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Couverture du roman Un amour éphémère

Un amour éphémère

À la veille de son mariage, une jeune femme repense à son passé marqué par l'absence d'un père. Élevée par une mère célibataire exemplaire, elle a grandi dans une société prompte au jugement. Cette figure maternelle, femme d'affaires redoutable dans le commerce du Bazin, a bravé les critiques pour lui offrir une éducation d'excellence. Malgré sa beauté, elle ne s'est jamais remariée, restant fidèle au souvenir d'un époux disparu dont l'évocation éveille encore en elle une vive douleur.
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Chapitre 2

Je suis rentrée chez moi encore bouleversée par les derniers évènements. J'ai trainé les pieds jusqu'au salon où je me suis étalée de tout mon poids sur l'un des fauteuils, telle une masse opaque.

- Jamila, combien de vois je t'ai dit qu'il ne faut pas mettre des chaussures sur le tapis comme ça hum ? je le dirai à ta mère cette fois ci.

C'était Tanti Fatou, notre bonne. Mais moi je la considère comme une seconde maman. Lorsque ma mère est au travail la journée c'est elle qui s'occupe de moi. Et lorsqu'elle voyage c'est elle qui reste avec moi. J'ai grandi avec elle, et elle occupe une très grande place dans mon cœur, meme si je prends un malin plaisir à la fatiguer.

- Ahh Tanti Fatou min lan ronki handhè goye (je suis fatiguée aujourd'hui)

- Hmm si dha ronki ko hadjouma (si tu es fatiguée c'est ton problème) dégage tes pieds sur la moquette.

J'ai rouspété avant de me lever, de toutes les façons, personne ne m'aime dans cette maison. Je suis partie prendre ma douce avant de rattraper mes prières. Il était 17h et Maman allait rentrer d'une minute à l'autre. Je me suis concentrer sur un livre jusqu'à ce que j'entendre sa voiture klaxonner. Un sourire a illuminé mon visage... Maman...

Plus tard dans la soirée, j'étais couchée sur mon lit avec la carte de Ibrahim entre les doigts. Je lui fais signe ? ou non ? ça serait trop facile de céder comme ça, mais je ne sais pas il y'a comme une force invisible qui me pousse à vouloir connaitre ce qui l'intrigue tant chez moi. Peut être de la curiosité. Mon téléphone s'est mis à sonner, j'ai répondu sans prêter attention au numéro affiché.

- Allo ? dis je distraite

- Bébé...mon cœur a raté un battement. s'en est suivi un long silence.

- Oui, dis je dans un souffle...

- Tu me manques...

- Karim...

- Non attends s'il te plait... je suis désolé, j'ai agi comme un con, je ne sais pas ce qui me prends ces dernier temps. Tu sais avec les papiers du Canada qui retardent, c'est pas évident pour moi.

- Oui mais ce n'est pas une raison de te comporter comme ça avec moi... tu avais promis Karim dis je dans un souffle

- Oui je sais, je sais que je t'ai promis de ne jamais te faire souffrir et crois-moi ce n'est pas prémédité. Tu es ma princesse et tu le sais.

- Hmmm

- Je suis désolé et tu me manque vraiment

- Toi aussi tu me manque dis je alors que je serais très fort mon oreiller contre moi

- Je sais ca haha ça te dis qu'on se voit ?

- Quoi là maintenant ?

- Oui là maintenant, on ira juste faire un tour vite fait, je suis à 5 minutes de chez toi

- La dernière fois j'ai failli me faire choper par maman tu sais...

- Juste dix minutes pas plus, promis

- Hmmm...okey.... je descends alors.

- A plus bébé, dit il avec cette voix qui me fait craquer

Je me suis levée tellement précipitamment que je n'ai pas fait attention à la carte qui a glissé pour aller tomber sous le lit. J'ai fait un sprint dans la salle de bain avant de porter un bat de jogging et un débardeur. J'ai pris mon téléphone et je suis sortie de la maison comme un voleur avec la complicité du gardien. Je n'ai pas intérêt à ce que maman se réveille. Il était 23h. Une fois dehors je l'ai vu garé un peu loin du portail. Il avait éteint ses phares mais je reconnaitrais parmi mille sa RAV4. Je me suis dirigée vers la voiture le cœur battant. Dès que je suis montée dans la voiture, je me suis sentie vivement plaquée contre le siège avant de sentir ses lèvres fondrent sur les miennes. Nos langues sont rentrées dans une danse folle et nos respirations étaient saccadées. Il a tiré sur ma lèvre inférieure ce qui me fit échapper un gémissement. Il a mis fin à notre baiser alors que nous essayons tant bien que mal de reprendre notre souffle.

- Salut beauté dit il en se détachant de moi et en me regardant comme il sait si bien le faire

- Salut beau gosse... dit je alors que je me faisas petite sur mon siège

Il a démarré la voiture et c'est en silence que nous nous sommes dirigés vers la plage qui était proche de chez moi. J'avais mes longs cheveux qui dansaient pèle mêle au gré du vent alors que Karim venait se placer derrière moi avant de me serrer dans ses bras. Nous étions adossés à la voiture en face de la mer et seul le bruit lent et apaisant des vagues interrompait le silence de la nuit

.

- Jami ?

- Hum ?

- Tu penses à quoi ?

- Rien...

- Si, je vois bien que tu as l'air préoccupée dit il calmement.

J'ai gardé le silence avant de respirer un bon coup.

- On a pas parlé de « nous » quand tu iras au Canada.je ne sais pas si je pourrais supporter la distance....

- Chuuut ne dit pas ça, nous allons nous retrouver très vite et vivre notre amour comme il se doit.

- Mais maman... je ne peux pas la laisser seule

- Mais Jami tu es une femme, tôt ou tard il te faudra quitter tes parents... regarde-moi bébé

Je me suis lentement tournée vers lui. Il a callé ma longue chevelure derrière mon oreille pour dégager mon visage. Il a plongé son regard dans le mien

- Je n'oublie pas les promesses que je t'ai faites. Je ferai de toi la femme la plus heureuse... tu me fais confiance ?

- Oui dis je dans un souffle.

Ses lèvres se sont fendu dans un sourire craquant avant de prendre les miennes et de m'entrainer dans une avalanche de sentiments.

Le lendemain je suis partie à l'école plus sereine avec un pèche d'enfer. Cela n'a pas manqué à Binta et de là où je la voyais, je crois quelle mourrait d'envie de savoir ce qui s'est passé pour me faire changer d'humeur comme ça du jour au lendemain.

- Pourquoi tu rayonne comme ça ? dit-elle une fois qu'on est sorti du cours

- Haha l'amour ma chérie, l'amour !! dis je sarcastique

- Tchiip avec ta tête on dirait Amour. Le gars là a fini par te rendre folle tu es irrécupérable

- Hum au moins moi il me considère, je ne le cours pas après

Elle prit un air faussement choquée ce qui me fit éclater de rire. Je l'ai prise dans mes bras avant de lui faire une pluie de bisous.

- En parlant de ça, je dois aller voir un de mes oncles. Il faut dire qu'en amour je n'ai vraiment pas de chance. Pourtant je n'ai pas de problème

- Oui oui c'est ça... dis je distraite en répondant un message de mon homme

- Non je suis sérieuse. Toute les Facon, je vais le voir là. Il a fait une potion pour moi.

J'ai relevé la tête et je l'ai fixée histoire de comprendre où est ce qu'elle voulait en venir.

- potion? comment ca potion ?

- Ahh c'est moi qui sait comment il s'y prend ? bref tu m'accompagne ?je n'ai pas envie d'y aller toute seule.il me fait un peu peur ce vieux fou.

- Tu le traite de fou mais c'est quand même toi qui lui donne le pouvoir de te dire ce qu'il en est de ta vie ? laisse-moi rire

Nous avons emprunté un taxi avant de se rentre chez son soit disant oncle. Durant tout le trajet j'étais insouciante et je n'ai pas vraiment mesuré l'ampleur de ce qu'on s'apprêtait à faire.

- Tu es sure de vouloir de ça ? dis je un peu hésitante alors qu'on s'introduisait dans la cours où se trouvait une petite maison presqu'en ruine

- Relax, ce n'est pas la première fois pour moi....

Nous avons contourné la maison pour accéder à l'arrière cours. Au beau milieu de la cours se trouvait un homme qui supportait le poids de sa vieillesse. Il était confortablement assis sur une natte étalée à même le sol et égrenait un chapelet. Une femme avec une forte corpulence se tenait près de lui et lui faisait du thé. Nous nous sommes approchées.

- On Djarama Baba (bonjour Papa) dit Binta alors qu'elle exécutait une parfaite génuflexion à l'endroit du vieux

- On Djarame (Bonjour) dis je toute timide alors que je me suis mise à l'écart.

- Mes enfants, installez vous.

Il y avait une natte en face de lui et nous y avons pris place.

- Ensuite le vieux a repris son chapelet et nous l'avons observé l'égrener seconde après seconde.

Quelques minutes après, la femme qui était en train de faire le thé est venue poser une bouteille remplie d'un liquide près du vieux. Je ne l'ai même pas vu se déplacer celle-là. Ces gens sont bizarre personne ne parle... aussitôt le vieux commença

- Tu devras te laver de cette potion tous les matins avant l'aube. Apres un mois reviens me voir tu as compris ?

- Oui ! répondit Binta

- Comme nous l'avons dit la dernière fois, il n'y a rien de grave. Tu as juste de mauvaises ondes qui te suivent et il faut t'en débarrasser sinon tu risques de ne jamais être heureuse...

J'assistais à leur dialogue et pleins de sentiments m'ont traversé le corps. Je me demande si c'est vrai ce qu'il est en train de lui raconter...

- Ton amie voudrait me poser une question à ce que je vois

J'ai failli sauter sur place et prendre mes jambes à mon cou. Comment il a fait pour lire dans mes pensées ?

- N'aie pas peur ma fille je t'écoute

Apres plusieurs secondes d'hésitation je lui dis :

- Non, non je n'ai aucune question pour vous Baba.

- Alors moi j'ai des choses à te dire, des bonnes et des mauvaises...

Mon cœur a raté un battement

- Tu auras à traverser beaucoup d'épreuve dans ta vie. Il te faudra beaucoup de courage pour ne pas sombrer et virer du côté de la noirceur. Ton cœur est plein de beauté et de pureté, d'ailleurs tu as une très belle étoile. Lorsqu'arrivera le moment de te marier, deux hommes seront de choix. Si tu suis ta raison et que tu ne regardes pas plus loin que ton nez, tu choisiras le premier. Celui-là n'est pas ton homme ! il ne le sera jamais ! quant au deuxième, ton cœur le choisira sans que tu ne le veuille, tu le détestera, puis tu l'aimeras. Le mariage peut être possible avec cet homme... mais ! vous aurez des problèmes, je vois beaucoup de larmes et de tristesse.

Il fit une pause alors que je croyais que mon cœur allait sortir de ma poitrine. Toujours en continuant à égrainer son chapelet il poursuivit :

- Tu feras un voyage, un homme y sera. C'est lui ton homme, vos étoiles se complètent. Mais malheureusement pour vous il a déjà lié sa vie avec une autre femme. Malheureusement pour toi, tu vivras que des séquences de bonheur éphémère dans ta vie...

Ce fou est vieux ! Non ! Ce vieux est fou ! Sans prendre mon reste, j'ai ramassé mon sac à main et je suis sortie de là en ignorant les appels incessants d'une Binta autant bouleversée que moi par ces révélations. J'ai pris le premier taxi et je suis rentrée chez moi. Je ne me suis sentie bien qu'après avoir prié. J'ai vu que Binta avait essayé de me joindre plusieurs fois. Je lui ai laissé un message en lui faisant comprendre que je ne suis pas fâchée mais que j'aimerai rester un peu seule.

******

Toute la semaine, j'étais un peu la tête ailleurs, heureusement que Karim était là. Il m'a fit oublier cette mauvaise expérience en un clin d'œil. Très vite j'ai rangé les phrases du vieux dans un coin de ma tête. A la fin de la semaine, une réunion familiale a été organisée dans la famille de ma mère. C'était une occasion pour les parents d'aborder les différents sujets d'ordre familial et pour nous les cousins de nous retrouver dans la bonne humeur. J'étais dans la cuisine avec mes cousines en train de préparer le jus de gingembre.

- L'insertion professionnelle dans ce pays est un véritable parcours du combattant. Ca va faire des mois que je cherche un stage mais rien. C'était Aicha, l'ainé de mes cousines

- Prends courage ça va aller. Les entreprises ne recrutent jamais ceux qui ont fait leurs études ici, répond une autre

- Je crois que tout dépends de toi. Dis-je très calmement.

- Je ne vois pas pourquoi vous vous acharnez tant à trouver du travail comme ça. Moi ce qu'il me faut c'est un mari beau, riche et séduisant... disait une autre cousine

- Hmmm comme le fils de tonton Abdoul qui est revenu du Canada là. Apparemment il a une très belle situation financière... renchérit Aicha

- Eh lui ! c'est le candidat parfait, en plus il est éloquent d'une façon là....

- Euh de qui vous parlez ? quel tonton Abdoul ? dis je un peu perdu...

- Eh tonton Abdoul, un ami intime à mon papa dit Aicha. Tu ne dois pas le connaitre toi parce que....

Sa phrase est restée en suspens alors que les autres aussi on interrompu leurs gestes. Moi toujours pensant qu'elle n'avait pas fini sa phrase.

- Tonton Abdoul ? tu as raison, surement je ne le connais pas

- Bonjour ! Aicha... Ma mère te demande, elle est au salon !

Cette voix ! Cet accent... ça me dit quelque chose. Mais c'est impossible, mais... j'ai senti une présence derrière moi. Assez proche pour que j'inhale son parfum... ce parfum, je le reconnais. C'est avec le cœur battant et les mains tremblantes que je me suis retournée très lentement avant de plonger mes yeux dans la profondeur des siens qui ont toujours gardé cette malice que j'avais décelé le premier jour..

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