
Au cœur des flammes
Chapitre 2
Je souffrais de douleurs abdominales et j’ai presque grincé des dents en tentant de me frayer un chemin hors du feu.
Agnès, qui était allongée sur mon dos, s’est réveillée à un moment donné, étouffée par la fumée. Elle m’a saisie avec une poigne mortelle, criant désespérément :
« Hervé, petite brute, ta femme et ton enfant sont coincés ici et tu ne penses qu’à emmener cette femme à l’hôpital ? »
Je me suis arrêtée net, scrutant avec attention le mouvement à l’extérieur. Mais les pas s’étaient déjà éloignés, et Hervé avait disparu depuis longtemps.
L’armoire, déformée par la chaleur, s’est effondrée, bloquant notre unique issue de secours.
Tremblante, j’ai renversé le reste de mon eau sur une serviette et l’a tendue à Agnès.
Elle m’a regardée, les yeux emplis de vieilles larmes, prête à prononcer quelques mots, quand la sirène a retenti à nouveau en bas.
C’était le même bruit que celui que nous avions entendu un peu plus tôt.
C’était Hervé qui partait, emmenant Corine avec lui.
Le feu se faisait de plus en plus violent, et dans un désespoir croissant, je pensais que cette fois, je n’en sortirais pas vivante.
Agnès, toujours sur mon dos, a toussé encore quelques fois avant de se taire.
Le feu s’intensifiait, et déjà les bords de mon manteau prenaient feu.
Juste à ce moment-là, alors que je pensais que tout espoir s’était éteint, un cri a percé l’air à l’extérieur de la porte :
« Sophie, on m’a dit qu’ils ne t’ont pas vue sortir, es-tu encore à l’intérieur ? »
J’ai perdu alors le contrôle de mes larmes et me suis empressée de répondre.
Peu après, une personne est entrée précipitamment, brandissant un extincteur, et je n’ai finalement pas pu tenir plus longtemps et j’ai perdu connaissance.
...
Quand j’ai rouvert les yeux, Agnès et moi étions en sécurité, ramenées au rez-de-chaussée.
C’était Paulin, le collègue d’Hervé, qui nous avait sauvées.
Son visage noirci par la fumée, il a esquissé un sourire lorsqu’il m’a vue reprendre connaissance.
« Sophie, j’avais dit que je vous avais entendues, mais Corine insistait qu’il n’y avait personne dans la maison… »
Après avoir prononcé ces mots, il s’est effondré soudainement sur le sol. Les témoins se sont précipités pour nous aider et appeler une ambulance.
Heureusement, nous allions toutes les trois bien. Agnès souffrait de plusieurs problèmes de santé sous-jacents, et Paulin, qui avait inhalé trop de fumée, restait inconscient.
Hervé a appris la nouvelle et s’est précipité à l’hôpital. Lorsqu’il m’a vue, il m’a giflé avec colère, bien que les infirmières tentent de l’en empêcher.
« Salope, pourquoi es-tu si impitoyable, pourquoi voulais-tu tuer Corine ? »
« Tu n’étais manifestement pas chez nous, pourquoi es-tu retournée dans le feu ? Tu as failli tuer Paulin, sais-tu ? »
« Je ne pensais vraiment pas épouser une femme vénéneuse comme toi ! S’il arrive quelque chose à l’un d’entre eux, c’est toi la meurtrière ! »
J’avais survécu à un incendie mortel, et avant même de pouvoir reprendre mes esprits, il m’a giflée, me faisant tomber au sol.
Pendant ce temps, Corine émergeait derrière lui, montrant à peine la moitié de sa tête. Elle a ajouté l’huile sur le feu : « Sophie, je sais que tu me détestes, mais as-tu pensé au nombre de vies que cela va coûter ? »
Après avoir prononcé ces mots, elle s’est appuyée faiblement sur l’épaule d’Hervé et a commencé à tousser violemment.
En voyant le sang qu’elle crachait, Hervé s’est retourné et m’a frappée violemment à terre, moi qui venais tout juste de me relever.
« Femme vénéneuse, pourquoi n’es-tu pas morte dans l’incendie ? J’aurais dû forcer Paulin à partir, lui dire de ne pas te sauver, et laisser le feu te brûler vive ! »
Il m’a regardée avec une haine palpable dans les yeux.
Corine, dans ses bras, affichait un regard de défi.
Je n’avais plus la force de discuter avec eux. J’ai ressenti le sang couler sous moi, et la douleur palpable m’a fait pleurer. Ma gorge brûlée ne me permettait de prononcer que quelques mots :
« Docteur, appelez un docteur… »
Hervé a affiché un sourire sardonique en voyant ma condition agonisante.
« Appeler le docteur ? » a-t-il ricané, « Toi, une meurtrière, as-tu vraiment le droit de recevoir des soins ? »
Je le regardais fixement, les yeux emplis de douleur et de déception.
Il avait été manifestement enthousiasmé par l’idée de la naissance de notre bébé, avant l’arrivée de Corine. Il avait minutieusement préparé une chambre pour elle, choisissant chaque détail avec soin, et lui avait déjà attribué un joli prénom : Zoé.
Hervé m’avait dit que cette enfant serait le plus beau cadeau que Dieu lui avait jamais offert, comme une bénédiction précieuse. Mais à présent, alors que le sang coulait sous moi, au lieu de se précipiter vers moi, il s’est tourné simplement vers Corine, comme pour la protéger de cette scène sanglante...
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