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Couverture du roman Un an

Un an

Emma, jeune diplômée idéaliste, voit sa vie basculer après une rencontre lors d'une fête. Ce début d'idylle marque le départ d'une quête sentimentale aussi sublime que destructrice. Torturée par une souffrance intérieure, elle s'enfonce dans l'anorexie, la boulimie et l'automutilation. Entre chutes et espoirs, ce récit sans fard dépeint le combat d'une femme brisée cherchant la résilience. Un premier roman poignant qui brise le silence sur la détresse psychologique.
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Chapitre 2

26 avril

Un rayon de soleil traverse l’ouverture du rideau bleu de ma chambre. Le soleil vient se poser sur mon visage. J’ouvre un œil.

« Mince, il doit être tard ! midi, une heure de l’après-midi peut être. »

Je me sens vaguement nauséeuse. Je referme l’œil. Je rentre à nouveau dans ma tête. C’est mieux. Je me souviens de tout, lentement tout revient ; la nuit de l’école, hier, Mathilde, Clémence et Anaïs, retrouvées et disparues, Nina, ma petite fée, et moi, partie sans projet particulier et rentrée le cœur tout chamboulé de mon baiser avec T.

« Hmmm, comme j’aurais aimé me réveiller avec T. à mes côtés, et pouvoir le caresser et le câliner ! Mais c’est trop tôt, bien trop tôt, il faut que je m’en approche plus. Je le connais à peine. »

C’est samedi, je n’ai pas cours et rien de particulier à faire. Je laisse mes pensées se promener. Pour l’instant, lovée sous ma couette, dans ma chambre, je capte des bruits de voix dans la maison et je cherche à savoir qui parle.

Ma chambre est au premier étage de la maison, à côté de celle des parents. Au deuxième étage logent ma sœur et mon frère, tous deux plus âgés que moi. Mais les bruits semblent venir d’en bas, là où il y a la grande cuisine, la salle à manger et le très grand salon qui ouvre sur le jardin. Les bruits augmentent, c’est une voix en colère, c’est celle de mon père. Je soupire, je me sens triste, je replonge me tête sous ma couette pour échapper à ce que je viens d’entendre.

Je pense « c’est à nouveau une crise du père » ; il se met en colère pour rien, contre ma sœur, ou contre mon frère aîné, ou contre moi, pour le moindre prétexte. Pour un regard de travers, une injonction de voix mal placée, il devient comme fou de rage, le visage congestionné, les yeux injectés de sang, et ses mots, ses mots sont comme des poignards qui font mal, qui font volontairement très mal, qui humilient et qui salissent.

Je sens mon cœur littéralement s’effondrer dans ma poitrine, je me sens si petite, si fragile, si désespérée.

Je ne peux pas lutter contre la fureur de mon père, ses éclats de voix me démolissent à distance, ce sont comme des coups violents portés contre mon cœur, et mon cœur saigne et a mal. J’ai peur. Je n’ai plus aucune envie de me lever, je n’ai aucune envie de croiser mon père et d’attirer sa fureur sur moi. Et puis je pense que c’est peut-être est-ce déjà à cause de moi qu’il a éclaté ainsi, parce qu’il est midi et que je ne suis pas encore levée. Je suis prostrée sous ma couette, c’est comme une barrière qui me protège, les pensées agréables de la veille ont disparu, il n’y a plus que la peur et le vide. Je reste longtemps comme cela sans aucune idée du temps qui passe.

Lorsque le calme revient dans la maison je m’étire enfin, prudente, sur la défensive. Je regarde autour de moi : c’est ma chambre, c’est ma maison et je m’en fous. Je n’y suis pas attachée. Pourquoi le serais-je ? Je n’ai pratiquement pas d’objets personnels dans cette chambre, je l’habite et je n’y suis pas ; il y a uniquement des cahiers et des livres de classe, sur lesquels j’ai travaillé des heures et des heures pour réussir mes études. Il y a un grand lit et une armoire à glace et puis un petit secrétaire qui fait également penderie. Et c’est tout. Toute ma vie tient entre ces quatre murs tapissés de fleurettes bleues, et ces trois meubles. Le secrétaire est tout petit et je m’étonne encore de penser que c’est sur cet espace minuscule qui accueille à peine un livre et un cahier ouverts que j’ai fait mes classes préparatoires et révisé mes concours. À côté du secrétaire, il y a un radiateur, contre lequel j’aime me blottir pour avoir chaud. J’ai souvent si froid. Je sais que c’est parce que je ne suis pas épaisse. Et j’aime cela.

J’aime ma minceur, j’aime ne pas manger. C’est comme cela depuis que j’ai 16 ans. Et je me sens bien.

Un jour, au début du printemps de cette année-là, quand j’avais 16 ans, je me suis regardée dans le miroir de ma chambre, et je me suis trouvée grosse, vraiment grosse, j’ai regardé mes fesses rondes, mes cuisses pleines, je me suis sentie moche, j’ai eu envie que cela change – vraiment. C’était comme une rage immense qui montait en moi, il fallait vraiment que je change, que je me transforme complètement. Tout a défilé devant mes yeux : les femmes trop grosses de ma famille, les interminables repas de famille aux plats trop lourds, les moqueries de mes tantes quand j’étais petite et qu’elles me trouvaient trop ronde… Je voulais couper tout cela et recommencer comme une nouvelle femme, avec une nouvelle image, une nouvelle histoire, un avenir enfin à moi.

Me voir dans le miroir ce jour-là m’a coupé l’appétit. à partir de ce moment-là, j’ai arrêté de manger, ou plutôt je mangeais des portions si petites que c’étaient des miettes minuscules. J’ai arrêté tout ce qui est beurre, sauce, sucre, desserts, et même pâtes et riz. Je ne prenais de chaque repas que de toutes petites portions, des légumes de préférence. Évidemment, j’ai vite perdu beaucoup de poids ; au bout de trois mois, j’avais déjà perdu 12 kg, je ne pesais plus que 42 kg ; quand l’été qui a suivi nous sommes en famille partis en vacances en Espagne, je paraissais si maigre dans mes petites robes à bretelles que mon frère disait que je sortais d’un camp de concentration. Mais je m’en foutais et puis mon frère parle toujours pour dire des méchancetés, et puis ce n’était pas vrai, je n’étais pas si décharnée. Je ne suis jamais descendue en dessous de 42 kg, et je n’ai jamais été suffisamment maigre pour être en danger. Je me trouvais bien, parfaitement bien. Pour la première fois de ma vie, j’avais une image de moi qui me correspondait, qui était celle que j’avais toujours recherchée. Je m’étais enfin éloignée des images féminines véhiculées par ma famille, de grosses « bobonnes » pour ne pas dire de grosses bonbonnes. Depuis cet été, je me sens fière, belle et légère. Une nouvelle Emma.

Ma non-alimentation a été une véritable rébellion contre le mode de vie de ma famille, où les repas sont une chose si importante. Ma mère, qui ne travaille pas, passe beaucoup de temps à cuisiner. Les repas sont des moments importants, où toute la famille se retrouve autour des plats soigneusement confectionnés. Et moi je rejetais tout en bloc : la nourriture et les relations familiales qui vont avec.

Quand j’étais petite, j’adorais me faire de délicieuses tartines de Nutella, je m’en léchais les doigts, comme j’aimais les gâteaux faits par maman que l’on mangeait en dessert et les tartes rapportées de la boulangerie, que l’on mangeait au goûter. Et j’en ai mangé des repas roboratifs, viandes en sauce, gratins de légumes, purées et pâtes, toujours servis abondamment en grosses proportions sur la table familiale. Mais aujourd’hui, je déteste ce déluge de nourriture abondante, grasse et nourrissante, ça me dégoute. Le Nutella est désormais passé très, très loin de mes yeux. C’est devenu un aliment tabou. Comme le reste : sucre, chocolat, bonbons, gâteaux, glaces, beurre, mayonnaise, crème, sauces.

Ce que j’aime et qui me fait du bien ce sont des légumes frais cuits à l’eau, des yaourts, des fruits, en très petites quantités. Je mange très peu de viande, de toute façon je n’en aime pas le goût. Ce régime ultra léger me va bien, je me sens bien. Souvent, mon petit déjeuner se limite à une minuscule tartine grillée sans beurre ni confiture, et le déjeuner de midi à une pomme. Je ne me trouve pas maigre, ni même mince, je me trouve normale, limite grosse.

Le plus étonnant est que personne n’a jamais rien osé me dire, jamais aucune remarque sur mon alimentation, peut être par ce que j’ai l’air de manger de tout (je ne saute jamais aucun repas et je mange toujours de quelque chose qui est présenté à table). Mais je trie tout, et quand rien ne convient à mon régime archi diététique, je prends une infime quantité de la nourriture proposée. Je n’ai jamais faim.

Les déjeuners familiaux du dimanche, qui étaient déjà une épreuve avant, sont devenus un calvaire pour moi. C’est un repas amélioré, entrée, plat, dessert, et qui traîne en longueur. Ma mère fait un effort pour cuisiner un repas agréable et qui présente bien, mais moi, je m’en fiche, je n’aime pas ces repas interminables, aux mets lourds, aux desserts épais, qui se tiennent dans un presque silence. Je voudrais les expédier et rentrer vite dans ma chambre.

À table, il règne le plus souvent un silence pesant. Oppressant. La tension venant de mon père tyrannique : il est impossible de parler, de discuter de quoi que ce soit, car immédiatement il s’en mêle, critique casse et salit ce qu’on vient de dire ; en quelques mots méchants ou cyniques bien choisis, il a vite fait de détruire le sens et l’intention joyeuse des quelques mots que nous venions naïvement de prononcer. Le procédé se répète à chaque repas. C’est d’une violence inouïe. Face à cela, il y a deux méthodes : la mienne, qui consiste à subir et se taire en attendant de pouvoir quitter la table, et celle de ma sœur, qui tient tête à mon père, ce qui le met en fureur et force ma mère à intervenir, c’est-à-dire à demander doucement à ma sœur de se taire. Elle arrive donc au même résultat que moi – se taire –, une bagarre ratée et une frustration en plus. Mon frère – qui est bête – ricane on ne sait pas trop pourquoi, avec un air supérieur et satisfait.

Mon frère aîné est un garçon arrogant, désagréable, qui passe son temps à chercher ce qu’il pourra faire ou dire pour faire du mal. Il s’acharne particulièrement contre ma sœur et moi, probablement parce que, en tant que filles nous ne trouvons jamais, absolument jamais, aucune aide, aucun secours, auprès de nos parents. Notre frère aîné comme tous les faibles, tape sur les plus faibles que lui. Quant au père, il est inimaginable qu’il s’intéresse une seule fois dans sa vie aux discussions des enfants, et quant à ma mère c’est inimaginable qu’elle prenne une seule fois dans sa vie un parti contre son fils aîné. Donc, ma sœur et moi sommes deux victimes livrées aux sarcasmes mesquins et minables de notre frère aîné qui fait tout pour nous humilier et nous agacer.

Je subis tout cela en pestant intérieurement et je m’efforce de mettre une distance entre ce monde moche et moi en arrêtant de manger. Ne plus manger me met dans une bulle, éloigne les sensations et les émotions. Tout devient éloigné et cotonneux, enfin supportable.

Et puis, il y a l’école. Combien j’ai aimé l’école, combien j’aime étudier et être en classe, être dans mes livres, dans mes chères études ! J’aime l’école et l’école me le rend bien, très très bien. J’ai toujours eu de très bons résultats, assez facilement, sans beaucoup travailler. J’ai toujours vu dans les yeux de mes maîtresses, puis dans ceux de mes professeurs cette lueur d’estime et d’appréciation, ce remerciement dans leur voix, cette satisfaction de trouver un écho dans un de leurs élèves, une récompense pour leur travail éducatif. J’ai grandi avec l’approbation manifeste de tous mes éducateurs. Et cela s’est traduit par une brillante réussite au bac d’abord, puis aux concours des écoles de commerce, j’ai réussi du premier coup avec un excellent classement. J’ai intégré à 19 ans la prestigieuse école de commerce où je suis en train de terminer la dernière année. Et tout cela est passé comme dans un rêve. Un rêve éveillé.

Quel contraste avec l’ambiance déprimante de la maison où j’ai toujours l’impression d’être de trop ! Oui de trop. Née trop tôt après mon frère et ma sœur, et puis deux filles, ça fait deux de trop. Les filles n’ont pas leur place dans le cœur de ma mère. Une c’est déjà pénible, mais alors deux filles, c’était la catastrophe.

Quand j’ai réussi mes concours d’école de commerce et que les résultats sont arrivés à la maison, j’aurais voulu crier de joie, faire la fête et ouvrir une bouteille de champagne, et je sais que ça s’est passé comme cela pour mes camarades de concours, ceux qui avaient partagé la même classe préparatoire que moi, et qui ont réussi. Ces concours sont si difficiles, et ces écoles sont si prestigieuses, que lorsqu’on les réussit, les parents exultent de joie, ils sont si fiers de leur progéniture qu’ils racontent leur succès à tout le monde. Certains parents sont prêts à des sacrifices énormes pour que leurs enfants réussissent les concours.

Mais à la maison rien de tout cela ! L’arrivée de la lettre d’admission a été suivie d’un silence glacial, les parents se sont enfermés à la cuisine, et moi qui étais au salon je les ai entendus se disputer. J’entendais que mon père n’était pas content à cause du coût des études. Il ne voulait pas payer. Il n’était pas content de ma réussite spectaculaire comme le sont les autres parents, il ne trouvait qu’à râler. Je l’ai maudit à ce moment-là, je n’ai même pas pleuré, je l’ai maudit, j’avais la colère froide et envie de me venger. À ce moment, j’ai pris conscience de ma valeur, et je me suis dit que je ne me laisserais pas faire : c’est quand même moi toute seule avec mon travail et mon talent qui ai réussi ces concours ! J’ai décidé ce jour-là que je ne dirais rien, je ne ferais rien pour financer mes études (je savais que je pourrais prendre un prêt étudiant), puisque mon père est si désagréable, qu’il paie ! Et c’est ce qui s’est passé.

Voilà, c’est cela la catastrophe, la catastrophe d’être née, oui juste née, et qu’on m’a fait sentir toute ma vie : je suis de trop et il n’y a jamais de temps ou d’argent pour moi ; jamais de temps pour faire réciter mes leçons, pas de place pour installer un lit ou une chambre, jamais d’argent pour acheter des chaussures ou des vêtements.

Pour obtenir le minimum nécessaire, j’ai appris à jouer avec l’orgueil de ma mère, à défaut de son affection maternelle. Car ma mère aime trop « montrer » les petits éléments de sa petite réussite sociale, alors il est absolument indispensable pour elle que les enfants montrent une bonne éducation, qu’ils soient bien coiffés, bien habillés. Je n’ai donc manqué de rien, en façade, même si je n’avais droit qu’à une jupe l’hiver et une autre l’été, et les vieux jeans et pulls de mon frère pour aller à la campagne. Les coupes de cheveux étaient pratiques et masculines, et faites par ma mère à la maison par souci d’économie.

Quand j’ai eu 8 ans, j’ai eu une vive dispute avec les enfants de ma résidence, ils ne voulaient pas croire que j’étais une fille, ils disaient que j’étais un garçon, à cause de mes vêtements de garçon (de mes frères) et de mes cheveux courts. Ils m’ont chassé de leurs jeux et je suis rentrée à la maison le cœur gros et lourd. J’en ai ressenti une vive humiliation et un vif chagrin. Quand je suis rentrée, j’ai croisé le regard surpris de mes parents, mais je n’ai rien dit. Je ne leur dis jamais rien.

Inutile de dire que par conséquent mes contacts avec mes parents et le reste de ma famille – ma sœur et mon frère sont réduits au minimum. Moins je vois mon père et mieux je me porte, et je n’aime pas du tout mon frère – heureusement il étudie en province, je ne le vois que certains weekends – et ma sœur m’agace, de toute façon elle a une chambre à Paris pour ses études. Je n’ai envie de parler à personne, ma vie est très différente des leurs, ils ne comprendraient rien et ils critiqueraient tout ce que je dirais, donc je ne raconte rien, même à ma mère

En résonnance, T. me manque terriblement, je voudrais être avec lui, sentir sa présence envahissante, son odeur chaude, sa peau douce, ses boucles blondes, ses yeux bleus, regarder son sourire et rire avec lui. Je suis seule dans cette petite chambre bleue, dans cette maison où je ne parle pas aux occupants. J’ai le cœur tout bombé de chagrin, je me sens abandonnée et je pleure.Avoir mal et le montrer

J’écarte mes cahiers de mon bureau, voilà des heures que je suis concentrée sur la révision de mon Bac. Je laisse mes pensées divaguer. Mes pensées me ramènent toujours à une même idée qui m’obsède depuis tout à l’heure : le rasoir. Le rasoir. Le rasoir. Je n’y tiens plus, je prends dans ma poche le rasoir jetable que j’ai pris discrètement à la salle de bains. En le tordant, je le casse et détache la lame de son support en plastique et je la regarde, fascinée. Cette si petite lame en métal brillant, si fine, si coupante. Comme il serait facile de s’en servir pour s’ouvrir les veines. Laisser le sang couler, se laisser aller, tout doucement jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien. Plus rien que le calme, absolu, total, dans un environnement tout blanc et tout cotonneux où plus rien ne fait mal. Me sentir flotter et partir peut-être.

Je me ressaisis. Pour le nuage tout blanc et tout cotonneux, je doute encore. Est-ce que cela existe vraiment ? Tout ce que j’ai connu, ce sont les coups et la douleur. J’ai mal. J’ai tout le temps mal. J’ai mal à l’intérieur. J’ai le cœur qui saigne à force de recevoir des coups, des coups tranchants, mordants, abrutissants, J’ai le cœur qui saigne et je veux le montrer.

Alors je prends la petite lame brillante, je l’approche de mon poignet droit, et je taille, une, deux, trois lignes fines sur ma peau blanche qui laisse voir les fines veines bleues, le sang perle, aïe, ça pique, ça me fait monter les larmes aux yeux. Mais ce n’est rien du tout par rapport à ce que je ressens à l’intérieur. Alors ce n’est pas grave. Alors je continue, quatre, cinq six lignes sur le poignet gauche. Mes bras sont en feu, je suis obligée de remonter les manches de ma chemise à l’endroit où je me suis scarifiée, le frottement du tissu de coton est trop irritant.

Ce n’est pas encore assez, j’ai bien plus mal que cela à l’intérieur. Il faut que je rapproche la douleur extérieure de ce que je ressens à l’intérieur, et que je sente une douleur qui ne s’arrête jamais, comme ces coupures à vif qui réagissent au moindre mouvement d’air. J’approche la lame de rasoir de l’intérieur de mes cuisses, là où la peau est si fine, si douce. Et Je taille. Jusqu’à ce qu’apparaissent des lignes de scarification bien alignées, horizontales sur les deux cuisses et les deux poignets, fines et légèrement perlantes de sang. Après, j’ai si mal que la douleur à l’intérieur est presque mise en sommeil.

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