
Achetée par l'Alpha
Chapitre 2
Chapitre 2
Le silence qui suivit son entrée était presque suffocant, comme une tension palpable suspendue dans l'air. Caelan la fixa, ses yeux d'un gris métallique semblant percer jusqu'à l'âme de la jeune femme qui se tenait là, immobile comme une proie prise au piège. Il ne bougeait pas, mais son énergie, brute et dominatrice, envahissait la pièce. Tout chez lui, des épaules larges à la posture rigide, transpirait la menace retenue.
Il plissa légèrement les yeux, comme s'il essayait de décoder quelque chose d'insaisissable. Il avait capté un détail inattendu, un éclat dans l'air qui le perturba. Cela n'avait rien à voir avec son intrusion maladroite. Non, c'était autre chose, quelque chose qui éveillait en lui une conscience qu'il aurait préféré ignorer.
- Vous avez décidé de transformer ma suite en lieu public, peut-être ?
La voix claqua comme un coup de fouet, sèche et glaciale. Talia se tendit, secouée par la violence du ton. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais son souffle semblait lui manquer, ses mots emprisonnés par la peur.
- Je... Je ne savais pas que quelqu'un... Je suis désolée, murmura-t-elle enfin, les yeux baissés.
Caelan fit un pas en avant, comblant une partie de l'espace entre eux. Il la dominait de toute sa stature, chaque mouvement calculé. Il croisa les bras, ses muscles se tendant sous le tissu de son costume.
- Désolée ? Vous pensez que cela suffit ? Vous entrez dans ma salle de bain, comme si cet endroit vous appartenait, et vous espérez repartir sans conséquences ?
Il la regarda avec une intensité froide, mais une part de lui était distrait, capturée par l'odeur qui émanait d'elle. C'était subtil mais persistant, un mélange de quelque chose de familier et de troublant. Son loup, toujours en veille dans un coin de son esprit, grogna faiblement, intrigué. Il serra la mâchoire, essayant de maintenir son contrôle.
- Je n'ai pas d'excuses à offrir, finit-elle par admettre d'un ton rauque. J'ai eu tort. Si vous pouviez juste... me laisser partir, je promets que cela ne se reproduira plus.
Elle tenta un pas en arrière, mais il leva une main, l'arrêtant net.
- Ne bougez pas.
Sa voix avait perdu une partie de son mordant, mais l'ordre restait incontestable. Elle s'immobilisa, comme figée sur place, son regard oscillant entre crainte et incompréhension. Caelan la détailla un instant, ses yeux s'attardant sur les légers tremblements de ses mains.
- Quel est votre nom ? demanda-t-il enfin.
Elle hésita, comme si la réponse était une arme qu'il pourrait utiliser contre elle.
- Talia Rivers, répondit-elle finalement, presque à contre-cœur.
Il répéta son nom intérieurement, comme pour en tester la sonorité. Cela n'éveilla rien de spécifique, mais cela ne dissipait pas l'étrange sensation qui flottait dans l'air. Il se rapprocha encore, suffisamment pour qu'elle sente l'aura écrasante de sa présence.
- Très bien, Talia Rivers. Maintenant, expliquez-moi pourquoi je ne devrais pas vous faire virer sur-le-champ.
Elle releva la tête, affrontant son regard pour la première fois. Ses yeux étaient grands, lumineux, emplis d'une sincérité brute qui détonnait avec les excuses habituelles qu'il entendait dans ce genre de situation.
- Je n'ai aucune excuse. Mais je ne vous ai rien volé, rien abîmé. Je n'ai même pas touché quoi que ce soit. J'étais juste fatiguée, et...
Elle s'interrompit, mordant sa lèvre inférieure comme pour se punir d'en avoir trop dit. Mais il était trop tard. Caelan avait entendu l'écho de son épuisement, cette fragilité sous-jacente qu'elle tentait de dissimuler.
- Fatiguée, répéta-t-il doucement, presque pour lui-même. Vous travaillez ici, n'est-ce pas ?
Elle hocha la tête, surprise qu'il semble s'en soucier.
- Femme de chambre. Je fais des heures supplémentaires pour payer les factures.
Caelan sentit quelque chose en lui vaciller. Ce n'était pas de la pitié, mais peut-être une compréhension qu'il ne voulait pas admettre. Il s'écarta légèrement, rompant le contact visuel pour regarder ailleurs, comme s'il cherchait à se recentrer.
- Vous avez pris un risque insensé, Talia. Vous êtes consciente de ce que cela pourrait vous coûter ?
Elle baissa la tête à nouveau, les joues brûlantes de honte.
- Oui, murmura-t-elle.
Il aurait dû la congédier sur-le-champ, la renvoyer avec une mise en garde sévère pour ne plus croiser son chemin. Mais quelque chose le retenait. Ce n'était pas seulement cette odeur intrigante ou le timbre de sa voix. C'était une combinaison de tout cela, un tiraillement inexpliqué au fond de lui, comme si elle était... importante.
- Vous allez partir, dit-il finalement, mais il y avait une hésitation inhabituelle dans sa voix. Et la prochaine fois, vous réfléchirez avant de franchir une porte qui n'est pas la vôtre.
Elle releva les yeux, prête à exprimer sa gratitude, mais il ajouta rapidement :
- Cependant, je ne vous lâcherai pas si facilement. Nous avons encore à discuter, Talia Rivers. Mais pas ici.
Le poids de ses mots la cloua sur place. Il parlait comme un homme habitué à obtenir tout ce qu'il voulait, et elle sentit une étrange terreur l'envahir. Pourquoi voudrait-il continuer cette discussion ? Elle n'était qu'une femme de chambre parmi tant d'autres.
- Pourquoi ? souffla-t-elle, sa voix à peine audible.
Il se contenta de la regarder longuement, un sourire énigmatique effleurant ses lèvres avant de s'effacer aussi rapidement qu'il était apparu.
- Disons que vous avez éveillé ma curiosité.
Elle sentit son cœur s'emballer. Tout en elle lui criait de fuir, mais quelque chose dans son regard l'empêchait de bouger. Elle savait qu'il ne plaisantait pas, et cela la terrifiait plus que tout.
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