si j’peux récupérer ma fille et elle l’a mal pris. Je ne me pardonnerai jamais ce geste de ma part. Je n’ai pas le courage d’expliquer quoi que ce soit à Kiné que j’suis sa mère. Stp, j’ai besoin de ton coup de main. J’veux que tu m’aides à récupérer ma fille.

Kiné : Ma mè…mè...mèèèèèrrrrreeee ? C’est une blague ??? Non dites-moi que tu blagues madame. Tu es la cause de la mort de ma mamie, la personne qui m’a donnée tout ce que j’voulais. Ce brave a eu une attaque à cause de toi.

Tonton : Kiné écoute, ce n’est pas ce que tu crois. J’vais t’expliquer et tu vas comprendre. Calmes-toi d’abord et tu sauras toute la vérité. Viens t’assoir. Elle n’est pas la cause de la mort de mamie. Viens au salon avec moi.

Je les suis au salon. Les autres tantes ont suivi nos pas. Nous étions au complet, l’ambiance était silencieuse et triste. La dame avait commencé à pleurer, j’étais dans un état étrange.

Tonton : Comme tu l’as entendu accidentellement, elle est ta mère. Que tu la veuilles ou non, c’est elle qui t’a mis au monde. Y’a des choses qui se sont passées et il vaut mieux que tu l’ignores. Ça ne sert à rien de retracer le passé. Nul n’est parfait, elle est revenue pour réparer son erreur et si j’étais toi, je la donnerai une chance pour qu’elle s’explique. Tu ne peux pas avoir une autre maman, c’est impossible, nous n’avons qu’une seule mère. Quelle soit gentille, méchante, mauvaise, pure ou quoi que ce soit, elle est ta mère. Je n’ai plus rien à rajouter. La vérité, c’est à elle de l’expliquer. Si tu veux tu peux te lever et quitter le salon, au cas échéant, tu peux discuter avec elle. Nous allons sortir et vous laisser parler. J’pense que vous avez des choses à vous dire.

Ils se lèvent et quittent le salon. J’étais bouleversée par cette nouvelle inattendue. J’étais perdue dans mes pensées. La dame continuait toujours à pleurer comme une madeleine. Nous sommes restées presque 30mn sans piper un mot. Elle a fini par briser le silence.

Mariama : J’sais et j’comprends que j’puisse être la dernière que tu souhaites voir dans cette vie mais j’suis ta mère. Comme l’a dit ton tonton, que j’sois bonne ou mauvaise, j’suis ta mère. Y’a eu des problèmes dans le passé qui m’ont poussé à te renier comme ma fille. J’préfère que tu ne saches pas ses problèmes. Tout ce que j’veux est que tu pardonnes mon absence. J’accepterai toutes tes conditions mais au finish, j’veux ta clémence et ton pardon.

Kiné : Tu veux que je te pardonne, il faudra m’expliquer tout ce qui s’est passé sans oublier les moindres détails.

Mariama : J’étais jeune et innocente lorsque j’ai rencontré ton père. A force de s’aimer, nous avons fini par se marier. Nous avons quitté le village pour s’installer en ville. A l’époque, j’avais perdu mes deux parents dans un accident et il ne me restait que ton père. Notre famille s’est dispersée, chacun est parti vivre sa vie sans se soucier de l’autre. Ce fut un long chemin de croix, la vie ne nous avait pas réussis et j’ai fini par tomber enceinte. Nous habitions dans le même quartier que la dame qui t’a éduqué. Au temps, elle vendait au marché. Elle nous venait en aide tout le temps. Avant ta naissance, ton père avait fait un prêt à la banque et il n’avait pas de quoi payer. Il était en faillite dans son projet et il a pris la fuite. Depuis lors, il n’a pas donné signe de vie. Ta naissance était un moment difficile. C’est cette dame qui avait pris en charge tous les frais de l’accouchement. A ma sortie, j’ai logé chez la dame qui avait loué 2 chambres pour elle et ses enfants. Le logement était trop petit pour nous contenir tous. J’ai pris une chambre mais je n’avais pas de quoi payer, ni subvenir à tes besoins. Les propositions indécentes se multipliaient, le propriétaire de la maison voulait que j’paie d’une autre manière ce que j’refusais. Fatiguée de vivre avec toutes ses menaces, une nuit, je t’ai déposé dans le couloir de la maison de cette dame avant de prendre la fuite.

Kiné : Donc mamie n’était pas un membre proche ainsi que mes tantes et tonton ??? Si j’ai bien compris, tu m’as jeté et elle m’a ramassé ???

Mariama : Non je ne t’ai jamais jeté. J’savais qu’elle pourrait bien s’occuper de toi. Elle t’a toujours aimé.

Kiné : Tu penses que c’est facile. Je n’arrive pas à croire ce que j’entends. Où étais-tu madame pendant ses 17 longues années ??? Est-ce que tu sais ce que j’ai enduré avec ce vide qui était en moi ? Tu penses que c’est facile pour moi de pardonner et de faire comme si de rien était. Tu pensais à quoi, que j’allais me jeter dans tes bras heureuse et oubliée tout ce que qui s’était passé. Je n’avais jamais cru que j’croiserai ma mère dans ses circonstances. Même si ton histoire est triste et frappante, je ne vois aucune explication qui pourra justifier cette absence. Un enfant est un don de Dieu. Avant de m’abandonner est-ce que tu as pensé à ses nombreux couples qui ne rêvent que de voir ne serait-ce qu’un petit enfant jouait dans la cour de leur maison. J’suis désolée mais j’préfère cette famille que j’ai toujours connue. Tu as pris la fuite pour aller où exactement ???

Mariama : J’suis partie vivre chez une amie en Gambie. Le début était difficile pour moi. J’suis restée plus de 5ans sans travailler mais j’ai fini par trouver un boulot. J’travaillais pour un riche couple gambien avant qu’il ne choisisse de vivre en Angleterre. Il ne voulait pas me laisser ici, parce que leurs enfants ne savaient que moi. Ils me considéraient comme leur maman. Ils ne voulaient pas partir sans moi. J’ai vécu 10ans là-bas et j’ai réussi à créer mon propre business. Je te jure que j’suis revenue au Sénégal plusieurs fois pour te rechercher mais malheureusement, vous aviez déménagé. Je te jure sur ma vie que j’ai remué ciel et terre pour te revoir. J’ai même pris un détective privé pour accélérer la recherche. C’est ce dernier qui m’a vraiment aidé à te retrouver. Mais je ne pouvais pas venir m’afficher comme ça et me présentait comme ta mère. J’suis venue parler à ta mamie de mes intentions de te révéler toute la vérité mais cette dernière ne voulait pas l’entendre. Elle était trop énervée et elle a fini par avoir cette attaque. J’ai fait tout mon possible pour que tu ne me voies pas tant qu’elle ne l’aura pas voulu. Malheureusement, Dieu en a décidé autrement. J’vis maintenant au Sénégal depuis presque 1an, j’venais tout le temps aux nouvelles. J’ai préféré rester dans l’ombre pour ne pas perturber tes études. J’avais promis à ta mamie de ne jamais faire quelque chose sans son accord. J’devais respecter ma promesse. Elle n’a jamais accepté mon argent pour ton éducation. Elle t’aimait d’un amour pur et propre. Je l’en serai éternellement reconnaissante. Elle a fait de toi une fille éduquée, mure et respectable. Mashallah.

J’étais tellement perturbée par toutes ses révélations. J’étais éduquée par une famille adoptive et pourtant, personne ne m’a regardé comme un adopté. Ils étaient vraiment gentils avec moi. Ils cédaient à toutes mes caprices. Je leur en serai reconnaissante toute ma vie. J’avais pris une place qui n’était pas la sienne et pourtant, ils ont accepté sans rancune. Je me rappelle de leur cadeau à chaque mois de décembre. Dans ma tête, je ne pouvais que rendre grâce au Bon Dieu pour cette famille d’accueil. Je les considérerai toujours comme ma vraie famille. Mamie s’est sacrifiée toute sa vie pour me mettre dans d’excellentes conditions. Je ne pouvais pas répondre à cette dame qui n’est autre que ma mère. J’ai préféré me taire un long moment, elle est sortie du salon en larmes. Tonton est revenu avec les tantes pour me parler. On se reparle très prochainement.

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