
Achetée par l'Alpha
Chapitre 3
Chapitre 3
Le silence de la suite était trompeur, mais Caelan n'en était pas dupe. La rencontre avec Talia, aussi brève fût-elle, l'avait laissé avec plus de questions que de réponses. Elle était entrée dans sa vie comme une anomalie, un brin de chaos inattendu dans son monde parfaitement contrôlé. Son esprit ne cessait de revenir à cette odeur, à cette présence unique qui semblait défier la logique. Ce n'était pas qu'une simple erreur de jugement de sa part – quelque chose de plus profond l'appelait, même s'il refusait encore de le nommer.
Assis dans le fauteuil près de son bureau, il tapa un message rapide sur son téléphone. Quelques minutes plus tard, un homme entra discrètement, portant un dossier. Caelan le remercia d'un signe de tête avant de l'ouvrir. Les informations contenues à l'intérieur étaient précises et détaillées, comme toujours.
Talia Rivers, 22 ans, employée à temps partiel à l'hôtel depuis deux ans. Aucun antécédent criminel, pas de dettes excessives en dehors des frais médicaux liés à son frère. Alec Rivers, 16 ans, atteint d'une maladie dégénérative nécessitant des traitements coûteux. Leur situation financière était précaire, pour ne pas dire catastrophique. Les relevés de compte, les factures impayées, tout était là, peinturant un tableau sombre.
Caelan passa une main sur son visage, troublé. La plupart des gens dans sa position auraient simplement ignoré cette histoire. Une intrusion n'était qu'un incident mineur, facilement oublié. Mais il n'était pas la plupart des gens. Il savait que ce n'était pas une coïncidence. Son loup, toujours vigilant, le poussait à agir.
Lorsque la nuit tomba, il savait déjà ce qu'il ferait.
Le lendemain, Talia se sentait encore plus épuisée qu'à l'accoutumée. La rencontre avec Caelan l'avait laissée sur les nerfs, mais elle ne pouvait pas se permettre de perdre son emploi. Alec avait besoin d'elle, de chaque centime qu'elle gagnait. Ses mains tremblaient légèrement alors qu'elle nettoyait une chambre au troisième étage, essayant de ne pas penser à ce qui s'était passé.
Elle ne s'attendait pas à le revoir. Pourtant, en début d'après-midi, alors qu'elle finissait son service, une collègue lui murmura qu'un homme élégant l'attendait dans le hall. Talia sentit son estomac se nouer. Elle savait que c'était lui avant même de descendre les escaliers.
Caelan était là, appuyé nonchalamment contre une colonne, son regard fixé sur elle dès qu'elle apparut. Il ne fit aucun effort pour dissimuler son observation, et elle se sentit exposée sous ses yeux perçants.
- Mademoiselle Rivers, dit-il en guise de salutation, sa voix basse résonnant comme une promesse.
- Monsieur Storm, répondit-elle, essayant de paraître calme.
- Nous devons parler.
Elle fronça les sourcils, méfiante.
- Si c'est pour mon comportement d'hier, je vous ai déjà présenté mes excuses.
- Ce n'est pas ça. Pas exactement.
Il jeta un coup d'œil autour d'eux, puis fit un geste vers une porte discrète menant à une petite salle de réunion.
- Je préférerais que cette conversation reste privée.
Elle hésita, consciente que refuser pourrait aggraver les choses. Finalement, elle le suivit, la gorge sèche.
À l'intérieur, Caelan s'installa tranquillement sur une chaise, croisant les jambes comme s'il avait tout le temps du monde. Talia, en revanche, resta debout, les bras croisés.
- Très bien, dit-elle. Qu'avez-vous à me dire ?
- Vous êtes directe. J'apprécie cela.
Il marqua une pause, l'observant comme s'il évaluait sa réaction avant de continuer.
- J'ai fait quelques recherches sur vous.
Elle blêmit, son cœur battant soudain plus vite.
- Vous avez... quoi ?
- Ne jouez pas la surprise. Vous savez qui je suis, et vous savez ce dont je suis capable.
Elle recula légèrement, une étincelle de colère remplaçant la peur dans ses yeux.
- Vous n'aviez pas le droit...
- Peut-être pas, mais cela ne change rien au fait que je l'ai fait.
Il se pencha en avant, son ton devenant plus sérieux.
- Votre frère est malade, gravement malade. Les traitements dont il a besoin sont hors de votre portée. Vous travaillez ici jour et nuit, sacrifiant tout pour lui, mais ce ne sera jamais suffisant.
Talia sentit un nœud se former dans sa gorge. Elle détestait qu'il dise cela à voix haute, qu'il réduise sa vie à un constat aussi brutal.
- Où voulez-vous en venir ? demanda-t-elle, sa voix rauque.
Caelan la fixa un moment, puis lança calmement :
- Je peux tout arranger.
Elle haussa un sourcil, méfiante.
- Arranger quoi ?
- Les soins pour Alec. Les factures. Tout. Vous n'auriez plus à vous inquiéter de quoi que ce soit.
Son ton était neutre, presque froid, mais elle sentait une tension sous-jacente, comme s'il se battait contre quelque chose.
- Et en échange ? murmura-t-elle, bien consciente qu'une telle offre ne venait jamais sans contrepartie.
- En échange, vous devenez ma compagne.
Le choc la cloua sur place.
- Votre... quoi ?
Il ne détourna pas le regard, sa voix calme mais implacable.
- Ma compagne. Ce n'est pas une demande en mariage. C'est un arrangement. Vous vivrez avec moi, vous serez à mes côtés.
Talia éclata d'un rire incrédule, bien qu'il soit teinté de nervosité.
- C'est une blague, c'est ça ?
- Je ne plaisante jamais.
Elle secoua la tête, tentant de comprendre ce qu'il espérait obtenir d'elle.
- Pourquoi moi ?
- Parce que je vous ai choisie, répondit-il simplement.
Sa réponse la déstabilisa encore plus. Elle chercha quelque chose, une faille dans ses mots, mais il était impénétrable.
- Vous êtes fou, murmura-t-elle, reculant vers la porte.
- Prenez le temps d'y réfléchir.
Elle s'arrêta, ses doigts sur la poignée.
- Je n'ai pas besoin d'y réfléchir. La réponse est non.
- Êtes-vous certaine ?
Son ton était doux, mais le poids de ses mots était suffisant pour la faire douter.
- Vous avez jusqu'à demain. Une nuit. Après cela, mon offre disparaît.
Talia ouvrit la porte et sortit sans un mot, son esprit un tourbillon de confusion.
***
Cette nuit-là, elle ne trouva pas le sommeil. Les paroles de Caelan résonnaient en boucle dans son esprit, s'immisçant dans chaque recoin de sa conscience. Alec était si faible, si fragile. Et elle... elle se sentait piégée, comme si le monde entier conspirait contre elle.
Quand l'aube se leva, elle savait déjà ce qu'elle allait faire.
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