
Unfaithful woman
Chapitre 2
2ème suite et fin Chap 1:
Jeanne, c’est çà ? oui… jeanne est partie… enfin ! mais alors, comment vais-je supporter le regard de ce mec que je n’ai apparemment pas cessé d’aimer ?!
Il l’a raccompagnée, il revient, s’assoit, me sourit.
-Lui : Gloria, change même un peu non ? tu es belle comme çà pour que nous autres pauvres diables fassions comment ?!!!
J’éclate de rire, un peu plus à l’aise, je retrouve le blagueur du lycée. On passe nos commandes, on remonte dans le temps, nos yeux se quittent à peine, sa main effleure la mienne accidentellement, mon sang ne fait qu’un tour, là, je crois bien que tout est fichu pour moi…
De souvenir en souvenir, il évoque l’étape triste du divorce de ses parents, ses problèmes d’yeux et de nerfs, son père qui l’a à peine soutenu lors de ses études, tout ce vide affectif, me revient et je le ressens encore mieux…je comprends beaucoup mieux ses attitudes provocantes, renfermées et désinvoltes parfois, sa nervosité au sport, sa hargne. Je le revois si fragile, si seul comme à Bafoussam, il a besoin de moi, du moins c’est ce que je pense…j’ai envie de le prendre dans mes bras, le rassurer. Qu’est ce qui m’arrive ? je sais bien que si je le fais on ne pourra pas se quitter, heureusement nous sommes dans un restaurant, Dieu merci ! Il me raconte son père qui a abandonné sa mère alors que celle-ci est dans un état de santé délicat, ce même père qui a carrément passé sous silence la naissance de sa petite fille, Glenn… je ressens latent ce besoin pour lui d’être consolé, rassuré, c’est un être humain après tout… Nous changeons de sujet, un peu plus gais, et l’ambiance est moins lourde.
On a fini, on est si heureux de s’être retrouvés, il me dit qu’il va devoir passer la nuit à Douala, finalement, moi je lui dis que j’ai un rendez-vous entre copines, je vais devoir y aller. 18heures.J’appelle un taxi-course, il ne me dit plus rien, son regard est si intense, il me demande si on pourra se voir demain, je lui dis : « peut être », on se dit qu’on va s’appeler. Le taxi est là, un chaste bisou sur les deux joues, je hume son odeur pour la dernière fois, je ressens le piquant de sa barbe, je laisse volontairement glisser ma joue contre la sienne à la fin du bisou, presque comme pour une centrale à peine ébauchée, et nos yeux s’accrochent. C’est fini, Glo, réveille toi, rentre chez toi et reprend le cours normal de ta vie…
Dans le taxi, 40 min plus tard, dans les embouteillages, je reçois un texto, c’est Pat :
« Je ne pensais pas être aussi ému de te revoir, tu es l’une des plus belles choses qui soient arrivées dans ma vie, Gloria, ma Princesse, s’il fallait remonter le temps, je me serais battu pour te garder, il est trop tard maintenant…notre amour a été et restera pur, mais je ressens et je sais que tu ressens la même chose, je ressens que nous avons une suite à cette histoire, que nous ne sommes pas dans l’infidélité car nous nous appartenons depuis l’enfance, j’ai envie de te revoir Gloria, si tu te décides, je serai à l’hôtel Cannabis, Akwa,chambre 18. »
Horreur et damnation ! le cri étouffé que j’ai poussé a fait se retourner le chauffeur de taxi, je manquais d’air, j’ai baissé la vitre, inspiré profondément, je n’ai pas réfléchi, je n’ai évalué aucune conséquence, en fait, je n’attendais que çà…
Mes mains tremblaient sur les touches de mon Blackberry, je n’ai réussi à lui répondre qu’une fois arrivée chez moi .
« Je viendrai, j’ai besoin de te revoir »
Même pas une seconde plus tard, je regrettais déjà d’avoir appuyé sur la touche « envoyer », que déjà Arnold m’appelait, la voix grave, chargée d’émotion contenue…
Lui : C’est vrai Glo, tu viens ?
Moi : Oui…
Lui : Alors, je t’attends…
Plus moyen de se dérober, pas de marche arrière possible ni même souhaitée d’ailleurs, je suis en plein dans mon film d’action et de suspense, il faut maintenant mettre les garde-fous. J’appelle mon mari (quelle lucidité), je lui annonce que la BT est du côté d’Akwa…
-Juste à côté de l’hôtel Cannabis, tu connais ?
-Lui : oui , oui je vois, bonne BT m’a-t-on dit, amuse toi bien et surtout…
-Moi : …Sois sage ! (rires)
J’appelle Nadia, elle répond avec méfiance elle sent bien que je vais lui faire faux bond et commence :
-Non, ne me dis pas que tu as un autre imprévu ???!!!!
Moi :Nadia, je suis dépassée,le genre de mal de tête que j’ai là hein ? je dois seulement me coucher et avaler efferalgan… S’il te plait, ne te fâche pas, mais vraiment je me sens mal (comme une menteuse professionnelle)…
Elle : Ok, (pas convaincue du tout) repose toi bien alors, mais si tu te sens mieux fait nous signe on passe te prendre hein ?
-Moi : Pas de problème,amusez vous bien.
Maintenant je peux aller prendre un bon bain apaisant dans ma baignoire, je mets une musique douce « My first love », Azyet,juste ce qu’il fallait pour me mettre en condition,je n’ai plus qu’une envie, le retrouver et me blottir contre lui, oublier tout ce qui s’est passé, ne penser qu’à l’instant présent, savourer, comme si c’était la dernière fois…
21 heures, Akwa, Chambre 18 de l’hôtel Cannabis. Je frappe. Mais je me demande bien comment j’ai d’abord fait pour passer la réception de l’hôtel, tous les clients assis, avec la peur au ventre de se faire reconnaitre, ce que j’allais inventer, de la mine décontractée que je devrais afficher au cas où, bref un scénario au point, au millimètre près…mais heureusement, personne.
CHAPITRE DEUX : …MAIS DELIVRE NOUS DU MAL
Alors je frappe.
Il m’ouvre la porte, il vient apparemment de prendre un bain, les gouttelettes d’eau perlent sur son torse, sa bouche frémit à ma vue, je porte une longue robe d’été blanche et bleue, je transpire entre les cuisses (ou il fait chaud à douala ce soir, ou alors c’est autre chose qui me donne chaud), galbée à la poitrine et moulante à la taille, manches courtes,longueur à la cheville, les mêmes sandales que dans l’après-midi…Il m’attire à lui par la taille,pousse la porte d’un coup de pied,je n’ai pas le temps de dire bonsoir, que déjà sa bouche est sur la mienne, ses mains sur mes hanches, le feu dans ses yeux et dans mon ventre…personne ne parle, nos corps crient famine, mon sac est abandonné à l’entrée, sous sa serviette de bain,ma robe ne fait plus qu’un tas près du lit en bois d’ébène de la somptueuse chambre,je ne sais à quel moment mon soutien gorge a été dégrafé, mais je sais exactement quand ma petite culotte m’a été littéralement arrachée,et maladroitement roulée à mes chevilles,je ne sais à quel moment il enfila un préservatif et moi je fus emplie de bonheur…tout de suite…ivre de joie. C’était un accomplissement, une fin logique, que sera sera !
Faire l’amour avec une autre personne que son homme, çà porte à comparaison, obligatoirement… Déjà les tailles sont différentes (ne riez surtout pas), mais c’est la manière de s’en servir qui compte (je ne dirai pas qui a quelle taille ici…), merci à la Go des ways !!!
Je promets, j’ai eu des sensations différentes, allant de l’extase à la presque douleur, de la découverte au déjà vu,j’ai crié son nom, et lui ne cessait de dire, « ma princesse ! » , au même moment la mélodie d’Andy Djéméa s’égrenait légèrement en fond sonore « Magguy »,ensuite, vint le paroxysme pour lui, mais pas vraiment pour moi, j’étais vraiment dans le côté purement romantique de l’amour retrouvé, mon plaisir n’avait pas besoin d’être, je voulais savoir qu’il était heureux d’être à mes côtés, encore une fois,malgré le temps et les changements intervenus dans nos vies,malgré la distance, malgré nous…Et il explosa, je sentis la secousse et son corps complètement à ma merci, je soupirai de joie,enfin !!!!
Mais alors, la suite, la suite fut catastrophique… je venais de me rendre compte de ce que je venais de faire…Andy chantait toujours… « tika ndolo tika ndolo tiki ndolo yééééhhhh » j’étais défaite, « ndolo yé ndjohhhhhhhhh »( l’amour fait mal ), c’est tout cela que je ressentais… Et là, je me suis demandé si c’était possible d’aimer deux hommes à la fois… Arnold s’est redressé ,à genoux juste au dessus de moi, il m’a tenu le visage dans ses paumes de mains,et dans ses yeux j’ai senti comme une délivrance, une reconnaissance,et là :
-Lui : Glo, je n’aurais jamais dû te laisser filer, tu es celle que je devais épouser, nous allons si bien ensemble, je me demande pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt…
-Moi : Ecoute…Arnold,je… (gênée, au bord des larmes)
-Chuuuuuuuuuttttt…je sais, tu te sens mal, c’est normal, car tu as toujours été fidèle, moi aussi d’ailleurs… mais toi et moi, c’est autre chose, nous ne sommes pas infidèles, nous nous appartenons, nous prenons ce qui nous revient de droit ! je ne prétends pas t’arracher à ton mari, c’est un peu tard pour çà,mais j’aimerais avoir une place spéciale dans ton cœur et toi, tu l’as d’office dans le mien.
C’est alors qu’une larme roule sur ma joue,mes lèvres tremblent de bonheur et de tristesse simultanées, je suis entrain de faire du mal à deux personnes, mais cela me fait du bien…Il écrase la larme avec son index, m’embrasse fougueusement comme pour stopper les sanglots qui montent en moi, et là le désir renait pour tous les deux,la danse de nos deux corps reprend, cette fois si sans faim, une exploration, une découverte de l’autre, et il me fit sienne en me regardant dans les yeux, et juste avec ce regard profond et sincère de l’amoureux, je connus un plaisir primitif et pur, et je criai son nom une fois de plus,mais cette fois ci, beaucoup plus fort…
Cinq fois cette nuit là, nous fûmes l’un à l’autre, je découvrais une part de lui que je ne connaissais pas,malheureusement, je m’attachais à lui sans le savoir, je redoutais déjà le lendemain matin, quand il faudrait rentrer chacun chez soi, et je me suis rendue compte que je ne voulais plus le laisser partir.Nous avons dormi serrés dans les bras l’un de l’autre,ma tête reposait naturellement dans le creux de son épaule,nos jambes enlacées.
Vint le matin, la dure réalité, il faut rentrer lui à Yaoundé et moi, à Bali, vaquer à mes occupations de digne femme et mère…On est debout, je suis face à la fenêtre qui donne sur le balcon,nue, lui nu aussi derrière moi, qui me serre amoureusement contre lui, tout simplement, et là mon cœur s’emplit de joie, c’est ainsi qu’il me serrait dans ses bras lors des rassemblements au Lycée, par surprise, de derrière…
-Lui : Glo…c’est trop dur de devoir partir,comment on va faire ? (comme si moi je savais) J’ai besoin de te voir, te toucher (j’ai des frissons), d’entendre ta voix, de sentir ton odeur (son nez frôle mon cou), de te faire l’amour, tu es à moi, tu entends ?
Il me repousse en avant, me fait me baisser et prend sauvagement possession de moi,je pousse un cri de surprise et de douleur furtive, je vois les étoiles, je suis haletante,j’aime ses façons de me faire l’amour, comme s’il me connaissait depuis longtemps (c’est le cas non ?)…
Lui et moi, assis sur le sol, 7heures,on n’arrive pas à se décoller l’un de l’autre, je me lève, il me retient, il m’embrasse,et je n’en peux plus.
-Moi :je pense que la boucle est bouclée !
-Lui : Comment çà ?
-Moi : tu as eu ce que tu voulais maintenant reprenons nos vies… (j’essaye de minimiser l’impact de nos actes pour reprendre pied)
-Lui : Non, Princesse, tu le voulais aussi, et je sais que tu le veux toujours, la question est : est ce que tu es prête à prendre le risque ?
-Moi : (déboussolée) je ne sais pas, je ne sais plus,je suis heureuse mais triste, on se fait du mal et aux autres, on risque de perdre beaucoup et de faire des malheureux, il est temps d’arrêter avant que çà ne devienne compliqué.
-Lui : écoute, pas de réponse hâtive, rentre chez toi, je fais ce que j’ai à faire cette journée,fais moi signe quand tu es arrivée,et surtout reste positive, on n’a rien fait de mal (le gars là insiste hein ? alors que moi je vois comment mon homme va me tchaa quand je vais sortir de l’hôtel ci…)
-Moi : Ok, mais tu vas me manquer… tu me manques déjà…
-Lui : et moi donc ?!
Le bain,dernier baiser très prolongé, nos bouches ne voulaient pas se laisser,je nouai un foulard sur ma tête de façon à bien cacher la forme de mon visage, je sors, son regard me brûle le dos, je hâte le pas, sortie del’hôtel, le taxi appelé 15 min avant est déjà garé devant, destination, bali pressing, chez moi, avec mes filles et l’homme à qui j’ai juré amour ,fidélité et assistance. Je ne suis plus différente de lui…Pire, je commence même à le comprendre et me rendre compte combien il est facile de succomber à la tentation, maintenant j’ai besoin d’être délivrée du mal, car il est là, bien présent en moi, et il s’appelle Arnold…
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