
Un mariage sous contrat
Chapitre 2
Fleur
Dix mois plus tard Il m’a retrouvée. Stéphane sacré m’a retrouvée. Abasourdie, Je suis mon mari des yeux tandis qu’il traversait le club parisien en toisant les danseuses. Malgré la lumière tamisée, je discernais son expression pleine de mépris. Sa démarche soulignait l’autorité naturelle qui émanait de toute sa personne. Son teint marron et son costume sur mesure le distinguaient de la clientèle d’habitués du club. Un frisson sensuel me traverse, semblable à celui que j’ai éprouvé la première fois que je l’ai vu. J’ai du serrer le plateau que je portais contre moi pour éviter que mon léger tremblement ne fasse s’entrechoquer les verres Dire que, chaque nuit depuis pratiquement un an, je rêvais qu’il venait me chercher pour enfin me déclarer son amour…
A l’expression fermée du visage de mon indomptable mari, je comprend toutefois que je me suis bercée d’illusions. Pourquoi je ne parvenais pas à admettre que Stéphane ne m’avais jamais aimée, alors que moi même je lui avais donné moncœur dès le premier regard ? Et qui sait quelles pouvaient être les raisons qui l’amenaient ici ? Qu’avait-il encore trouvé pour me faire souffrir ? Mais je ne lui en laisserait pas l’occasion.
En effet, j’avais bien l’intention de profiter de l’éclairage tamisé pour m’éclipser avant que Stephane ne me repère. Les yeux toujours fixés sur mon mari, je pose mon plateau sur le comptoir avant de reculer pour me fondre dans la foule . Mon cœur se met à battre aussi violemment que la musique assourdissante, quand je vois stephane se figer en regardant dans ma direction. M’avait-il reconnue ? Apparemment non, car il reprit son inspection. le regard de Stéphane était revenu sur moi et, cette fois-ci, il fend la foule compacte des clients pour se diriger vers le comptoir.
A en juger par ses lèvres et ses mâchoires serrées, m’avait reconnue malgré la perruque blonde ornée de mèches roses que je portais pour travailler, et il semblait contrarié. Ne me sentant pas prête à l’affronter ainsi, à l’improviste, dans cette tenue, je pivote sur mes talons et fend à non tour la foule agglutinée autour du bar, pour me diriger vers les vestiaires où j’espérais pouvoir trouver refuge. Après avoir poussé une lourde porte battante, je remonte rapidement le couloir baigné d’une lumière crue qui menait aux vestiaires.
— Fleur !
La voix grave de Stephane me fait sursauter. L’impétuosité de son ton était telle que je ne put faire autrement que de m’immobiliser. En entendant les pas de Stéphane rapprocher, je sentis de nouveau un frisson sensuel descendre le long de mon dos. Comment me pouvais réagir ainsi alors qu’il m’avais rejetée ?
— Tu peux fuir, fleurr, mais tu ne peux pas te cacher.
— Je ne fuis pas .
Je répond d’un ton sec qui m’étonne moi même Je rassemble toute ma dignité dont j’en était capable, je soutiens le regard de Stéphane Il avait changé. Certes, il était toujours aussi beau mais différent.
— Je vois mal en effet comment tu pourrais passer inaperçue dans cet accoutrement. Les yeux noirs de Stéphane lançaient des flammes de colère tandis qu’il désignait du menton ma perruque.
— C’est ma tenue de travail .
Le regard lourd de mépris dont il me lançais me rappelais le souvenir cuisant de cette nuit que j’aurais voulu oublier. J’ignorais si je m’en remettrait un jour de l’humiliation que j’avais subie. Repoussant ma tentative maladroite de le séduire, Stéphane m’avait rejetée. Il avait piétiné mon amour. Et, pas un instant, il n’avait songé aux conséquences que son geste aurait pour moi. Mais ma fierté m’empêchait de lui révéler qu’il m’avait profondément blessée. A cause de lui ou grâce à lui ? j’étais devenue une autre femme
— Tu appelles ça une tenue de travail ? .
— Oui, je ne vois pas en quoi ma vie te concerne. Tu m’as bien fait comprendre que j’étais libre de vivre comme je l’entendais et que tu ne voulais plus entendre parler de moi.
— Je n’imaginais pas que tu tomberais aussi bas.
— Personne ne connaît ma véritable identité, si c’est ce qui t’inquiète .
— Ce qui explique pourquoi tu as été si difficile à retrouver.
— Ça tombe bien. Je ne voulais pas qu’on me retrouve. J’ai tourné la page.
— Et c’est ça, ta nouvelle vie ?
S’il ne comprenait pas que ce job était purement alimentaire, tant pis pour lui ! Je n’avais que faire de sa condescendance et sa morgue ne m’impressionnait pas.
— J’ai des projets, Stephane . Je me suis inscrite dans une école pour étudier l’histoire de l’art.
— Et qu’en est-il de ton devoir ? De tes responsabilités ?
— N’est-ce pas toi qui m’as dit, le soir de notre mariage, que nous avions accompli notre devoir et que je pouvais à présent mener ma vie comme bon me semblait ?
— A vrai dire, je ne devrais pas être surpris de te retrouver dans un endroit comme celui-ci, La dernière fois que nous nous sommes vus, n’était-ce pas déjà ce que tu faisais : te déshabiller ?
— Je n’ai ni le temps ni l’envie de me disputer avec toi à propos de tes problèmes d’ego, Dis-moi pourquoi tu es venu, puis va-t’en. Pour de bon. C’est un divorce que tu veux ? Les bras croisés, Stephane s’était appuyé contre la porte de la loge ; sous son regard redevenu impitoyable .
— Un divorce est hors de question, . En fait, j’étais choquée. C’était le monde à l’envers !
— Nous avons laissé passer un délai raisonnable depuis notre mariage et, pour moi, le divorce est la seule issue envisageable, Stéphane . Dois-je te rappeler que c’est toi qui n’as pas voulu de moi ?
— Tu as dû avoir vent des problèmes de santé de mon père.
— Je ne suis pas l’actualité . A quoi bon, puisque je n’y remettrai jamais les pieds.
— Maintenant, j’aimerais me changer.
— Change-toi, je n’y vois pas d’inconvénient, au contraire.
— Mais moi, je vois un inconvénient à ce que tu me regardes pendant que je me change.
— Je ne partirai pas sans toi, Et comme je n’ai pas envie d’être vu dans les rues de Paris en compagnie d’une stripteaseuse, je te conseille de t’habiller.
— Je ne suis pas une stripteaseuse ! . Je suis serveuse.
— Ne me prends pas pour un idiot. J’ai vu ce qui se passait dans ce club.
— Tu as vu des danseuses, rien de plus ! Pense ce que tu veux. Mais si tu veux que je me change pour moins ressembler à une stripteaseuse, rends-toi utile, et aide-moi à défaire mon corset.
Ma demande le prit au dépourvu et l’idée de me toucher .....
— Ce sera plus rapide si c’est toi qui défais tous ces crochets, et comme tu as poussé le verrou, personne d’autre ne viendra m’aider.
Avec un soupir résigné,Stephane entreprend de défaire les agrafes qui retenaient le corset.
— Qu’est-il arrivé à ton père ?
Je m’avance derrière une porte pour me changer .
— Peu après notre mariage, des troubles ont éclaté dans l’entreprise. Puis mon père a eu un problème cardiaque. Il est considérablement affaibli. En apparence, au moins, en son for intérieur.
— Je suis désolée.
— C’est pour ça que tu dois revenir au pays . Je suis le seul héritier et je dois me préparer à prendre la relève .
— C’est hors de question, Stephane .
— Ton absence prolongée a remis en question mes capacités à reprendre l’entreprise . Tu dois rentrer avec moi.....
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