
Un Merveilleux Miracle
Chapitre 3
Flashback... Un mois plus tôt
Je suis installée dans cette salle d'attente, ce n'est pas là première fois que je suis ici mais cette fois-ci les choses sont différentes aujourd'hui. Il y a de cela six mois j'ai découvert que je devais subir une intervention médicale suite à quelques problèmes de santé.
Comment réagiriez-vous si on vous annonçait que vous n'aviez aucune chance de concevoir un enfant ?
En apprenant tout ça j'étais détruite, je ne savais pas comment réfléchir. C'était le rêve d'une vie qui s'envolait comme-ça. J'ai déprimé pendant de long mois, Jess à fini par me convaincre de voir un psy pour mon état.
Après un nombre incalculable de séance j'ai fini par l'accepter, aujourd'hui me voici sur ce banc à attendre que l'on m'appelle. Je veux en finir, j'ai finalement accepté de subir cette intervention. Je dis à dieu à mon rêve aujourd'hui, je vais devoir vivre avec cette triste vérité.
Une larme perle le long de ma joue gauche, je prends une profonde inspiration pour ne pas pleurer. Alors que j'essaie de regagner mon calme on m'appelle. Ça y est, c'est à mon tour.
Je me lève et je suis le jeune homme qui se tenait devant moi. Il m'emmène dans une salle, je me change et m'habille d'une blouse d'hôpital. Je m'installe dans un fauteuil en attendant la gynécologue. Je stresse comme il n'est pas permis, la porte s'ouvre et laisse apparaître une jeune femme d'une vingtaine d'années.
— Bonjour, comment allez-vous ?
— Je vais bien merci mais où se trouve madame Raizu? C'est elle qui était chargée de s'occuper de moi.
— C'est vrai mais elle est souffrante aujourd'hui et c'est moi qui suis chargée de la remplacer. M'explique la jeune femme. Moi c'est Manuelle, je vous invite à vous lever et à prendre place sur le fauteuil s'il vous plaît.
— D'accord,lui répondis-je en me levant avec la boule au ventre.
— Ne vous inquiétez pas tout se passera bien, m'assure-t-elle
Je hoche la tête et prends une profonde inspiration . L'intervention s'est passée assez vite, deux heures plus tard j'étais installée dans une chambre de repos. Une infirmière me regarde, je viens à peine de me réveiller.
— Je peux vous annoncer que vous rentrez dès ce soir, on vous reverra dans un mois .
— D'accord merci, lui répondis-je en regardant le plafond.
Je me sens si vide, ça y est je suis une femme vide. Maman je suis désolée de ne pas pouvoir donner la vie comme tu l'as fait avec moi.
Fin du flashback...
Je suis assise dans la salle d'attente depuis déjà cinq minutes, je suis censée récupérer mes résultats et savoir ce qui se passe vraiment avec ma santé.
— Mademoiselle Charley, c'est à vous, me dit l'assistante de la gynécologue.
— Merci, lui répondis-je en essuyant mes larmes.
Je me dirige vers son bureau, une fois que j'ai franchi la porte elle me regarde.
— Bonjour Aelys, comment allez-vous ?
— Je me porte bien merci, lui répondis-je en prenant place en face d'elle.
— J'en suis ravie, son visage devient soudainement sérieux. Et bien concernant vos résultats je crois que nous devrions vraiment discuter.
— Ah bon et de quoi s'agit-il ? Demandais-je en m'inquiétant.
— Et bien les résultats nous informe que vous êtes enceinte de trois semaines.
Euh...je pense que j'ai mal entendue.
— Excusez-moi mais je pense que vous vous trompez, je...je ne peux pas être enceinte. Vous même vous...vous...
— Je sais très bien ce que j'ai dit mais la prise de sang est formelle. Laissez-moi vous expliquer les choses, je peux justifier votre état.
— COMMENT ? je passe mes mains dans mes cheveux, je suis perdue.
— Écoutez-moi, il y a quatre semaines de cela vous avez subi une insémination artificielle par erreur.
Je suis restée silencieuse face à son récit.
— L'interne Manuelle vous a confondue avec une autre patiente, ce jour vous vous êtes présentée avec une demi heure d'avance et il y avait aussi une autre patiente qui devait subir une insémination artificielle.
Elle marque une pause.
— Mais j'ai entendu mon nom, ils m'ont appelé.
— En faite vos noms de familles se ressemblent, vous c'est Charley et elle c'est Charleys avec un "s" à la fin.
J'émets un rire nerveux face à ce qu'elle vient de dire.
— Je..je n'y crois pas… Vous voulez dire que je porte l'enfant d'un parfait inconnu...
— C'est exact mais ne vous inquiétez pas, le concerné est un homme tout à fait respectable et...
— Excusez-moi c'est beaucoup trop, dis-je en me levant du fauteuil avec précipitation. Je me saisis de mon sac et je quitte la clinique immédiatement. Il faut que je sorte de là que je prenne de l'air.
Point de vue de Rita Raizu
Je connais Mademoiselle Charley depuis à présent plusieurs mois, je ne savais vraiment pas comment m'y prendre. Comment allais-je lui annoncer sa grossesse ? Moi même j'ai déjà fais un diagnostic, Manuelle à confondue les patientes ce jour là et cela nous à mis dans une merde pas possible.
Une partie du travail vient d'être accomplie, en près de vingt-trois ans de travail je n'ai jamais fait d'erreur. Et il a fallu que Manuelle en face une avec le cas de mademoiselle Charley. J'étais sous le choc lorsque j'ai vu les résultats de sa prise de sang et d'urine. Elle était enceinte et ça je ne pouvais rien y faire, cette insémination n'aurait jamais dû être faite à cette dernière.
Sa réaction à été vraiment justifiable vu l'état dans lequel elle se trouvait, il y a quelques mois de cela elle avait découvert qu'elle souffrait d'une insuffisance ovarienne précoce en plus de quelques autres soucis de santé. À un si jeune âge elle a dû affronter tant de choses et cette grossesse relève certes d'un miracle mais ce ne sera pas facile à faire. Si l'annoncer à elle était compliqué, l'annoncer au futur papa le serait encore plus.
Monsieur Reeves est un homme qui aime avoir le contrôle sur tout ce qui lui appartient, le fait que les choses ne se déroulent pas comme prévu complique vraiment la situation. Il sera en colère c'est sûr il sera déçu de notre travail, si il attaque l'établissement en justice ce sera vraiment compliqué pour nous de nous en sortir. Rien que de penser à tout ça j'en ai la migraine, dans quel pétrin suis-je ?
— Je vraiment désolée madame Raizu, je…
— Ça va Manuelle, je comprends que tu aies fait une erreur cela peut arriver à tout le monde. Mais là dois vraiment être seule, il me reste à l'annoncer à Monsieur Reeves.
— D'accord...
••••
Je suis assise à un arrêt de bus, je ne cesse de pleurer. Je suis perdue, très confuse. J'ai l'impression que cela n'est qu'un mauvais rêve et que je vais me réveiller. J'ai tellement de peine lorsque je repense à ce fameux jour, le jour où elle m'a annoncé que mes chances de devenir mère étaient quasiment nulles. Comment se fait-il que je sois enceinte ?
J'étais venue en simple consultation rien de plus et voilà qu'elle s'est mise à me parler d' insuffisance ovarienne précoce, à l'époque je n'en savais rien. Je ne savais même pas qu'une telle chose existait, lors de notre conversation elle m'a expliqué ce que c'était. Je me rappelle d'avoir pleuré, j'ai littéralement fondu en larme face à elle. Et aujourd'hui elle m'annonce que je ne suis pas une femme vide mais une femme pleine de vie.
J'essuie mes larmes d'un revers de la main et je monte à bord du bus qui vient d'arriver, je veux rentrer chez moi. Je veux me reposer pour ne plus y penser, une fois à bord du bus je me perds de nouveau dans mes pensées. Il y'a que dans les souvenirs où je suis avec ma mère que je retrouve un peu d'amour.
J'ouvre la porte de notre appartement, c'est à présent l'après-midi. Jess n'est pas là et je n'ai pas la force ni la tête à aller travailler. Je ferme derrière moi avant de me diriger vers la cuisine, je prends un verre de jus de raisin. Je vais appeler mes employeurs un peu plus tard ou demain matin tout simplement. Lorsque mon verre est vide, je vais directement me mettre au lit.
Je ne veux plus qu'une chose c'est dormir, une fois dans mon lit je me mets en position fœtus. Je touche mon ventre en repensant à ce que m'a dit ma gynécologue, je suis pleine de vie. Maman n'aura plus à pleurer de là où elle se trouve car elle aura un petit enfant en fin de compte. C'est dommage qu'elle ne puisse pas faire sa connaissance
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