
Amour gelé
Chapitre 3
Félix s’est assis au bord du lit d’Isabelle et a délicatement réajusté sa couverture.
Isabelle s’est appuyée contre lui, le visage pâle, et avait l’air pitoyable.
« Félix, je vais beaucoup mieux, ne sois plus en colère », a dit doucement Isabelle, « Clara n’a pas fait exprès, laisse-la tranquille. Il a fait tellement froid dans la cave, et elle était enceinte, s’il lui était arrivé quelque chose, cela aurait été terrible. »
« Tu veux que je la laisse partir ? » Félix a eu un regard glacial. « Elle t’a fait tant de mal, comment aurais-je pu la laisser s’en tirer si facilement ? Il fallait qu’elle réfléchisse à ses actes pour qu’elle n’ose plus jamais te faire du mal. »
Dans les yeux d’Isabelle a brillé un petit plaisir secret, mais elle a continué à feindre l’inquiétude. « Mais je vais bien, et Clara porte ton enfant. Si quelque chose était arrivé à ce bébé, tu l’aurais regretté. »
« Regretter ? » Félix a ri avec mépris. « Si j’avais voulu un enfant, il y aurait eu bien assez de femmes prêtes à me le donner. Tant que tu allais bien, le reste n’avait aucune importance. »
Isabelle s’est réjouie intérieurement, mais elle a continué à protester avec délicatesse : « Félix, comment as-tu pu dire une chose pareille ? L’enfant est innocent. Alors voilà, quand j’irai mieux, laisse-la partir et fais-la s’agenouiller devant moi pour s’excuser. On en restera là. »
Félix a réfléchi un instant et a hoché la tête. « D’accord, je t’écoute. Quand tu iras mieux, je l’amènerai pour qu’elle s’excuse. »
Il ne savait pas qu’à cet instant, j’étais sur le point de m’effondrer dans la cave. Les douleurs dans mon ventre étaient de plus en plus intenses, comme si d’innombrables couteaux m’avaient déchiré les entrailles. J’ai senti mon corps devenir de plus en plus froid et ma conscience fléchir.
Je me suis souvenue de mes parents. S’ils avaient su ma situation actuelle, ils auraient été bouleversés. Quand j’avais insisté pour épouser Félix malgré leur opposition, ils avaient respecté mon choix. À cet instant, je me suis dit que si je ne l’avais pas épousé, je ne serais pas arrivée à cette extrémité.
« Mon amour, pardon... je n’ai pas pu te protéger », ai-je sangloté, désespérée. « S’il y avait une autre vie, je ne serais plus jamais aussi naïve. Je trouverais un homme qui nous aimerait et prendrait soin de nous. »
Je ne savais pas combien de temps s’était écoulé lorsque j’ai senti soudain une chaleur s’échapper de moi. J’ai compris que mes eaux s’étaient rompues. Le désespoir m’a submergée, dans ce froid, l’enfant n’aurait eu aucune chance de survivre.
J’ai fait tout ce que j’ai pu pour retenir mon enfant, mais le froid et la douleur m’ont paralysée. J’ai senti la vie de mon enfant s’éteindre peu à peu, tandis que ma conscience disparaissait.
Juste avant de sombrer dans l’obscurité, j’ai cru voir le visage de Félix. Son regard glacial était comme un couteau tranchant qui m’a transpercé le cœur. J’ai murmuré intérieurement : « Félix, je te déteste. Je ne te pardonnerai jamais. »
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