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Couverture du roman Tsita

Tsita

Parfois, une simple maladresse ou une erreur insignifiante suffit à déclencher un engrenage funeste. Dans ce récit où le mystère côtoie l'effroi, un seul faux pas fait basculer l'existence dans une horreur absolue. Rien ne laissait présager qu'un geste anodin puisse avoir des conséquences aussi terrifiantes. Plongez dans une atmosphère pesante où chaque décision peut devenir fatale et transformer radicalement votre destin de la plus sombre des manières.
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Chapitre 2

Chap 2 : Moi, Tsita.

...Quelques années plus tôt...

-Tsita, Tsita, Tsitaaaaaaa!

Moi: hmm Tantie!

-Je dis hein, il est quelle heure? Tu dors encore? Le ménage va se faire tout seul? Fainéante!

Eh oui, c'est ma tante qui tonne sur moi, les mains aux hanches après avoir presque fracassé la porte de ma chambre en entrant. Je me lève péniblement de mon lit, encore toute ensommeillée et me dirige vers la salle de bain mais devson corps massif, tantine Carole me bloque le passage.

Elle: Où vas-tu?

Moi: Je vais rapidement prendre une douche.

Elle: Ah! Nini? (Quoi?) Va me faire le ménage! Douche, douche fien fien! Donc c'est de ma faute si madame la reine décide de faire la grasse matinée et oublie de se doucher avant?

Il est à peine 6 heures et elle dit que je fais la grasse matinée. Mais de toutes les façons, je suis habituée. Il vaut mieux que je me depêche d'aller chercher le balai avant qu'elle ne commence à me casser les oreilles sur comment elle m'a récceuillie alors que personne ne voulait de moi dont les parents sont morts d'une maladie dégoûtante, sur combien je suis ingrate et tout et tout.

Les paupières encore lourdes, je m'attèle à la tâche et au bout d'une heure, la maison est propre, les assiettes lavées, notre cour balayée, le petit jardin potager derrière la maison arrosé. Je cours me laver avant que l'une de ses princesses ne s'accapare de la salle de bain comme d'habitude.

Pour la petite histoire, je vis chez ma tante Carole (la petite soeur de ma défunte mère) depuis mes 14 ans. Comme je l'ai mentionné plus haut, elle m'a recceuilli après la mort de mes parents dont j'étais l'unique enfant.

Mes parents et moi vivions à Kinshasa. Après leur decès, tantine Carole qui, elle, vit à Muanda, une petite ville dans la province du bas-congo m'a ramenée avec elle.

Quand j'y pense, j'ai l'impression que c'est d'une bonne sans salaire dont elle avait besoin, car dès le premier jour où j'ai mis les pieds chez elle, elle a renvoyé la femme de ménage et m'a clairement fait comprendre que si je voulais manger ou dormir dans sa maison je devais m'occuper du ménage et qu'elle n'aimait pas les petites fainéantes.

Changement de frequence.

Dieu merci, ce n'était pas difficile pour moi de m'adapter parceque ma mère, quelques temps avant sa mort, était devenue très faible et ne pouvait rien faire, c'était moi qui m'occupait de tout et je m'en sortais assez bien.

Tantine Carole est mariée et mère de deux filles : Sheila qui comme moi à 19 ans et Petunia qui en a 17. Elle qui dit ne pas aimer les fainéantes, ses propres filles sont des championnes du farniente mais cela ne semble pas la déranger du tout.

Mais malgré tous ses défauts et le fait qu'elle et ses filles me traitent comme leur domestique, tantine Carole m'a quand-même mis à l'école, quelque chose que je craignais qu'elle ne fasse pas vu l'accueil que j'avais reçu à mon arrivée. Donc j'ai pu continuer normalement mon cycle sécondaire.

Après une longue douche froide, je sors de la salle de bain, fraîche et toute regaillardie. C'est Samedi, je n'ai pas cours donc d'office c'est moi qui suis aux fourneaux. En semaine, c'est Tantie elle-même qui cuisine comme elle bosse à domicile. Elle est dans le commerce des tissages qu'elle va acheter à Luanda pour ensuite les revendre ici.

Je sors du congelateur ce que je dois préparer après un rapide petit déjeuner et me mets au travail. Vers neuf heures, les deux princesses de tantine Carole se réveillent enfin et font une descente à la cuisine. Hmm, la vie est facile pour certaines personnes hein!

Elles se font leur petit déjeuner elles-mêmes car depuis un moment j'ai arrêté de le faire pour elles comme c'était l'habitude avant. Le jour où je leur ai fait savoir que je n'allais plus le faire, elles m'ont regardé comme si j'étais folle et ont couru appeler tantie en renfort. Cette dernière a débarqué bien fâchée et a essayé de me forcer mais ce jour là, tonton Raph (le mari de Tantie) qui jusques là n'intervenait jamais lorsqu'elles me faisaient leurs bizzareries est intervenu en ma faveur. Il les a bien remis à leur place et m'a ordonné de ne plus jamais laver les vêtements de Sheila et Petunia ou nettoyer leurs chambres et qu'elles devaient désormais le faire elles-mêmes. Aurevoir les faux ongles interminables! Eeeh! Il fallait voir leurs visages!

Tonton Raph est le genre d'homme qui ne parle pas beaucoup et peut être vraiment passif des fois, mais il a ses jours où Tantine Carole et ses filles ne tentent pas leur chance.

Les deux princesses finissent de manger et se lèvent sans prendre la peine de débarrasser la table. Elles vont s'assoir tranquillement sur le divan et allument la télé. Je débarrasse sans faire d'histoires et vais faire la vaisselle.

Je finis de préparer vers dix heures et vais me changer pour boulot. Bah oui, je travaille. Tantine Carole ne me donne pas d'argent de poche donc je dois travailler pour en avoir.

J'ai eu mon diplôme d'etat (bac) l'année passée et cette année je fais ma première année en sciences esthétiques dans une institution de la place .Tout ce qui touche à la beauté m'a toujours fasciné depuis toute petite alors j'ai décidé d'en faire ma carrière. Tantine Carole a catégoriquement refusé de payer pour mes études supérieures disant qu'elle en avait assez fait pour moi et que je devais me débrouiller, ce qui fait que je paie pour mes cours de ma poche. De temps en temps, tonton Raph me glisse discrètement une enveloppe pour me depanner.

Je mets une chemise manches courtes rose, un pantalon jean noir et des ballerines noires avec des petits coeurs roses. Petit maquillage , me parfume un peu et voilà, good to go! J'ai des rasta donc je n'ai pas à passer du temps à brosser quoi que ce soit devant le miroir. Je me fais juste un chignon à la Beyoncé. J'attrape en passant mon petit parasoleil en dentelle noir que je me suis acheté au moutouki (fripperies) au grand marché. Avec le soleil qu'il y a dehors aujourd'hui , il me sera très utile.

Mon lieu de travail n'est pas très loin de chez moi, alors au lieu de gaspiller de l'argent avec le taxi, je préfère marcher. Au bout de 20 minutes de marche, j'y suis et trouve le salon de coiffure déjà plein à craquer. Yesss! On rentrera avec le sourire le soir venu, comme presque tous les samedis d'ailleurs.

Moi: Bonjour à tous, dis-je en entrant

Ya Bibiche: Notre femme, ça va?

Moi: ça va bien ya Bibiche!

Ya bibiche est la proprietaire du salon mais elle n'est pas le genre à regarder ses employées de haut. Nous sommes quatre filles qui bossons pour elle et elle nous traite toutes comme des petites soeurs. Elle m'appelle notre femme parcequ'elle dit que je suis la future épouse de son fils Kevin qui a juste un an (rire). De nous toutes qui travaillons pour sa maman, je suis la seule par qui il accepte d'être porté. Lorsque les autres filles tentent de le prendre, il lance un cri et se cramponne à moi comme si sa vie en dependait, ce qui nous fait beaucoup rire.

Je vais vite passer mon tablier et commence avec ma première cliente du jour. La journée se passe ainsi, brésiliennes par-ci, faux cils par là, soin de visage, défrisage, pedicure et tout et tout.

Lorsque le salon est enfin vide autour de 20 h, nous nous asseyons et faisons les comptes. Chacune de nous prend sa part après avoir payé son pourcentage à ya Bibiche. À la fermeture, ya bibiche qui doit visit er une parente malade non loin de chez moi propose de me déposer. Le trajet se fait dans la bonne humeur, on parle de tout et de rien. Quand nous arrivons à quelques mètres de chez moi, je remarque une très belle voiture parquée devant le portail.

Ya bibiche: on dirait que vous avez de la visite. Wow, ça c'est ce que j'appelle une vraie voiture. Pas ma petite brouette-ci.

Moi: Hahahaha! Ta voiture est bien. C'est économique. Les grosses voitures font faire trop de dépenses.

Ya Bibiche: Comme les femmes brunes.

Moi: Toi-même tu es brune.

Ya Bibiche: Pas si brune que ça.

Je lui fais la bise et lui dis à demain avant de descendre. Je contourne la voiture tape-à-l'oeil tout en me demandant à qui elle peut bien appartenir et entre dans la parcelle. Quand je fais mon entrée dans le séjour pour dire bonsoir et signaler mon retour, je trouve tantie et tonton Raph en compagnie de papa Ali, un commerçant riche et reputé dans la ville. Je sais maintenant à qui est la voiture de luxe parquée devant le portail. Le trio papote gaiement en sirotant des d'jinos. Mon bonsoir les interrompt et trois pair d'yeux se tournent vers moi.

Tantie saute presque de son siege et vient me faire la bise avec le sourire jusqu'aux oreilles.

Perplexité au summum!

Tantie: Oh! Ma fille, tu es de retour?

Moi, méfiante : Oui Tantie.

Tantie: Ya Ali, la voici, dit-elle s'addressant à Papa Ali qui me regarde comme s'il m'avait vu tomber du ciel.

Me voici? Qu'est ce que j'ai fait?

Papa Ali: Une vraie beauté. Ça va Tsita? fait-il, à l'aise sur le divan des gens comme s'il était chez lui! Pfff!

C'est un homme au début de sa cinquantaine, très grand de taille avec un lèger enbompoint. Il a un teint noir très propre, le regard perçant on dirait un épervier, le crâne rasé (une calvitie y est sûrement pour quelque chose) et son visage est partiellement mangé par une barbe poivre et sel est coiffée style rick ross. Il est vêtu d'un ensemble boubou beige de haute qualité et a au poignet une montre scintillante qui rien qu'à la regarder on sait déviner qu'elle a coûté une fortune. Tout notre salon se noie dans son parfum que je trouve plutôt beurkish. Était-il obligé d'en mettre autant?

Moi: Ça va bien papa Ali, répliqué-je poliment tout en lui flashant un sourire de façade.

Seigneur, qu'est ce qui se trame ici? Je n'aime pas du tout l'atmosphère qui règne dans la pièce. Tantie qui est d'une gentillesse suspecte et tonton Raph qui évite à tout prix de croiser mon regard. Et j'aime encore moins les ondes que dégage cet homme.

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