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Couverture du roman Un amour silencieux

Un amour silencieux

Emma, une adolescente muette, vit dans un monde marqué par l'injustice et les discriminations. Longtemps victime de harcèlement, elle s'interroge sur sa capacité à aimer et à se construire un futur malgré son silence forcé. Sa rencontre avec un amour imprévu lui donne la force de surmonter son handicap. Confrontée à l'abandon, à des meurtres et à des abus de pouvoir, elle devra braver de lourdes épreuves pour s'épanouir et réaliser enfin ses rêves les plus chers.
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Chapitre 2

Mon corps est lourd alors que j’ouvre les yeux et je me rends compte que je suis dans un lit…un lit ?

Je me redresse comme piquée à vive et je me tourne pour étudier mon environnement… grossière erreur je l’ai fait beaucoup trop rapidement et maintenant j’ai très mal au cou.

Je lève ma main pour masser la partie endolorie et je peux voir sur mon avant bras des bandages.

Quelqu’un m’a soigné.

Ceci étant je décide de connaître où je suis et lorsque mon esprit se calme enfin je reconnais la pièce. Un petit tiroir, une fenêtre avec les mêmes dimensions qu’un format A4, une table d’étude avec quelques livres et cahiers…exactement comme je l’ai laissé ce matin et un dressing qui n’a pas plus de vingt vêtements.

Oui en effet c'est ma chambre, je suis dans ma chambre sur mon lit et ses draps gris…aussi gris que ma vie.

J’entends des bruits de pas et je me tourne avec le son grinçant de la porte qui s’ouvre, là elle apparaît ma grande sœur Jeanne et accessoirement ma tutrice légale.

Elle me regarde avec des yeux larmoyants et je sais qu’elle a dû vraiment beaucoup pleurer car ses yeux sont rouges…rouges et gonflés.

Je me sens vraiment coupable de lui faire endurer cela elle qui a tant fait pour moi.

Je n’étais pas encore née quand mon père un policier s’est fait descendre dans les ruelles malfamées de cette ville durant une patrouille, ma sœur n’avait que onze ans et ma mère une femme au foyer avait de quoi se faire du souci avec un enfant à venir et une à nourrir.

Ma sœur m’a dit qu’elle est morte en couche mais à sa manière de le dire aussi froidement et sèchement je crois plutôt qu’elle s’est barrée… mais ça c’est ce que je crois certainement que nous sommes véritablement orphelines de père et de mère.

Elle n’avait que douze ans quand elle est devenue mon parent…à cet âge je ne sais pas si c’est possible même moi qui ai 16 ans je ne pense pas pouvoir m’occuper d’un bébé si cela venait à arriver…mais ma sœur l’a fait et a réussi…elle est ma héroïne.

Je ne vais pas lui demander non plus ce qu’elle a dû faire pour m’élever toujours est-il qu’elle a sacrifié sa vie pour m’élever et je pense qu’elle a réussi raison pour laquelle je ne veux pas la déranger avec mes problèmes.

Surtout que je sais qu’elle se sent coupable.

Quand j’avais 4 ans et je suis tombée malade…très malade elle n’avait que 15 ans et elle ne savait pas comment réagir et apparemment même les voisines ne le savaient pas.

Elles avaient cru à de la fièvre mêlée à un problème gastrique car j’étais prise de vomissements et de perte d’appétit. Elles avaient utilisé quelques médicaments qu’elles avaient sur elles ma sœur n’ayant pas encore sa paie pour m’emmener à l’hôpital nous n’avions pas d’assurance santé.

On avait cru que c’était bon mais j’avais eu une crise et le quartier se cotisant avait pu m’envoyer à l’hôpital…c’était trop tard.

Une Méningite à Hib (Haemophilus influenzae de type B) une forme de méningite bactérienne chez les enfants de moins de 5 ans.

Il existait des vaccins afin de la prévenir mais je n’en avais jamais pris un… même si le vaccin Hib ne protège pas contre ses autres affections.

Vue la gravité de mon mal j’aurais dû être sourde ou avoir des séquelles neurologiques mais même le médecin ne l’explique pas… je suis plutôt devenue muette ou presque vu que je peux émettre quelques sons et dire quelques mots simples même si c’est tellement laid à entendre que j’ai dû arrêter d’essayer de parler et de juste faire des signes.

C’est aussi parce que ceux et celles qui me harcèlent avaient plus d’entrain à le faire quand ils m'entendaient grogner comme une bête…leurs propres mots.

J’ai appris à ne faire que le langage des signes et c’est ainsi qu’aucun son n’est plus jamais sorti de ma bouche.

Ma sœur s’en est toujours voulue…elle ne le dit pas mais je le sais.

Souvent elle s’assoie dans sa chambre et se met à pleurer se rendant coupable de mon malheur… pourtant moi je ne lui en veux pas , elle n’était qu’une enfant et elle m’a toujours si bien traité.

Si je n’avais pas été là elle serait certainement plus heureuse et aurait accompli tellement de grandes choses alors non je suis heureuse de l’avoir comme sœur.

Ce n’est aucunement de sa faute si le destin n’a pas été clément avec moi et que les gens autour de moi sont si rétrogrades.

« Pourquoi tu ne m’as rien dit ? Pourquoi avoir caché que tu te faisais harcelée à l’école ? »

Je reste silencieuse. Pourquoi ? je ne sais pas peut-être parce que je ne voulais pas qu’elle ait encore à se plier en quatre pour moi. Pourquoi ? Parce que je n’ai plus envie qu’elle s’inquiète et se sente coupable à cause de moi …non je ne voulais plus que cela arrive alors j’ai préféré le garder pour moi.

C’est stupide n’est-ce pas ? Peut-être que ça l’est vu l’état dans lequel je me suis retrouvée après que ces filles m’aient autant frappée mais je pensais aussi que ça serait comme d’habitude. Qu’elles allaient juste me frapper légèrement tout en évitant de laisser des marques mais apparemment elles avaient décidé de passer à la vitesse supérieure et à me ruiner… à me tuer car j’ai été presque morte.

Je soupire et lui parle à ma manière.

** Comment tu as su ce qui m’est arrivé ? L’école t’a appelé ?**

Il y’a un temps d’arrêt, en effet ma sœur a du mal à comprendre facilement le langage des signes et il lui fait donc un moment avant d’identifier les signes et de les comprendre afin de me répondre.

« Non … en fait j’ai donné 10$ à un de tes camarades celui qui vit de l’autre côté de la rue pour qu’il m’appelle si tu as un problème à l’école »

Face à mon regard assez perdu elle soupire et continue de parler.

« Il y’a une semaine quand t’es rentrée et que je t’ai demandé s’il y’avait quelque chose dont tu voudrais parler mais tu as dit non… j’avais vu les bleus sur ton ventre et sans que tu ne me parles je ne pouvais rien faire alors j’ai décidé de voir ce garçon pour qu’il me dise quad il remarque quelque chose.

J’ai baissé la tête de culpabilité… ma sœur se retrouve encore à veiller sur moi tout en gâchant ses économies pour moi. Et ce garçon ne pouvait-il pas juste appeler à l’aide ? Il a fallu que ma sœur lui donne de l’argent pour le motiver à aider une personne dans le besoin. L’être humain court vers sa propre perte.

** Ce n’est rien**

C’est stupide de le dire alors qu’elle m’a trouvée presque morte n’est-ce pas ? Mais je ne veux pas qu’elle aille voir ces filles et se mette dans des problèmes Inutiles.

Elle fait une tête abattue alors qu’elle vient s’assoir sur le lit près de moi et me caresse la tête.

« Je suis avec toi peu importe qui se dresse devant toi je te défendrais je veux juste tu me fasses confiance avec ta sécurité »

Je hoche la tête et elle me sourit avant de reprendre son visage solennelle.

« J’y ai réfléchi depuis quelques temps et je pense que je vais te changer de lycée »

Je me redresse rapidement, non c’est pas bon elle doit économiser me changer de lycée maintenant serait trop compliqué et en plus il n’y’a que deux lycées dans notre petite ville, celui où j’étais et l’autre qui est un peu plus élitiste ce qui fait qu’il est aussi plus cher.

** Non ça peut aller tu ne dois pas t’en faire je gère**

« Ça ne va pas au contraire tout est une catastrophe je dois te protéger…je sais que tu réagis comme ça à cause des frais scolaires mais j’ai des économies tu sais ta grande sœur n’est pas si pauvre … rien n’est plus important pour moi que de te permettre d’être en sécurité peu importe ce que je dois faire pour cela.

Les larmes coulent seules alors que ma sœur me prend dans ses bras.

« Dès la semaine prochaine tu vas aller au lycée près de la mairie…je te promets que tu y seras plus heureuse. »

Je hoche juste la tête en espérant que réellement ça sera le cas et ai bout d’un moment ma sœur se lève et va me préparer à manger.

Demain elle ira demander une lettre de transfert en espérant que je serai prise. Je ne sais pas pour mon infirmité mais j’ai toujours eu de très bonnes notes alors pour ce cas là je ne m’inquiète pas.

Le reste de la soirée se passe pour le mieux ma sœur aux petits soins avec moi tandis que la nuit tombe rapidement sur notre petite ville et je suis de nouveau à un nouveau jour.

Une journée qui passe rapidement et quand il est 14 heures ma sœur revient avec la lettre de transfert… je me sens coupable car elle a encore manqué son travail à cause de moi et que demain elle le sera également. Elle est en plus payée par heures de travail ce qui fait qu’elle a perdu énormément aujourd’hui et va encore le faire demain également.

« Ne fais pas cette tête toutes tes pensées sont tellement visibles … »

Elle glousser et ça me détend.

« Bien ma chérie je vais aller me reposer un peu si tu as besoin de moi tu viens me chercher ok ? Et surtout ne sors pas encore si tu as une course …il y’a ces voyous dehors »

Les voyous … ce sont des jeunes qui arrachent les affaires des passants des petits pickpockets en somme. De toutes les façons je n’allais pas sortir alors il n’y’a pas vraiment de mal.

Je hoche la tête et je vais me recoucher car mon corps est en miettes et il a besoin de repos.

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