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Couverture du roman Vivants

Vivants

Sous une lune d'août voilée, Drago Malefoy et Hermione Granger pleurent leur détresse en secret. De retour à Poudlard après une guerre dévastatrice, leurs destins s'entremêlent face à l'imprévisible : le deuil d'un père, une identité usurpée, l'arrivée d'un nouveau-né et un mariage forcé. Entre traumatismes profonds et rapprochement inattendu, ces deux âmes brisées cherchent la lumière. Car là où l'amour finit par naître, l'obscurité ne peut plus jamais triompher.
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Chapitre 2

Après une courte nuit de sommeil, Hermione ouvrit les yeux. Elle retraça dans sa tête les événements de la veille : elle avait rangé l'ancienne chambre de ses parents et avait trouvé une grande boîte, sur laquelle était inscrit en lettre d'or son prénom. A l'intérieur, elle avait découvert une lettre qui lui était adressée, une couverture, un carnet, ainsi qu'un petit médaillon, à l'intérieur duquel il y avait une photo d'elle bébé, accompagnée d'un autre nourrisson, tous deux dans les bras de ce qui semblait être leurs parents. Elle avait directement lu la lettre et ne s'était pas attardée sur le reste. Depuis, elle n'avait pas rouvert la boîte. Trop choquée, elle s'était écroulée après avoir lu attentivement le contenu de la lettre pour être sûre d'avoir bien compris.

Quand elle se souvint de tout, elle eut envie de pleurer, encore. Mais elle se força à ne pas verser de larmes. Elle n'était de toute façon pas sûre qu'il lui en restait en stock, après la soirée qu'elle avait passée. Elle retourna dans la chambre de ses parents pour ramener la boîte dans sa chambre. De là, elle pourrait prendre une décision pour la suite.

Devait-elle contacter Harry, lui raconter tout dans une lettre ? Non. S'il n'était pas au courant, ce serait trop dur à encaisser, elle ne voulait pas qu'il subisse ce qu'elle venait de vivre. Alors fallait-il qu'elle lui demande de la rejoindre ? Ou qu'elle le rejoigne ? Elle n'en savait rien, elle était totalement perdue.

Elle choisit donc de descendre dans la cuisine pour se préparer quelque chose à manger. Elle ne pouvait pas réfléchir le ventre vide.

Après s'être rempli l'estomac d'œufs et de bacon, elle prit une décision : donner rendez-vous à Harry, pour tout lui raconter, mais uniquement tous les deux. Les autres n'avaient pas besoin d'être au courant pour l'instant.

Sa résolution prise, elle se leva et prit de quoi écrire :

"Harry,

Je sais que je n'ai donné aucune nouvelle depuis mon départ précipité du Terrier, alors excuse-moi. Je suis retournée chez mes parents, j'avais besoin de me retrouver seule. Je m'en veux beaucoup tu sais. J'espère que tout va bien de ton côté et chez les Weasley. Je t'envoie cette lettre à toi, et seulement à toi, car j'aimerai te voir. En effet, en rentrant chez moi j'ai découvert quelque chose dont il faut absolument que je te parle, cela te concerne. Pour l'instant, je préfère ne pas en parler aux autres, tu comprendras pourquoi lorsque nous nous verrons.

Retrouvons-moi lundi 11 août, au Chaudron Baveur, à 18h. Viens seul, ne préviens pas les autres, s'il-te-plaît.

Je t'embrasse,

Hermione."

Avant de partir de chez les Weasley, Hermione avait décidé de s'acheter une chouette, pour communiquer avec ses amis, si elle en avait besoin. Après une longue hésitation, elle avait jeté son dévolu sur une magnifique chouette effraie au un plumage cendré qui tendait au rouge et l'avait prénommé Mira.

Elle tendit sa lettre à Mira, qui s'envola aussitôt. Quelques minutes plus tard, elle disparut du champ de vision d'Hermione.

oOo

Hermione termina de mettre dans son sac à perle ce dont elle avait besoin, notamment la lettre de sa mère. Il était dix-sept heures cinquante, elle avait rendez-vous avec Harry dans dix minutes. Il ne lui avait pas répondu. Elle espérait de tout cœur qu'il serait là.

Elle transplana depuis le perron de sa maison et atterrit devant la porte miteuse du Chaudron Baveur. Elle connaissait bien cet endroit, et l'appréciait, bien qu'elle n'y avait pas mis les pieds depuis plusieurs années déjà. Alors qu'elle entrait, un sentiment de nostalgie l'envahit peu à peu, mêlé de tristesse en pensant qu'elle ne reverrait jamais certaines personnes qu'elle avait pu rencontrer ici.

La salle était remplie. Tom, le barman, était derrière son comptoir et servait différents clients. Le Chaudron Baveur était assez réputé, et Hermione put apercevoir plusieurs étrangers, arrivants des quatre coins du monde. Elle entendit différentes langues, ainsi que différents accents, ce qui la fit sourire.

Après avoir observé toute la salle, elle n'avait toujours aucun signe d'Harry. Mais elle était en avance, et lui était souvent en retard. Elle ne s'en inquiéta donc pas et alla s'asseoir à une table près de l'escalier qui montait vers les chambres de l'établissement.

Il était dix-huit heures passées et toujours aucun signe de son ami, ou plutôt de son frère. Elle s'impatienta et commanda une Bièraubeurre à un serveur. En buvant celle-ci, la jeune femme sortit de son sac la lettre pour la relire, comme si elle espérait encore apprendre quelque chose de nouveau après la onzième lecture.

A chaque entrée dans le bar, elle levait la tête, espérant apercevoir Harry. Mais non, toujours rien. Elle commençait à appréhender le fait qu'il ne vienne pas. Après tout, elle n'avait pas eu de réponse, peut-être ne voulait-il pas la voir, peut-être était-il fâché à cause de son départ, ou alors n'avait-il pas reçu la lettre ? Elle perdait espoir.

Mais soudain, une main se posa sur son épaule et dans un sursaut de surprise, elle se retourna. Deux yeux verts la fixaient. Il avait toujours ses lunettes rondes, au-dessus desquelles on pouvait apercevoir sa cicatrice en forme d'éclair, ses cheveux étaient toujours aussi indomptables, mais il avait l'air de les avoir coupés récemment. Il avait une légère barbe de trois jours, pas entretenue, et portait une robe bleue foncée.

- Hermione, sourit-il.

- Harry ! J'ai cru que tu n'allais pas venir. Je commençais à désespérer, dit-elle en le serrant fort dans ses bras.

- Mais non, tu me connais je suis toujours un peu en retard, je n'aurais pas raté l'occasion de te revoir. Tu m'as tellement manqué, Hermione.

- Toi aussi, vous m'avez tous manqué tu sais, mais j'avais vraiment besoin de partir de mon côté, dit-elle en se rasseyant en face d'Harry.

- J'ai cru comprendre. Nous étions quand même tous très inquiets, même si au fond je pense que nous avions tous compris pourquoi tu étais partie. J'espère que ça t'as fait du bien, et que tu as obtenu ce que tu voulais.

- Oui, je pense être sur la bonne voie en tout cas. Tu sais, je suis tellement désolée d'être partie comme ça, mais je n'avais pas envie de vous dire au revoir et d'avoir à vous expliquer tout ça. J'avais peur que vous ne compreniez pas... J'ai été idiote, je m'en veux beaucoup... dit-elle, les larmes aux yeux.

- Ne t'en fais pas, les autres ont compris. Je pense que seul Ron ne s'en est pas vraiment remis, je crois qu'il t'en veut de ne pas avoir répondu à ses lettres, de ne pas lui avoir expliqué...

- Comment va-t-il ? Je sais que j'aurais dû lui dire, mais je n'ai pas réussi, c'était trop dur. Il était déjà très mal à cause de la mort de son frère, comme tous les Weasley, je ne voulais pas en plus lui infliger ça.

- Je crois que ça va mieux, mais à mon avis il va avoir du mal à te pardonner, m'enfin, tu verras ça avec lui, dit-il en haussant les épaules, alors qu'Hermione baissait la tête. Tu sais comment il est. En tout cas, saches que moi je ne t'en veux pas du tout, je comprends parfaitement que tu aies voulu partir. J'y ai songé aussi, tu sais. Mais je ne voulais pas quitter Ginny et les autres, et je n'avais nulle part où aller, à part la ruine qu'est devenu Square Grimmaurd, alors je suis resté au Terrier.

Les deux amis prirent chacun des nouvelles de l'autre, se racontant le mois qu'ils venaient de passer l'un sans l'autre. C'était la première fois qu'ils vivaient séparés autant de temps sans se donner de nouvelles et ça avait été dur.

Harry et Ginny étaient toujours ensemble et tout se passait pour le mieux entre eux. Percy avait emménagé avec une certaine Audrey, Charlie était retourné en Roumanie, et Fleur et Bill étaient rentrés chez eux, à la Chaumière aux Coquillages. Teddy, le fils de Remus et Tonks et filleul d'Harry vivait chez sa grand-mère. Harry passait très régulièrement le voir. Ron en voulait terriblement à Hermione, mais se remettait petit à petit des émotions de la Guerre.

George ne se remettait pas de la mort de son frère, en tout cas beaucoup moins que le reste de la famille, il ne rigolait plus et restait enfermé dans sa chambre. Molly et Arthur avaient aussi du mal à se remettre de tous ces événements, mais continuaient de s'occuper de leur foyer malgré tout. Arthur n'allait pas tarder à reprendre son poste au Ministère, d'après Harry.

Après avoir bu plusieurs Bièraubeurres et avoir fait le tour des nouvelles, Hermione commença à expliquer ce qu'elle avait découvert quelques jours plus tôt, soit l'objet initial de sa rencontre avec Harry. Il lut la lettre et releva la tête, bouleversé par ce qu'il venait de lire.

- Mais...Hermione, ce... Ce n'est pas possible, souffla-t-il désemparé.

- Je sais, Harry... J'ai réagi de la même manière, je ne sais pas quoi te dire... Je pense qu'il n'y pas de doute, que c'est la vérité. J'ai aussi retrouvé un médaillon avec une photo de moi bébé, dans les bras de Lily, et toi dans les bras de James.

- Mais comment se fait-il que personne ne nous ait prévenu ?! Si nous devions vaincre Voldemort ensemble, Dumbledore nous l'aurait dit, non ? D'après la lettre de ta... de notre mère, l'Ordre était au courant, pourtant personne ne nous en a jamais parlé, ni n'a suggéré l'idée ! répliqua-t-il les yeux humides.

- Je sais... La seule explication que je vois, c'est qu'ils n'ont pas eu l'occasion de nous le dire.

- Mais bien sûr que si ! Hermione, nous avons côtoyé Rogue toutes ces années. C'est ton parrain ! Remus a aussi été notre professeur, Dumbledore, Sirius, tous les autres, ils ne nous l'ont jamais dit, mais pourquoi ?!

Hermione sentait que Harry commençait à s'énerver, mais ce n'est pas ce qu'elle voulait. Il ne le fallait pas, elle n'y pouvait rien, elle était déjà à deux doigts de pleurer, il fallait qu'il se calme.

- Harry, je n'ai pas trouvé d'explication logique à tout cela. Je n'en sais pas plus que toi, peut-être ne voulaient-ils pas nous l'apprendre ? Par peur que ça ne change tout. Je n'en sais rien. Et puis, tu sais tout autant que moi, continua-t-elle, que seul toi a vaincu Voldemort. Je n'ai participé qu'à la destruction des Horcruxes, mais au même titre que Ron. Tout cela n'a aucun sens...

- Il faut que nous comprenions. Si tu es bien ma sœur, il faut que nous en soyons sûrs, dit-il en baissant à nouveau les yeux pour regarder la lettre qu'il tenait encore dans les mains. Tu sais Hermione, pour moi ça ne change rien, tu étais déjà comme une sœur pour moi, j'espère que ça ne change rien pour toi non plus...

- Oh, Harry, pas du tout, répondit-elle émue. Je t'ai toujours considéré comme un frère aussi, crois-moi. Non, ça ne change en rien ma relation avec toi. Certes maintenant je sais que tu es mon frère, mais ça ne change rien d'autre. J'ai simplement l'impression que ma vie n'était qu'un gros mensonge, je n'ai jamais connu mes parents biologiques, tout comme toi à vrai dire. Et je crois que c'est le plus dur. Tous ces gens autour de nous, qui étaient au courant, mais ne nous ont jamais rien dit... C'est ça qui m'attriste le plus.

- Moi aussi, je n'y comprends rien. Nous sommes frère et sœur. Nous sommes jumeaux. Ton parrain est Rogue. Nous sommes nés le même jour, la même année, nous avons les mêmes parents. Je n'y comprends rien.

- Pourtant, nous nous ressemblons pas du tout. Du moins peut-être pour nos cheveux, qui sont tout autant indomptables, ricana-t-elle.

Ils plaisantèrent des quelques détails qu'ils n'avaient absolument pas en commun, et de toutes les choses que cette révélation allait changer. Hermione était soulagée, elle appréhendait cette rencontre. Mais au final, rien n'avait changé, elle restait toujours aussi proche de son meilleur ami, qui était désormais son frère.

Après une longue discussion, il commença à se faire tard. Hermione ne dormait déjà que très peu et commençait à fatiguer. Lorsqu'elle aperçut l'heure, elle décida qu'il était temps de partir.

- Tu retournes chez toi, n'est-ce pas ?

- Oui, Harry, j'ai encore besoin de temps, répondit-elle avec un sourire triste.

- D'accord, souffla-t-il sans cacher sa déception.

- Mais je t'écrirais, je te le promets. Je ne tarderais pas à revenir au Terrier de toute manière, les autres me manquent terriblement, et puis nous pourrons probablement chercher les réponses à nos questions, à propos de cette lettre. Mais pour l'instant il vaut peut-être mieux garder ça pour nous.

- Tu as raison, c'est peut-être mieux. Les autres pourront attendre. Nous avons bien attendu 18 ans ! ricana-t-il, vite suivi par la jeune femme.

- Merci d'être là, Harry, reprit-elle plus sérieusement. Je suis vraiment contente de t'avoir revu, et de t'avoir comme frère, ajouta-t-elle avec un clin d'œil.

- Eh oui ma chère sœur ! Je serais toujours là, continua-t-il doucement, avant de l'embrasser sur le front.

Ils se serrèrent dans leurs bras, puis se quittèrent. Hermione transplana chez elle et Harry rentra au Terrier. Elle était vraiment heureuse de l'avoir revu et se sentait libérée d'un poids. Elle avait réussi à tout lui dire. Le soir, elle s'endormit sur une note plus joyeuse que d'habitude et en fut ravie.

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