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Couverture du roman Un an pour la séduire

Un an pour la séduire

Alicia Morel intègre pour un an le prestigieux domaine des Montclair. Malgré le mépris lié à ses origines modestes, sa force de caractère bouscule les codes de cette lignée aristocratique. Les cinq frères de la famille, habitués à ce que tout leur cède, se heurtent à l'indifférence totale de la jeune femme. Face à ce défi inédit, leurs certitudes volent en éclats et une rivalité s'installe pour la séduire. Le compte à rebours est lancé : gagneront-ils son cœur avant son départ ?
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Chapitre 2

La salle à manger était tout aussi somptueuse que le reste de la maison. Une longue table en bois massif trônait au centre, entourée de chaises ornées de sculptures complexes. Un chandelier imposant diffusait une lumière douce et chaleureuse.

Je m'assis entre Étienne et Mathias, espérant que leur compagnie serait moins oppressante que celle de Gabriel ou de Louis.

Le repas débuta dans un silence presque cérémonial, interrompu uniquement par le cliquetis des couverts. Mais, fidèle à lui-même, Louis brisa rapidement cette quiétude.

- Alors, Alicia, dit-il en se penchant légèrement vers moi, que faisiez-vous avant de venir bouleverser notre petite routine ?

Je sentis tous les regards se tourner vers moi.

- Je travaillais sur un projet d'innovation dans l'aéronautique, répondis-je, essayant de garder un ton neutre.

- De l'aéronautique ? répéta-t-il, feignant l'étonnement. Et moi qui pensais que vous étiez ici pour votre sens de la décoration.

Un rire étouffé s'éleva, probablement de Mathias.

- Louis, arrête, intervint Étienne d'un ton ferme.

- Quoi ? Je fais la conversation, c'est tout, répondit-il avec un sourire innocent.

- Peut-être que tu devrais écouter au lieu de parler, rétorqua Gabriel.

- Oh, et toi, Gabriel, tu es un modèle d'écoute, peut-être ? répondit Louis en roulant des yeux.

J'étais prise au milieu de cette joute verbale, essayant de me concentrer sur mon assiette. Mais Louis ne semblait pas décidé à me laisser tranquille.

- Vous savez, Alicia, dit-il en baissant légèrement la voix, Gabriel a toujours eu une certaine... difficulté à accepter les gens différents. Ne le prenez pas personnellement.

- Louis, ça suffit, gronda Gabriel, son ton plus autoritaire que jamais.

- Pourquoi ? Je ne dis que la vérité, continua Louis avec un sourire narquois.

Je serrai les dents, essayant de ne pas répondre. Mais intérieurement, une colère sourde montait.

Après le dîner, je décidai d'explorer un peu la maison, profitant de l'occasion pour m'éloigner de l'ambiance tendue. Je parcourais les couloirs déserts, observant les tableaux accrochés aux murs, des portraits d'ancêtres Montclair au regard austère.

Mes pas me menèrent devant une porte fermée à clé. Elle contrastait avec les autres, plus ancienne et ornée de gravures presque effacées par le temps.

Je tendis la main pour toucher le bois, sentant une étrange énergie émaner de cet endroit.

- Vous feriez mieux de ne pas traîner ici, dit une voix derrière moi.

Je sursautai et me retournai pour voir Victor, adossé au mur, son livre toujours en main.

- Désolée, je ne faisais que regarder, dis-je rapidement.

- Certaines choses sont mieux laissées en paix, murmura-t-il avant de disparaître dans l'ombre du couloir.

Sa remarque me laissa perplexe. Que cachait cette pièce ?

Alors que je retournais vers ma chambre, des voix attirèrent mon attention. Je m'arrêtai, tendant l'oreille.

- Ce n'est pas une bonne idée, Gabriel, dit une voix que je reconnus comme celle d'Étienne.

- Nous n'avons pas le choix, répondit Gabriel, sa voix basse et tendue.

- Si elle découvre...

- Elle ne découvrira rien, coupa Gabriel. Je m'en assurerai.

Un silence tendu suivit, puis des bruits de pas s'éloignèrent.

Mon cœur battait à tout rompre. De quoi parlaient-ils ? Et pourquoi avais-je l'impression d'être au centre de ce "secret" qu'ils tentaient de protéger ?

Les voix résonnaient encore dans mon esprit alors que je me levais le lendemain matin. La querelle que j'avais entendue entre Gabriel et Étienne la veille n'avait pas cessé de me perturber. Leur ton, la tension palpable dans leurs mots... Ils me cachaient quelque chose, c'était évident. Mais quoi exactement ?

Je descendis dans la cuisine, espérant une tasse de café pour éclaircir mes pensées. La pièce était baignée d'une lumière dorée, filtrée par les grandes fenêtres. Je m'arrêtai net en voyant Victor et Gabriel debout près de l'îlot central, visiblement engagés dans une discussion houleuse.

- Ce que je dis, c'est que sa présence ici complique tout, cracha Victor, les bras croisés.

- Et ce que je dis, c'est que nous avons besoin d'elle, répliqua Gabriel, son ton sec comme une lame.

Victor secoua la tête avec une exaspération évidente.

- Tu joues avec le feu, Gabriel. Tu sais ce qui est en jeu.

- Je sais parfaitement ce qui est en jeu, répondit Gabriel, serrant les dents. Et toi, tu ferais bien de te souvenir que c'est moi qui prends les décisions ici.

Le silence qui suivit était glacial, chargé d'une tension presque physique. Je me raclai légèrement la gorge, espérant ne pas les surprendre trop violemment.

- Oh, Alicia, dit Victor, me remarquant le premier. Vous êtes matinale.

Gabriel se tourna vers moi, son regard plus dur que jamais.

- La cuisine n'est pas le meilleur endroit pour les discussions matinales, lança-t-il avant de quitter la pièce sans un mot de plus.

Je restai figée, gênée par la froideur de Gabriel et l'étrange sous-entendu de leur conversation.

- Ne faites pas attention à lui, dit Victor avec un sourire qui se voulait rassurant. Il n'est pas du matin.

- Je vois ça, répondis-je, prenant une tasse pour me servir du café.

Mais même après son départ, je ne pouvais ignorer la sensation persistante qu'ils me considéraient comme un élément perturbateur dans leur monde bien ordonné.

Plus tard dans la journée, je croisai Mathias dans le jardin. Le plus jeune des frères semblait constamment en mouvement, débordant d'énergie enfantine.

- Hé, Alicia ! cria-t-il en courant vers moi.

- Salut, Mathias, dis-je avec un sourire prudent.

- Alors, t'amuses-tu dans notre château hanté ?

- Château hanté ? répétai-je avec un rire nerveux.

- Oh, oui, plein de secrets, de portes cachées, de pièces mystérieuses... Il fit un geste dramatique avec ses mains. Et des invités qui n'ont aucune idée de ce qui les attend.

Son ton léger était clairement une blague, mais il y avait quelque chose dans son regard qui me mit mal à l'aise.

- Très drôle, répondis-je en croisant les bras.

- Je plaisante, bien sûr, ajouta-t-il avec un clin d'œil. Mais si tu veux explorer, je connais tous les coins et recoins de cette maison.

- Je crois que je vais me débrouiller seule, merci.

Il haussa les épaules, mais un sourire espiègle étirait toujours ses lèvres.

Ce n'est que bien plus tard que je compris pourquoi il avait cet air malicieux. Lorsque je rentrai dans ma chambre, un seau d'eau glacée tomba sur ma tête, accompagné d'un éclat de rire provenant du couloir.

- Sérieusement, Mathias ? criai-je, trempée de la tête aux pieds.

Il était plié en deux de rire, incapable de répondre.

- C'était censé être une blague, dit-il enfin, essuyant une larme au coin de l'œil.

- Une blague ? rétorquai-je en avançant vers lui, tremblante de colère et d'humiliation. Tu trouves ça drôle ?

- Oh, viens, détends-toi.

Je ne réfléchis pas. J'attrapai un vase décoratif posé sur une console et le renversai sur lui. L'eau qu'il contenait éclaboussa son visage et son torse, interrompant son rire immédiatement.

- Eh bien, maintenant on est quittes, dis-je sèchement, les bras croisés.

Mathias resta un instant figé avant d'éclater de rire à nouveau.

- T'es pas mal, Alicia. Je crois qu'on va bien s'entendre finalement.

Je levai les yeux au ciel, mais je ne pus m'empêcher de sourire légèrement.

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