
Trahison la nuit de noces : Un cœur qui s'éteint
Chapitre 2
Camille prit une profonde inspiration, l'odeur des roses lui donnant la nausée. Elle s'approcha de Cédric, ses mouvements raides. Elle l'aida à retirer sa veste, ses doigts effleurant sa peau. Il sentait fort l'alcool. Il ne buvait jamais autant. C'était mauvais pour sa santé, un fait qu'elle savait qu'il connaissait bien. Il avait dû boire pour sceller un contrat pour l'entreprise de la famille de Jade. Un autre sacrifice pour elle.
Il était plus ivre qu'elle ne le pensait. Alors qu'il chancelait, sa tête tomba sur le côté, et il marmonna un nom.
« Jade... »
C'était un son doux, pâteux, mais il frappa Camille comme une gifle en plein visage.
Depuis le couloir, la voix de Jade appela : « Cédric ? Tu vas bien ? Je vais te chercher un verre d'eau. » Elle était encore là. Bien sûr, elle était là.
Camille l'ignora et guida Cédric vers la chambre. Elle l'aida à s'allonger sur le lit puis s'échappa dans la salle de bain, s'appuyant contre le marbre froid du comptoir, essayant de reprendre son souffle.
Soudain, des bras puissants l'enlacèrent par-derrière. Cédric pressa son visage dans son cou, son souffle chaud contre sa peau.
« Camille », murmura-t-il, ses lèvres trouvant les siennes. Le baiser était maladroit, un goût de whisky et de regret. « Ma femme. »
Ce mot, qui aurait dû être un réconfort, sonnait comme un autre mensonge. Mais une partie désespérée et stupide d'elle voulait encore y croire.
Son corps tremblait. « Veux-tu toujours m'épouser, Cédric ? » La question était un murmure, fragile et plein de peur.
Il se recula juste assez pour la regarder. Il prit son visage en coupe, ses pouces essuyant des larmes qu'elle n'avait pas réalisé qu'elle versait. Il embrassa ses paupières, ses joues, sa bouche.
« Oui », dit-il, la voix chargée d'émotion. « Bien sûr que je le veux. Je veux t'offrir le plus grandiose des mariages. Je veux que nous ayons un enfant. Une petite fille qui te ressemblera. »
Le barrage en elle se rompit. Elle enroula ses bras autour de son cou, s'agrippant à lui. Elle était la liane, et il était l'arbre autour duquel elle avait enroulé toute sa vie fragile. S'il tombait, elle se briserait en mille morceaux.
Elle se laissa le croire. Elle se laissa espérer.
Le lendemain, cet espoir ressemblait à une blague cruelle. Ses promesses de la nuit précédente s'étaient dissoutes avec la lumière du matin. Elle se souvint de la voix froide et électronique qui avait résonné dans sa tête au moment où il avait quitté la réception de mariage la veille. C'était la voix de son horloge interne, la dure réalité de son diagnostic. *Trois ans, Camille. Ton temps est compté.*
« Cédric », dit-elle, sa voix soigneusement neutre alors qu'ils prenaient le petit-déjeuner. « Je pense qu'il serait préférable que Jade soit transférée dans un autre service. »
Il n'hésita même pas. « Non. »
« Pourquoi pas ? »
« C'est mon assistante. Elle fait du bon travail. Il n'y a aucune raison de la déplacer. »
« Elle n'est pas juste une assistante, et tu le sais. Tout le monde dans l'entreprise chuchote à votre sujet. Tes parents la traitent comme leur fille. Elle n'est pas une simple employée, Cédric. »
Il fronça les sourcils, un signe familier de son impatience. « Ne sois pas déraisonnable, Camille. »
Il se leva, attrapa son pyjama et entra dans la salle de bain, fermant la porte derrière lui. La discussion était terminée. Il avait décidé.
Camille sentit une oppression familière dans sa poitrine. Une pression qui n'avait rien à voir avec sa maladie cardiaque et tout à voir avec lui.
Cette nuit-là, quand elle alla se coucher, les lumières étaient éteintes. Mais le plafond au-dessus d'elle brillait d'une lumière douce et magnifique. Il avait allumé le projecteur qu'il avait installé, et la nébuleuse de la Rosette s'épanouissait sur le plafond. C'était à couper le souffle.
Il se glissa dans le lit à côté d'elle, la tirant contre sa poitrine. « Je suis désolé pour hier », murmura-t-il. « Le mariage a été un désastre. Je te promets, je me rattraperai. On en aura un autre, plus grand et plus beau que celui d'hier. »
Elle plongea son regard dans le sien, vit les étoiles de la nébuleuse s'y refléter, et sa résolution s'adoucit. Elle était si fatiguée de se battre. Elle voulait juste être aimée.
« D'accord », murmura-t-elle.
Il se pencha pour l'embrasser, mais juste au moment où ses lèvres allaient toucher les siennes, son téléphone sonna. Le son était strident dans la pièce silencieuse.
Il s'écarta pour répondre. Camille entendit la voix de Jade à l'autre bout du fil, étranglée par les sanglots.
« Cédric... Je viens de réserver un vol pour rentrer chez moi. »
Il se redressa immédiatement, sa voix vive d'alarme. « Quoi ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Quelqu'un a posté en ligne... sur le fait que tu as quitté le mariage pour moi », pleura Jade. « Ils disent des choses horribles, me traitant de briseuse de ménage. Je ne peux pas le supporter, Cédric. Je dois partir. »
Camille sentit son regard sur elle, froid et calculateur. La chaleur d'un instant auparavant avait disparu, remplacée par un froid glacial.
Elle croisa son regard. « Tu penses que c'est moi qui ai fait ça ? »
Il ne lui répondit pas. Il parla dans le téléphone, sa voix de nouveau douce. « Ne pleure pas, Jade. Reste où tu es. Je vais m'en occuper. »
Il raccrocha et se tourna vers Camille, son visage un masque de déception. « Pourquoi ferais-tu quelque chose d'aussi mesquin ? »
L'accusation la percuta avec une violence inouïe. « Ce n'était pas moi. »
« Alors qui était-ce ? »
« Je ne sais pas, mais ce n'était pas moi ! »
Il ne la croyait pas. Elle pouvait le voir dans ses yeux. Il se leva et la tira hors du lit. « Habille-toi. On va à l'hôpital. »
« Pour quoi faire ? »
« Tu vas t'excuser auprès de Jade. Et nous allons le diffuser en direct pour laver son nom. »
« Non », dit-elle en retirant son bras. « Je n'ai rien à me reprocher. »
Il lui attrapa de nouveau le bras, sa poigne ferme. « Tu vas le faire, Camille. Tu lui dois bien ça. »
Il la traîna hors de la maison et jusqu'à la voiture. Pendant tout le trajet jusqu'à l'hôpital, elle resta assise en silence, son cœur une pierre froide et lourde dans sa poitrine.
Quand ils arrivèrent, un caméraman attendait déjà dans la chambre d'hôpital de Jade. Jade elle-même était assise dans son lit, vêtue d'une jolie robe, son maquillage parfait, l'air pâle et fragile.
Dès qu'elle vit Cédric, ses yeux s'emplirent de larmes. « Cédric », murmura-t-elle, puis son regard se posa sur Camille, et elle tressaillit comme si elle avait peur.
« Camille, ne lui fais pas peur », dit Cédric, la voix sèche. Il se plaça entre elles, son corps un bouclier protégeant Jade d'elle.
Le geste était si automatique, si instinctif. Il protégeait une autre femme de sa propre épouse. L'amertume était si forte que Camille pouvait la goûter. Elle ne l'avait jamais vu protéger quelqu'un comme ça auparavant. Pas même elle.
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