
Un baiser pour ta liberté
Chapitre 3
J'attrape mon sac et verrouille la porte derrière moi. J'ai vraiment besoin de ce week-end. Même au boulot j'enchaîne connerie sur connerie. Heureusement que ma sœur est ma patronne sinon je me serais fais virer il y a déjà des jours. Elle m'a carrément encouragée quand je lui ai demandé deux jours de repos à vrai dire elle m'a offert une semaine. En voiture, Mélissa est surexcitée à l'idée que je la suive, non pas que nous n'ayons jamais tout plaqué pour une fête, un festival, mais là, c'est un peu comme des retrouvailles et je me laisse aller à mon tour, oubliant cette semaine de merde. Je passe mon portable en mode silencieux. Qu'importe le nombre de fois où il va appeler, je n'entendrais rien. Dans la voiture, on chante à tue tête, on rit quand l'une de nous se trompe dans les paroles, alors que la musique est au maximum, on s'amuse comme si on avait 15 ans et pas 25.
Quand on arrive sur place, je me sens vraiment différente comme si je respirais enfin, comme si je me retrouvais. Il y a des scènes un peu partout qui diffusent toutes des styles de musiques différentes alors que tout autour, des barres d'hôtels qui ne servent probablement que pour ce type d’événement. L'endroit est démesuré. Un truc de fou, comme je n'en n'avais pas vu depuis bien longtemps. Mélissa attrape ma main avant de me tirer derrière elle.
- On va poser nos affaires dans notre chambre, cri t-elle par dessus le bruit assourdissant de la foule.
Je la suis sans me poser de questions et alors qu'elle me guide, je percute un jeune homme de plein fouet. Il a de supers réflexes car il arrive à m'attraper alors que je suis déstabilisée par l'impact et que je lâche la main de Mélissa. Je percute son torse pendant qu'il pose sa main au creux de mon dos pour m'empêcher de tomber. En relevant la tête, mon regard plonge dans le sien avant de glisser sur son sourire.
- Tu devrais faire attention ma jolie, on ne sait jamais sur qui on peut tomber ici.
- Quelque chose me dit que tu n'es pas le pire sur qui je puisse tomber lui dis-je en lui rendant son sourire.
- Qui sait, je pourrais m'avérer dangereux. Très dangereux, surtout face à une proie aussi tentante que toi.
- Tu crois ? À aucun moment tu n'imagines que je puisse être la plus dangereuse de nous deux.
- J'avoue, je n'y ai pas pensé. Mais maintenant que tu me le dis, il se peut que peut être, en effet, tu sois la plus dangereuse. Tu viens juste d'arriver ?
- Tout juste, désolée de t'avoir percuté, quoique, je dois dire que c'est pas la pire des choses qui me soit arrivée ces derniers temps.
- Je peux savoir comment tu t'appelles ?
- Emma et toi ?
- Dorian.
- Ravie de te rencontrer Dorian.
- Pareil pour moi Emma.
- Je dois y aller, ma copine va m'attendre.
- J'espère qu'on se recroisera plus tard. Je serais au stand latino, dit-il en me souriant.
- Alors on se reverra sûrement beau brun, je peux te le garantir, dis-je alors que Mélissa m'appelle.
Je la retrouve rapidement et déjà, je la vois me sourire en me faisant un clin d’œil.
- Arrêtes ça tout de suite. T'as vu ce mec ? Sérieux, qu'elle femme pourrait lui tourner le dos sans le regarder.
- Hé bien je dirais moi, mais c'est sûrement parce que mes hormones vont bien ? Je n'ai aucun besoin d'un bon cou d'un soir bien viril, bien sauvage qui te fait grimper au rideaux comme jamais. J'ai un barman très dévoué à côté de chez moi.
- Rien qu'à t'entendre, je pourrais presque m'y voir, dis-je en riant doucement et je m'en doutais légèrement petite cachottière.
Durant quelques minutes je la suis aveuglément jusqu'à ce qu'elle s'arrête face à un immense bâtiment. Un jeune tient l'accueil. Mélissa lui tends nos réservations et à son tour, il nous donne deux clés. On écoute ces vagues explications et après plus de cinq minutes à chercher, on trouve enfin notre chambre. C'est pas le grand luxe, mais c'est suffisant. Deux lits, un petit frigo et une plaque pour cuisiner. Derrière une porte, une cabine de douche. C'est tout ce qu'il nous faut pour notre petit séjour.
On ne s'attarde pas, je suis aussi pressée qu'elle d'aller voir les divers scènes. Après quelques minutes de marche, nous nous mêlons à la foule et nous arrêtons face au premier concert. Les accords de la guitare m’électrise, si bien que je reste figée en écoutant la musique. Mélissa revient, alors que je ne l'avais même pas vue disparaître, elle me rapporte un verre en me faisant un clin d’œil.
- C'est notre week-end ma grande, dit-elle en me le tendant.
- Mais le truc des tatouages est toujours valable.
- J'ai pas mon matériel. Ce week-end c'est juste fiesta entre nous.
- Alors à ta santé.
À la lueur dans son regard, je devrais certainement me méfier, néanmoins, j'ai confiance en elle. C'est certainement pour cette raison que j'avale mon verre d'une traite. Je suis venue là pour ça. Pour me libérer, pour ne plus penser. Le liquide coule dans ma gorge, chaud, me brûlant presque lors de ma première gorgée. Puis l'ambiance nous gagne, nous dansons toutes les deux parmi la foule qui commence à s'amasser.
Le temps ne semble plus avoir d'importance ici, on passe de scène en scène en enchaînant les divers cocktails. Je ne sais même pas depuis combien de temps je danse, je ris, je m'amuse, jusqu'à ce que je croise son regard alors qu'on s'approche du coin Latino. Dorian. Ce mec est vraiment trop beau, brun aux yeux vert avec un côté sauvage qu'il me plairait de découvrir.
Mélissa passe sa main sur mon épaule avant de me dire,
- Fonces ma belle, t'as bien mérité de t'amuser un peu.
Il me sourit, j'ai vraiment envie de me laisser tenter. J'ai envie de briser cette distance qui nous sépare. Il me tend une main en m'invitant à le rejoindre et derrière moi, Mélissa me pousse à y aller. Alors mon corps agit et je fais un pas puis un autre avant de le retrouver et d'attraper sa main. Il passe son bras au creux de mon dos et me dit en se penchant à mon oreille,
- Tu en as mis du temps Emma.
- Ce qui compte c'est que maintenant, je suis là.
- Alors, comment tu trouves ce festival ?
- Pour tout te dire, j'attendais de te revoir pour voir si ça en valait vraiment la peine.
- Et maintenant que tu m'as revue ?
- J'attends de voir si tu peux être à la hauteur pour me satisfaire.
- Un défit, dit-il en posant a main libre sur ma nuque pour me rapprocher un peu plus de lui. Tu aimes danser ?
- Est ce que tu es un bon partenaire ?
Il me serre un peu plus avant de me sourire.
- Tu n'imagines pas à quel point.
- Montres le moi.
Ces lèvres sont si proches des miennes, son corps tout en muscle me fait légèrement frissonner ce qui à l'aire de lui plaire. Il m'attire un peu plus près de la scène et la musique latine nous traverse alors que nos corps commencent à onduler.
Je me laisse aller, oublies tout le reste sauf l'intensité de son regard. J'aime la manière dont il me regarde, la façon dont ces yeux passent sur mes lèvres, la manière dont sa peau effleure la mienne alors qu'il a toujours sa main au creux de mon dos.
C'est vraiment agréable et surtout, il a raison, il danse plus que bien. Mes bras passent autour de son cou et c'est à son tour de frissonner en me souriant un peu plus. C'est dingue ce qu'il est beau, c'est dingue, à quel point je ne vois que lui durant ces quelques minutes.
POV Mélissa
Je reste un peu en retrait en observant ma meilleure amie danser avec ce mec. Je n'ai aucune idée de qui il est, mais en tout cas, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vu aussi détendu, souriante, je dirais même charmeuse à la manière dont elle danse contre lui.
Je savais que ça lui ferait du bien, je savais qu'elle avait juste besoin de s'amuser un peu et visiblement, elle est bien partie pour. Je la retrouve enfin, après ces longs mois où elle n'était plus que l'ombre d'elle même, après l'avoir vu dépérir à petit feu, après l'avoir vu baisser les bras pour s'enfermer dans une bulle illusoire.
Elle ne m'a jamais expliqué ce qui s'est passé ce week-end là. Je sais qu'elle a été à une soirée organisée par une boîte avec laquelle elle travaille, puis je n'ai pas réussis à la joindre pendant plus de deux jours. Quand elle a réapparu, elle n'était plus la même. Son regard était douloureux, éteint. Elle a arrêté de sourire, de rire. À vrai dire, j'avais l'impression qu'elle n'était plus qu'une coquille vide. J'ai tout fais pour qu'elle me parle, mais elle n'a jamais voulut me répondre.
Mais maintenant, alors qu'elle passe ces bras autour de son cou, j'ai l'impression de la retrouver. De la revoir comme avant ce week-end, quand on passait des soirées entières à faire la fête avant de reprendre le boulot le lendemain comme si de rien n'était.
Il passe ces mains sur ces bras, c'est un rapide et ça a l'aire de lui plaire, c'est tout ce qui compte. Le jeu de la séduction est en marche, je sais qu'elle est très douée quand elle s'y met. Elle sait comment faire, elle a sut comment s'amuser avant.
POV Emma
Ma peau frissonne alors qu'il caresse mes bras. C'est fou ce qu'il peut me faire de l'effet et j'ai l'impression que c'est réciproque car dans ces yeux, je peux voir une étincelle qui ne semble danser que pour moi. Il passe sa langue sur ces lèvres, durant un court instant, je ne peux détacher mon regard de ce geste. J'ai envie de le goûter, de me laisser aller.
Son sourire m'a fait littéralement craquer, c'est un véritable appel à la luxure, je dois dire que j'ai très envie de répondre à cet appel. Sa main remonte le long de mon bras pour arriver jusqu'à mon cou qu'il saisit fermement. Mon corps le veux, c'est indéniable. J'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai pas vibrée de la sorte, que je ne me suis pas sentis m'enflammer comme ça.
Son souffle caresse mes lèvres, il est si proche et en même temps tellement loin, encore trop loin. Il n'y a que quelques centimètres à briser, ces hanches continuent d'onduler contre les miennes. Il se frotte lascivement contre moi, électrisant chaque partie de mon corps qui en réclame déjà d'avantage.
Je resserre ma prise autour de son cou, nous rapprochant encore un peu plus si c'est possible et enfin, il brise cette fine distance. Ces lèvres couvrent les miennes et cette chaleur, cette ardeur, me fait légèrement gémir. C'est tellement bon, bien plus que dans mes souvenirs. Sa langue me demande un accès que je lui offre sans la moindre hésitation
Nos lèvres bougent, nos langues se caressent alors qu'une de ces mains vient se mêler à mes cheveux. Il sait s'y faire c'est indéniable. Il est vraiment doué et au fond de moi, j'espère que ces talents ne s'arrêtent pas à ce domaine.
- Tu veux continuer à danser, ou je peux t'offrir un verre ?
- Ça dépend d'où tu comptes m'offrir ce verre.
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