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Couverture du roman Au cœur des flammes

Au cœur des flammes

Victime d'un piège incendiaire tendu par Corine, la maîtresse de son époux Hervé, une femme enceinte refuse de brûler en silence. Dans sa vie antérieure, ce drame avait conduit à la mort jalouse de Corine, puis au meurtre sauvage de sa propre fille par un mari vengeur. Revenue mystérieusement dans le passé, au cœur même du brasier initial, elle choisit de lutter pour extirper sa belle-mère Agnès et sceller sa vengeance contre ceux qui ont détruit sa vie.
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Chapitre 3

Lorsque je me suis réveillée, j’avais été transférée dans un autre service.

L’infirmière, apercevant que j’étais consciente, a brisé le flacon de pilules et a jeté le tout dans la poubelle, son dégoût perceptible dans sa voix :

« Aïe, tu as de la chance ! Après avoir causé tant de souffrances, tu n’as perdu qu’une enfant. Tu devrais payer un prix plus fort pour ça ! »

Un feu semblait brûler dans ma gorge, et je n’arrivais même pas à émettre un son. Je ne pouvais que supporter ses railleries.

Me voyant dans cet état, cette jeune femme a ouvert brusquement la porte et, d’une voix forte, s’est adressé à ceux à l’extérieur : « Elle est réveillée ! Emmenez-la, je ne veux pas rester près d’une meurtrière ! »

Puis, se tournant vers moi, elle a ajouté, pleine de colère : « Comment as-tu osé mettre le feu ? À vrai dire, tu aurais dû brûler jusqu’à en mourir ! »

Deux hommes sont entrés, et sans un mot, l’un d’eux a saisi brutalement mon bras et m’a entraînée hors de la salle. J’ai rencontré bientôt Hervé.

De l’autre côté d’une table, son visage sombre et lugubre, il a ouvert la bouche pour me condamner :

« Sophie, tu es aussi vicieuse qu’un serpent, tu as tenté de tuer Corine de manière préméditée ! Je pourrais demander un sursis à cause de ta grossesse, mais tu iras en prison pour cela ! »

Après ces mots, il a détourné la tête, comme si prononcer un mot de plus ternirait à jamais sa réputation et son innocence.

J’ai ouvert la bouche pour me défendre, mais ma gorge enrouée n’a laissé échapper qu’une violente toux.

C’était alors que Corine s’est précipitée en pleurs et est tombée dans les bras d’Hervé : « Hervé, je viens encore de faire un cauchemar. J’ai rêvé que je suis morte dans un incendie, j’ai tellement peur… »

Sur ses mots, le visage d’Hervé, qui s’était un instant détendu, a retrouvé son ironie habituelle.

« Sophie, je ne comprends vraiment pas comment une femme aussi gentille que Corine peut te provoquer. Pourquoi la détestes-tu autant et pourquoi la maltraites-tu encore et encore ? »

« Son père est un martyr, il a sacrifié sa vie pour sauver les autres ! Et toi, comment peux-tu oser maltraiter sa fille ? Tu es allée tellement loin, trop loin, bien au-delà de ce que l’on pourrait imaginer ! »

Il n’avait pas la patience d’en dire davantage. Ses poings serrés ont frappé violemment la table, faisant résonner un bruit lourd, presque insupportable.

J’ai pris l’eau tiède que l’homme me tendait, la portant à mes lèvres avec une certaine hésitation. Après avoir bu plusieurs gorgées, j’ai réussi enfin à articuler, d’une voix tremblante mais ferme :

« Ce n’est pas moi qui ai mis le feu, c’est Corine. Ce n’est pas moi qui mérite d’aller en prison, c’est elle, la véritable meurtrière ! Et toi, tu n’as pas assumé tes responsabilités, ni en tant que mari, ni en tant que fils ! »

Hervé a frappé à nouveau la table, et s’est levé d’un coup. Il s’est penché en avant, son regard planté dans mes yeux : « Corine est simple et gentille, comment oses-tu l’insulter ainsi ? Elle m’a déjà raconté ce qui s’est passé, c’est toi, toi la vénéneuse qui a délibérément mis le feu après vos disputes ! »

Corine, se tenant légèrement à l’écart, a éclaté d’une voix tremblante :

« Hervé, elle essaie encore de me faire porter le chapeau ! J’ai vraiment peur, je ne veux que rester à tes côtés, comme une amie, comme ta petite sœur... Sophie, tu me détestes à ce point, au point de vouloir ma mort ? »

Elle s’est avancée alors brusquement et a saisi mon bras. Un frisson de dégoût m’a parcourue, et j’ai essayé de retirer ma main avec hâte. Mais, dans un éclair, la seconde suivante, Corine s’est écriée, son corps se renversant en arrière : « Hervé, aide-moi, elle me pousse à bout… »

Hervé s’est levé immédiatement et l’a prise dans ses bras, tout en me plaquant violemment au sol avec son autre main.

« Sophie, comment oses-tu faire ça, la viser ainsi devant moi ? Est-ce qu’il te reste une once de conscience ? Si ce n’était pas parce que les femmes enceintes ne peuvent pas aller en prison, je t’y aurais envoyée sur-le-champ pour que tu paies le prix de tes actes ! »

J’ai baissé la tête et ai fixé Hervé, furieuse. Son regard, ses sourcils froncés, m’étaient toujours aussi familiers, comme autrefois, lorsqu’il me faisait une promesse. Mais je n’avais plus aucune illusion à son sujet.

Dans ma vie précédente, Corine s’était suicidée, et Hervé m’avait accusée d’être l’assassine. Dans cette vie-ci, Corine était toujours en vie et en bonne santé, mais il croyait toujours que c’était moi, l’incendiaire... Je ne comprenais plus l’intérêt d’un tel mariage.

Je lui ai dit, d’une voix glacée, sans la moindre émotion : « Hervé, divorçons. Tu me feras un procès si tu veux. J’ai déjà perdu mon enfant, et j’aimerais bien voir si tu peux me faire perdre ma liberté ! »

À ces mots, les sourcils d’Hervé se sont froncés avec une violence soudaine, et sa voix, empreinte de confusion, a pris un ton interrogatif, presque incrédule : « Qu’est-ce que tu racontes comme bêtises ? Que veux-tu dire par "tu as perdu ton enfant" ? »

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