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Couverture du roman Un pacte avec le diable

Un pacte avec le diable

Héritière d'un empire technologique, ma destinée semblait tracée. Pourtant, le décès prématuré de mon père m'a laissée seule face à des responsabilités écrasantes. Pour garantir un avenir serein à ma petite sœur, j'ai dû commettre l'irréparable. J'ai scellé un pacte avec un homme impitoyable, sacrifiant ma propre liberté en échange de sa protection. Désormais liée à ce diable, j'entame une descente aux enfers dont je crains de ne jamais ressortir indemne.
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Chapitre 2

Je tourne la tête dans la direction opposée et le vois, lui son bras droit. Celui qui n'hésite pas à me cogner autant que lui dés que j'ose défier son autorité. À son sourire malveillant, je sais déjà ce qu'il va suivre. Je vais regretter ma fuite, mon escapade et mon entêtement à tout noyer dans l'alcool. Je ferme les yeux en grimaçant. Je ne pourrais pas aller travailler durant plusieurs jours. Je ne sais pas lequel va se déchaîner le plus mais je sais que le résultat n'aura rien de beau à voir.

Je cherche à me lever alors que mon corps se met à trembler.

- Rien ne vous oblige à y aller, me dit cet homme.

- J'aimerais qu'il en soit ainsi mais en fait c'est tout l'inverse. Tout me pousse à y retourner. Je ne suis qu'une prisonnière que l'on expose derrière des barreaux dorés. Une prisonnière grâce à qui une autre personne, elle, peut vivre librement.

C'est sûrement à cause de l'alcool que je lui en ai tant dis et je m'avance vers mon destin, je m'avance vers cette souffrance qui est la mienne.

- Allez viens pétasse, je te ramène à ton maître. Je suis sûr qu'il sera quoi faire de toi et au pire, si il manque de créativité, tu peux me croire, je serais lui souffler quelques idées.

Je ferme les yeux en me mordant la lèvre. Certains dirait que j'aurais du fuir bien plus loin, que j'aurais du simplement partir sans me retourner, mais c'est les même qui ne savent pas, qui ne comprennent pas que les apparences sont bien souvent trompeuses. Et j'avance, un pas après l'autre, profitant de ces dernières secondes ou la douleur ne sera pas non unique mantras pour un long moment.

Qu'importe le rôle qu'il me donne, je n'en reste pas moins une esclave, une contre partie afin d'obtenir un plus haut statut.

- J'arrive connard, dis-je en sachant que je finirai par le regretter sans pour autant lui donner la satisfaction de crier.

Depuis le temps, j'ai appris à ne plus hurler, j'ai appris à ne plus rien ressentir, à croire que je suis morte il y a bien longtemps de ça et que je ne suis plus qu'un corps qu'on utilise quand on en a envie.

- Je vais adorer ce qu'il va suivre, dit-il en passant rapidement sa main sur son jean.

Même ça, ça ne me fait plus rien. Ils l'ont tellement fait, à de si nombreuses reprises que c'est comme si mon esprit quittait mon corps. Je ne suis plus qu'un morceau de chaire qui ne réagit même plus, qui attend que ça passe en regardant le plafond.

Je soupire un peu plus et me retourne vers le barman avant de lui demander un dernier verre et alors je regarde ce mec trop beau pour être vrai pour lui dire.

- Tu peux me croire, celui là je vais en avoir besoin, dis-je en l'avalant d'une traite.

- Je peux t'aider, répond t-il alors que son regard s'assombrit un peu plus. Je ne peux pas te laisser partir comme ça.

- Tu ne peux rien pour moi. J'ai passé un pacte avec le diable et maintenant je ne suis plus que sa chose, sa traînée quand il le souhaite, son défouloir quand il en a besoin. Ne me plains pas, je ne le fais pas. On fait tous nos choix et j'ai fais celui là.

Il émet un son étrange qui me fait vibrer de l'intérieur. Je suis surprise de ressentir ça, à vrai dire, je suis surprise d'être encore capable de ressentir quelque chose.

- Magnes ton cul, il n'aime pas attendre et tu le sais, alors que moi, je préfère prendre mon temps.

J'aimerais le croire, penser qu'on puisse vraiment me sauver, mais si je me laisse aller à ce genre de sentiment alors je la condamne. Et ça, ça ne peut pas arriver.

- Tu n'as aucune idée de ce que je peux faire, dit-il en attrapant ma main.

Je me surprends à lui répondre par un sourire. Je vois bien qu'il semble sincère mais il n'a aucune idée de l'identité de mon bourreau et si je venais à accepter son aide, il finirait par le payer lui aussi. Je souffle un bon cou avant de me retourner vers son bras droit et m'avance vers lui d'un pas légèrement chancelant.

Les hommes de mains qui l'accompagnent n'ont aucune pitié pour moi et se contentent de sourire en sachant pertinemment que je vais passer un sale quart d'heure. J'arrive enfin jusqu'à lui qui se saisit de mon bras fermement.

- Il va adorer savoir que tu te fais draguer par des inconnus dans un bar.

- Arrêtes tes conneries, dis-je en tirant sur mon bras. T'as vu l'état dans lequel je suis. Tu crois vraiment qu'un homme pourrait s'intéresser à moi ?

- Tu restes baisable, ajoute t-il avec un sourire pervers. Et je suis sûr qu'il pensera la même chose que moi.

- Un jour, vous finirez par aller trop loin et alors, je serais à nouveau libre, dis-je en souriant à mon tour.

- On est pas des animaux, on ne t'abîmera pas plus que nécessaire et de toute façon, ça n'est pas à souhaiter. Penses à ta charmante petite sœur, d'ici quelques années, si tu n'es plus là, elle sera en âge de prendre ta place. À près tout, plus elle sera jeune, plus elle s'adaptera facilement. On ne parvient à dresser convenablement une chienne que lorsqu'on l'a dès son plus jeune âge, ajoute t-il sans me quitter des yeux.

Il a raison, je ne suis même pas libre de mourir, je n'ai plus qu'à le suivre et à retourner à mon triste destin. Il me tire par le bras et me force à avancer. Mes pas le suivent sans même que je ne cherche à lutter et nous passons la porte de ce bar. La voiture nous attends, le moteur tourne déjà, le chauffeur n'a pas prit la peine de l'éteindre, il savait que je me rendrais sans lutter.

L'un d'eux ouvre la portière alors que je me vois balancée sur la banquette. Ma tête heurte l'autre porte mais je ne dis rien, je ne bronche pas et me redresse pour m'installer. Mon regard se pose sur l'extérieur, sur cette nuit qui pour certains doit sûrement être magique alors qu'à mes yeux, elle ne fait que me plonger un peu plus dans un enfer perpétuel.

- En route Marcus, dit-il au chauffeur. Le boss attend son jouet avec impatience.

Et Marcus se met à rouler. Je suis entouré d'êtres qui n'ont plus aucune conscience. Chacun de ces hommes sait exactement ce qu'il va m'arriver et pourtant, aucun d'eux ne bougera le moindre petit doigt. Je soupire en posant ma main sur la vitre. J'espère qu'elle est heureuse. J'espère qu'elle profite de sa liberté et de tout les plaisirs que la vie peut lui offrir et surtout, j'espère qu'elle ne pense plus du tout à moi. Qu'elle m'a oublié afin de pouvoir continuer à avancer.

Les lumières de la ville défilent à mesure que nous approchons du centre et bien que ça soit trop court à mon goût, après presque une heure, nous arrivons à destination. Je lève les yeux sur cette immense tour qui en fait rêver plus d'un et détache ma ceinture en reconnaissant mon cachot. Marcus descend et vient m'ouvrir la porte comme si j'avais une quelconque importance et je descends lentement vite rejointe par ce bras droit de malheur qui me pousse déjà vers l'intérieur.

Le portier nous salue, ignorant la marque qui orne mon œil et nous entrons dans ce lieux luxueux qui pour moi s'apparente à l'enfer lui même. Je me vois poussée vers l'ascenseur qui s'ouvre rapidement et comme à chaque fois, il appuie sur le bouton du dernier étage. Cette foutue musique se met en route. Je la connais par cœur, à chaque fois elle ne fait que m'annoncer le pire. Pourtant, je ne dis rien, je ne fais aucun geste, je n’émets aucun son, pas même un soupire.

Plus les secondes passent et plus son sourire s'agrandit, il aime se satisfaire de mon malheur, de la souffrance qui sera bientôt mienne et qui fera passer mon œil au beurre noire pour une simple bagarre dans la cours d'école. Les étages défilent, un à un et quand la sonnerie retentit, les portes s'ouvrent pour laisser apparaître notre immense appartement.

Je me souviens la première fois où je suis venue ici. C'était avec mon père, presque dans une autre vie, quand tout allait bien pour moi et qu'un brillant avenir s'offrait à moi. À cette époque, tout était différent. Première héritière d'un grand groupe, mon père faisait tout pour m'apprendre les ficelles du métier sans que je sache qu'il me cachait un lourd secret qui allait finir par bouleverser ma vie.

Quand j'ai rencontré Sam, il n'était qu'un autre PDG avec qui nous faisions affaires. Il avait déjà de l'ambition, tous s'accordaient à dire qu'il irait loin très loin. Tous le pensaient mais aucun ne le connaissait vraiment. À cette époque, il portait un masque qui cachait la laideur de son âme, un masque qui l'aidait à mettre en confiance les autres. Il essayait déjà de me courtiser, sachant pertinemment qu'il serait plus que gagnant d'une union entre nos groupes, mais moi, ça ne m'intéressait pas. Moi, je ne souhaitais pas m'enfermer dans une relation basée uniquement sur l'argent.

Je me rappelle en avoir longuement parlé avec mon père qui m'a toujours laissé faire mes propres choix et il m'a expliqué que bien que ça soit le premier, ça ne serait sûrement pas le dernier qui chercherait à profiter de moi et de ma position. J'ai presque l'impression que tout ça s'est passé il y a des siècles, quand je savais encore ce que ça voulait dire de sourire sincèrement pas uniquement sur les ordres de Sam.

Dire qu'il y a une époque ou j'ai été impressionné par cette opulence, par cet appartement magnifique. Alors que maintenant, même les dorures ne me font plus rêver. Je m'avance en l'apercevant de dos face à l'immense baie vitré qui donne un point de vue imparable sur l'ensemble de la ville et je me dirige vers lui comme un chien bien dressé qui malgré les coups retourne inlassablement auprès de son maître.

- Merci Taylor, dit-il sans même se retourner. Tu peux disposer.

Je vois son bras se lever et sans même qu'il ne me fasse face, je sais qu'il boit un verre de whisky comme d'habitude. Il fait toujours la même chose quand il croit que je lui échappe, il enchaîne les verres jusqu'à ce que sa rage explose et que je devienne responsable de tout les maux du monde. Taylor s'incline bien que Sam ne le voit pas et me regarde sans se défaire de son sourire sadique avant de quitter la pièce.

- Tu aimes me mettre dans tout mes états, dit-il en se dirigeant vers le bar pour se servir un nouveau verre. Je t'ai envoyé des dizaines de messages, sans parler de mes appels et toi tu m'as ignoré.

- Pourtant, je suis là, comme à chaque fois, dis-je sans crainte de lui répondre.

Je sais déjà ce qu'il va suivre. Après autant de temps, j'ai tout essayé, le silence, la complaisance avant de réaliser que ça ne changeait rien alors je n'hésite plus à lui dire ce que je pense, sauf quand je joue ce rôle pour avoir la paix quelques instants.

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