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Couverture du roman Vibrations clandestines

Vibrations clandestines

Zarek, un extraterrestre aux traits mayas connu sous le nom de Diego, débarque dans le sud de la France. Sa mission : localiser son compatriote Moïse. Toutefois, ce dernier sombre dans une folie meurtrière, transformant cette traque en un défi mortel. Accompagné de Natacha, une jeune voyante, Zarek devra affronter des périls imprévus. Entre secrets d'État et manipulations, il tente de découvrir le véritable projet des Anciens de Juma derrière l'exil de Moïse sur Terre.
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Chapitre 2

Après avoir quitté Natacha, Diego déambule, pensif, le long du trottoir et dirige machinalement son regard vers la vitrine du magasin sur sa gauche. En voyant son reflet dans celle-ci, il comprend mieux le choix des Anciens. Son aspect physique est semblable à celui des Terriens. Sa taille moyenne, ses cheveux noirs, son teint légèrement hâlé et le regard perçant de ses yeux noirs en amande lui confèrent une ressemblance certaine avec un indien du Mexique, de sorte que la plupart des gens qu’il croise seraient surpris d’apprendre qu’il y a quelques jours encore, il vivait dans un autre système solaire. Pourtant cette ressemblance ne saurait être le fruit du hasard. Mais comment pourraient-ils imaginer, ces Terriens, que les habitants de Juma (c’est le nom de sa planète) avaient été en relation, à une époque lointaine, avec la civilisation Maya et qu’un contact avait pu s’établir entre ces êtres d’origine tellement différente ? Tout simplement parce que ce peuple Maya savait comment canaliser l’énergie cosmique, voilà pourquoi cette relation à l’échelle interplanétaire avait pu se nouer. Ensuite, les rapports étaient devenus de plus en plus étroits et à la fin, un certain nombre de ces hommes et ces femmes Mayas avait accepté de partir avec eux sur Juma sans espoir de retour. Alors, Jumariens et Terriens Mayas avaient fondé une nouvelle civilisation sur Juma qui avait poursuivi son évolution jusqu’à maîtriser, capter parfaitement les énergies et ondes cosmiques. Toutefois, malgré le fait d’avoir dû s’adapter à leur nouveau milieu, les anciens Mayas, appelés maintenant Jumayens, n’ont subi pratiquement aucune altération de leur matériel génétique. La volonté des Jumariens est que deux races bien distinctes se perpétuent sur Juma, alors pas question de se « mélanger ». D’ailleurs, pour l’instant, personne n’y trouve rien à redire. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, si ce n’est que depuis quelques années, la stagnation a fait place au progrès. Bien sûr, en matière de communication les Jumariens, comme les Jumayens, ont une longueur d’avance sur les Terriens puisqu’ils sont capables de « converser » par télépathie et n’usent plus trop leurs cordes vocales. Ils ne connaissent ni les guerres et la famine ne sévit nulle part sur leur planète ; tout est cadré, aseptisé, les corps comme les esprits. Pourtant, depuis quelque temps, les Anciens se posent des questions. Tout devient trop automatique, plus personne ne sait faire preuve d’intuition, ce mot même a été banni du langage. La devise sur Juma est « laissons faire le Grand Tout ». Ils pensent que tant que leurs énergies seront reliées convenablement au cosmos, rien de fâcheux ne pourra leur arriver. Un certain point leur pose malgré tout problème : à l’heure actuelle, sur leur planète, ne subsiste plus aucun « médium » (pour parler en langage Terrien). Ils sont donc dans l’impossibilité de communiquer avec leurs morts, ne trouvant plus personne capable de se connecter à la fréquence des âmes des disparus. Cette maîtrise des âmes qui leur échappe commence sérieusement à les inquiéter, comme les interpelle également le fait que les Terriens, en ce moment, ont l’air de faire n’importe quoi et ne se servent pas de leurs facultés à bon escient. La soif de matérialisme, chez eux, va tout détruire s’ils n’y prennent pas garde. Cela serait bien dommage d’autant que les Anciens de Juma aimeraient bien faire de la Terre, une annexe de leur planète, celle-ci commençant à se faire vieille.

C’est la raison pour laquelle, il y a un an, ils ont décidé d’envoyer un des leurs sur la Terre pour tenter une expérience dont la raison « officielle » est la suivante : un Jumarien peut-il s’adapter à la vie et à « l’esprit » Terrien ? Un Jumarien, rebaptisé pour l’occasion Moïse, avait donc été « largué » sur Terre, muni au préalable d’un capteur/émetteur d’ondes vibratoires et de tout ce qu’il faut pour passer inaperçu. Il ne restait plus au pseudo-Moïse qu’à se trouver du travail. Or, depuis quinze jours maintenant, l’équipe scientifique de Juma n’a plus de nouvelles de lui. On en arrive donc au motif de la mission de Diego : retrouver Moïse en se faisant aider d’une femme « médium » qu’il devra, une fois la mission terminée, ramener avec lui sur Juma afin qu’elle les aide à relancer le processus médiumnique sur leur planète.

C’est à l’endroit même où avaient été captées pour la dernière fois les vibrations émises par Moïse que Diego avait atterri. Mais plus ce dernier y réfléchit, plus il se demande si les Anciens ont fait le bon choix en choisissant Ismak (c’est le nom que portait Moïse sur Juma) pour cette mission.

Dans un autre système solaire, sur la planète Juma et plus précisément dans une pièce ronde aux parois vitrées, règne une certaine effervescence qui ne se traduit pourtant par aucun bruit de voix. Un dialogue muet s’est instauré entre trois hommes, copies quasi conformes de Terriens, à la différence qu’ils ne possèdent pas de système pileux. En fait, la population de Juma est divisée en deux « ethnies », comme le diraient les Terriens, dont les différences sont essentiellement d’ordre physique. Tout d’abord celle des Jumariens, peuple d’origine, majoritaire sur la planète. Ces hommes et femmes affichent une grande taille, un corps maigre, aucun système pileux et des yeux bleu pâle aussi clairs que le cristal. L’autre partie de la population se compose de Jumayens. Leur physique se caractérise par une certaine ressemblance avec leurs ancêtres, les Mayas, dont ils ont conservé les traits principaux. Et pour que les descendants de ces deux ethnies conservent leurs traits et leur héritage génétique, Jumariens et Jumayens ne doivent en aucun cas avoir de rapports sexuels.

— Les nouvelles de Zarek (Diego) ne semblent pas très bonnes ?

— C’est vrai, il a du mal à établir un contact avec les Terriens. Peut-être aurions-nous dû les larguer ailleurs qu’en France ? Dans cette région du globe, les esprits sont assez fermés, paraît-il. Oui, en plus, d’après nos observations, dans la région précise du sud-ouest où il se trouve et, où, je l’espère Ismak (Moïse) se trouve aussi actuellement, les gens sont plutôt réputés pour faire un usage excessif de leur langue.

Cela choque toujours autant les Jumariens de constater l’importance que revêt la parole chez un Terrien. Sur Juma, on « parlait » beaucoup aussi autrefois, il y a très très longtemps, mais on avait fini par conclure que tout cela ne servait qu’à gaspiller de l’énergie, d’autant plus que, sur leur planète, les Jumariens naissent avec des cordes vocales légèrement différentes de celles des Terriens, peu adaptées à une diffusion correcte de la parole. Aussi, petit à petit chacun avait-il pris l’habitude de communiquer autrement. Au départ, cela s’était avéré difficile et puis, au fil du temps, la télépathie avait fini par devenir un moyen comme un autre de communication qui se substituait très souvent à la parole. Aucune anarchie des pensées ne règne pourtant sur Juma. Sur cette planète, rien ne se fait dans le désordre et surtout pas les communications. Il n’est pas question et même imaginable que qui que ce soit veuille s’immiscer dans les pensées d’autrui. Tout est codifié. Une personne qui souhaite s’entretenir avec une autre lui envoie un signal, une vibration, et, à ce moment-là seulement, le dialogue peut s’instaurer. Bien sûr, ils utilisent la parole également. Ils avaient, d’ailleurs, bien été contraints de le faire pour préparer Ismak (Moïse) et ensuite Zarek (Diego) à leur voyage. Un système de mémorisation avait même été créé à cette occasion pour leur permettre d’assimiler les langues parlées sur la Terre. Il faut dire que les Jumariens savent utiliser à bon escient les circuits renfermés dans les cellules de l’univers et s’en servent comme moyen de transport de l’information. Des capteurs de vibration avaient également été installés il y a des années sur la Terre, et plusieurs voyages d’études avaient été nécessaires avant de pouvoir envisager la mission qui les occupe actuellement.

— Il est tout de même inimaginable qu’il nous soit impossible de canaliser Moïse, fait remarquer Liko, un homme qui pourrait avoir un certain âge mais dont la peau est pourtant aussi lisse que celle d’un bébé, qui s’est joint à l’échange télépathique.

— Nous sommes aussi étonnés que toi mais peut-être que ses vibrations ont été brouillées par je ne sais quel appareil des Terriens qui émet des ondes.

— Oui, je crois que c’est la réponse la plus plausible mais c’est tout de même très étonnant. Je suis en train de me demander si nous n’aurions pas dû choisir un Jumayen plutôt pour cette expérience. Leur physique n’aurait pas attiré l’attention sur Terre, tandis que celui de Moïse…

— Mais tu sais bien que si cela avait été le cas la mission n’aurait plus eu aucune raison d’être.

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