Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Vous avez oublié que j'étais une Morgan

Vous avez oublié que j'étais une Morgan

Durant un an, j'ai tout enduré pour obtenir la garde de mon fils, Hugo, ignorant même l'infidélité publique de mon mari, Alexandre. Pourtant, mon enfant me rejette avec haine, me tenant pour responsable de ses fautes. Trahie, je finis poussée dans un lac gelé par mon époux sous les yeux de mon fils impassible. Alors que je sombre, mon amour s'éteint. Ils ignorent que je suis une Morgan. J'active alors la balise de mon père milliardaire pour sceller ma vengeance.
Chapitres
Partager

Chapitre 3

Hélène POV:

Dans la voiture sur le chemin du retour, un silence étouffant remplissait l'espace entre nous. Je serrais le volant, mes jointures blanches.

« Il faut qu'on parle de ce qui s'est passé ce soir, Hugo », commençai-je, essayant de garder ma voix stable. « Ce genre de comportement n'est pas… »

« Laisse tomber, ok ? » lança-t-il sèchement, regardant par la fenêtre.

Puis, il s'est tourné vers moi. Pendant une seconde fugace, son expression s'est adoucie, et il a utilisé un nom qu'il ne m'avait pas donné depuis des années.

« Maman… »

Une lueur d'espoir s'est allumée dans ma poitrine. Peut-être que mon garçon était encore là, quelque part.

« … tout ça, c'est de ta faute », acheva-t-il, et l'espoir mourut aussi vite qu'il était né.

Je le fixai, la bouche bée.

« Ma faute ? Hugo, tu as été arrêté. »

« Si tu ressemblais plus à Candice, peut-être que Papa ne serait pas si malheureux tout le temps ! » cracha-t-il, ses mots un torrent de ressentiment longtemps contenu. « Peut-être que notre famille ne serait pas une telle blague ! »

Il ne s'est pas arrêté là. La cruauté a jailli de lui, un poison qu'il avait accumulé pendant des années.

« Qu'est-ce que tu fais, hein ? Tu me conduis à l'école, tu vas faire les courses, tu organises les fêtes stupides de Papa. Candice, elle, dirige une entreprise ! Elle a un million de followers ! Elle est cool. Toi… tu es… juste… Maman. »

Le mot « Maman », autrefois un terme d'affection, était maintenant une insulte. Un rejet. Un verdict sur toute mon existence.

Un étrange bourdonnement a rempli mes oreilles. Le monde semblait basculer, les lampadaires se transformant en traînées dorées. C'était comme si une main invisible me serrait le cœur, une pression si intense que j'avais du mal à respirer.

Des larmes, chaudes et irrépressibles, ont commencé à couler sur mon visage. Elles n'étaient pas seulement pour ses mots, mais pour les dix-sept années de sacrifice, d'amour, de dévotion qu'il venait de rendre insignifiantes.

Jessica, assise sur la banquette arrière, laissa échapper un ricanement méprisant.

« Oh mon dieu, elle pleure. »

« C'est ce qu'elle fait », dit Hugo, sa voix plate et dénuée de toute émotion. « Elle pleure. C'est tellement théâtral. »

« Ma mère dit que c'est parce qu'elle manque de confiance en elle », ajouta Jessica, sa voix dégoulinant d'une fausse sympathie. « Parce que ton père a tellement de succès et qu'elle… non. »

« Arrête de pleurer », ordonna Hugo, sans me regarder. « T'es si vieille. Pourquoi tu pleures comme un bébé ? C'est pathétique. »

Et là, les larmes se sont arrêtées. Net.

Comme si un interrupteur avait été actionné en moi. Le poids immense et écrasant de mon chagrin fut soudainement remplacé par un calme glacial et vide.

J'ai regardé mon fils, je l'ai vraiment regardé, et pour la première fois, j'ai vu son père. Le même port de tête arrogant. Le même pli méprisant des lèvres. La même vision froide et transactionnelle de l'amour.

Ils ne me voyaient pas. Ils voyaient une fonction. Un rôle. Une chose qui était censée les servir, et quand elle ne répondait pas à leurs attentes, elle devait être jetée.

J'étais si fatiguée. Une lassitude qui s'infiltrait jusqu'à l'os s'est abattue sur moi. Je voulais arrêter la voiture, sortir, et juste m'en aller. M'éloigner de la maison stérile et sans amour, de l'homme qui me méprisait, et du garçon qui était un étranger.

Quand nous sommes entrés dans la longue allée sinueuse de notre domaine, une autre voiture était déjà là. Un cabriolet blanc et élégant.

Candice Royer en est sortie. Elle portait un tailleur-pantalon crème, semblant tout droit sortie d'une séance photo de magazine, même à une heure du matin.

« Oh, Hélène, Dieu merci ! » s'écria-t-elle en se précipitant, son visage un masque d'inquiétude parfaitement joué. « J'étais si inquiète quand j'ai appris. Alexandre est en conférence téléphonique avec Tokyo, mais je lui ai dit que je devais venir. »

Hugo est immédiatement sorti de la voiture et s'est dirigé vers elle, sa posture passant de l'adolescent maussade au fils dévoué.

« C'est bon, Candice », dit-il d'une voix douce. « Je vais bien. »

« Mon pauvre chou », roucoula-t-elle en lui caressant les cheveux. Il s'est blotti contre elle comme un tournesol cherchant le soleil. Un geste qu'il ne m'avait pas offert depuis des années.

Je les regardais, un tableau parfait d'une famille aimante. La belle-mère accomplie, le fils adorateur. Et moi, la mère biologique, gênante, embarrassante, debout à l'extérieur, regardant à l'intérieur.

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Amoureuse de mon patron
8.3
À 20 ans, Abby Anderson porte le poids de son foyer. Depuis que son père, ancien professeur, a sombré dans l'alcoolisme après son licenciement, elle doit subvenir à leurs besoins. Embauchée comme secrétaire chez Parker Corporation, elle fait face à Dylan Parker. Ce jeune patron de 22 ans est aussi froid qu'arrogant. Entre haine, secrets et désir de vengeance, leur cohabitation s'annonce tumultueuse. Abby saura-t-elle surmonter ces épreuves ou finira-t-elle par renoncer ?
Couverture du roman Entre Amour et trahison
9.4
À Cotonou, capitale économique du Bénin, la famille Tossa incarne la réussite. Geoffroy, puissant homme d'affaires admiré de tous, a fait de sa fille unique, Ruth, son héritière légitime. Brillante et préparée à régner sur l'empire familial, la jeune femme comble la fierté de son père. Cependant, son union avec Brice Tchéton vient bouleverser cet équilibre. Entre ambitions cachées et sentiments, ce mariage sera-t-il un atout ou le début d'une douloureuse désillusion ?
Couverture du roman J'ai acheté le milliardaire pour une nuit
9.4
Trahie par son fiancé et sa meilleure amie juste avant son mariage, Chloe s'offre une nuit d'évasion avec un inconnu. Elle découvre vite que cet homme est Emilio Gillespie, son nouveau PDG. Alors que ses rivaux lui volent sa promotion et détruisent sa réputation avec un cliché compromettant, Chloe perd son emploi. Manipulée par Emilio et humiliée publiquement, elle décide de ne plus subir. Désormais, elle compte diriger la meute pour se venger de ceux qui l'ont brisée.
Couverture du roman L'Adieu au Monde Ancien
9.2
Le soir de leur anniversaire de mariage, l'univers de l'héroïne bascule. Victor, son époux milliardaire, exige le divorce pour rejoindre Ambre, son véritable amour dont elle n'était qu'une pâle doublure. Malgré une compensation de dix millions d'euros, la trahison est totale. Face à cette humiliation publique et à son cœur brisé, elle refuse de rester un second rôle. Désespérée, elle invoque alors un Système mystérieux pour fuir cette réalité et quitter définitivement ce monde de souffrance.
Couverture du roman Les clochettes
9.3
Neuf ans d'amour balayés par un testament. Pour hériter de son père, Cédric doit faire un enfant à Mireille. Le pire ? Aude les surprend dans leur propre lit. Cédric lui demande de patienter, promettant un mariage futur une fois la fortune acquise. Mais chaque visite de sa rivale est désormais annoncée par le tintement cruel de clochettes suspendues à la porte. Après quatre-vingt-dix-neuf fois, jusqu'où Aude pourra-t-elle endurer cette humiliation dans cette romance de milliardaire sombre et addictive ?