Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Trente-huit divorces, une trahison

Trente-huit divorces, une trahison

Pour mon cinquième anniversaire de mariage, Étienne exige notre 38ème divorce. Sa culpabilité envers Hélène, son amie d'enfance, justifie ce cycle cruel. Mais l'escalade survient quand Hélène me pousse dans les escaliers. Malgré ses promesses de justice, mon mari laisse les preuves disparaître. Pire, il ignore mon appel au secours lors de mon enlèvement. En fuyant ses ravisseurs au péril de ma vie, ma décision est prise : il n'y aura pas de retour. Je disparais enfin.
Chapitres
Partager

Chapitre 1

Aujourd'hui, c'est mon cinquième anniversaire de mariage. C'est aussi le jour où mon mari, Étienne, m'a demandé le divorce pour la 38ème fois.

Il fait ça pour Hélène, son amie d'enfance. La femme qui a eu un accident de voiture le jour de notre mariage, la rendant stérile. Depuis, il paie une dette de culpabilité, et j'en suis le prix.

Pendant cinq ans, j'ai enduré ce cycle de divorces et de remariages. Mais cette fois, c'était différent. Hélène m'a poussée dans les escaliers.

Étienne m'a trouvée en sang et m'a promis justice. Il a juré qu'il la ferait payer.

Mais quelques jours plus tard, la police a appelé. Les enregistrements de surveillance de l'incident avaient été mystérieusement effacés. Pas de preuves, pas d'affaire.

Cette nuit-là, Hélène m'a fait enlever. Alors que ses hommes déchiraient mes vêtements à l'arrière d'une camionnette, j'ai réussi à appeler Étienne.

Il a rejeté mon appel.

J'ai sauté du véhicule en marche. Et tandis que je courais pour sauver ma vie, saignant sur l'asphalte froid, j'ai fait un vœu.

Cette fois, il n'y aurait pas de 39ème remariage.

Cette fois, je disparaîtrais.

Chapitre 1

Aujourd'hui, c'est notre cinquième anniversaire de mariage.

Étienne Dubois, mon mari, se tient devant moi. Il est aussi séduisant que le jour de notre rencontre, avec des yeux vifs et un nez droit. Mais les mots qui sortent de sa bouche ne sont pas ceux que l'on attend pour un anniversaire.

« Divorçons. »

Je ne suis pas choquée. Je ne suis pas triste. Je le regarde, mon cœur est une ligne plate et calme.

« Tu sais que c'est notre 38ème divorce ? » je demande.

Une lueur d'impuissance traverse son regard. Il évite mes yeux.

« Hélène Wolff menace de sauter du toit, » dit-il à voix basse. « Elle dit qu'elle ne descendra pas si je ne divorce pas de toi. Tu sais qu'elle est anxieuse… »

Je le coupe. « Hmm, je sais. »

Je le sais depuis cinq ans. Je le sais depuis trente-sept divorces.

« Alors, celui-ci va durer combien de temps ? » je demande, ma voix égale.

La surprise se lit sur son visage, comme s'il s'attendait à des larmes ou des cris. Il n'obtient plus jamais de moi ce à quoi il s'attend.

« Dès que son état se stabilisera, nous nous remarierons, » promet-il. Il tend la main pour toucher mon épaule, puis son geste s'interrompt et sa main retombe le long de son corps. « D'accord ? »

Je regarde son visage, le conflit dans ses yeux, et soudain, je trouve ça drôle. Terriblement, horriblement drôle.

« D'accord, » dis-je. « Après tout, on lui doit bien ça. »

Le personnel du palais de justice nous connaît par notre nom.

« Encore vous ? » La greffière, une femme nommée Martine, remonte ses lunettes sur son nez. Elle sort les formulaires familiers sans même regarder. Elle est experte en nos divorces.

« Toujours un divorce à l'amiable cette fois-ci ? »

J'hoche la tête et prends le stylo qu'elle me tend.

Étienne signe son nom à côté du mien. Le stylo gratte le papier, un son sec et décisif. Il a fait ça trente-sept fois. Il est doué pour ça.

Quand vient mon tour, le stylo plane au-dessus du papier. Je sens une brève pause en moi, une lueur de quelque chose d'ancien.

C'est la 38ème fois.

La première fois, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je ne pouvais plus respirer.

La deuxième fois, je lui ai demandé : « Pourquoi, Étienne ? Pourquoi ? »

La troisième, la quatrième… un flou de douleur et de confusion.

À la neuvième fois, je pouvais entrer ici et rire avec Martine. « S'il vous plaît, dépêchez-vous, » disais-je, « nous avons des projets. »

Je prends une profonde inspiration. Je signe méticuleusement mon nom, Aurore Clément. Cette fois, je l'écris avec un soin inhabituel. Chaque lettre est parfaite, définitive.

Quand nous sortons, Hélène nous attend. Pas sur un toit, mais là, sur les marches du palais, l'air fragile et victorieux.

Elle me dépasse en courant et se jette dans les bras d'Étienne.

« Étienne ! Je savais que tu me choisirais ! Je savais que tu m'aimais plus ! »

Le corps d'Étienne se raidit. Il me regarde par-dessus son épaule, les yeux remplis de quelque chose que je ne peux nommer. Culpabilité ? Excuses ? Peu importe.

Il essaie de la repousser doucement. « Hélène, ça suffit. »

Elle s'accroche encore plus fort, l'ignorant complètement. Elle lui arrache les papiers du divorce des mains et les agite sous mon nez comme un trophée.

« Tu vois ça, Aurore ? Il est à moi, maintenant. Il a toujours été à moi. »

Je ne dis pas un mot. Je les regarde, simplement. Je suis si fatiguée.

« Hélène ! » La voix d'Étienne est tranchante d'agacement. « Arrête ça. »

Elle change immédiatement de tactique. Son visage se crispe et elle se met à sangloter contre sa poitrine. « Je suis désolée, Étienne. Je suis juste si heureuse. Allons fêter ça ! S'il te plaît ? »

Puis, elle me regarde, une lueur malveillante dans ses yeux remplis de larmes.

« Pourquoi n'inviterions-nous pas Aurore ? Pour célébrer notre nouveau départ. Et sa fin. »

Étienne me regarde, son expression pleine d'excuses. Il me demande avec ses yeux de jouer le jeu. Juste une fois de plus.

Pour une raison que j'ignore moi-même, j'acquiesce. « Bien sûr. »

Nous montons tous dans sa voiture. Hélène s'assoit à l'avant, appuyée contre Étienne, sa main possessivement posée sur sa jambe. Je suis assise à l'arrière, un fantôme dans ma propre vie.

Je regarde ses doigts tracer des motifs sur sa cuisse. Je le vois serrer le volant, ses jointures blanches, mais il ne l'arrête pas. Il ne l'arrête jamais.

Silence. Indulgence. Compromis. Telle a été sa réponse à Hélène pendant cinq longues années.

Il commence à pleuvoir dehors, les gouttes strient la vitre comme des larmes. Cette vision me ramène en arrière.

Cinq ans plus tôt. Le jour de notre mariage.

Étienne et moi étions le couple en or de l'université. Il était le brillant étudiant en commerce, et j'étais l'artiste prometteuse. Nous sommes tombés amoureux vite et fort. Il était si doux à l'époque. Il tenait mes mains, celles qui maniaient les pinceaux, et me disait qu'elles étaient les plus belles mains du monde.

Hélène était toujours là, en arrière-plan. Son amie d'enfance. La fille qui était amoureuse de lui jusqu'à l'obsession, qui le suivait partout.

« Elle est comme une sœur pour moi, » disait-il, balayant mes inquiétudes. « Ne t'inquiète pas, Aurore. C'est toi que j'aime. »

Je l'ai cru.

Le jour de notre mariage, alors que je me tenais dans ma robe blanche, son téléphone n'arrêtait pas de vibrer. C'était Hélène.

« Ne réponds pas, Étienne, » avais-je dit, un nœud d'angoisse se serrant dans mon estomac. « Pas aujourd'hui. Aujourd'hui, c'est pour nous. »

Il a souri, m'a embrassée sur le front et a mis son téléphone en silencieux. Ce fut le plus beau jour de ma vie, pendant quelques heures.

Plus tard, nous avons appris ce qui s'était passé. Pendant que nous échangions nos vœux, Hélène, ivre et hystérique, avait eu un accident de voiture. L'accident était grave.

Elle a été transportée d'urgence à l'hôpital. Son corps était brisé. Les médecins nous ont dit qu'elle ne pourrait jamais avoir d'enfants.

La culpabilité a écrasé Étienne. Il se sentait responsable parce qu'il avait ignoré ses appels.

À partir de ce jour, une dette est née. Une dette qu'il sentait que lui, et par extension, moi, devions rembourser.

Les blessures physiques d'Hélène ont guéri, mais pas son esprit. Elle a été diagnostiquée avec une anxiété sévère et une dépression. Elle a commencé à utiliser sa fragilité comme une arme.

Chaque fois qu'Étienne et moi étions heureux, elle faisait une crise. Une attaque de panique. Une menace de suicide.

Et chaque fois, Étienne cédait.

Pour la calmer, il acceptait ses exigences. Et sa plus grande exigence était toujours la même : « Divorce d'Aurore. »

Alors nous l'avons fait. La première fois, il m'a tenue dans ses bras pendant que je pleurais et m'a promis que ce n'était que pour la forme.

Après quelques semaines, quand Hélène était de nouveau « stable », elle venait nous voir, en pleurant et en s'excusant. Étienne lui pardonnait. Et nous nous remariions.

Puis le cycle recommençait.

Et recommençait.

Trente-huit fois.

Je suis passée de l'agonie à l'engourdissement, puis à une lassitude profonde qui s'est installée dans mon âme. Mes pinceaux ont pris la poussière. Les couleurs vives de mon monde se sont estompées en gris.

Dans la voiture, je regarde le profil d'Étienne pendant qu'il conduit. Il est toujours séduisant, toujours l'homme dont je suis tombée amoureuse. Mais c'est aussi un étranger qui a permis à une autre femme de ruiner nos vies.

Il vient de la laisser le toucher. Il l'a laissée s'asseoir à ma place. Il nous emmène célébrer mon divorce.

Une décision, froide et claire, se forme dans mon cœur.

Cette fois, c'est la dernière. Il n'y aura pas de 39ème remariage.

Je sors mon téléphone et envoie un texto à mon frère.

[Maman et Papa sont à la maison ?]

Il répond presque instantanément. [Ouais. Qu'est-ce qui se passe ?]

[J'arrive dans une heure. Il faut qu'on parle.]

Puis j'envoie un texto à mes parents. [Je le quitte. Pour de bon cette fois. Je veux déménager. Loin. Viendrez-vous avec moi ?]

La réponse de ma mère est une série d'émojis inquiets. Celle de mon père est simple et directe.

[Nous sommes là pour toi. Toujours.]

Une larme que je ne savais pas avoir en moi coule sur ma joue. Je l'essuie rapidement. J'ai versé assez de larmes pour cet homme. Je ne pleurerai plus.

Nous arrivons dans un restaurant chic. Hélène insiste pour s'asseoir à côté d'Étienne, s'accrochant à son bras comme une enfant. Il essaie de se dégager, mais elle se met à gémir.

« Étienne, tu me détestes maintenant, n'est-ce pas ? Après tout ce que j'ai traversé… »

Il soupire, vaincu, et la laisse faire. Il lui coupe son steak, lui verse du vin. Les gens aux autres tables les regardent en souriant. Ils ressemblent à un couple profondément amoureux.

Je me sens invisible. Une pièce de rechange.

Mon sac est sur le siège à côté de moi. Il glisse, et un petit carnet de croquis en tombe. Je ne l'ai pas utilisé depuis des mois.

Hélène le voit. Son visage change.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » lance-t-elle. « Tu essaies de te la péter ? De lui rappeler ce que tu étais avant ? »

Elle se jette par-dessus la table, les yeux fous.

Avant que je puisse réagir, elle s'empare du bol de soupe chaude devant elle et me le jette en plein visage.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Au nom de l'amour je l'ai choisi
7.9
Portés par la force d'un sentiment sincère, deux êtres décident d'unir leurs destins lors d'un engagement solennel. Ce récit explore le moment charnière où la passion se transforme en une promesse éternelle. En choisissant de se dire officiellement « Oui », ils scellent leur union face aux défis du monde moderne. C'est l'histoire d'un choix guidé uniquement par la puissance de l'affection, marquant le début d'une vie commune dédiée à la tendresse.
Couverture du roman Chérie, Aime-moi Une Fois de Plus
8.8
Le bonheur d'Estelle s'écroule le jour de ses noces, quand un accident coûte la vie à ses proches et à ceux de Cristofer. Rongé par le deuil, son mari la rejette violemment. Désormais confrontée au cancer et à une demande de divorce brutale, elle subit la cruauté d'un homme qui ne cache plus son dégoût pour elle. Entre trahisons et maladie, Estelle doit puiser dans ses dernières ressources pour survivre à ce cauchemar et protéger ce qui lui tient encore à cœur.
Couverture du roman Des cendres à son étreinte
9.0
Face au canon d'une arme, j'appelle Ali, mon seul espoir. Pourtant, elle me rejette froidement, niant notre passé commun pour annoncer ses fiançailles avec Tristan, celui-là même qui a orchestré ma perte. Humilié par son mépris de classe et son indifférence, je m'apprête à mourir quand une mystérieuse femme d'affaires intervient. Elle sauve ma vie et me propose un contrat de mariage inattendu. Entre protection et vengeance, j'accepte ce pacte pour survivre.
Couverture du roman Enceinte du PDG
8.0
Emilie pensait vivre un conte de fées avec Daniel, un homme simple qui s'avère être un riche milliardaire. Malgré ce secret, elle accepte sa nouvelle vie jusqu'aux manipulations de son beau-père. Accusée à tort d'infidélité suite à des preuves truquées, elle est chassée par Daniel sans pouvoir lui annoncer qu'elle attend un enfant. Brisée, elle tente de se reconstruire auprès d'un ami fidèle. Mais deux mois plus tard, son ex-mari réapparaît brusquement, entre désir de vengeance et regrets.
Couverture du roman La décision d'un milliardaire
9.7
Secrétaire dévouée, Hailey Pritchett chérit sa tranquillité. Sa vie bascule quand Caldwell Industries est rachetée par Theodore Benson, un milliardaire surnommé le Sniper pour sa cruauté en affaires. Face à cet homme prêt à tout pour obtenir ce qu'il convoite, Hailey choisit la fuite. Mais Benson ne recule devant rien, légalement ou non. Prise pour cible par ce prédateur impitoyable, pourra-t-elle vraiment lui échapper ? Il la veut, et il ne compte pas s'arrêter.
Couverture du roman Magnat du jours au lendemain
8.1
Vivant dans le dénuement, Trevor Sanderson survit en collectant des déchets, porté par l'espoir d'offrir un cadeau à l'élue de son cœur. Méprisé et trahi par ses proches, il ignore pourtant sa véritable identité. Un secret familial colossal s'apprête à éclater : ce paria est l'héritier d'un empire financier. Propulsé de la misère à la richesse extrême, Trevor doit désormais naviguer dans un monde de luxe où la sincérité et l'honneur se font rares.